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EAN : 9782266281324
240 pages
Pocket (01/03/2018)
3.82/5   31 notes
Résumé :
Cette histoire qui commence en 1950, quand mon père, gardien de chèvre kabyle, débarque seul en région parisienne, la barbe mal taillée, le ventre vide, des envies de bosser plein les mains. Qui continue lorsque ma mère le rejoint quelques années plus tard, et qu’avec cinq de mes frangines et mon frère, ils vivent dans un bidonville, un 9m2, une pièce unique pour manger, dormir et tout le reste, avant d’obtenir une place dans une cité HLM à L’Ile-Saint-Denis en 1968... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Une lecture tonitruante... regorgeant d'amour, de reconnaissance de Nadir
Dendoune envers ses parents, ses frangines.... sa cité, et toutes les personnes bienveillantes qui ont tendu la main au gamin, à l'adolescent révolté qu'il était....rempli de colère contre les injustices,
les exclusions soufferts par ses parents, et tous les camarades de la cité....

Colère qui aurait pu étouffer Nadir Dendoune si il n'avait pas rencontré des personnes généreuses et sensibles au désert intellectuel, culturel de ces gamins des cités, comme cet animateur extraordinaire, Salah, ingénieur de formation, préférant s'impliquer, d'abord bénévolement, pour aménager une salle et proposer un lieu de rencontres et d'activités pour les jeunes de la cité., et tout ceci pendant vingt-ans...!!
Nadir Dendoune reconnaît que c'est grâce à cette salle de jeunes qu'il a été au musée pour la première fois, de même qu'il a lu son premier bouquin, qu'il a écrit son premier "article" dans un mensuel créé par Salah, afin que les jeunes puissent s'exprimer!

" Un jour, je me suis maté dans la glace et j'ai serré les poings très fort. Je pleurais de rage et d'envie. Je suis allé voir ma mère et je lui ai dit : "Ton fils a décidé de rêver de nouveau" (...)
Mon Everest, c'était de vivre des rêves de riches. Ces rêves qu'on m'a toujours refusés. Qu'on a refusés à mes parents.
J'ai rêvé de voyages et je suis parti pédaler autour du monde.
J'ai rêvé de soleil, de plage et de bombasses et je suis allé en Australie.
J'ai rêvé de pouvoir raconter nos histoires, je suis devenu journaliste et j'ai publié quatre livres.
J'ai rêvé d'exploits et je suis devenu le premier Maghrébin à escalader l'Everest.
ça s'est joué à pas grand-chose. J'aurais pu finir grand délinquant. Mais j'ai eu de la chance. de belles rencontres à chaque moment important de mon parcours.
Justement, il y a quatre ans, ma vie a un peu changé. Je me suis mis à écrire de nouveau.(...) Par plaisir, bien sûr, par envie également, mais aussi par nécessité.
Pour oublier certaines choses, et en comprendre d'autres. Et j'ai l'impression, texte après texte, de m'approcher de la paix. " (p. 13)

Un récit autobiographique composé de courts chapitres, abordant tous les sujets possibles: La Cité, les Parents, les amis, l'Exil, les Jeunes de banlieue, la prison dans l'adolescence, l'envie d'écrire, de voyager, A l'Ecole de la République, les actions concrètes de villes communistes en faveur des jeunes des cités, les politiques des municipalités, la vieillesse de parents, la résilience des émigrés et enfants d'émigrés, l'amour tumultueux mais profond des parents, etc.

Le récit autobiographique est complété de chroniques inédites....Un style
nerveux, vif, plein d'images et de couleurs, mêlant langage argotique, et
langage plus classique... Une impression de bouillonnement extrême !!


"Mon père figurait sur beaucoup d'entre elles [photographies] , solide montagnard de Kabylie, posant toujours de la même manière, fièrement, à l'image de sa vie qu'il avait vécue le plus dignement possible. Toujours à ses côtés, ma mère, sa posture identique à celle de son mari. Ces deux-là étaient ensemble depuis soixante-cinq ans, on pourrait dire depuis toujours.
Maman répétait souvent que mon père avait été son meilleur ami et son meilleur ennemi, qu'elle avait eu du mal à cohabiter avec lui toutes ces décennies, mais qu'elle n'aurait jamais supporté la vie sans lui. "(p. 130)

Je ne veux pas oublier de dire un mot sur la photographie de couverture,
représentant le papa de l'écrivain...Cliché que j'ai reconnu avec joie, car elle
a été "reprise" en mai 2016 par un artiste (ami de l'auteur), Vince, qui en a fait une immense fresque sur la façade d'un immeuble HLM de Malakoff, aux portes de Paris.
La première fois que j'ai admiré ce portrait des plus expressifs d'un " chibani ", il m'a pris à la gorge d'émotion, tant il était réaliste, comme vivant...

J'aime la phrase de Nadir Dendoune à propos de ce portrait géant :
" Cette fresque a rendu mon père éternel" comme ce livre a immortalisé ses deux parents et son amour pour eux...

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[***pour mémoire, penser à aller voir "Des figues en avril" , film de Nadir
Dendoune, en hommage exclusif à sa maman. Film sorti en avril 2018 ]

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J'ai choisi ce livre pour mes souvenirs de gosse. J'ai grandi dans une cité HLM où plutôt, à l'époque, une cité ouvrière. Mes copains et copines étaient de toutes nationalités, cultures, couleurs, un seul critère était semblable : la misère. Nous jouions alors tous ensemble dans la cité avec un unique vélo ou une unique paire de patins à roulettes, nous lisions têtes contre têtes une bd trouvée par là pendant que nos parents vivaient leurs galères dans le respect des autres.

Le ressenti de cette enfance est différent pour l'auteur. Ses mots sont violents, haineux. Il est français et pourtant est persuadé que les autres le voient comme un gnoule.

Forcément son vécu scolaire est à la mesure de sa haine. Les relations avec les filles, pas des maghrébines qui ressemblaient trop à ses soeurs, sont dans la même veine : “j'avais mis la langue direct comme les acteurs faisaient dans les films de boules et d'épée, et la nana avait trouvé ça dégueulasse. La conne…” ou bien : “Derrière un arbre, elle m'avait dit : embrasse-moi. La chaudasse.”

Ça c'est fait.

Malgré des parents adorables, sa rage grandit avec la salle de la cité ouverte pour les jeunes qui devient la salle des séniors.

Puis quand il devient un voyou, il n'assume pas ses actes : “Un bougnoule reste un bougnoule : il n'a pas le droit à l'erreur. Son fils à elle, 100 % pur porc, était bien entendu 100 % innocent !”

Ah oui, il n'aime pas trop les français non plus : “Des colons français bien installés avec leurs privilèges, qui s'étaient gavés sur le dos des autochtones et s'étaient étonnés ensuite que les algériens veuillent les foutre à la porte. Aujourd'hui, ils pleurnichent parce que leur pays, que nos parents ont construit à la sueur de leur front, ne ressemble plus à la France de Jeanne la pucelle, mais n'est-ce pas un juste retour des choses ?”

Hé Nadir, vous êtes français bordel !

Alors vous pouvez grimper l'Everest, servir de bouclier humain en Irak, parcourir l'Australie en vélo, vous n'êtes une belle personne que quand vous parlez de votre maman. Parce que là vous oubliez votre haine, votre rage et c'est beau.

Quel dommage ! L'auteur n'a pas le recul nécessaire pour raconter sa famille. Beaucoup de répétitions.

Merci à Masse critique de Babelio et les Éditions Pocket.


Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Cette lecture m'a embarquée pour quelques pages vers une chronique de la banlieue et de la place des immigrés…

Je dois dire que cela a été une lecture assez atypique, et même si j'ai apprécié les points de vue, j'ai également, parfois, été agacée par les répétitions de certaines situations, au point que cela devenait lassant, malgré ses 240 pages.

J'ai toutefois trouvé, le point de vue de l'auteur et son regard sur les banlieues très intéressant, ainsi que sa perception de l'enfermement tout en étant libre, très pertinent.

Un hommage riche d'enseignement aux parents de l'auteur.
Lien : https://julitlesmots.com/202..
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Je referme à l'instant ce livre commencé hier soir. Je l'entrebâille encore, comme la porte d'un bar où je viens de passer un bon moment.

Je cherche des yeux les visages et les mots qui m'ont fait sourire. « J'avais rencontré Nedjma à une soirée distinguée où tout le monde faisait de longues phrases sans virgule et sans point final. »

Nadir, lui, se bagarre avec les mots. Je les imagine débouler, énervés, de son gosier, se bousculer pour sortir. Puis s'enrouler autour de sa langue, rester là, tapis sous les papilles, à se faire désirer.

Dans Nos rêves de pauvres, Nadir Dendoune prend sa revanche sur son bégaiement, sa parole courbatue. À l'écrit, les mots se polissent, se laissent convaincre de filer plus ou moins droit. Avec un peu de concentration, il peut enfin leur faire dire sa douleur, sa rage, ses souvenirs, ses désirs.

179 pages construites comme un puzzle, sans enchaînements. Pourquoi s'embarrasser de chaînes ? Les mots coulent, enfin. Qu'ils irriguent le papier, librement. Qu'ils disent la douleur, la rage, les souvenirs, les désirs de son père et de sa mère, que les mots ont trahis à jamais.

« Il n'est pas de pire exilé que l'exilé du sens »

Mohand et Messaouda parent de leurs doux visages résignés la couverture du livre. « Nos parents sont malheureux en France, ils l'ont toujours été, écrit Nadir Dendoune. La tristesse se lit dans leurs yeux et on pourrait compter sur leur visage une ride pour chaque sacrifice fait pour leur progéniture. » Derrière la tristesse, le ressentiment. « Certains fachos pensent que l'exil c'est pour le plaisir (…) Mais que dalle ! Les humiliations, les travaux pénibles, les cages à poules dans lesquelles on les a entassés, c'est ça la France. »

Dans Nos rêves de pauvres, « Madame la France » en prend pour son grade : « Oui, on vous en veut toujours. Pour ce que vous avez fait subir à nos parents et à nos grands-parents. Pour avoir colonisé leurs esprits et avoir fait d'eux des êtres inférieurs. Pour vous, la colonisation a été un truc sympa, qui a permis de construire des routes, des hôpitaux, des écoles, d'apporter du savoir à des sauvages. Peu importe s'ils n'étaient pas libres, s'ils ne disposaient pas des mêmes droits que les autres. Pourtant, se battre pour la liberté, ça vous dit bien quelque chose ? »

Pas une page où ne gronde une fureur immense. Comment ne pas être en colère quand on s'agglutine à onze dans un HLM, quand l'horizon a la couleur du béton, quand les rêves d'enfance ne sont pas permis ?

Le sport et La Vie devant soi

Adulte, Nadir Dendoune relance pourtant la machine à rêver. D'abord grâce à Salah, l'éducateur qui a « apporté un peu de culture et de vie au pied des tours ». Qui l'a encouragé à partir à Sydney. « Qu'il croie en notre projet nous a donné confiance et on a foncé. Neuf mois plus tard (…), nous partions en Australie pour trois mois. C'était la première fois que j'accomplissais quelque chose. Depuis, je n'ai plus jamais fait marche arrière. »

Études de journalisme, tour du monde à vélo, ascension de l'Everest récemment adaptée au cinéma… Nadir se dépasse. Nedjma y est aussi pour beaucoup : si la belle intello largue l'auteur au bout de quelques semaines, la liste de livres qu'elle lui laisse provoque un déclic. « Grâce à eux (…) je ressentais des émotions nouvelles. À travers ces pages, je commençais à accepter les douleurs que j'avais enfouies toute une vie, je les comprenais enfin. Ces livres finissaient par m'emmener vers d'autres espoirs. Et en refermant le dernier bouquin de la liste, La Vie devant soi, je réalisai soudain que, moi aussi, j'avais le droit d'écrire. »

Triompher de la Hogra

Autre arme contre le fatalisme : le sport. « le judo, pour résister aux coups, le football, pour faire comme les autres, puis l'athlétisme, parce que j'avais battu tout le monde au Cross du collège. Et enfin le tennis, parce qu'il faut aller là où les bourges préfèrent rester entre eux. »

Dans une France fébrile, accablée par les scandales politiques et les graves dérapages policiers, où des doigts accusateurs pointent sans cesse les migrants et autres « caillera », lire ce récit bouillonnant de colère procure un étrange apaisement.

Je le conseille vivement à toute personne qui se voit signifier qu'ici, elle n'est pas tout à fait chez elle. Je le conseille aux politiciens tentés de réduire des milliers d'humains en caricatures menaçantes.

Critique parue dans le blog https://sanaguessouspro.wordpress.com
Lien : https://sanaguessouspro.word..
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La vie en banlieue parisienne dans un HLM de la famille Dendoune à partir des années 1950 raconté par leur fils Nadir (l'auteur), dernier né de neuf enfants.
Une vie de pauvre , mais une vie si riche de tout l'amour inconditionnel qu'il voue à ses parents, merveilleusement racontée.
La couverture de ce livre est une fresque de Malakoff signée Vince et effectuée en mai 2016 par cet artiste.
Il représente Mr Mohand Dendoune (le père de l'auteur) prise par le photographe Jérôme Bonnet pour en faire un gigantesque dessin.
Une fresque qui rend hommage à tous les papas immigrés.

Il y a tellement de phrases qui m'ont interpellées que je ne pourrais toutes les mettre en citations ; mais qui peuvent parler à beaucoup d'entre nous, que nous soyons où pas des enfants d'immigrés.
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
Un jour, je me suis maté dans la glace et j'ai serré les poings très fort. Je pleurais de rage et d'envie. Je suis allé voir ma mère et je lui ai dit : "Ton fils a décidé de rêver de nouveau" (...)
Mon Everest, c'était de vivre des rêves de riches. Ces rêves qu'on m'a toujours refusés. Qu'on a refusés à mes parents.
J'ai rêvé de voyages et je suis parti pédaler autour du monde.
J'ai rêvé de soleil, de plage et de bombasses et je suis allé en Australie.
J'ai rêvé de pouvoir raconter nos histoires, je suis devenu journaliste et j'ai publié quatre livres.
J'ai rêvé d'exploits et je suis devenu le premier Maghrébin à escalader l'Everest. ça s'est joué à pas grand-chose. J'aurais pu finir grand délinquant. Mais j'ai eu de la chance. De belles rencontres à chaque moment important de mon parcours.
Justement, il y a quatre ans, ma vie a un peu changé. Je me suis mis à écrire de nouveau.(...) Par plaisir, bien sûr, par envie également, mais aussi par nécessité. Pour oublier certaines choses, et en comprendre d'autres. Et j'ai l'impression, texte après texte, de m'approcher de la paix. (p. 13)
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C'est pas tous les jours l'Aïd avec elles, elles papotent sans cesse et excellent pour vous donner mal au crâne, mais pour rien au monde j'échangerais ces sept frangines pour sept bonhommes. Parce que l'amour de mes soeurs a atténué ma haine. Parce qu'elles m'ont offert un maximum de sensibilité, de tendresse, de douceur. Des choses indispensables, surtout quand on vit entouré de béton. (p. 46)
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Mon père figurait sur beaucoup d'entre elles [photographies] , solide montagnard de Kabylie, posant toujours de la même manière, fièrement, à l'image de sa vie qu'il avait vécue le plus dignement possible. Toujours à ses côtés, ma mère, sa posture identique à celle de son mari. Ces deux-là étaient ensemble depuis soixante-cinq ans, on pourrait dire depuis toujours.
Maman répétait souvent que mon père avait été son meilleur ami et son meilleur ennemi, qu'elle avait eu du mal à cohabiter avec lui toutes ces décennies, mais qu'elle n'aurait jamais supporté la vie sans lui. (p. 130)
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Fallait nous voir crier notre bonheur à qui voulait l'entendre. On avait l'impression d'être aussi riches que les autres. Le mois passait énormément vite. Le bonheur accélère le temps. On étudiait et on s'amusait. La vie était belle. Après quatre semaines de classe de neige, on revenait à l'Ile-Saint-Denis en pleine forme avec beaucoup moins de colère en nous et surtout des envies de repartir. Ce premier voyage allait en appeler d'autres. L'appétit vient en partant. (p. 81)
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Ma gêne vient de loin.
Dans les milieux populaires d'où je suis issu, on ne valorise que le travail concret.
On ne sait pas valoriser l'effort intellectuel parce que chez nous, il y a peu d'écrivains, de journalistes ou de chanteurs.
Il y a surtout des manutentionnaires, des ouvriers et des manœuvres.
Des petites mains, des gros bras.
La valeur, la vraie, se mesure pour nous à l'aune de la force physique.
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Videos de Nadir Dendoune (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nadir Dendoune
C'est une scène qu'on aurait préféré imaginer impossible : une interpellation policière lors de laquelle des propos racistes sont tenus par les policiers.
Cette scène s'est passé dans la nuit de samedi à dimanche, à L'Ile-Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis à côté de Paris.
Et cette scène, elle a été filmée par des habitants de la ville puis transmise à des journalistes qui l'ont diffusée : diffusée par deux journalistes, Nadir Dendoune sur Facebook et Taha Bouhafs sur Twitter.
L'un d'eux est dans À l'air libre : Taha Bouhafs.

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