AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782020604192
192 pages
Seuil (16/04/2004)
4.18/5   96 notes
Résumé :

J'ai le pressentiment que quelque chose ne sera plus comme avant.

C'est peut-être là la vraie définition de l'errance, de sa quête, avec sa solitude et sa peur. C'est le désir que je cherchais, la pureté, la remise en cause, pour aller plus loin, au centre des choses, pour faire le vide autour de moi.

Je me dois de me laver la tête... pour rencontrer le centre d'une nouvelle image, ni trop humaine, ni trop contemplative, ou le ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
4,18

sur 96 notes
5
6 avis
4
3 avis
3
1 avis
2
0 avis
1
0 avis

Thyuig
  27 avril 2012
J'ai un rapport particulier avec le photographe Raymond depardon, non que je connaisse l'homme personnellement mais son oeuvre m'est tout à fait familière depuis une quinzaine d'année, oeuvre autant photographique que littéraire ou cinématographique. C'est d'abord et avant toute autre chose un type que j'aime bien, il ressemble un peu à mon père avec ses grands yeux bleus qui semblent ne jamais pouvoir mentir. Et dans le même temps, il est aussi le parfait opposé de la figure paternelle dans le sens où le lieu dans lequel il s'ébat est aux antipodes du terrain d'existence de mon propre père, et quitte à tuer ce dernier, autant choisir avec soin le terrain du patricide. Celui du rêve m'ayant toujours parlé plus que de raison, j'ai choisi dés l'âge de décamper atteind d'emprunter les voies du flou et du piqué plutôt que celle trop jalonnées du monde "réel" - tel que celui-ci m'était représenté-.
Pour mes vingt ans, un livre que l'on m'offre assiera un peu plus l'emprise de l'oeuvre du photographe dans le petit système artisitique que je mets en place surtout dans ma tête. Il s'agit d'Errance, un bouquin dense, muet dans la succéssion de ses photographies mais non avare en explication dans sa préface. Ce livre me renverse tout à fait, j'y reviens encore très souvent, comment errer sur une planète ronde peuplée de plus de six milliards d'individus ? Où trouver une quête encore vierge ? Comment explorer, comment découvrir encore ? Où sont les Cartier, Colomb et Magellan du XXIème siècle ? J'aime ce livre parce qu'il pose une question philosophique pour préable et que le questionnement perdure sans être réellement épuisé une fois la dernière page tournée. J'aime ce livre aussi parce qu'il m'a longtemps trompé, c'est un livre de grabataire, peut-être même l'aigreur ou la déception l'ont motivé. Ce livre ne devrait pas avoir à frayer avec un gamin de vingt ans, il le trompe sur le monde. Et voilà comment un photographe au regard honnête et bleu peut - et parce qu'il suit son propre questionnement intime - camoufler à un gamin mal dégrossi que le monde est tout à découvrir pour lui.
Bizarrement ou non, cette Errance de Depardon a contribué à me rendre hésitant un appareil photo entre les mains, en tout cas ça a coïncidé avec une période de jeûne photographique ; des images des amis, de la famille et du chien oui, mais reprendre l'appareil en bandoulière et tirer une image d'un inconnu a pris fin vers cette période. Et même les Ackerman, Max Pam et autres baradoudeurs n'ont pas réussi à intercéder à ce moment-là.
Alors quand l'excellente revue trimestrielle XXI publie un long entretien avec Raymond Depardon, j'ai encore une fois envie de comprendre cette pierre angulaire de mes aspirations à travers ses mots et ses explications. Je me souviens qu'interviewé par Inter il y a quatre ou cinq ans, j'avais envoyé par mail à la radio une question qui me taraudait : "êtes-vous toujours dans l'errance ?" . La question l'avait fait sourire et il avait répondu que je me référais bien évidemment à un livre qu'il avait fait et que non, l'errance n'avait été qu'un passage.
J'avais été sot n'est-ce pas, de croire qu'un artiste créant sans cesse pouvait stopper son système de représentation en soumettant au yeux de tous ce processus même... J'y croyais et j'étais sot, mais j'aime toujours autant ce photographe et son oeuvre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
Fx1
  11 mai 2014
Depardon c'est l'anti Pernaut absolu . Ce monsieur aime ce qu'il filme , ce qu'il immortalise dans ces photos . C'est un travail d'orfévre extraordinaire que l'on a ici . Une plongée dans les décors naturels , sans la débilité aliénante de Pernaut et de TF1. Une oeuvre inestimable à découvrir absolument .
Commenter  J’apprécie          132
Davjo
  09 juin 2013
Sa plume, ses photos, il y a une identité Depardon, une cohérence. Méditations errantes. La pensée erre aussi. L'oeil se perd dans les images. C'est un livre de poche, chez point Seuil, qu'on lit deux fois. La première, on se concentre sur le texte, puis on revient aux photos.
Portions de routes vides, coins désolés dans le désert, images verticales sur lesquelles pèsent des ciels irradiants, goudrons dégradés, bitumes brisés. Ombres allongées, personnages solitaires en mouvement, surpris dans leur vie de pauvreté. Aridité générale (Je suis un photographe sec), lignes caillouteuses, monde de mers asséchées, revêtements de sols fracturés, défoncés, rues désertes à la banalité effrayante, toute une succession de ce qu'il appelle des temps faibles, par opposition à temps forts.
Ce questionnement qui est celui d'Errance, ces retour sur le passé, la ferme du Garets, la solitude du jeune provincial monté à Paris, c'est celui du grand artiste qu'il est. Il y a toujours une émotion, un message qui circule, une vie d'homme qui témoigne sur son temps.
Depardon n'est pas qu'un simple photographe, un cinéaste documentaliste prisé par les journaux culturels, un auteur aux phrases simples et mélancoliques, mais c'est quelqu'un qui a l'idée de photographier ce que les autres ne photographient pas, il ouvre des pistes, il donne des autorisations.
Depardon est un des plus grands artistes actuels, et j'ai l'impression qu'on ne le sait pas assez, que seuls les happy few le savent. Pourtant, quel art accessible. Et en train de se faire.
Lien : http://killing-ego.blogspot...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Gouts
  03 novembre 2015
La collection "documents" des éditions le point ont eu la très bonne idée d'éditer 13 (je crois, il y en a beaucoup!) livres de poche sur les photographies de Depardon ou plutôt le regard d'un homme qui a parcouru les années 60 à aujourd'hui traversant le monde entier avec ses appareils photo Leica à l'époque ou l'argentique était de mise à l'inverse du numérique gavauldé ou tout le monde croit être un grand photographe car on le like sur les réseaux sociaux...un grand photographe c'est celui qui prend le temps d'observer le monde, de faire attention au cadrage et en l'occurrence ne prend pas des photos par centaine pour en avoir une de potable, cela s'appelle avoir l'oeil et l'expérience! Depardon est un regard pas un simple photographe.
Sur cette petite parenthèse "Errance" parle de Depardon qui sans but précis c'est un peu le thème de l'errance, erre son oeil, traine son regard, son objectif dans des lieux reculés, lointains ou il montre sa surprise qu'il met en boite magnifiquement avec ses noirs et blancs précis et majestueux ou l'on se perd avec délectation malgré le petit format des photos (livre de poche) mais la qualité est là que se soit l'épaisseur du papier ou l'impression, on plonge nos yeux dans ses photos et les textes de Depardon nous guide dans son errance et nous perd pas d'un oeil.
Après le pavés "Voyages" (chez Hazan) que je vous recommande aussi, cette collection sur Depardon de qualitée montre un regard à part sur la société des années 60 à aujourd'hui.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
frandj
  01 novembre 2020
Photographe membre de l'agence Magnum, Raymond Depardon est connu par ses photos et aussi ses documentaires filmés. En France, il est peut-être le plus illustre dans ces deux domaines. Il se veut très proche de la réalité prosaïque et assez éloigné du regard humaniste qu'exhibent d'autres grands photographes français. le style de Depardon le rapproche de certains photographes américains. C'est très clair dans le présent recueil. Il nous propose le plus souvent des portions de paysages nus, presque dépourvus de présence humaine, plutôt froids et énigmatiques. Personnellement je suis très peu sensible à ce genre de photos et ce, d'autant plus que l'auteur ne détaille jamais les circonstances précises de la prise de vue. Dans son abondant commentaire, il préfère évoquer son travail et état d'esprit d'une manière très générale: je le regrette.
Commenter  J’apprécie          50

Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
GeraldineBGeraldineB   23 septembre 2021
Je n'ai pas fait de film sur mes parents, sur mon père, parce que je suis parti comme un idiot suivre l'affaire Claustre. Je suis parti dans le désert, j'ai foncé et je n'ai pas fait le film le plus important. Et je n'ai pas fait les photos non plus; c'était le plus beau sujet de ma vie, c'était le seul. On ne peut plus photographier maintenant ce monde rural qui a disparu. Je suis cinéaste, je fais des films, et je n'ai même pas tourné un film sur mes parents.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
LaetiratureLaetirature   23 mai 2011
L’errance n’est ni le voyage ni la promenade mais cette expérience du monde qui renvoie à une question essentielle : qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi ici plutôt qu’ailleurs ? Comment vivre le plus longtemps possible dans le présent, c’est-à-dire être heureux ? Comment se regarder, s’accepter ? Qu’est-ce que je suis, qu’est-ce que je vaux, quel est mon regard ?

Commenter  J’apprécie          260
nikiteamnikiteam   20 septembre 2014
C'est vrai qu'aujourd'hui je suis un peu tiraillé, parce que je me dis que j'aurais dû rester encore plus longtemps, que j'aurais dû essayer d'aller dans telle région où je n'irai peut-être jamais, j'aurais dû rester des mois dans certains pays et pas aller dans d'autres. De nouveau, maintenant, germe en moi l'idée de ce retour sur le lieu du crime et j'ai envie de retourner sur ces lieux qui ont été forts pour moi, qui m'ont apporté une grande jouissance. Donc les regrets commencent… Ils commencent toujours un peu à naitre au bout de six mois ou un an… Il y a des regrets qui remontent. Puis ils se mélangent avec les bons souvenirs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
ChrysChrys   24 janvier 2015
P8: "Mais je refuse de parcourir le monde pour assouvir ce besoin obsessionnel, presque névrotique, que nous avons, nous photographes, à fixer, capturer l'histoire des êtres vivants, et remplir systématiquement nos photographies de figurants, habitants de la Terre, comme si nous étions en charge de rassurer la planète qu'elle est bien peuplée d'individus.
D'où vient cette peur du vide?
Je veux me confronter aux lumières, aux hasards, forcer ma curiosité, m'ouvrir, briser mes idées reçues, exorciser cette peur du monde. "
"A partir de là, je choisis un format, un objectif, un appareil unique. Je pense à des photographies nettes, quelque chose de bien défini, au sens graphique du mot, pour éviter la caricature. Je veux des photographies au format vertical, où l'horizon serait à égalité entre le haut et le bas, avec trop de ciel, trop de sol, pour donner ma position, marquer ma présence et ne pas pouvoir tricher."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
nikiteamnikiteam   20 septembre 2014
Le fou et le photographe sont quand même assez proche. C'est quand même un peu une folie de faire sa valise, d'emporter des films vierges, un appareil, de prendre un avion, de côtoyer des hommes d'affaires ou des gens qui voyagent pour des raisons sentimentales. Les gens qui prennent l'avion ne sont pas comme toi, ils ont des raisons de voyager. Toi tu n'en as aucune vraiment.
Commenter  J’apprécie          110

Videos de Raymond Depardon (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Depardon
En 1961, Raymond Depardon réalise plusieurs reportages photographiques en Algérie, puis à Évian, pendant les premières négociations pour mettre fin à la guerre. Les clichés algériens montrent surtout Alger. L'attention prêtée aux mouvements des personnes et aux lignes propres à l'environnement urbain dévoilent avec beaucoup de subtilité une ville sous tension, fracturée par la colonisation, et les images, loin des images du corpus orientaliste véhiculées par les colons, ne sont pas sans rappeler les images du célèbre film "La Bataille d'Alger".
À Évian, Depardon capte les visages, les sourires, les volutes de fumée de cigarette et les jolis costumes de la délégation algérienne, composée de jeunes militants. Certains d'entre eux, notamment Krim Belkacem, à la tête de la délégation, disparaîtront quelques années plus tard, dans les violences politiques post-indépendance.
Ces photographies, en plus de leur caractère esthétique et artistique, interrogent beaucoup, sur l'apport des images à l'histoire bien sûr, mais aussi sur la mémoire algérienne de la guerre d'indépendance, toujours disputée ardemment.
Près de soixante ans plus tard, Depardon fait part à l'auteur Kamel Daoud de son désir de voir ses photographies republiées. le romancier décide de s'en emparer et de leur adjoindre du texte. Les deux s'entendent pour ajouter aux images d'époque une nouvelle série de photographies prises en 2019 à Alger. le livre, "Son oeil dans ma main", est publié simultanément en France et en Algérie, aux éditions Barzakh, dont le rôle important dans les sciences humaines et la littérature est maintenant acquis.
L'auteur Kamel Daoud était l'invité des Matins du 14 février 2022.
#guerrealgerie #photographie #franceculture _____________
Découvrez tous les invités des Matins de Guillaume Erner ici https://www.youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDroMCMte_GTmH-UaRvUg6aXj ou sur le site https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins
Suivez France Culture sur : Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
+ Lire la suite
>Arts>Photographes et photographie>Photographies, recueils de photographies (321)
autres livres classés : photographieVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Voyage en Italie

Stendhal a écrit "La Chartreuse de ..." ?

Pavie
Padoue
Parme
Piacenza

14 questions
527 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , voyages , voyage en italieCréer un quiz sur ce livre