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ISBN : 2264065230
Éditeur : 10-18 (14/10/2015)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 111 notes)
Résumé :
La dame n'a pas encore perdu le son de la liberté. Quand elle rit, on entend le vent dans les arbres et l'eau qui éclabousse le trottoir. On se souvient de la douce caresse de la pluie sur le visage et du rire qui éclate en plein air, de toutes ces choses que dans ce donjon, nous ne pouvons jamais ressentir.

Dans le couloir de la mort, enfoui dans les entrailles de la prison, le temps passe lentement. Coupés du monde, privés de lumière, de chaleur, de... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
11 août 2015
C'est l'été, il fait beau et chaud, tiens je contrepéte, et vous avez légitimement envie de fraîcheur et de légèreté.
Qu'à cela ne tienne, direction le couloir de la mort.
Une prison sans nom où croupissent les rebuts de l'humanité dans l'attente d'un tête-à-tête avec la grande faucheuse..
C'est dans ce chaos ambiant qu'évolue La Dame. Perçue comme un ange salvateur par tous ces sursitaires, elle œuvre inlassablement afin de mettre à jour une pièce du dossier injustement ignorée qui leur permettrait alors d'échapper à l'injection létale.
York est le prochain sur la liste.
La date de son exécution approche.
La Dame sait qu'elle joue déjà contre la montre pour tenter de sauver une âme qui attend désormais cette sentence comme une délivrance.
Une chape de plomb qui s'abat sur vos frêles épaules, voilà l'effet que produit ce type de bouquin plombant comme un ciel d'orage.
Si les fortunes sont diverses, aucune n'apparait susceptible de vous filer la patate suffisante et nécéssaire pour entamer un solo de claquettes à l'écoute d'un Carla Bruni endiablé.
Noir c'est noir, il me reste l'espoir.
Négatif mon Johnny, va falloir revisiter tes classiques.
Ici, tout n'est que Waterloo morne plaine.
Rene Denfield, enquêtrice spécialisée dans les peines de mort, maîtrise son sujet à la perfection. Et dire qu'il s'agit ici d'un tout premier roman, on ne peut que saluer une perf' hallucinante d'authenticité. De celle qui vous file un bourdon persistant et sévère.
Une enquêtrice à la dérive, un mystérieux condamné mutique comme témoin de cet avant-goût de l'enfer et un cadre pénitentiaire qui ferait claquer du fessier les plus téméraires, vous qui entrez ici, perdez toute espérance. Merci cependant d'utiliser les patins, la double ration de Gaspacho d’artichaut à l’orange assorti de ses langoustines rôties étant à ce prix.
Le purgatoire comme si vous y étiez.
Un endroit cauchemardesque paradoxalement empli d'humanité.
Ce lieu enchanté ravira tout lecteur audacieux en mal de justesse et de sincérité.
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marina53
10 septembre 2015
Un lieu enchanté pour moi. Sûrement pas pour les autres. Pourtant, ici, je vois les oiseaux de nuit duveteux, les chevaux d'or, les petits hommes aux minuscules marteaux. Je ne parle plus depuis longtemps. Les livres me suffisent amplement. Mais, j'entends et je regarde. J'entends des pas dans le couloir. La dame et le prêtre déchu discutent. Ils parlent de York. Paraît-il que la dame va s'occuper de son dossier. Epineux, sans doute, puisque York ne veut pas qu'on s'occupe de lui. Il veut qu'on lui fiche la paix. Il veut mourir. Rien d'autre. Pourtant, elle s'acharnera à trouver ici et là quelques éléments dans son dossier qui pourraient faire réviser son procès. Elle remonte alors le fil de son enfance. Faut-il croire que la dame a du temps à perdre. Moi, j'ai tout mon temps. Dans le couloir de la mort, j'attends mon tour...
Enquêtrice spécialisée dans les peines de mort, Rene Denfeld s'est inspirée de sa propre histoire. La dame, c'est elle. C'est elle qui arpente ces sombres couloirs à la rencontre de ces condamnés. de par le fait, elle maîtrise parfaitement son sujet et nous livre un roman noir, à l'ambiance pesante et dans lequel l'on entre-aperçoit pas la moindre lueur d'espoir. Que de vies cabossées, que d'êtres bancals, que de rêves inachevés, que d'espoirs déchus! Que ce soit le narrateur, témoin de ces vies; ces matons corrompus ou ces détenus au passé inavouable. Rene Denfeld nous enferme dans son roman devenant nous-mêmes prisonniers de ces lignes. Elle nous livre un roman puissant et intense. Son écriture poétique et habile nous ferait presque oublier cette noirceur étouffante, ces couloirs de la mort et ces hommes, qui rappelons-le, sont des meurtriers.
Bienvenue En ce lieu enchanté...
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litolff
18 septembre 2014
Livre choc de la rentrée littéraire, une vraie claque !
Quand vous aurez fini de lire ce livre bouleversant, vous ne penserez plus à la peine de mort et à la vie carcérale de la même façon, car contrairement à ce que le titre pourrait laisser imaginer, ce lieu enchanté est un terrible établissement pénitentiaire où des criminels endurcis attendent la mort depuis des années.
Le narrateur ne parle pas et on ne saura jamais exactement ce qu'il a fait, mais il est là depuis très longtemps et tous ses voisins de couloir attendent comme lui la sentence qui les enverra à la mort. Il écoute les bruits de la prison, observe tous les intervenants du système judiciaire et on découvre par son monologue omniscient les tenants et aboutissants de cet univers carcéral sordide qui pour luit cache un univers magique et enchanté, un univers où des chevaux d'or courent dans les profondeurs de la terre, des petits hommes frappent les murs de leurs minuscules marteaux et des oiseaux de nuit duveteux choient du firmament.
On découvre ainsi le « prêtre déchu » rongé par la culpabilité et plein de compassion, le directeur bienveillant qui souffre en silence, York et Striker, ses voisins de couloir, un garçon aux cheveux blancs, nouveau prisonnier vulnérable, les gardiens ripoux et dévoyés et... « la dame » : à certains de ces hommes bousillés dès l'enfance, « la dame » vient apporter les dernières lueurs d'espoir. Elle est mandatée pour mener une enquête, et déterminée à transformer leur condamnation à mort en condamnation à perpétuité, pas par conviction intime mais parce que c'est son travail et que son passé la met dans une situation d'empathie compréhensive.
Avec pudeur, sans porter de jugement mais avec beaucoup de poésie et une douceur infinie qui allège la misère et la souffrance, Rene Denfeld donne la parole à ceux qui ne l'ont pas et leur accorde ce que le monde leur dénie, l'HUMANITE.
J'ai été profondément marquée par ce livre absolument inclassable et bouleversant d'humanité.
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canel
20 décembre 2015
Couloir de la mort dans une prison américaine vétuste.
Compte à rebours : la date de l'exécution de York est fixée au 6 août. On est en mai, il reste quelques semaines à "la dame" pour commuer cette peine capitale en 'perpète'. La mission de cette "dame" : sauver des condamnés en enquêtant sur leur passé pour trouver des circonstances atténuantes et renverser les jugements. Elle y parvient, parfois...
Autour d'eux, un prêtre déchu, un directeur de prison trop bon ou trop affaibli par sa propre douleur (sa femme est en train de mourir) pour voir l'abject autour de lui - les magouilles monstrueuses entre certains gardiens et les caïds qui brisent de pauvres gosses sans ressources. Et puis une voix, celle d'un observateur, muet depuis qu'on l'a arraché à huit ans à sa mère handicapée pour que cesse la maltraitance. Une maltraitance qui a fait de lui un monstre ; il a tué, torturé, il va être exécuté dans la "chambre des lianes" (la pièce où les tuyaux acheminent le poison dans le corps de ceux qui doivent payer leurs crimes)...
Une lecture difficile, à plusieurs égards. Il n'est pas toujours simple de se repérer parmi les différents personnages, la forme brouille les pistes, le changement entre les récits (narration ou angle d'observation) est marqué par un simple interligne, pas forcément visible lorsqu'on change de page. Et les traumatismes d'enfance de certains se ressemblent tellement qu'on s'y perd - ceux du narrateur et ceux de York, mais aussi ceux de "la dame", qui a eu la chance de se maintenir du bon côté, elle. Cette confusion est sans doute voulue, de même que l'absence de noms pour plusieurs protagonistes, désignés par leur fonction. Cela rend le débat "Pour ou contre la peine de mort ?" encore plus complexe. Une question qui n'a pas de sens, ou reste insoluble, posée ainsi, à vrai dire. Le problème est ailleurs, en amont...
J'ai trouvé ce roman à la fois lourd et brillant. Tantôt ennuyeux, tantôt génial. J'avais du mal à suivre l'observateur muet dans ses fantasmagories, entre chevaux d'or et petits hommes aux marteaux. Par contre, la présentation de l'univers carcéral m'a captivée et bouleversée, on n'ose pas y croire même si on a lu d'autres témoignages/romans tout aussi sombres. Mais l'auteur est journaliste spécialisée dans les peines de mort, on se dit qu'elle connaît bien le sujet...
Une urgence : revoir le film de Tim Robbins "La dernière marche" (découvert à sa sortie en 1995), avec Sean Penn et Susan Sarandon (j'ai attribué son apparence à la "dame" du roman dès le début de cette lecture).
■ Un article à lire, qui fait froid dans le dos (la lecture semble tellement précieuse pour certains détenus) : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20140510.OBS6732/pas-facile-de-lire-en-prison-voila-pourquoi.html
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isabelleisapure
14 décembre 2015
Voici un magistral premier roman.
Le narrateur ne parle plus, depuis longtemps, mais il nous dit tout de « ce lieu enchanté » ou vivent des prisonniers qui attendent la fin de leur existence. York en fait partie, son exécution est prévue le 22 juillet. En attendant la mort, cet homme lit, se terre sous sa couverture, et croise parfois le regard de "la Dame", celle dont la mission est d'enquêter pour trouver, in extremis, un détail qui pourrait renvoyer les prisonniers dans le bâtiment des "perpètes" et ainsi, leur faire échapper à la peine capitale. Un prête déchu accompagne ceux qui expriment un ultime sursaut de foi religieuse. Quant au Directeur de l'établissement, sa présence signifie toujours le départ de l'un des prisonniers au bout de la route.
Il faut un grand talent pour immerger le lecteur dans cet environnement hostile ou la fin programmée d'une vie humaine est terrifiante.
René DENFELD y réussi dans ce roman lumineux empreint d'humanisme. Un véritable tour de force pour nous permettre de mesurer la beauté de chaque instant, de chaque mètre carré de terre, de chaque être humain.
« En ce lieu enchanté » fait partie de ces rares livres dont il est très difficile de se détacher.

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Les critiques presse (1)
Lexpress11 septembre 2014
Journaliste à Portland (Oregon), spécialisée dans la peine de mort, l'Américaine Rene Denfeld, 35 ans, signe là un premier roman totalement inclassable, qui prend aux tripes et remue le coeur.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel18 décembre 2015
Ce qui compte, c'est la fenêtre dans le mur du fond. En se tordant le cou, les détenus peuvent apercevoir le ciel. Houppettes blanches un jour, striées de rose un autre jour, les nuages, certains soirs, s'embrasent littéralement.
C'est pour cette fenêtre que les condamnés à mort se rendent au parloir pour rencontrer leurs avocats et leurs enquêteurs. Les avocats croient que leurs clients ont envie de les voir. Non, c'est pour la fenêtre qu'ils viennent. La visite terminée, lorsqu'ils sont reconduits enchaînés dans les profondeurs du donjon où ils passent leurs journées dans une cellule d'un mètre quatre-vingts sur deux mètres soixante, sans aération ni fenêtre, équipée d'un petit lit, d'une tinette éternellement maculée de brun et d'une ampoule défaillante dans sa cage de métal, les détenus peuvent se rappeler ce bout de ciel. Des mois, des années même passent parfois entre deux parloirs. Mais ils savent que, lors de ces rares visites, ils verront le ciel.
(p. 15)
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marina53marina5310 septembre 2015
De toute façon, le temps se mesure autrement qu'en comptant les jours. A l'extérieur, les gens pensent que ce sont les horloges qui donnent l'heure. Ils règlent leur réveil pour partir au travail et se lèvent quand l'affichage clignote à six heures du matin. Ils lèvent les yeux sur le mur du bureau qui leur indique que c'est l'heure de rentrer chez eux. La vérité, c'est que les horloges indiquent l'heure mais pas le temps. La mesure du temps, c'est le sens. (..) C'est le sens qui pousse les gens à se projeter dans l'avenir, c'est aussi lui qui les rattache au passé, et c'est ainsi qu'ils savent se placer dans l'univers.
+ Lire la suite
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marina53marina5310 septembre 2015
J'ai lu quelque part qu'il y avait en effet en nous des choses trop petites pour être vues, des choses qui échappaient même parfois au microscope. Cela m'a donné à penser: s'il y a en nous des choses trop petites pour être vues, ne pourrait-il pas y avoir hors de nous de trop énormes pour être crues?
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LaBiblidOneeLaBiblidOnee05 janvier 2015
Les horloges indiquent l'heure mais pas le temps. La mesure du temps, c'est le sens.

"Je dois me lever pour aller travailler", ou "C'est l'heure du biberon". Ou encore "C'est l'année ou j'ai eu un cancer", ou "C'est le jour de mon anniversaire". Ou "Tu te souviens quand notre père est mort", ou "N'oublions pas de semer les navet au printemps".

C'est le sens qui pousse les gens à se projeter vers l'avenir, c'est aussi lui qui les rattache au passé, et c'est ainsi qu'ils savent se placer dans l'univers.

(...) [Dans le couloir de la mort], le temps passe mais ne compte pas. Je pourrais avoir une pendule, mais que m'indiquerait son cadran ? Rien.
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canelcanel20 décembre 2015
En fait, le rêve d'un détenu dans le couloir de la mort, c'est d'échapper à l'exécution et de passer le reste de sa vie derrière les barreaux, non plus dans le donjon mais dans la section générale. Il veut que sa mère puisse venir le voir et le toucher. Il veut sortir au soleil, jouer au ballon, partager ses repas avec d'autres détenus, voir le ciel, sentir le vent sur sa peau. C'est cela, son rêve. Certains le jugeront modeste mais, pour lui, c'est un rêve fou, très difficile à réaliser de là où il se trouve.
C'est en tout cas ce que voulaient tous ses clients, à l'exception de York.
(p. 66-67)
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