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EAN : 9782070138081
288 pages
Éditeur : Gallimard (13/09/2012)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 23 notes)
Résumé :
«Félix Codaccioni s'installe au volant... La vitre conducteur explose, une, deux, puis trois décharges de chevrotines le déchirent. Douleur fulgurante, sang et lambeaux de chair qui éclaboussent le cuir... Une silhouette noire se recule légèrement. Une autre s'avance à droite, une Kalach crache une longue rafale qui hache l'habitacle. Un troisième homme s'approche, un Beretta 92 à la main. Il tire encore deux coups dans le visage déjà fracassé. Les tueurs s'éloignen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
caro64
  23 février 2013
Avec son premier roman, Alix Deniger (c'est un pseudonyme) nous livre un sanglant jeu du chat et de la souris dans une île de Beauté aux prises, encore et toujours, avec ses vieux démons.
Le cursinu, chien corse par excellence, illustre parfaitement le contenu de ce très bon roman policier qui nous plonge dans les méandres de la Corse au lendemain de l'assassinat du préfet Érignac. Alors que l'action débute, les nationalistes sont exsangues, à bout d'énergie et de moyens, les voyous pèsent d'un cran supplémentaire sur les affaires locales, et les flics ont toujours autant de mal à retrouver leurs petits au milieu du cirque insulaire. Un homme, François Federici, figure historique des nationalistes devenu politicien, décide de relancer les attentats, ordonnant de nouveaux plasticages et le recours au racket pour obtenir des fonds. Devant les réticences de son équipe, il confie cette tâche à une bande de bras cassés aux motivations plus que terre à terre : il s'agit de sa première mauvaise décision. Elle entraînera tout ce beau monde dans un jeu de dominos funèbre.
Alix Deniger, ancien flic, a rédigé son premier roman avec l'ambition affichée d'éclairer, non l'actualité immédiate, mais les évolutions en cours dans l'île. Et c'est réussi ! Côté scénario, la structure est très classique, mais l'ensemble est rondement mené et le classicisme formel permet en fait de se concentrer sur les événements. L'auteur interroge en particulier les liens existant entre les structures politiques nationalistes, leurs organisations armées et les réseaux mafieux. Il dépeint un mouvement nationaliste en perte de vitesse, Il montre en particulier la logique infernale de la clandestinité, qui rend les frontières entre militantisme et gangstérisme de plus en plus poreuses. Plus les idéaux vieillissent, plus la perspective s'éloigne et plus les "combattants " s'autonomisent, cherchant à se tailler leur propre part du gâteau. Et ces prétentions nouvelles se règlent dans le sang et la violence. Deniger nous fait aussi partager le fonctionnement et le quotidien de la DCRI ( Direction Centrale du Renseignement Intérieur) chargée de surveiller les activités terroristes sur l'île. L‘auteur met ainsi à profit les années qu'il a lui-même passé dans les différents services de police et nous offre un roman extrêmement documenté. Avec un sens aigu du réalisme, qu'il s'agisse d'une perquisition, des planques, des filatures, d'une tentative de racket ou de la préparation du prochain attentat, le lecteur suit pas à pas les différents protagonistes. On a vraiment l'impression d'être sur le terrain… L'écriture, sèche et percutante nous happe dès le début. Captivant et passionnant. Un premier polar sur la Corse, violent et âpre, à découvrir.
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encoredunoir
  17 septembre 2012
Il y a bien longtemps que l'histoire du conflit en Irlande du Nord alimente le roman noir. En France, par contre les mouvements nationalistes ou indépendantistes, que l'on pourrait penser être une mine pour le genre, ont assez peu inspiré les auteurs à quelques exceptions près, comme Hervé le Corre dans du sable dans la bouche, cavale aux côtés de la rescapée d'un commando basque poursuivie par un tueur. C'est donc avec curiosité que l'on a abordé ce I Cursini écrit par ailleurs par un auteur connaisseur du dossier corse pour y avoir travaillé en tant qu'agent des Renseignements Généraux.
I Cursini, c'est donc les histoires croisées d'un commando de têtes brûlées (et vides) engagées par des indépendantistes à bout de souffle mais qui auraient tout aussi bien pu basculer du côté du banditisme, ainsi que des agents qui les suivent et essaient de déterminer leur rôle et leur action avant de pouvoir leur tomber dessus. Une trame a priori simple pour une histoire – et une réalité – bien plus complexe où les politiques, du côté de l'État ou des nationalistes, ont leur mot à dire et tiennent ou essaient de tenir la bride aux hommes de terrain, où les frontières entre lutte de libération nationale et banditisme sont poreuses, et où tous ceux qui veulent obtenir ou ne pas concéder une once de pouvoir jouent des parties de billard à trois, quatre ou cinq bandes dans l'espoir d'emporter le morceau.
Et l'on est finalement pas déçu par le roman d'Alix Deniger. Certes, l'auteur se laisse parfois prendre aux pièges de l'exercice : un vocabulaire un brin abscons du côté flic pour faire vrai de vrai et un autre plus pauvre et parfois caricatural, notamment dans l'emploi – trop peu ou pas assez – de la langue corse par les clandestins, une histoire d'amour entre flics qui n'apporte pas grand-chose… Mais il parvient toutefois à bâtir une histoire à la fois cohérente et que le commun des mortels peut arriver à suivre malgré la complexité des jeux de pouvoirs et des alliances qui se nouent.
Par ailleurs, I Cursini offre un regard différent sur la situation du mouvement indépendantiste corse, loin de l'image bâtie à coup de conférences de presse spectaculaires par ledit mouvement pour apparaître comme plus puissant qu'il n'est et par les services français qui se plaisent aussi à jouer ce jeu afin d'apparaître eux-mêmes comme particulièrement redoutables.
Et ce que l'on voit, en fin de compte, c'est un mouvement exsangue, prêt de se faire dévorer par des bandits qui ne le craignent plus et obligé de recruter dans une jeunesse dépolitisée mais avide d'enrichissement rapide et de pouvoir. Un mouvement qui ne survit qu'à grands coups de bluffs et parce que, en face, les services de renseignements sont tout aussi faibles, manquant d'effectifs, de matériel et d'une réelle volonté politique d'éliminer un adversaire qui, à l'occasion, peut servir d'épouvantail ou de trophée à exhiber.
Roman désabusé, I Cursini est une vérité. Celle d'Alix Deniger. Ce n'est sans doute pas LA vérité – et l'on attend qu'un auteur nous donne celle d'un clandestin, pourquoi pas, pour pouvoir la croiser avec celle-ci. Mais c'est un angle de vue qui mérite que l'on s'y intéresse, d'autant plus qu'il s'accompagne d'une intrigue plaisante et sans temps morts portée par des personnages qui, bien que certains, trop monolithiques ou flirtant avec la caricature, auraient sans doute mérité d'être un peu plus fouillés, se trouvent être plutôt attachants, y compris lorsqu'ils révèlent leur bêtise crasse et leurs ambitions bas de gamme.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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pdupaty
  29 mai 2015
Malgré un contexte qui y est tout à fait propice, les romans noirs sur la Corse sont assez rares. Entre terrorisme et mafia, plus le contexte particulier de l'île, il y aurait pourtant de quoi écrire. L'auteur de ce livre a passé trente ans dans la police, dont douze dans l'île de beauté dans les RG. Il connait donc bien, a priori, les arcanes de la police et des milieux nationalistes ainsi que le fonctionnement de la pègre locale. Et l'on voit donc bien les interactions entre les nationalistes, qui ont besoin d'argent, et les simples bandits et petites frappes complètement dépolitisés mais tirant profit de la cause (perception de l'impôt révolutionnaire, tout ça tout ça). Au milieu, les différents services de renseignement et de police sur le terrain, avec une hiérarchie qui ne veut pas trop se mouiller. Et tout finit en règlements de comptes entre les différentes parties !
J'ai bien aimé le livre pour le cadre, d'autant que j'adore la Corse. L'ambiance générale et les paysages de l'île sont bien restitués mais ayant l'habitude de lire des romans scandinaves où l'atmosphère est presque plus importante que l'intrigue, je trouve que l'auteur aurait pu mettre un peu plus l'accent dessus. Par contre, les personnages manquent un peu de nuances et de profondeur. Ils sont nombreux mais pas spécialement attachants. Et dans la deuxième partie, ça dézingue à tout va, entre trahisons et règlements de comptes. C'est bien qu'il y ait de l'action et du rythme, mais là c'est limite trop d'autant que vu la manière dont c'est amené, il n'y a pas trop de suspense. En fait, l'histoire est très intéressante, ça se lit bien et vite mais le style est un peu maladroit. Ca aurait pu être un chef d'oeuvre si ça avait été mieux construit et mieux amené. Là, c'est juste un bon polar.
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Ecarlate
  10 janvier 2013
Pour un livre presque lu par hasard, écrit par un auteur a priori inconnu, c'est une bonne surprise à la Série noire. Alix Deniger nous expose une Corse au prise avec ses magouilles politico-mafieuses, où les services de police (et bon sang qu'il y en a !) coincés entre gangsters et nationalistes sont occupés à ne rien voir sous la pression de la hiérarchie.
L'auteur prend le temps de présenter ses personnages, de planter le décor dans l'île de Beauté, pour faire monter la mayonnaise jusqu'à ce que la situation soit en passe de devenir incontrôlable. Et là, il nous expose, avec une grande cohérence, comment ce système finit par s'autoréguler, la violence répondant à la violence jusqu'à ce que des intérêts supérieurs, l'Argent et le Pouvoir (notez les majuscules), imposent de trouver une solution... pour que tout recommence. Vraiment, une découverte intéressante.
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Rodin_Marcel
  15 septembre 2015
Deniger Alix, – "I cursini" – Gallimard- Série noire, 2012 (ISBN 978-2070138081)

Un roman policier consacré à la situation en Corse, écrit par un auteur qui semble vraiment bien connaître cette île. Très bien écrit (je l'ai lu quasiment d'une seule traite), avec une intrigue prenante. L'auteur traite de la situation corse au moment où le grand banditisme commence à l'emporter sur les sectes nationalistes lâchées par ces élus locaux profitant pleinement de la création de cette «Assemblée territoriale» propre à la Corse. Evidemment, on se tue et s'entre-tue pour la «bonne cause» chez les nationalistes, pendant que la mafia en profite pour déployer ses tentacules.
Il y a probablement beaucoup de vrai dans ce roman, même si je ne puis guère en juger tant ces bandes nationalistes ou mafieuses s'y entendent pour brouiller les pistes.
J'en reste donc à mon humble opinion : la Corse est incontestablement l'un des plus beaux endroits du monde (largement au-dessus des soi-disant paradis comme les Seychelles ou l'île Maurice), mais les mises en scène des groupes nationalistes bardés d'armes de poing et encagoulés m'ont toujours semblé profondément ridicules, et maintenant qu'ils sont supplantés par des bandes mafieuses…
Un roman à lire.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
caro64caro64   23 février 2013
Et on s’appelle comment ?
- Front du 23 juin 74.
- C’est quoi ? La date d’Aléria ? La création du front ?
- Non Aléria c’était en 1975. (François se retient de soupirer devant le manque de culture nationaliste de "Jean-Pierre" ) 74 c’est 1774.
Petru garde un silence prudent, il sait que sa connaissance succincte de l’histoire de l’île au Moyen Âge ne lui permet pas d’oser une réponse au hasard.
- Les soldats français ont tué dix hommes et un enfant choisis au hasard et pendu les corps ce jour-là.
- Enculés de flics !
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caro64caro64   23 février 2013
Marc Anto se retourne une dernière fois pour respirer le cadre féérique qu’il devine dans la nuit. Dans huit ou dix ans, quand il ressortira de taule, c’est dans un endroit comme celui-là qu’il viendra se retirer et chercher l’oubli.
Le coup de feu claque. L’ogive de 10 mm traverse son cervelet, ressort sous le menton.
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caro64caro64   23 février 2013
Avec les progrès de la médecine et de la diététique, les cirrhoses sont devenues rares chez les limonadiers ; mais ici, dans l'île, on n'a encore rien trouvé contre les vols de chevrotine à basse altitude et le saturnisme foudroyant qui en résulte.
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ROUMANOFFBEROUMANOFFBE   28 décembre 2014
pas moyen de me plonger dans l'histoire alors je me suis arrêtée, désolée pour l'auteur
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