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EAN : 9782070712557
204 pages
Gallimard (11/03/1988)
3.61/5   93 notes
Résumé :
Jacmel (Haïti) en 1938, à l'époque des réjouissances du Carnaval, Patrick Altamont, le jeune narrateur, nous conte deux évènements qui se produisent en simultané : d'abord la fin de sa très chère marraine Germaine Villaret-Joyeuse, puis les noces de l'éblouissante Hadriana Siloé, laquelle tombe raide morte au pied de l'autel à la minute où elle prononce le oui sacramentel.
Mais nous sommes en pays vaudou où le rituel des métamorphoses permet de mêler les ho... >Voir plus
Que lire après Hadriana dans tous mes rêvesVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Hadriana meurt le jour de son mariage, à l'église, au moment de dire oui, mais elle ne meurt pas vraiment, elle est juste en train d'être transformée en zombie. L'incontestable atout du livre, est l'écriture de René Depestre, par ailleurs poète, et qui dans de bons moment du récit, trouve lyrisme et flamboyance. Des petits moments, des descriptions, des personnages, sont fort bien rendus, et on se prend à sourire à certains passages.

Ce qui m'a infiniment moins satisfait, est la structure du récit, la trame romanesque. On est plus en face de morceaux épars que d'un véritable récit. Un bout de carnaval, un personnage pittoresque, une description. Réussis en eux-mêmes mais l'articulation entre eux n'est pas très convaincante pour moi. le récit d'Hadriana dans la dernière partie est la partie la plus réussie à mon sens, même si par moment répétitive avec ce qui nous a déjà été raconté au début. Et puis le happy end final est peu convaincant, échapper à la zoombification semble étonnamment facile, on se demande même pourquoi personne ne semble y avoir pensé avant.

Donc impression mitigée à la fin de cette lecture, quelques bons moments, mais globalement en tant que roman, je trouve ce texte frustrant.
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L'auteur nous fait découvrir à travers un extraordinaire univers peuplé de personnages extravagants et fantasques, la culture haïtienne et les croyances vaudou. Ce roman est aussi un superbe chant d'amour coloré d'exotisme et d'érotisme, porté par une langue riche et truculente où se mêlent magnifiquement langue française et langue créole.
Ce livre a été couronné de nombreux prix et notamment le prix Renaudot en 1988.
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Magie vaudou

Ce roman, qui a eu le prix Renaudot en 1988, est un doux mélange entre fiction, légendes et poésie. Ecrit par René Depestre haïtien exilé en France, il raconte l'histoire d'Hadriana tombée raide morte le jour de son mariage au moment où elle prononçait le « Oui » d'usage…
Mais en Haïti, la mort n'est pas une fin … enfin pas vraiment… Et la magie vaudou qui transforme la jeune femme en zombi permet aux vivants de repousser les affres du deuil.
Le narrateur est un jeune homme, Patrick Altamont qui est d'abord le témoin du trépas d'Hadriana (alors même que sa marraine vient aussi de décéder…) puis, quelque trente années plus tard, celui de sa ressuscitation.
En situant ce roman à Jacmel, sa ville natale, on comprend que quelque part, Patrick Altamont est aussi René Depestre.
C'est un livre déroutant, qui peut surprendre le lecteur car français et créole y sont étroitement mêlé. J'ai eu un peu de mal à l'apprivoiser mais au final, je me suis laissée porter par la prose enchantée de l'auteur agrémentée d'une pointe d'humour et d'érotisme
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Ce livre nous amène en Haïti: c'est son plus grand mérite. Un monde vivant, tonique, joyeux, et ceci malgré les drames, constitués d'une longue suite de cyclones dévastateurs, égrainés par le temps de manière irrégulière mais finalement certaine. Et cette population a besoin de religion. Elle l'assouvit en oscillant entre le culte ancien, mais non éteint, du vaudou, et celui du catholicisme. L'auteur nous conte, avec une plume colorée, et un vocabulaire d'une grande richesse, l'histoire troublante d'Hadriana, jeune fille qui s'évanouit et meure devant l'autel, le jour de son mariage, quelques secondes après avoir prononcé le "oui" qui l'unit à l'homme qu'elle aime. Il nous fait douter ensuite de la réalité de cette mort et nous associe aux croyances et aux rites vaudous. Les chapitres sont courts, - le livre aussi - on avance vite, et on lit cela avec plaisir, même si l'on a le droit de rester sceptique face à cette notion de morte vivante, de zombie, de résurrection, quand même pas très claire ni convaincante. René Depestre voulait nous faire connaître Haïti, son rythme, ses croyances, son optimisme, et aussi son rapport amusé aux choses du sexe: cela est réussi, et fait de ce curieux récit un bon livre.
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Voilà encore un immense écrivain poète (de langue française) qui à l'instar de Charles Juliet -bien que leurs thèmes de prédilection leur soient propres- fait presque figure d'oublié et on attend peut-être qu'il casse sa pipe pour découvrir ce génial prosateur et lui décerner les honneurs ! J'ai presque honte pour la France de ne pas savoir reconnaître ses talents, les siens. René a 93 ans maintenant, oh bien sûr il a eu ses heures de gloire dans les années 80, Bernard Pivot l'avait largement honoré.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, et qui aiment la belle langue française dans sa plus subtile expression que nous chante cet haïtien au combien amoureux de la France - qui vit en France d'ailleurs et fort de ses souvenirs - ses quatre livres publiés chez Gallimard qui ont fait son succès sont un pur régal !
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Maître Homaire posa le corps de la mariée sur un drap blanc tendu à même le parquet du salon. Dès lors, une lutte sans merci s'amorça entre les deux systèmes de croyances qui se disputent depuis toujours l'imaginaire des Haïtiens: la foi chrétienne et la foi vaudou. Les parents d'Hadriana commencèrent à perdre le contrôle de la veillée. L'aristocratique manoir qui dominait le golfe, en un clin d'œil, se transforma en une ruche fantastique: des essaims de personnes, pour la plupart inconnues des Siloé, s'affairaient librement autour de la mort de leur fille. Sans prendre leur avis, au milieu des lamentations et des sanglots, elles enroulèrent les tapis persans, déplacèrent le mobilier d'époque et les vases de Sèvres, aveuglèrent avec un colorant blanc les miroirs et le verre de la pendule en bronze doré, mirent à l'envers les housses des fauteuils et des canapés Louis XV. Quelqu'un s'avisa de placer tête en bas une superbe table à thé anglaise à marqueterie en mosaïque.
Ces apprêts terminés, Madame Brévica Losange, une voisine des Siloé qui avait une réputation de Mambo *, invita les demoiselles d'honneur en larmes à intervertir culottes et soutiens-gorge, et à tourner sens devant derrière jupes et corsages. Elle affirma ensuite tout haut que le décès d'Hadriana n'était pas dû à une cause naturelle.
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Il imprégnait l'atmosphère d'effluves aphrodisiaques. Quelques minutes après, les seins faisaient sauter les boutons des chemises de nuit, les fesses rompaient l'élastique des culottes, les cuisses en flammes s'écartaient à souhait, les vagins, fascinés, réclamaient le boire et surtout le manger : Balthasar n'avait plus qu'à entrer en campagne.
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Huitième proposition
(Portrait du zombie)

Voilà les éléments qui serviraient à tracer le portrait de ce sous-nègre, personnalité en pièces détachées, sans souvenirs ni vision du futur, sans besoins ni rêves, sans racines pour porter des fruits ni de bonnes couilles pour bander, objet errant au royaume des ombres, loin du sel et des épices de la liberté. Il y aurait eu lieu de préciser les traits qui sont communs aux êtres en situation de zombies. On les reconnaîtrait à leurs regards vitreux, à l’intonation nasale de leur parole, à leur air absent, au brouillard qui enveloppe leurs pensées et leurs mots ; à leur façon saccadée de marcher, en regardant droit devant eux, abouliques aux gens, aux animaux, aux choses et aux plantes ; au fait qu’à leur approche tout se dévalorise avant même que leurs mains ne touchent à un bien quelconque de ce monde. 
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Incipit

Cette année-là, à la fin de mon enfance, je vivais à Jacmel, localité du littoral caraïbéen d'Haïti. A la mort de mon père, nous avions, ma mère et moi, déménagé de l'avenue La Gosseline pour aller habiter chez mon oncle maternel.
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Je guettais l'incident qui mettrait mon imagination sur quelque piste du surréalisme quotidien.
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Videos de René Depestre (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Depestre
Avec Arthur H, Rim Battal, Seyhmus Dagtekin, Maud Joiret, Sophie Loizeau, Guillaume Marie, Emmanuel Moses, Anne Mulpas, Suzanne Rault-Balet, Milène Tournier, Pierre Vinclair & les musiciens Mathias Bourre (piano) et Gaël Ascal (contrebasse) Soirée présentée par Jean-Yves Reuzeau & Alexandre Bord
Cette anthologie reflète la vitalité impressionnante de la poésie francophone contemporaine. Quatre générations partagent des textes pour la plupart inédits. La plus jeune a 17 ans, les plus âgés sont nonagénaires. Ils sont ainsi 94 à croiser leurs poèmes sur la thématique du désir, un mot aussi simple que subversif.

ADONIS – ARTHURH – Olivier Barbarant – Linda MARIA BAROS Joël BASTARD – Rim BATTAL – Claude BEAUSOLEIL – Tahar BEN JELLOUN – Zoé BESMOND DESENNEVILLE – Zéno BIANU – Carole BIJOU – Alexandre BONNET-TERRILE – Alain BORER – Katia BOUCHOUEVA – Julien BOUTREUX – Nicole BROSSARD – Tom BURON – Tristan Cabral – CALI – Rémi Checchetto – William CLIFF – François de CORNIÈRE – Cécile COULON – Charlélie COUTURE – Laetitia CUVELIER – Seyhmus DAGTEKIN – Jacques DARRAS – Michel DEGUY – Chloé DELAUME – René Depestre – Thomas DESLOGIS – Ariane DREYFUS – Renaud EGO – Michèle FINCK – Brigitte FONTAINE – Albane GELLÉ – Guy GOFFETTE – Cécile GUIVARCH – Cécile A. HOLDBAN – Philippe JAFFEUX – Maud JOIRET – Charles JULIET – Vénus KHOURY-GHATA – Anise KOLTZ – Petr KrÁL – Abdellatif LAÂBI – Hélène LANSCOTTE – Jean LEBOËL – Yvon LE MEN – Perrine LEQUERREC – Jérôme LEROY – Hervé LETELLIER – Sophie LOIZEAU – Lisette LOMBé – Mathias MALZIEU – Guillaume MARIE – Sophie MARTIN – Jean-Yves MASSON – Edouard J.MAUNICK –
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