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EAN : 9782253136491
757 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/10/1994)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 203 notes)
Résumé :
1830/1865
Une saga, un domaine, un pays.
Louisiane est la chronique d'une famille de planteurs, les Damvilliers, dominée par Virginie, une femme belle et ambitieuse, dont le destin va se confondre avec celui de Bagatelle, un domaine cotonnier au bord du Mississippi. Immigrants, esclaves, aristocrates d'origine française, des dizaines de personnages font revivre par la diversité de leur vie quotidienne, de leurs passions, de leurs ambitions, l'apogée p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  16 février 2016
La Louisiane est le dix-huitième Etat officiellement entré dans l'Union en 1812 après avoir été vendue par Napoléon 1er aux Etats-Unis en 1803.
Maurice Denuzière a écrit, en six volumes, une impressionnante chronique historique du Vieux Sud se déroulant sur plus d'un siècle. Louisiane est le premier volet de cette saga et se situe entre 1830 et 1865.
Bagatelle est un domaine cotonnier au bord du Mississippi. C'est une grande maison en bois à colonnades et varangue où il fait bon se balancer dans un rocking-chair en sirotant un mint-julep lorsque le soleil décline. La plantation de coton s'étend au-delà du beau jardin et occupe quatre cents esclaves.
Pour les maîtres des lieux, la vie est douce malgré les aléas communs à n'importe quelle famille. Mariages, naissances, deuils rythment les années et les récoltes. Les bals et les pique-niques se succèdent sans que les habitants ne se soucient de l'évolution voulue par le Nord. Ils représentent l'aristocratie du Sud, "cette nouvelle chevalerie sans titres ni adoubement, mais héritée des moeurs nobles importés d'Europe par des gentilshommes pionniers dont on évitait de rappeler qu'ils avaient été parfois des aventuriers sans scrupule". Une rivalité d'intérêts et une animosité sociale ne tarderaient pas à se politiser.
Ce qui est remarquable dans ce pavé de plus de 800 pages, c'est la maestria avec laquelle l'auteur traite aussi bien de la vie quotidienne, tant celle des esclaves que celle des habitants, blancs et noirs, de la grande maison, que de l'évolution économique, politique et sociale du Nord et du Sud.
Ce n'est jamais soporifique ou ennuyeux. En dehors des familles Damvilliers, de Vigors et Tampleton, personnages romanesques, tous les événements sont historiques et croisés avec ce qu'il se passe en France et en Angleterre.
Hormis les produits alimentaires, le Sud est sous la sujétion économique du Nord pour tous les produits manufacturés. Les échanges s'accélèrent avec le développement du chemin de fer qui rivalise avec le transport sur le Mississippi. Les menaces abolitionnistes, de plus en plus appuyées, sont encouragées par de grands penseurs européens, d'autant plus que des flux migratoires importants jettent sur les pavés du Sud quantité de familles acadiennes et européennes à la recherche d'une vie meilleure.
En 1850, le coton souffre de la concurrence de l'Inde et de l'Amérique du Sud. La canne à sucre commence à utiliser la main d'oeuvre blanche de l'immigration. le déclin du Sud s'amorce.
En 1860, Abraham Lincoln est élu président des Etats-Unis ; il est opposé à l'extension de l'esclavage. Cette élection entraîne la sécession immédiate de sept Etats esclavagistes et la formation des Etats Confédérés d'Amérique avec, à leur tête, Jefferson Davis. Ils sont bientôt rejoints par d'autres Etats malgré des tentatives de compromis.
En avril 1861, la guerre civile est déclarée et durera quatre longues années. Elle ruine le Sud, l'accable de taxes et d'impôts, abolit l'esclavage en apportant aux Noirs la liberté mais pas l'autonomie.
Dans le deuxième volet, nous apprendrons comment le Sud va expier la faute d'une guerre perdue.
Passionnant et captivant même après une première lecture il y a plus de 30 ans.
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Eroblin
  19 février 2020
Si vous vous décidez à attaquer ce pavé de 570 pages (dans la version brochée de 1977, avec des petits caractères…) sachez que vous devez aimer avant tout l'histoire avec un grand H ! Car, à travers le destin de Virginie Trégan, c'est 35 ans d'histoire de cet Etat qui vous est raconté. Il faut donc aimer les pages évoquant les moindres événements historiques vécus par les habitants de la Nouvelle-Orléans, les pages sur la culture du coton et le nombre de balles de coton vendus à l'Europe, etc. Ce n'est pas que c'est inintéressant mais, à chaque fois, cela coupe l'intrigue et impose un rythme très lent.
Quant à Virginie Trégan, autant dire que ce personnage féminin est loin d'être sympathique. Quand elle revient de France pour récupérer l'héritage de son père et qu'elle s'aperçoit qu'il est bien maigre, elle s'arrange pour éblouir son « oncle » Adam de Damvilliers et a tôt fait de l'épouser. Quelques années plus tard, devenue veuve, lors d'un séjour à Paris, elle refait la même chose avec un autre homme qu'elle épouse aussitôt. Cette manipulatrice dans l'âme parvient cependant à obtenir tout ce qu'elle veut, y compris le respect de Dandridge l'intendant du domaine, et l'unique raison qui m'a amenée à lire le roman jusqu'au bout. Gentleman jusqu'au bout des ongles, honnête, raffiné, cultivé, bienveillant, etc, il est l'âme de Bagatelle à mes yeux. Et non cette Virginie qui n'hésite pas à vendre sa dernière fille d'à peine 14 ans à Mosley, un homme d'affaires à la cinquantaine adipeuse par intérêt. L'épisode est abject et je trouve l'entourage de Virginie bien trop clément à ce moment-là. Il est vrai, je dois l'admettre, que le destin est cruel pour Virginie mais je ne vous dirai pas pourquoi, sous peine de recevoir les foudres de ceux qui détestent qu'on révèle trop de choses sur l'intrigue. Malgré ce personnage féminin si peu doué d'empathie, j'ai passé un bon moment de lecture et j'envisage de lire la suite.
Challenge Multi-défis 2020
Challenge Pavés 2020
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JaneEyre
  22 août 2014
Louisiane avait tout pour me plaire: une fresque historique bien documentée, une écriture fluide et agréable, des personnages multiples et bien pensés... Et il semble que malgré tout, cela n'ait pas suffit. La raison principale est que j'ai détesté presque tous les personnages, surtout Virginie, jeune femme ambitieuse qui arrive de Paris et qui découvre la Louisiane.
Héroïne dont les choix sont souvent motivés par l'appat du gain, et dont le corps bien fait est le seul moyen à sa disposition pour obtenir ce qu'elle veut; il s'agit d'un personnage pour lequel je n'ai eu aucune sympathie! Tour à tour mariée à des vieux hommes riches, elle fera des choix plus énervants les uns que les autres.
Enfin, les descriptions, parfois trop nombreuses sont venues à bout de ma patience. Bref, j'ai clairement trainé la patte sur la bonne moitié de livre... Je suis déçue, ce livre avait pourtant tout pour me plaire... Pas de chance!
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sophie7169
  20 novembre 2013
Virginie est une toute jeune fille quand elle arrive en Louisiane, à Bagatelle, belle et grande plantation de coton appartenant à son parrain. Orpheline, élevée à Paris, elle vient prendre possession de l'héritage de son père qui ne laisse malheureusement que des dettes. Son parrain lui offre alors de rester à Bagatelle et de partager son quotidien ainsi que celui de l'intendant Dandrige qui fait quasiment partie de la famille...
Ce roman fleuve est l'histoire du Sud de l'Amérique, à l'époque des champs de coton et de l'esclavage juste avant la guerre de Sécession, époque des pique nique organisés dans des demeures somptueuses où les jeunes filles cherchaient un prétendant parmi les familles de planteurs des environs. C'est une grande aventure romanesque, comparable à «Autant en emporte le vent» de Margaret Mitchell. Si on peut regretter (ou aimer selon les cas) les longues descriptions historiques et parfois techniques (par exemple, les bateaux a vapeur sur le Mississippi) on se laisse vite emporter par l'histoire et le destin de cette famille qui tourne autour de Virginie, femme de tête, qui est le véritable pilier du roman. Envoutant et très dépaysant, à conseiller vivement aux amateurs du genre!
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allard95
  19 février 2016
Il est question ici du titre "Louisiane", premier d'une série de 6 livres de cette saga (ce 1° livre est présenté en 2 volumes, pour un total de près de 900 pages en édition de poche). Nous sommes en présence d'un très beau roman: une magnifique écriture, du beau français, sans facilités. Et l'histoire d'une famille de planteurs de coton, d'origine française, qui doit sa fortune au travail de 400 esclaves. Sur fond de bonheurs, mais aussi de drames familiaux, on voir le sud de l'Amérique entre les années 1830 et 1865: la montée de la rivalité Nord/Sud, sur fond de pression anti-esclavagiste, qui conduira à la très meurtrière guerre de sécession. M.Denuzière a fait un énorme travail de reconstitution historique; aussi on profite de la saga romanesque, tout en voyant la grande Histoire se dérouler sous nos yeux. Il y a peu à dire pour critiquer ce roman, dont les deux personnages principaux - qui ne sont pas sans défauts, et c'est mieux comme cela - sont bien campés: des personnalités comme on aime en trouver dans une oeuvre romanesque. M.Denuziere est un grand auteur, à ne pas oublier.
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Citations et extraits (87) Voir plus Ajouter une citation
natlitounatlitou   16 août 2015
- Quand on veut s’assurer la bienveillance du ciel et obtenir le beau temps pour un mariage ou une cérémonie, mademoiselle, il faut, disent les nègres, enterrer une pièce d'or, au moment où le soleil se couche, la veille du jour où l'on veut absolument convoquer le beau temps.
- Superstition, remarqua Virginie, un peu méprisante.
- Certes, car nos esclaves croient que l'or est la matière constitutive du soleil. Ils expliquent que ce dernier est attiré par la présence du métal jaune, qui lui aurait été dérobé par je ne sais quel dieu cupide. En enterrant une pièce en présence de l'astre, au moment précis où celui-ci est contraint de disparaître, on éveille son attention et l'on est sûr qu'il reviendra le lendemain, pour chercher l'or caché.
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CarosandCarosand   24 avril 2014
J'ai connu il y a quelques années quand j'étais avocat à Boston, un très jeune type nommé Henri David Thoreau, petit-fils d'un flibustier normand venu, on ne sait comment, en Amérique. Sa famille habitait Concord, une bourgade située à quelques miles au nord-ouest de la ville et que tous les Yankees connaissent, parce que c'est là que fut tiré, en avril 1775, le premier coup de fusil de la guerre d'Indépendance. J'appartenais à cette époque à la commission des bourses de l'université Harvard et j'avais eu connaissance d'une demande présentée par le père Thoreau, pour son fils. Le brave homme s'y était pris avec une bonne avance, certain que son rejeton serait un jour capable d'entrer à l'université. Je voulus voir ce phénomène, je le vis. C'était un garçon malingre, aux épaules basses, plutôt petit, avec une tête osseuse. Mais il avait le regard flamboyant d'un saint ou d'un fou. Il me posa une question, en tant que juriste, à laquelle j'ai mis longtemps à répondre : "Croyez-vous, monsieur, que toutes les lois soient bonnes et qu'un honnête homme ne doit pas parfois leur désobéir si sa conscience le lui commande ?" A mon avis, on entendra un jour parler de ce jeune type... de Concord.
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CarosandCarosand   24 avril 2014
Tout en ayant conscience d'être un élément du grand Tout, ainsi que la feuille appartient à l'arbre, il se sentait, par contre, étranger à la fourmilière humaine. Sans mépris, ni réel intérêt, il en observait l'évolution, convaincu de l'irrévocable solitude de tous et de chacun.
Individualiste, il estimait que chaque être doit vivre suivant sa nature, toutes les contraintes, acceptées ou imposées, ne pouvant que fausser le jeu des forces qui assurent l'équilibre du monde. C'est pourquoi il se méfiait des philosophies, des religions et des morales, carcans moraux et spirituels destinés, selon lui, à remplacer l'harmonie par l'ordre et l'incertain par le préconçu. En cataloguant le Bien et le Mal, comme on trie le coton, les chrétiens s'étaient enfermés dans un dualisme dont ils exceptaient Dieu par commodité. Seuls les contemplatifs lui paraissaient sincères, parce que, sereins et disponibles, ils guettaient les signes que les autres ne pouvaient voir. Tolérant, Clarence ne portait que rarement des jugements sur ses semblables, comme il s'interdisait de prononcer deux mots : "toujours" et "jamais" parce qu'ils contenaient pour lui toute l'outrecuidance du vocabulaire humain.
Un ancien pasteur unitarien, Ralph Waldo Emerson, qui était allé interroger en Europe les grands esprits de l'époque, commençait à prêcher une doctrine non conformiste se rapprochant des théories très personnelles de Dandrige :
Une chaîne subtile d'anneaux sans nombre, Du proche au lointain, relie toutes choses,
avait écrit ce Bostonien qui sentait passer en lui "les courants de l'Etre universel".
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ClaireGClaireG   16 février 2016
Pour les acheteurs étrangers, la Louisiane paraissait figée dans l'attitude reconnaissante d'une demoiselle qu'on a ramassée dans le ruisseau et qui, devenue robuste paysanne, ne saurait refuser au vieux tuteur libidineux ses rustiques faveurs.

p. 38
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CarosandCarosand   11 avril 2014
Alors que Virginie se trouvait à l'avant du bateau, sous la dunette, elle put elle-même apprécier la prudence du capitaine. Un marin, penché à la proue, maniait la sonde et transmettait au maître du bateau, debout sur la passerelle, hiératique comme un Neptune en charge d'âmes, le résultat de ses observations. C'était une sorte de chant, comme celui qui rythmait les enchères aux tabacs, qu'elle avait entendu petite fille. "Mark four, half four, mark four, mark three, half three, mark twain(1)", criait l'homme, ce qui signifiait que la profondeur du fleuve passait à cet endroit-là de vingt-quatre à douze pieds.

(1) Quelques années plus tard, sur le Mississippi, allait débuter un jeune pilote, ancien apprenti imprimeur, qui s'appelait Samuel Langhorne Clemens. Après avoir été l'élève du capitaine Horace Bixy, une figure légendaire du fleuve, il devait obtenir sa licence de pilote en 1859, à l'âge de vingt-trois ans. Pendant cinq ans, il allait conduire de grands bateaux de La Nouvelle-Orléans à Memphis ou à Pittsburgh. Renonçant à ce métier, qui lui donnait cependant bien des joies, après avoir vu son frère, Henry Clemens, périr à bord du vapeur Pennsylvania Princess dont les chaudières explosèrent, Samuel se fit journaliste et écrivain. Il choisit le pseudonyme de Mark Twain. Sans doute en se souvenant avec mélancolie du chant monotone des sondeurs !
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Video de Maurice Denuzière (4) Voir plusAjouter une vidéo

Maurice Denuzière
Jacques CHANCEL s'entretient avec Maurice DENUZIERE, grand reporter au journal "Le Monde" : - Comment et pourquoi il a écrit son livre "Louisiane". - Evocation de la Louisiane et de la maison d'une sudiste : Madame de PARLANGE. - Les rapports entre Français émigrés et Cajuns. - le racisme en Louisiane actuellement. - La vie en Louisiane autrefois et aujourd'hui.
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