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Critiques sur En ce lieu enchanté (62)
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marina53
10 septembre 2015
Un lieu enchanté pour moi. Sûrement pas pour les autres. Pourtant, ici, je vois les oiseaux de nuit duveteux, les chevaux d'or, les petits hommes aux minuscules marteaux. Je ne parle plus depuis longtemps. Les livres me suffisent amplement. Mais, j'entends et je regarde. J'entends des pas dans le couloir. La dame et le prêtre déchu discutent. Ils parlent de York. Paraît-il que la dame va s'occuper de son dossier. Epineux, sans doute, puisque York ne veut pas qu'on s'occupe de lui. Il veut qu'on lui fiche la paix. Il veut mourir. Rien d'autre. Pourtant, elle s'acharnera à trouver ici et là quelques éléments dans son dossier qui pourraient faire réviser son procès. Elle remonte alors le fil de son enfance. Faut-il croire que la dame a du temps à perdre. Moi, j'ai tout mon temps. Dans le couloir de la mort, j'attends mon tour...

Enquêtrice spécialisée dans les peines de mort, Rene Denfeld s'est inspirée de sa propre histoire. La dame, c'est elle. C'est elle qui arpente ces sombres couloirs à la rencontre de ces condamnés. de par le fait, elle maîtrise parfaitement son sujet et nous livre un roman noir, à l'ambiance pesante et dans lequel l'on entre-aperçoit pas la moindre lueur d'espoir. Que de vies cabossées, que d'êtres bancals, que de rêves inachevés, que d'espoirs déchus! Que ce soit le narrateur, témoin de ces vies; ces matons corrompus ou ces détenus au passé inavouable. Rene Denfeld nous enferme dans son roman devenant nous-mêmes prisonniers de ces lignes. Elle nous livre un roman puissant et intense. Son écriture poétique et habile nous ferait presque oublier cette noirceur étouffante, ces couloirs de la mort et ces hommes, qui rappelons-le, sont des meurtriers.

Bienvenue En ce lieu enchanté...
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lehane-fan
11 août 2015
C'est l'été, il fait beau et chaud, tiens je contrepéte, et vous avez légitimement envie de fraîcheur et de légèreté.
Qu'à cela ne tienne, direction le couloir de la mort.
Une prison sans nom où croupissent les rebuts de l'humanité dans l'attente d'un tête-à-tête avec la grande faucheuse..
C'est dans ce chaos ambiant qu'évolue La Dame. Perçue comme un ange salvateur par tous ces sursitaires, elle œuvre inlassablement afin de mettre à jour une pièce du dossier injustement ignorée qui leur permettrait alors d'échapper à l'injection létale.
York est le prochain sur la liste.
La date de son exécution approche.
La Dame sait qu'elle joue déjà contre la montre pour tenter de sauver une âme qui attend désormais cette sentence comme une délivrance.

Une chape de plomb qui s'abat sur vos frêles épaules, voilà l'effet que produit ce type de bouquin plombant comme un ciel d'orage.
Si les fortunes sont diverses, aucune n'apparait susceptible de vous filer la patate suffisante et nécéssaire pour entamer un solo de claquettes à l'écoute d'un Carla Bruni endiablé.
Noir c'est noir, il me reste l'espoir.
Négatif mon Johnny, va falloir revisiter tes classiques.
Ici, tout n'est que Waterloo morne plaine.

Rene Denfield, enquêtrice spécialisée dans les peines de mort, maîtrise son sujet à la perfection. Et dire qu'il s'agit ici d'un tout premier roman, on ne peut que saluer une perf' hallucinante d'authenticité. De celle qui vous file un bourdon persistant et sévère.
Une enquêtrice à la dérive, un mystérieux condamné mutique comme témoin de cet avant-goût de l'enfer et un cadre pénitentiaire qui ferait claquer du fessier les plus téméraires, vous qui entrez ici, perdez toute espérance. Merci cependant d'utiliser les patins, la double ration de Gaspacho d’artichaut à l’orange assorti de ses langoustines rôties étant à ce prix.
Le purgatoire comme si vous y étiez.
Un endroit cauchemardesque paradoxalement empli d'humanité.
Ce lieu enchanté ravira tout lecteur audacieux en mal de justesse et de sincérité.
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litolff
18 septembre 2014
Livre choc de la rentrée littéraire, une vraie claque !
Quand vous aurez fini de lire ce livre bouleversant, vous ne penserez plus à la peine de mort et à la vie carcérale de la même façon, car contrairement à ce que le titre pourrait laisser imaginer, ce lieu enchanté est un terrible établissement pénitentiaire où des criminels endurcis attendent la mort depuis des années.
Le narrateur ne parle pas et on ne saura jamais exactement ce qu'il a fait, mais il est là depuis très longtemps et tous ses voisins de couloir attendent comme lui la sentence qui les enverra à la mort. Il écoute les bruits de la prison, observe tous les intervenants du système judiciaire et on découvre par son monologue omniscient les tenants et aboutissants de cet univers carcéral sordide qui pour luit cache un univers magique et enchanté, un univers où des chevaux d'or courent dans les profondeurs de la terre, des petits hommes frappent les murs de leurs minuscules marteaux et des oiseaux de nuit duveteux choient du firmament.
On découvre ainsi le « prêtre déchu » rongé par la culpabilité et plein de compassion, le directeur bienveillant qui souffre en silence, York et Striker, ses voisins de couloir, un garçon aux cheveux blancs, nouveau prisonnier vulnérable, les gardiens ripoux et dévoyés et... « la dame » : à certains de ces hommes bousillés dès l'enfance, « la dame » vient apporter les dernières lueurs d'espoir. Elle est mandatée pour mener une enquête, et déterminée à transformer leur condamnation à mort en condamnation à perpétuité, pas par conviction intime mais parce que c'est son travail et que son passé la met dans une situation d'empathie compréhensive.
Avec pudeur, sans porter de jugement mais avec beaucoup de poésie et une douceur infinie qui allège la misère et la souffrance, Rene Denfeld donne la parole à ceux qui ne l'ont pas et leur accorde ce que le monde leur dénie, l'HUMANITE.
J'ai été profondément marquée par ce livre absolument inclassable et bouleversant d'humanité.
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isabelleisapure
14 décembre 2015
Voici un magistral premier roman.
Le narrateur ne parle plus, depuis longtemps, mais il nous dit tout de « ce lieu enchanté » ou vivent des prisonniers qui attendent la fin de leur existence. York en fait partie, son exécution est prévue le 22 juillet. En attendant la mort, cet homme lit, se terre sous sa couverture, et croise parfois le regard de "la Dame", celle dont la mission est d'enquêter pour trouver, in extremis, un détail qui pourrait renvoyer les prisonniers dans le bâtiment des "perpètes" et ainsi, leur faire échapper à la peine capitale. Un prête déchu accompagne ceux qui expriment un ultime sursaut de foi religieuse. Quant au Directeur de l'établissement, sa présence signifie toujours le départ de l'un des prisonniers au bout de la route.
Il faut un grand talent pour immerger le lecteur dans cet environnement hostile ou la fin programmée d'une vie humaine est terrifiante.
René DENFELD y réussi dans ce roman lumineux empreint d'humanisme. Un véritable tour de force pour nous permettre de mesurer la beauté de chaque instant, de chaque mètre carré de terre, de chaque être humain.
« En ce lieu enchanté » fait partie de ces rares livres dont il est très difficile de se détacher.


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patrick75
15 août 2015
Le lieu où nous mène Rene Denfeld est loin d'être "enchanté", c'est plutôt un lieu de désolation. C'est un monde en soi, oublié de tous...le "couloir de la mort" d'une prison. Troisième sous-sol, là ou la seule lumière vient du jaune de l'ampoule grillagée des cellules. Les hommes qui sont là, attendent leur "délivrance" qui arrivera sous la forme d'une injection létale. Ils ont commis les pires atrocités. Et c'est là qu'intervient la "Dame", sorte d'ange rédempteur, une enquêtrice. Et c'est là aussi que l'auteur bouscule nos certitudes, en nous obligeant à regarder de plus près, à réfléchir. Et le vertige nous prend, le malaise s'installe, la boule au creux de l'estomac grossie comme une tumeur.
Vous l'avez compris, c'est un livre très dur, qui ne peut laisser insensible.
La force de l'auteur réside dans sa capacité à nous décrire des horreurs sous une certaine forme de poésie et à extraire de la boue l'Humanité nue.
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kitou94170
15 février 2017
Pour ma seconde critique, je souhaitais une critique "positive", un vrai coup de coeur. Alors un coup de coeur oui, mais surtout un coup de poing ! Suite à la vive recommandation d'une amie, je me suis précipitée chez ma libraire pour acheter "en ce lieu enchanté" de René DENFELD. Depuis je ne l'ai pas lâché. L'histoire se déroule aux Etats-Unis, au sein d'une prison, plus exactement dans ce que l'on nomme plus précisément "le couloir de la mort".

Enfermés là, des "monstres" qui ont commis l'innommable, le pire, l'atrocité, des criminels endurcis, des condamnés qui attendent, attendent, des heures, des jours, des années « leur fin », ou pourrait-on dire « leur libération » appelée la mort.
Parmi eux, un prêtre déchu portant sa croix, plein de compassion espérant tant bien que mal "sauver leur âme" ! Et puis la dame, enquêtrice judiciaire, mandatée par des avocats "véreux" mais déterminée à transformer leur condamnation à mort en condamnation à perpétuité, juste parce que c'est son travail , un simple rayon d'espoir. Parmi tout cela, un narrateur qui nous décrit toute la violence de cette prison : les caïds qui règnent en maître, les agressions, les trafics, des gardiens malhonnêtes … !

«En ce lieu enchanté » est un roman à la fois tragique et magnifique, dur, parfois insoutenable sur la condition carcérale. L'auteur donne la parole à ces « monstres », sans aucun jugement ni parti-pris, juste avec une grande empathie. Et puis, à la fin dans cet univers si sombre, juste une toute petite lueur d'espoir qui se prénomme l'amour…
Alors oui, pour ou contre la peine de mort, là n'est plus la question : juste, lisez ce livre.
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canel
20 décembre 2015
Couloir de la mort dans une prison américaine vétuste.
Compte à rebours : la date de l'exécution de York est fixée au 6 août. On est en mai, il reste quelques semaines à "la dame" pour commuer cette peine capitale en 'perpète'. La mission de cette "dame" : sauver des condamnés en enquêtant sur leur passé pour trouver des circonstances atténuantes et renverser les jugements. Elle y parvient, parfois...
Autour d'eux, un prêtre déchu, un directeur de prison trop bon ou trop affaibli par sa propre douleur (sa femme est en train de mourir) pour voir l'abject autour de lui - les magouilles monstrueuses entre certains gardiens et les caïds qui brisent de pauvres gosses sans ressources. Et puis une voix, celle d'un observateur, muet depuis qu'on l'a arraché à huit ans à sa mère handicapée pour que cesse la maltraitance. Une maltraitance qui a fait de lui un monstre ; il a tué, torturé, il va être exécuté dans la "chambre des lianes" (la pièce où les tuyaux acheminent le poison dans le corps de ceux qui doivent payer leurs crimes)...

Une lecture difficile, à plusieurs égards. Il n'est pas toujours simple de se repérer parmi les différents personnages, la forme brouille les pistes, le changement entre les récits (narration ou angle d'observation) est marqué par un simple interligne, pas forcément visible lorsqu'on change de page. Et les traumatismes d'enfance de certains se ressemblent tellement qu'on s'y perd - ceux du narrateur et ceux de York, mais aussi ceux de "la dame", qui a eu la chance de se maintenir du bon côté, elle. Cette confusion est sans doute voulue, de même que l'absence de noms pour plusieurs protagonistes, désignés par leur fonction. Cela rend le débat "Pour ou contre la peine de mort ?" encore plus complexe. Une question qui n'a pas de sens, ou reste insoluble, posée ainsi, à vrai dire. Le problème est ailleurs, en amont...

J'ai trouvé ce roman à la fois lourd et brillant. Tantôt ennuyeux, tantôt génial. J'avais du mal à suivre l'observateur muet dans ses fantasmagories, entre chevaux d'or et petits hommes aux marteaux. Par contre, la présentation de l'univers carcéral m'a captivée et bouleversée, on n'ose pas y croire même si on a lu d'autres témoignages/romans tout aussi sombres. Mais l'auteur est journaliste spécialisée dans les peines de mort, on se dit qu'elle connaît bien le sujet...

Une urgence : revoir le film de Tim Robbins "La dernière marche" (découvert à sa sortie en 1995), avec Sean Penn et Susan Sarandon (j'ai attribué son apparence à la "dame" du roman dès le début de cette lecture).

■ Un article à lire, qui fait froid dans le dos (la lecture semble tellement précieuse pour certains détenus) : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20140510.OBS6732/pas-facile-de-lire-en-prison-voila-pourquoi.html
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Shan_Ze
02 avril 2015
Ce lieu enchanté n'est pas vraiment enchanté… Vous le verrez très vite. Dans cette prison, passent et vivent un muet, un prêtre, la dame, le jeune garçon et tant d'autres prisonniers. Ici, les personnes n'ont pas de nom, ils sont juste des ombres qui essaient de survivre. le muet observe le monde de sa cellule, il attend impatiemment chaque nouveau livre qui lui fera découvrir un nouvel univers. La dame, elle, essaye de sauver les condamnés du couloir de la mort. le jeune garçon, lui, semble comme perdu dans cette prison… Tout ce petit monde tente de survivre dans cet endroit où tout n'est que calcul, froideur et haine.
C'est sombre, très sombre. Rene Denfeld décrit l'univers carcéral de façon très réaliste. La drogue et la violence sont les lots quotidiens des détenus. Mais la vision qu'en a le muet en est sensiblement plus douce. Il voit un lieu enchanté, comme un éden où les animaux remplacent les humains plein de haine. Cet être a une part d'ombre en lui mais il aime observer la dame, le prêtre et les autres, il aime lire les livres apportés. Les histoires de ces personnes sont toutes tristes mais elles ouvrent sur l'espoir.
J'ai aimé l'écriture douce, sensible, pleine de poésie de Rene Denfeld malgré le sujet noir et la violence d'un tel lieu. Après avoir lu ce livre, on ne peut que déplorer les conditions de détention des prisonniers mais aussi s'apitoyer sur les destins de ces hommes plein de souffrance.
J'aime beaucoup la couverture qui met parfaitement en scène la réalité et l'imagination qui composent ce roman.
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indira95
08 novembre 2014
Gros coup de coeur de ma libraire et je comprends pourquoi. Pourtant ce n'était pas gagné : évoquer l'univers carcéral et le couloir de la mort de manière poétique et sensible, seul Stephen King avec La ligne verte avait osé le faire jusqu'à présent. Journaliste spécialiste de la question, René Denfeld connait bien ce milieu qu'elle a décidé de transposer en roman. En ce lieu enchanté c'est cette prison d'état, ce « donjon » comment l'appelle un des protagonistes de l'histoire - accessoirement sociopathe dont on n'ose décrire les crimes et atrocités commis - où croupissent les condamnés à mort. Sans contact avec l'extérieur, leur vie se résume à attendre : la délivrance pour les uns, l'angoisse du baiser de la faucheuse pour les autres. Au coeur de cette noirceur qui leur tient lieu de quotidien, une figure lumineuse vient les visiter en la personne de la « Dame ». Enquêtrice mandatée par des avocats avides de succès qui ne s'intéressent qu'aux condamnés à mort, son métier consiste à commuer une peine de mort en peine de prison à vie. Ces couloirs lugubres sont son quotidien à elle aussi, femme paumée et fragile qui noie sa solitude dans son travail, avec pour seule compagnie les bourreaux et leurs familles. Auprès d'elle, un prêtre repenti qui tente tant bien que mal d'insuffler un semblant d'humanité et de foi à ces âmes damnées, un directeur de prison sensible et juste, des caïds de prison, avides de chair fraîche et régentant ce microcosme, des matons ripoux aux dents longues.

La Dame est cette fois mandatée pour « sauver » un nouveau condamné à mort, York. Mais comment faire quand celui-ci refuse obstinément d'être sauvé du couloir de la mort et a déjà renoncé ? S'opposant à un mur de déni, la Dame va tenter de comprendre les raisons ayant poussé cet homme à commettre les crimes pour lesquels il a été condamné. Déterrant les pans de son enfance, elle découvre un passé lugubre fait de maltraitance, d'abus, une existence non souhaitée qui trouve son achèvement dans les couloirs du Donjon. Peut-on excuser les actes barbares commis par cet homme au regard de son passé ? Sans jamais juger, la Dame tente de comprendre mais n'excuse pas pour autant.

Magnifique roman sur la condition carcérale, juste, sans parti pris, En ce lieu enchanté est transcendé par l'écriture émouvante de René Denfeld qui porte un regard attentif et bienveillant sur cet univers d'ombres. Simplement, elle raconte cet univers qu'elle a longtemps côtoyé et soulève cette question fondamentale : la rédemption dans la mort est-elle l'unique solution ?

Lien : http://livreetcompagnie.over..
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belette2911
01 janvier 2015
En ce lieu enchanté règne toute sorte de princes : ceux des voleurs, ceux venu du royaume des assassins, des violeurs, nous avons aussi le roi des caïds, les rois de la pègre, les barons de la drogue… Que du beau linge !

Les seules oies blanches que vous croiserez sera les pauvres gars qui servent, contre leur gré, de femme objet aux caïds. Si d'aventure il y a de la blancheur, ce sera celle de l'héroïne.

L'histoire de ce roman se déroule dans une prison d'état, pas une prison moderne, non, une vieille prison sale, vétuste, où certains caïds font régner leur loi.

Notre narrateur est dans le couloir de la mort. Vous qui entrez ici… Oui, oubliez toute espérance.

Pourtant, j'ai décelé des soupçons d'humanité dans cette prison gangrénée par la corruption à tous les étages. Dans toute cette haine des autres et de sois-même, j'ai décelé des traces d'amour. Non, tout n'est pas perdu.

De notre narrateur, nous ne saurons que son nom ainsi qu'une partie de son enfance, mais rien des crimes qui l'ont conduit en prison. On se doute que ce fut terrible, horrible, mais on arrive pas à haïr cet homme qui n'a plus proféré une parole depuis des lustres. Cet homme qui s'évade au travers de ses livres qu'il chérit plus que tout.

Stephen King nous avait offert un récit rempli d'humanité dans La Ligne Verte et l'auteur de ce roman réussi l'exploit de nous parler du milieu carcéral avec sensibilité et beaucoup de douceur, sans tomber dans le pathos mais ça appuie là où ça fait bât blesse.

Le récit est court : 200 pages qui se lisent en quelques heures. Quelques heures dans ce monde enchanté, dans cette prison où les conditions de vie sont inhumaines et où la bouffe est tellement avariée que les soupes populaires ne l'ont pas voulue. Alors, des margoulins la revendent aux prisons…

Nous sommes en Amérique, dans un pays démocratique et civilisée (sois-disant) mais quand on entre dans cette prison, on a l'impression d'être reparti en arrière, vers le Moyen-Âge.

L'écriture est magnifique, sans chichis, sans fioritures, mais sa richesse fait mouche et vous transperce le coeur.

Les personnages sont travaillés, sans avoir besoin d'en dire trop sur eux, ils sont profonds, qu'ils soient humains ou salauds.

Il y a de la pudeur dans ce roman qui ne porte aucun jugement mais vous laisse seul juge.

Même la Dame qui travaille pour un cabinet judiciaire et qui enquête sur certains prisonniers du couloir de la mort ne porte pas de jugement. Son rôle est de fouiller les dossiers afin de retrouver un détail négligé, dans l'hypothétique but de faire renverser un jugement.

Elle fait son boulot, sans leur chercher d'excuses, elle veut juste "comprendre" pourquoi, un jour, ces hommes sont devenus des bêtes féroces. Véritable enquêtrice, c'est dans l'enfance des criminels qu'elle va mettre le nez et ce qu'elle renifle ne sent pas bon du tout.

Si vous avez l'impression que ce roman est sombre et que le soleil n'est accessible uniquement par la petite fenêtre du parloir, vous avez tort. La lumière se cache dans les pages, aux détours des phrases, des personnages, et de toute la grandeur du récit.

Vous qui ouvrirez ce livre, n'abandonnez pas toute espérance. Dans la couloir de la Mort, il y a de la Vie. Et des larmes, aussi.

Lien : http://thecanniballecteur.wo..
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