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ISBN : 2228896284
Éditeur : Payot et Rivages (30/04/2002)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Chacun sait la fin tragique du Temple, cet ordre religieux militaire fondé au XIIe siècle, l'un des plus puissants d'Occident, dont le procès, intenté par Philippe le Bel en 1307, alimente aujourd'hui encore bien des légendes et des controverses. Peut-être connaît-on moins Jacques de Molay (v. 1244-1314), dernier grand maître du Temple, qui périt dans les flammes du bûcher pour avoir refusé de renier son ordre. A dire vrai, l'homme, originaire de la Comté de Bourgog... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Sarindar
  20 décembre 2014
Alain Demurger est le meilleur connaisseur, à la suite de Laurent Dailliez, de l'histoire des ordres de moines-soldats fondés dans le contexte politique, économique, sociologique, démographique et militaire des Croisades.
Son portrait de Jacques de Molay nous fait nous demander si ce dernier des Grands-Maîtres de l'Ordre du Temple, créé par Hugues de Payens en 1118, était le mieux placé pour accéder au magistère dans sa phalange. Alain Demurger a beau lui prêter des qualités de gestionnaire, on sent quand même quelques manques chez cet homme né en Haute-Saône et admis dans l'Ordre en 1265.
Bon soldat, il eût fait merveille en Terre Sainte si les "Francs" avaient pu s'y maintenir. Mais la perte de la dernière grande place côtière, Saint-Jean-d'Acre, en 1291, et la mort héroïque mais inutile du grand-maître Guillaume de Beaujeu, puis la très brève grande-maîtrise assurée par Thibaud Gaudin, le placèrent au sommet de la hiérarchie au moment où la raison d'être d'institutions comme l'ordre des Templiers, la garde des Lieux Saints perdus depuis longtemps, ne pouvait plus être invoquée, sauf à vouloir reconquérir Jérusalem au plus vite.
Hors, avec l'arrivée sur le trône de France en 1285, d'un homme comme Philippe IV le Bel, peu fait pour cultiver les vieilles lunes et plutôt enclin au réalisme en matière politique et financière, Jacques de Molay allait avoir affaire à un interlocuteur redoutable. le roi de France osa poser la question : pouvait-on maintenir en vie plusieurs ordres monastiques et militaires alors que les Occidentaux avaient perdu pied au Levant ? Ne devait-on pas les fusionner pour n'en laisser qu'un seul ? On proposa à Molay d'accepter de s'entendre, à cette fin, avec les Hospitaliers, frères rivaux des Templiers, mais le refus obstiné de ces derniers, détermina Philippe le Bel à pousser une Papauté plus ou moins mise au pas et dépendante des volontés du Capétien (Bertrand de Got était devenu pape en 1305 sous le nom de Clément V et ne séjournait pas à Rome mais sur les bords du Rhône, à peu de distance des terres contrôlées par les hommes du roi de France), à faire en sorte que les Templiers entendent raison.
Philippe le Bel était surtout impatient de faire sentir sa force à un Ordre qui, riche de possessions domaniales et agraires, et fort d'un réseau de commanderies reparties non seulement sur tout le territoire français mais aussi dans le reste de l'Europe, était devenu une puissance économique et financière en engrangeant les donations et en exerçant en partie la fonction bancaire mais seulement pour le prêt (sans intérêt) et le transfert de fonds par le moyen des lettres de change, système fonctionnant grâce aux nombreuses implantations de l'Ordre.
le trésorier de l'Ordre tint même pendant un certain temps le rôle de contrôleur des recettes et dépenses de la couronne. Intolérable pour un roi comme Philippe le Bel (rappelons aussi que Saint Louis, grand-père de Philippe, n'appréciait guère ces moines-soldats). Les réticences des Templiers à se plier aux exigences du roi et du pape, qui, prétextant de les faire se vouer à un plan efficace de reconquête de la Palestine, de la Syrie et du Liban, de concert avec les Hospitaliers, en ne formant plus qu'un seul bloc, pour mieux les contrôler, ne firent que renforcer la volonté de Philippe le Bel de les abattre.
L'arrestation massive de tous les Templiers de France par les sénéchaux et baillis, au matin du 13 octobre 1307, leur emprisonnement et les méthodes employées par leurs geôliers et tourmenteurs pour obtenir d'eux des aveux quant à des accusations de pratiques homosexuelles, de rites blasphématoires sur des crucifix, de multiples reniements du Christ au cours des cérémonies d'admission dans les rangs de l'ordre, etc., tout cela conduisit, malgré le rappel des prévenus qu'ils n'avaient de comptes à rendre qu'au pape à la protection duquel ils en appelèrent, à la condamnation de l'ordre, dissous officiellement le 22 mars 1312 par la bulle Vox in excelso.
Jacques de Molay, par ses aveux obtenus par la force, par ses atermoiements, ses rétractations et son envie finale de défendre l'honneur de l'ordre coûte que coûte, ne fit que révéler des faiblesses humaines, fort compréhensibles, en même temps qu'une absence d'intelligence politique, et même s'il ne fut pas le seul responsable de cette situation, il manqua de réflexe quand la possibilité lui fut offerte de sauver l'ordre en acceptant de le fondre, avec celui de l'Hôpital, dans une seule et même organisation. L'ordre des Templiers, qui aurait pu devenir un véritable État dans l'État si les Capétiens ne l'avait remis à sa place, mourut de l'intransigeance et de la perte de sens du réel de ses têtes dirigeantes. Et Jacques de Molay périt avec courage le 18 mars 1314, sur un bûcher dressé à la pointe de l'île de la Cité, sur l'emplacement de l'actuel terre-plein du Pont Neuf. A ses côtés fut brûlé également Geoffroy de Charnay.
François Sarindar, auteur de : Lawrence d'Arabie. Thomas Edward, cet inconnu (2010)
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jsgandalf
  26 mai 2012
Cette biographie s'attaque à une face caché de l'histoire des templiers. Jacques de Molay est bien entendu cité dans tous les livres sur l'ordre guerriers, mais qu'en est-il de son histoire. Généralement il en reste sa date d'accession au poste de Grand Maître de l'ordre et sa date de mort. Il fut brûlé, ne voulant pas, au dernier moment renier l'ordre. Une grande enquête. Pas beaucoup de sources. L'auteur s'en sort magistralement.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   25 mai 2014
Lorsqu'il quitte la Terre sainte en 1254, Louis IX laisse sur place ce que l'on a appelé le « régiment français », soit un contingent de cent chevaliers (avec écuyers, valets, palefreniers, tous également en état de combattre), entièrement soldé par le roi de France et basé dans un premier temps à Jaffa ; il est placé sous le commandement de Geoffroy de Sergines, un des meilleurs capitaines de Louis IX pendant la croisade. C'est en effet de forces permanentes de ce genre, comparables à celles constituées par les ordres religieux-militaires, plutôt que de croisade, temporaire, que les Etats latins ont besoin. Ce régiment français restera opérationnel jusqu'à la chute d'Acre en 1291. Le roi d'Angleterre Edouard Ier imitera le roi de France un peu plus tard en envoyant un contingent placé sous la direction d'un seigneur franc-comtois passé à son service, Otton de Grandson. La route de ce dernier va croiser, à plusieurs reprises, celle de Jacques de Molay.

1764 - [PBP n° 964, p. 37]
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JcequejelisJcequejelis   21 septembre 2014
Les templiers ont agi en tant que propriétaires de bateaux qu'ils utilisent pour leur propre compte ou qu'ils louent à des tiers. Ils transportent des hommes, des marchandises et des espèces monétaires (le « portage »). Il serait pourtant erroné d'assimiler le Temple à une banque, même s'il est vrai que celui-ci fournit certains services commerciales du temps (portage, prêt).

2009 - [PBP n° 964, p.176]
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JcequejelisJcequejelis   24 mai 2014
N'oublions pas que tout croisé en route pour la Terre sainte part avec l'espoir de visiter les lieux sacralisé par la présence de Jésus, de la Vierge et des saints ; pereginus, pèlerin, est le nom le plus souvent donné par les textes du temps aux croisés. Louis IX visita tous les Lieux saints, encore aux mains des chrétiens (Nazareth par exemple).

1759 - [PBP n° 964, p. 36]
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JcequejelisJcequejelis   12 juin 2014
Grandson appartient à ce courant de la noblesse comtoise hostile à la mainmise française sur la comté.
Philippe Le Bel a exploité la rivalité entre deux branches de la famille comtale, celle d'Otton IV, comte, et celle de Jean de Châlons, seigneur d'Arlay. Le premier s'est rallié au roi de France et l'a suivi dans la croisade d'Aragon. Cette alliance s'est vue renforcée par des mariages : Otton IV a épousé Mahaut d'Artois, et leur fille Jeanne épousera le deuxième fils du roi, le futur Philippe V. En 1295, le traité de Vincennes livre la comté à l'administration française. Quant à Jean de Châlons, il est le beau-frère de l'empereur Rodolphe de Habsbourg, élu en 1273 après le « grand interrègne » qui a suivi la mort de Frédéric II en 1250. A sa suite, des seigneurs comtois hostiles à la mainmise française ont formé une ligue, ou confédération, dès 1289 peut-être, en 1295 à coup sûr.

1815 - [PBP n° 964, p. 110/111]
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JcequejelisJcequejelis   16 juin 2014
Dans le dernier tiers du XIIe siècle, les principaux souverains d'Occident, les rois d'Angleterre, de France, de Castille, d'Aragon et de Sicile, sans qu'on puisse les taxer d'hostilité envers les ordres, ont cherché à réduire les privilèges concédés par le passé à ceux-ci dans leurs Etats. C'est le cas en Catalogne où le roi d'Aragon, également comte de Barcelone, veut se rendre totalement maître de la basse vallée de l'Ebre...

1820 - [PBP n° 964, p. 129]
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Alain Demurger. Le rouleau de l'interrogatoire des Templiers de Paris.
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