AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 207276467X
Éditeur : Gallimard (24/05/2018)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Robinson est une île sauvage. Robinson est un monde. Robinson est un Sisyphe heureux. Robinson est un enfant autiste. Son père, universitaire, évoque avec délicatesse et subtilité son expérience de la paternité hors norme, où le quotidien (faire les courses, prendre le bain, se promener) devient une poésie épique. Détonantes scènes décrites dans leur violence et leur scatologie les plus crues : Robinson ne parle pas, ne se contient pas, il s'exprime dans les mêmes g... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
latina
  10 novembre 2018
Il y a toute une polémique sur Babelio à propos de la pertinence des prix de tout acabit, à commencer par le Goncourt.
En Belgique, l'attribution des prix n'est pas (encore) galvaudée, et le prix Rossel, créé en 1938 pour dynamiser la littérature belge, est le plus prestigieux. Je peux vous certifier (et ce n'est pas du chauvinisme) qu'un roman ayant reçu cette récompense la vaut bien !
Tout ceci pour vous parler de « Robinson » de Laurent Demoulin, qui confirme parfaitement ce que je viens d'expliquer.
Laurent Demoulin, par petites tranches quotidiennes, nous fait entrer dans l'existence - difficile ô combien- d'un papa d'enfant autiste.
C'est donc du réel, du prosaïque, et même du scatologique qui nous est conté, avec de petites touches d'humour qui dédramatisent l'univers infernal que vivent les adultes face à ces enfants. Il y ajoute même la poésie, qui elle, fait décoller la réalité pure et dure et l'emmène au pays de la tendresse et de l'amour véritable.
Laurent Demoulin enseigne à l'université de Liège, il est le spécialiste de Francis Ponge, de Roland Barthes et de toute la clique intellectuelle (n'y voyez aucun mépris de ma part à l'emploi de ce mot « clique »). Il est intelligent, il est romancier, il est poète,... il est papa. Et c'est là sa plus belle fonction, car quand il a la garde de son fils Robinson, autiste, il s'en occupe à plein temps.
Et les parents d'autistes le confirmeront : c'est contraignant, fatigant, usant, mordant, désespérant....mais l'amour est là, immense, et c'est ça qui les porte.
Robinson a dix ans. Il ne parle pas, il pousse de petits cris. Il a des couches, mais les retire souvent en deux temps trois mouvements pour faire caca par terre et l'étaler sur les murs et sur lui. Il lance tous les objets qu'il trouve. Il met à sac une pièce en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Il a des gestes désordonnés et renverse tout. Il boit l'eau du bain, l'eau de la piscine...
Toutes les sorties, que ce soit au supermarché, bien calé dans le caddie, au cimetière pour se rendre sur les tombes de la famille, à un barbecue entre amis, à la piscine, toutes les sorties – et je pèse mes mots – sont de véritables expéditions dangereuses. Déjà à la maison, ne pas regarder Robinson au-delà de 45 secondes est dangereux...c'est vous dire.
Héros des temps modernes, Laurent Demoulin et par là-même tous les parents d'enfants « différents » subissent au quotidien le poids de leur enfant, au sens premier du terme : dans les bras, sur la hanche, par la main, ils le trainent, le portent, le soutiennent.
Sans compter le regard des autres : des autres parents, des autres enfants, des autres adultes...
Difficile de concilier une attitude posée et un regard perpétuel et inquiet sur son enfant, tout en sachant que les autres observent, indignés, incompréhensifs, et parfois, oui parfois, pleins de compassion.
Je ressors de ce livre toute remuée, toute bouleversée.
Car cet enfant, Laurent Demoulin l'aime plus que tout. Il a peur pour lui, pour son présent mais aussi pour l'avenir. Quand il sera vieux, quand il mourra, que deviendra Robinson ?
Je salue donc tous ces parents, je leur rends hommage à travers cette critique.
Et je vous dis : l'autisme et l'amour ne sont pas étrangers l'un à l'autre, lisez « Robinson », vous en serez convaincus !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          5419
frconstant
  29 janvier 2018
« Robinson » (publié chez Gallimard et Prix Rossel 2017) est l'histoire d'un père non-autiste qui se livre, détaille, dénoue, noue et renoue sans cesse le noeud bien serré qui l'attache à son fils oui-autiste. Un Robinson qui n'existe que sur son île et pour lequel le père invente des trésors d'amour et de patience, s'occupant de son fils avec rigueur, abnégation, colère, joie, dépit, compréhension et soif de liberté partagée.
Un livre dans lequel Laurent DEMOULIN nous raconte ce qu'est être père d'un enfant Robinson. Avec une écriture dont la puissance tient de la poésie des situations ubuesques décrites, du regard chargé de tendresse même quand trop souvent la scatologie s'invite de manière inopportune pour qui n'est pas îlien, et puis, surtout, de l'humanité profonde qui fait tenir debout ce père, papa d'un Robinson oui-autiste qui est aussi papa de ses frères et soeurs, mari de son épouse dans la construction d'une nouvelle unité familiale, beau-père de ses beaux-enfants et, une semaine sur deux quand il n'est pas de garde Robinson, universitaire de renom, conférencier-voyageur de par le monde, homme parmi les hommes, savourant la puissance d'une parole partagée qui permet à tout un chacun d'échanger et de partager ses questions, ses doutes, ses joies et l'inévitable recherche d'un sens à la vie.
Même si certains conseillers de l'Edition ont suggéré à l'auteur de construire son livre à travers une ligne du temps assurant une montée dramaturgique vers une fin surprenante, Laurent DEMOULIN a préféré distiller au long des pages des tranches de vie, historiettes décousues qui trouvent leur cohérence dans la constance du décalage entre les mondes des oui ou non-autistes et dans la permanence du regard de père responsable à temps plein des éclats de vie de son fils.
C'est dur sans être heurtant, triste malgré la joie, réaliste sans être imaginable. Comment pourrions-nous, lecteur lambda, comprendre, prendre avec nous, sur nous ?
Alors, comme pour nous aider, l'auteur, pirouettant auprès de ses lecteurs, ne manque pas de préciser : « Or, puisqu'il faut tout dire, puisque ces pages ne sont nullement un témoignage véridique mais appartiennent au domaine de la fiction, plus précisément de la poésie épique, et qu'à ce titre elles participent à l'artifice de la littérature qui ne dit la vérité que lorsqu'elle ment, à moins que ce ne soit l'inverse, on sera content d'apprendre que, tout de même, ces épisodes éprouvants présentent un aspect positif – voire un progrès. » Ce qu'il ne manquera pas de remettre en cause lorsque, quelques pages plus loin, il rappellera que : « L'ennui, c'est que la maladie dont souffre le oui-autiste (ou dont souffre son entourage) n'est rien d'autre qu'une absence totale de progression. Il s'agit de la définition même de l'autisme – d'une de ses définitions. »
Et c'est là, probablement un point qui mettra en parole les non-autistes ayant la responsabilité d'être parents, proches, accompagnateurs d'enfants oui-autistes. Y a-t-il place sur l'île de ces Robinson pour un progrès ? Oui, répondront les uns, non affirmeront les autres. Tous ayant raison, chacun accompagnant un îlien qui n'est pas forcément copie d'un autre. Dans ce livre qui se refuse à la dénomination de roman, ce récit qui n'est ni linéaire, ni construit en exposition du sujet, développement et dénouement, si possible heureux, Laurent DEMOULIN entend présenter son Robinson comme adepte de Paul Valery : « le monde est menacé par deux choses : l'ordre et le désordre. » Nul doute pour Robinson, entre le fascisme et l'anarchie, l'ordre constitue une menace plus grande que le désordre… Telle est sa vie, telle est celle de son papa !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
Horizon_du_plomb
  18 juillet 2018
« La question n'est pas simple, me semble-t-il. Il doit s'agir d'un problème multifactoriel, comme on dit aujourd'hui. Tout en épongeant avec soin les traces brunâtres que je rencontre encore, çà et là, dans la chambre de Robinson, je décide de réfléchir à ce problème, librement, sans oeillères, sans préjugé, sans parti pris. Plusieurs conditions semblent requises pour supporter la merde d'autrui : d'abord aimer le chieur ou la chieuse.  »
Dés les premières pages, le poids de l'arbre généalogique apparait, la lignée qu'on voudrait droite éternelle, non brisée. Une ligne qu'on lance à la pêche d'un éternel désir insatiable dans un fond absurde. Dés les premières pages, nous sommes remis à plat sur notre condition de rampant attaché à la terre, animal aux cirques sanglants qui ne rêve que de fourrures savantes. On apprend à déceler les lignes de failles pour mieux prévoir une tectonique sentimentale qui ne fait que rugir et déverser, trop plein d'un présent visqueux de la fusion des éléments. le mot-phrase est lancé à la surface d'un lac trop placide pour y faire éclore un écho, un miroir déjà mat mais avec lequel pourtant on élabore encore des stratégies pour continuer de jouer le jeu du reflet, loin de toute case glacée. Car être un parent, ce n'est qu'être un reflet de ce que l'on a déjà connu
Dans toutes ces microscènes de la vie père-fils évoquées, je donnerai une mention spéciale à la conférence sur Barthes (à défaut d'imaginer les spectateurs nus… ), la piscine, le voyage au Maroc et le BBQ entre collègues. En fait, comparées aux petites, la longueur des saynètes apporte souvent une profondeur, un ancrage à la différence. C'est d'autant plus vrai que, souvent, Laurent leur donne une large perspective (dans la mémoire, dans l'essai, dans la confrontation) comme on écrit de son sang dans la marge.
« Quant aux mains de Robinson, elles ont la couleur de la raspoutista, cette boue soviétique dans laquelle s'embourbèrent les camions de la Wehrmacht en octobre 1941. »
« Je plaide coupable, mais j'aimerais pouvoir faire état de circonstances atténuantes auprès de ces inconnus qui me jugent de loin, au vu d'un segment de ma vie, capté avec la technique de la caméra, en ne bénéficiant que d'une très mauvaise prise de son, un brouillard phonique d'où ne sourdent que les étranges lallations de Robinson, sans le secours d'un narrateur omniscient pour leur expliquer les tenants et les aboutissants de cette désagréable scène — un seul segment tronqué, certes, mais bien réel : telle est bien ma vie à cet instant précis, la mienne et celle de personne d'autre. »
Évidemment, ce livre jardin secret est rempli de brillances en germes de culture, de poussées créatives audacieuses sur le tuteur que sont les lectures, enseignements avec le terreau qu'est Robinson. C'est tout un nouveau monde, unique, qui émerge et qui est fruit de l'hybridation du père et du fils (voire de toute une famille-monde étendue).
« rien ne ressemble plus à un danseur excentrique qu'un oui-autiste excité »
Le bouquin est rempli d'humour, cette arme de survie en territoire de facéties injustes. C'est parce que Robinson enfarine le moulin à paroles de son papa que ce dernier se prête au jeu du Pierrot.
« Les ondes basses, amples, de 620 à 800 nanomètres, qui émanent de cette couleur, lui vont à merveille »
J'ai eu du mal avec l'habillage de Robinson en rouge car souvent le rouge est une couleur agressive pour eux (le classique enfant bleu), on me l'a encore confirmé suite à une conférence mais j'imagine que c'est une question d'habitudes avant tout.
« Partout, tout autour de lui, dans chaque noeud de ces multiples embranchements, peut-être me rencontre-t-il, moi qui ne le quitte pas d'un pas, père perpétuel et immuable, miroir doué d'ubiquité, géant symbiotique et imprévisible, qui nourrit, gronde sans raison apparente, lave, lange et torche ? »
« Mais ces royautés imaginaires et fantasmatiques ne diminuent en rien les profondes injustices du réel. »
« cela pourrait être un moment privilégié entre nous, un moment où je suis tout à lui, où je le dorlote. Au lieu de cela, je ressens une espèce de fatigue ou d'agacement aux origines mystérieuses. Pourquoi ai-je ainsi l'impression de perdre mon temps ? »
Bon, le livre fait un peu papa courage cingle les océans pour ouvrir des voix vers l'Autistan. On n'évoque qu'à la fin ce temps de garde partagée. Il faudra attendre les 8/10 du livre pour entendre parler d'accueils des autistes (si durs à trouver mais les finances aident). Toujours pareil avec la littérature, on balaie le non-dit tout simplement ou alors, peut-être qu'à l'image de nos souvenirs, ne fait-on que recréer notre vie dans une autofiction. Peut-être faut-il lui laisser aussi une place à ce non-dit (et qui le restera), cette face obscure d'une réalité indicible et impondérable d'amour.
« (…) sous prétexte de quelques cours à donner, pendant une semaine, au sujet de la littérature de son pays, Simenon, Toussaint, Savitzkaya, Lamarche, dans le cadre des études francophones. »
Ou quand même l'auteur confond quasi son pays avec sa ville, son berceau natal (Seul Toussaint est Bruxellois alors que les trois autres sont Liégeois). D'ailleurs, le livre m'a rappelé Lizène et ses peintures fécales, cet art brut à base de « la matière alvine ».
Je pourrais continuer sans fin la ronde à face de Lune mais ce serait déplacer le roi de son île, alors abordez la et découvrez son trésor.
«  Sans arrière-pensée, sans médiation. Sans le détour qu'impose le langage.
C'est magnifique. »
«  Tout n'est pas perdu, me dis-je spontanément. Mon enfance n'est pas encore tout à fait morte.  »

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
topocl
  01 avril 2017
Laurent Demoulin a deux vies. Dans le civil il est un universitaire brillant, spécialiste des mots et de Francis Ponge, amateur de Roland Barthes, vivant toujours un livre à la main, et poète. Dans l'intime il est le père non-autiste de Robinson, enfant oui-autiste, "enfant auquel l'enfance est volée et enfant volant dans l'éternelle enfance". Robinson, à qui son père voue un « amour pur», ne parle pas, ne contrôle ses excréments que comme aire de jeux ou comme langage personnel. Robinson vit des joies furieuses et des besoins incontrôlables, des colères assassines et des angoisses insondables, tous impossibles à décrypter.
Laurent Demoulin écrit ce "roman", « bouée de sauvetage grâce à laquelle j'évite la noyade" . On se doute bien que l'un des rares éléments fictionnels est ce prénom, Robinson, pour son enfant-bulle, son enfant-île, son enfant-sauvage, dont l'auteur essaie au mieux de s'approprier l'insaisissable logique illogique. Laurent Demoulin parle d'amour et de merde, de patience et de bulles de savon, de surplace et de jour-le-jour, de corps qui se love et de main tendue. Il décortique cet amour d'un père pour son fils, où chaque instant est un défi, un exploit impossible, avec une humilité fière, qui m'a touchée (plus, même) à chaque chapitre, à chaque page, à chaque mot..
Laurent Demoulin a un regard confondant d'empathie et de tendresse, et raconte cela avec une vraie écriture de poète, qui rêve ce monde étrange , "le drame de [sa] vie" , en image magiques. A travers cet enfant-autre, aidé des réminiscences résilientes de sa propre enfance heureuse, Laurent Demoulin apprend à se regarder et regarder le monde autrement, et cet autrement interagit avec son univers propre hautement poétique et réfléchi , pour construire un autre Laurent Demoulin, être lumineux, courageux, avançant à tâtons malgré son désespoir éternel.
Il approche humblement d'une appréhension ( à défaut d'une compréhension) du monde étrange de son enfant, pour mieux l'approcher, et mieux l'aimer.
Robinson (je pense aussi à d'autres livres comme Dernières nouvelles du martin pêcheur de Bernard Chambaz, ou Dans ma peau de Guillaume de Fontclare ) est, mieux que n'importe quel discours théorique, profond ou fumeux, une extraordinaire quoique paradoxale leçon de bonheur. Non pas tant par cette réaction initiale, à la fois imbécile et égoïste, qui vous fait bien vite déceler le bonheur de vos jours d'avoir échappé à cela, un enfant autiste (ou un enfant mort, ou une maladie grave). Mais un questionnement soudain vous saisit pour vous demander si, au contraire, vous ne vous êtes pas privé, par vos petits bonheurs-plaisirs mesquins, d'une intensité de l'instant, d'une hauteur dans la dignité et l'amour, au final : une dignité et une humanité qui donnent sens - encore faut-il en être capable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Aveclesourire
  05 décembre 2016
Robinson est une expérience unique : le voyage sur l'île d'un père naufragé, échoué sur les rivages de l'autisme de son fils. C'est poignant et trivial à la fois. Juste et anecdotique. C'est le journal d'un quotidien rythmé par le silence de l'enfant - au grand dam de son père universitaire -, ses volontés indéfectibles - qui oblige le paternel à toujours tenir son petit par la main - et ses jeux avec ses excréments - d'où découle le véritable héroïsme de l'homme qui prend soin de lui ! Mais rien de ceci n'est vulgaire car la langue du père est travaillée pour deux, affutée, précise et poétique, toujours positive. Très souvent drôle - fou rire incontrôlable et éclat de rire garanti, pure joie autistique ! Tout en étant profond : nous sommes vivants certes mais qu'est-ce qui fait de nous des êtres humains ? Comment survivre sans les autres quand on est projeté sur l'île déserte de l'autisme ? Mais qui sont les naufragés en définitive ?
Commenter  J’apprécie          100

critiques presse (1)
Actualitte   15 juin 2017
Voici le plus vibrant, le plus puissant, le plus sidérant des livres d’amour.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
CetaitpourlireCetaitpourlire   23 décembre 2017
Par terre, sur le petit tapis qui recouvre ce coin de sol, sur les murs, sur la porte blanche, sur ses vêtements, dans ses couche-culottes et son pantalon, dans l’air via l’odeur et surtout sur ses mains et sur son visage : de la merde. Brun foncé, présentant une belle densité, collante, comme du mastic, comme de l’argile sur laquelle il aurait plu, mais très peu, une ondée d’été.

Robinson tend les bras vers moi, ce qu’il fait rarement, pour que je le prenne dans les miens. Il est heureux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          31
lecomteelecomtee   11 septembre 2018
Qu’est ce qui nous tient à distance de l’autre sinon le langage? Sans langage, l’autre est partout, en nous, à travers nous. Le repli autistique est une réalité seconde: il est protection face à cette invitation infinie. Souvent, les parents d’enfants oui-autistes souffrent du regard des « gens » : moi, pas du tout. En compagnie de mon petit Robinson, je deviens un pur regard.
Commenter  J’apprécie          40
AveclesourireAveclesourire   05 décembre 2016
Encore un peu plus tôt, à table, alors que derrière nous un gentil petit soleil de printemps, inoffensif et guilleret, descendait jusqu'au sol du jardin, Zoé, du haut de ses quatre ans et demi, avait affirmé doctement :
- C'est seulement les méchants qui meurent. Nous, nous ne mourrons jamais, dans notre famille.
Commenter  J’apprécie          41
nathavhnathavh   03 avril 2018
Peut-être suis-je dans l'illusion. Peut-être ses yeux se perdent-ils dans le vide et non dans les miens. Mais je me sens traversé par son regard, transpercé, transporté par lui en mon vrai lieu, dans un contact primordial, dépersonnalisant, dés-égotisant, mythique, céleste et désarmant.
Commenter  J’apprécie          40
CetaitpourlireCetaitpourlire   23 décembre 2017
Robinson n’a aucun problème. (…) Mais il en est un. Dans le monde tel qu’il est et tel que de plus en plus il devient.
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Laurent Demoulin (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurent Demoulin
Laurent Demoulin "L'amour selon Roland Barthes", Nice - 2014
autres livres classés : autismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Français ou Belge ?

Georges Simenon

Francais
Belge

10 questions
311 lecteurs ont répondu
Thèmes : roman , littérature française , littérature belgeCréer un quiz sur ce livre
.. ..