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EAN : 9782757803622
256 pages
Éditeur : Points (11/09/2008)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 14 notes)
Résumé :

Jean-Claude Guillebaud, Raymond Depardon. Le premier est écrivain et essayiste, le second est cinéaste et photographe chez Magnum.

Tous deux ont entretenu longtemps un rapport particulier avec l'Ethiopie, cette corne fameuse qui, des sables de Mersa Tekle au cap des Aromates, des splendeurs haut perchées du Wollo abyssin aux sauvageries bantoues de la vallée de l'Omo, dessine comme un accent circonflexe coiffant l'Afrique orientale.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
rieserisabelle
  25 octobre 2018
Jean Claude Guillebaud, au reportage de guerre, a une telle présence personnelle dans ce livre, qu'il me confia, quand je l'interpellais à ce sujet, au festival international du journalisme vivant en 2016, comment il s'isolait dans son écriture, le soir, comme pour une distance de soi plus que nécessaire. Il a présidé l'année suivante le Prix Bayeux Calvados Normandie des correspondants de guerre.
Lien : http://www.prixbayeux.org/
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Acerola13
  29 octobre 2018
Très bel ouvrage, tant par ses textes que par ses photographies, qui informe au fil des pages et des réflexions de ses auteurs sans néanmoins juger; les anecdotes historiques sur l'Ethiopie et sur ses conflits avec l'Erythrée m'a beaucoup intéressée.
Une fois encore, un coup de coeur pour la collaboration de Depardon et de Guillebaud.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
legialegia   08 mai 2020
Un matin, à Harar, Raymond opère sur la place du marché (...) De loin, je devine à ses gestes, aux hésitations de son parcours ce que peut être l'embarras d'un photographe.
Surgit alors une apparition.
(...) Conduisant trois ânes chargés de grain, une jeune femme en tunique écrue traverse la foule. Elle n'a pas beaucoup plus de vingt ans. Elle marche pieds nus dans la poussière, droite, très cambrée dans l'évidence de sa propre grâce. (...) Raymond a remarqué cette femme dont l'éclat fait pâlir tout Harar.
Contre toutes ses habitudes, machinalement, il suit pas à pas la jeune paysanne pour la photographier. Celle-ci a vu le manège. Elle se dérobe, presse le pas, détourne la tête, s'abrite derrière un pan de mur ou bien, ostensiblement, se fond dans la foule sans plus se soucier de ses ânes laissés à l'écart. Raymond insiste, se rapproche, ruse à son tour. Une sorte de jeu s'organise que la foule alentour finit par repérer. Surprise ! A la différence de ce qui arriva en d'autres lieux aucune animosité ne s'exprime à notre endroit. Bien au contraire. Paysans, marchandes et passants s'amusent d'une traque si bien réglée. On encourage le photographe, des plaisanteries fusent que nous ne comprenons pas. Une bienveillance générale, en tout cas, nous fait escorte.
Puis la scène devient très belle.
Se lasse-t-elle d'être poursuivie ? Entre-t-elle dans le jeu pour obéir aux conseils qu'on lui prodigue ? La jeune femme s'immobilise soudain et, changeant d'attitude, se plante devant l'objectif de Raymond, les deux poings sur les hanches, le regard droit. Avant même que nous réalisions ce qui se passe sur ce marché de Harar, la foule a déjà fait cercle autour du photographe et de son modèle. Tous deux sont désormais face à face dans une petite arène. Un grand silence se fait tandis que, posément, Raymond presse le déclencheur de son Leica. Néfertiti ne bronche pas.
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Acerola13Acerola13   07 novembre 2018
Le temps de la tricherie exotique est passé. Mentalement, Djibouti évolue dans le même cyberespace que le reste du monde, dans cette même lueur bleutée des télévisions, œil borgne ouvert jusque dans les masures de Balballa, ou la brousse de Dikhil. Chacun vit ici – mais virtuellement – dans l’évidence libertaire de la world culture. Et chaque année, cette bourrasque souffle plus fort, exacerbant les rêves mais cadenassant les solitudes. […]
Elle savait bien, la jeune morte de Tadjourah, que, dans le même temps, toutes les violences d’autrefois retrouvaient paradoxalement leur empire. Jeune fille au sexe cousu, tyrannie du père et mère trop soumise que suffit à nourrir un Thermos de thé, mariages convenus et rites recommencés, pruderie affichée et viols impunis, non-dit étouffant, fillettes offertes pour quinze francs dans l’obscurité des quartiers et sida galopant que l’on combat par l’incantation pudibonde. A chaque assaut de la modernité répond un cran resserré dans la tradition et s’impose un repli communautaire plus impérieux : de la nation à l’ethnie, puis à la tribu, au clan, au sous-clan, à la famille. L’infiniment petit contre l’infiniment grand.
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Acerola13Acerola13   07 novembre 2018
La misère de l’Ethiopie fait de nous des milliardaires, voilà la vérité. Nous déambulons dans ce pays avec une grosse liasse de dollars sanglée autour de la taille et qui nous affranchit – magiquement – de toutes les pesanteurs locales. Comment notre humeur ne s’en trouverait-elle pas faussée ? Quoi que nous fassions, quoi que nous ressentions, nous demeurons comme suspendus au-dessus des tracas ordinaires, aériens, demi-dieux en somme. Un repas nous coûte le prix d’un timbre et une chambre d’hôtel celui d’une place de cinéma. Ni la sincérité de nos éland, ni la bienveillance de nos inclinations pour ce pays ne sont en cause ; disons seulement qu’elles partent d’un point de vue confortable.
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Videos de Raymond Depardon (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Depardon
{Rencontre avec Claudine Nougaret et Raymond Depardon}
À l'occasion de l'exposition Claudine Nougaret : Dégager l'écoute. le son dans le cinéma de Raymond Depardon, le séminaire Cultures sonores consacre une séance spéciale à Claudine Nougaret et Raymond Depardon.
Rencontre enregistrée le 5 février 2020 à la BnF I François-MitterrandEn savoir plus : le n°87 de Chroniques (https://c.bnf.fr/Ghr)
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