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ISBN : 2070306437
Éditeur : Gallimard (09/11/2005)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Il est des métiers qui ne peuvent s'exercer sans passion. Mais l'archéologie est-elle un métier ? Née dans l'enthousiasme de la redécouverte de la Rome antique par les humanistes de la Renaissance, elle est devenue au cours du XIXe siècle l'une des formes de la prise de possession du monde par les nations occidentales, dont elle fonda en même temps la grandeur et la légitimité.
Durant le dernier siècle, l'archéologie n'a cessé de perfectionner ses techniques... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Musardise
  06 septembre 2015
L'archéologie : entre science et passion, c'est LE passage obligé pour s'initier intelligemment à l'archéologie. de façon claire, concise, mais néanmoins suffisamment complète, il aborde tout à la fois l'histoire de l'archéologie et de son évolution à travers les siècles, ses méthodes et ses techniques, l'histoire de l'humanité, les problématiques environnementales et écologiques et, enfin, les nouveaux enjeux de cette discipline et son avenir.
Des débuts de cette science où l'art et l'esthétique primaient avant toutes choses et où les pillages, légaux ou pas, pullulaient, à la redéfinition actuelle des buts de l'archéologie, Jean-Paul Demoule dresse un panorama passionnant, très bien documenté, mais aussi accessible au plus grand nombre, sans pour autant tomber dans certains travers de la vulgarisation dont L'art préhistorique d'Alain Roussot est un malheureux exemple.
J'ai été particulièrement sensible au chapitre consacré aux techniques employées par les archéologues, dont certaines m'avaient parues jusque là assez obscures. Mais plus encore, j'ai été captivée par le retour sur l'histoire de l'humanité - sujet essentiel, sinon unique, de l'archéologie. L'auteur met le doigt sur des questions essentielles à notre société contemporaine : environnement, écologie, changement climatique, mais aussi apparition de la société de consommation et des sociétés inégalitaires donnent le ton de l'ouvrage : l'archéologie, c'est aussi penser le présent et l'avenir de l'humanité et de la planète.
Les exemples sur lesquels s'appuie Jean-Paul Demoule sont nombreux, divers et appartiennent à toutes les époques de l'humanité. de même, les documents et témoignages complètent très bien l'essai, esquissant l'évolution des préoccupations des archéologues au cours des siècles ou des dernières décennies. le pamphlet de Victor Hugo intitulé Guerre aux démolisseurs, d'une étonnante actualité, est à lire absolument !
Seul bémol : un petit aparté sur Stonehenge qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Il est clair qu'il est difficile de ne pas mentionner Stonehenge dans un ouvrage consacré à l'archéologie, mais je soupçonne ici un léger problème de mise en page qui a conduit à placer cette double-page un peu n'importe où.
C'est cela dit très accessoire, l'ouvrage étant une très belle réussite : c'est l'exemple de ce qu'on peut faire de mieux dans la vulgarisation scientifique.
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 juin 2006
Lecture jeune, n°118 - Archéologue est un métier qui fait rêver les adolescents... Ce documentaire très abouti et richement illustré permet d’aborder la réalité de ce métier à travers son évolution – des « antiquaires » fortunés d’hier aux professionnels avertis d’aujourd’hui –, et son inscription si particulière « entre science et passion », comme le rappelle le titre. L’auteur, professeur à Paris I, archéologue et président de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), présente ainsi les techniques utilisées et les visées de la discipline, qui la rattachent au champ des sciences humaines. Interrogeant les traces matérielles, les archéologues dévoilent l’histoire des peuples. Ils mettent au jour de formidables découvertes, et sont en cela des passeurs d’émotion. Jean-Paul Demoule revient sur les principaux chantiers de notre siècle ; l’enthousiasme suscité par l’exploration de sites exceptionnels (la tombe de Toutankhamon, l’armée d’argile du premier empereur de Chine…) ne doit pas faire oublier que l’essentiel est de pouvoir les préserver. Les archéologues, qui endossent aussi la responsabilité sociale de présenter au public les vestiges du passé et de limiter leur érosion, doivent respecter le principe de précaution. Ainsi, il leur arrive de repenser les conditions de visite d’un site ou même d’en interdire l’accès a posteriori (ex : la grotte de Lascaux). Le lecteur apprend également que les archéologues laisseront inexplorés certains sites historiques, pourtant précisément repérés, tant qu’ils n’estimeront pas avoir les moyens scientifiques de les conserver après leur dévoilement. _ Gaëlle Glin
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
MusardiseMusardise   16 juillet 2015
On considère ainsi l'invention de l'agriculture et de l'élevage comme l'un des deux évènements majeurs de l'histoire humaine, avec la révolution industrielle du XIXème siècle. Et l'on a classiquement opposé, comme le faisait par exemple l'archéologue Gordon Childe dans les années 1930, les sociétés des chasseurs-cueilleurs du paléolithique, considérés comme des "prédateurs", aux sociétés de "producteurs" des agriculteurs néolithiques. Mais qu'en est-il sur la longue durée, si l'on considère que l'agriculture a certes apporté aux hommes une plus grande sécurité alimentaire mais provoqué aussi une explosion démographique qui n'est plus maîtrisée ? C'est ce que posait dès 1964, dans "Le geste et la parole", le préhistorien André Leroi-Gourhan, de manière encore prophétique à l'époque, à propos de l'Homme néolithique : "Son économie reste celle d'un Mammifère hautement prédateur même après le passage à l'agriculture et à l’élevage. A partir de ce point, l'organisme collectif devient prépondérant de manière de plus en plus impérative et l'Homme devient l'instrument d'une ascension techno-économique à laquelle il prête ses idées et ses bras. De la sorte, la société humaine devient la principale consommatrice d'hommes, sous toutes les formes, par la violence ou le travail. L'Homme y gagne d'assurer progressivement une prise de possession du monde naturel qui doit, si l'on projette dans le futur les termes techno-économiques de l'actuel, se terminer par une victoire totale, la dernière poche de pétrole vidée pour cuire la dernière poignée d'herbe mangée avec le dernier rat."

Dix ans plus tard, avec le premier choc pétrolier de 1973, la prophétie devient peu à peu banalité : les sociétés de "production" ne sont en fait que des société de "prédation" à plus grande échelle, aux prises avec la surconsommation de richesses et et d'énergies non renouvelables. De fait, l'archéologie peut retrouver des indices d'aspects pas toujours positifs de l'impact humain sur l'environnement.

Chapitre 3, "L'aventure humaine au crible de l'archéologie"
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MusardiseMusardise   16 juillet 2015
La seconde grande rupture de l'histoire humaine, l'apparition de sociétés inégalitaires et hiérarchisées, se pose en des termes comparables. En Europe, c'est au Vème millénaire que certaines tombes deviennent plus riches que d'autres, avec des objets de prestige et des parures de pierre et de métal. C'est aussi le moment où certains villages se fortifient, où les traces de violence (blessures, massacres, incendies) se généralisent. De fait, tout l'espace européen est désormais colonisé et il n'existe plus de terres libres alors que, à ressources naturelles égales, la démographie ne cesse de croître. L'accumulation dans les tombes de cette nouvelle richesse suppose une capacité technique mais aussi économique pour la produire et pour la soustraire au plus grand nombre. Elle suppose également une capacité de manipulation idéologique de la part de ces nouvelles élites afin de persuader le reste de la société, numériquement majoritaire, d'accepter cette "servitude volontaire". Là encore, ces phénomènes inégalitaires ne sont pas apparus dans toutes les sociétés humaines.

Chapitre 3, "L'aventure humaine au crible de l'archéologie"
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MusardiseMusardise   23 juillet 2015
Le progrès technique n'est par ailleurs pas irréversible et des techniques peuvent se perdre, telle la moissonneuse gallo-romaine poussée par un animal : le Moyen-âge l'abandonnera pour revenir au fauchage manuel. Ainsi le développement des techniques entretient d'étroits rapports avec le fonctionnement social.
Les Romains savaient réaliser des machines complexes pour la guerre, la construction ou la meunerie, et les Grecs connaissaient même le principe de la machine à vapeur ; mais la généralisation de l'esclavage, main d’œuvre abondante et peu coûteuse, a bloqué mentalement ces sociétés et les a empêchées de développer un machinisme plus élaboré ; elle a de même privé de pouvoir d'achat ladite main-d’œuvre servile, qui aurait pu être sinon un puissant stimulant pour l'économie. Les civilisations arabe et chinoise, plus avancées techniquement que l'Europe occidentale à la fin du Moyen-âge, ont perdu ultérieurement leur avantage. Les ethnologues nous montrent que des sociétés géographiquement proches utilisent des techniques différentes, non parce que certaines seraient plus efficaces, mais justement pour se démarquer l'une de l'autre.

Chapitre 3, "L'aventure humaine au crible de l'archéologie"
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MusardiseMusardise   19 juillet 2015
Leroi-Gourhan eut une influence considérable sur la préhistoire et l'archéologie de la seconde moitié du XXème siècle, et pas seulement sur les méthodes de terrain - qui rompaient aussi avec la tradition des fouilles bénévoles jusque-là majoritaires en France. Il renouvela entièrement l'étude de l'art préhistorique en posant que chaque grotte fait système et n'est pas une accumulation désordonnée de peintures. Enfin il exposa une philosophie d'ensemble sur l'évolution de l'Homme, notamment dans ses rapports à la technique.

Chapitre 1, "L'invention du passé"
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