AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Bruno Doucey (Préfacier, etc.)
EAN : 9782232122804
528 pages
Éditeur : Editions Seghers (04/12/2006)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 8 notes)
Résumé :

Me voici/Animal marin de la poésie/Je sens gronder en moi la colère des foules/Je sens vibrer en moi leur rage de vivre. Tels sont les vers par lesquels débutait, en 1945, le premier recueil d'un jeune poète haïtien de langue française ; René Depestre. Soixante ans plus tard, en 2005, les Editions Seghers publiaient une " cérémonie des adieux " du même écrivain sous le titre Non-assistance à po&#... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
MIOP
  09 février 2012
Me voici/Animal marin de la poésie/Je sens gronder en moi la colère des foules/Je sens vibrer en moi leur rage de vivre. Tels sont les vers par lesquels débutait, en 1945, le premier recueil d'un jeune poète haïtien de langue française ; René Depestre. Soixante ans plus tard, en 2005, les Editions Seghers publiaient une " cérémonie des adieux " du même écrivain sous le titre Non-assistance à poètes en danger. Entre-temps, une vie à couper le souffle, des voyages sur tous les continents et le fleuve indomptable de la poésie. le présent ouvrage rassemble la totalité des poèmes écrits par René Depestre au cours de sa vie. Les recueils publiés par Pierre Seghers - Végétations de clartés, traduit du grand large, Journal d'un animal marin - y côtoient des éditions rares, parues à l'étranger et aujourd'hui introuvables. de Port-au-Prince à Paris, de Prague au Chili, de la Havane au Sud de la France, où il est aujourd'hui installé, le poète donne à lire le chant fantaisiste, dionysiaque et vigoureux de ses passions caribéennes. (extrait de résumé du 4ème de couverture Amazon / Editions Seghers ).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
melina1965
  06 juillet 2013
Véritable autobiographie poétique, l'itinéraire littéraire et humain d'un homme au parcours exceptionnel.
« Me voici
citoyen des Antilles
tout vibrant de joie païenne
je vole à la conquête des bastilles nouvelles.
dans les champs ensoleillés j'engrange
des moissons d'humanité
j'interroge le passé
je récuse le présent
je dis oui à l'avenir
tout mon être aspire au soleil. »
(Etincelles, 1945, « Me voici »)
Cette première strophe du recueil est à la fois le programme de l'oeuvre à venir et une invitation pour le lecteur à parcourir soixante années de poésie. Une poésie traversée par l'engagement politique, l'attachement à l'enfance et au pays natal -René Depestre est né à Jacmel, en Haïti, le 29 août 1926- et l'exil ; elle est aussi un hymne à la Femme.
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   26 mars 2015
LA RIVIÈRE
Voilà, c'est fait, je suis devenu une rivière.
Ce sera une grande aventure jusqu'à la mer.
Quel nom me donnera-t-on sur les cartes ?
D'où vient ce cours d'eau inconnu ?
Quel ciel reflète-t-il dans ses flots ?
Quelle paix, quelle faim, quelle douleur ?

Pardonnez-moi messieurs les géographes
Je ne l'ai pas fait exprès
J'aimais voir couler l'eau
Sur toutes les soifs
Il y a tant d'assoiffés dans le monde
Pour eux me voici changé en rivière !

Je n'aimais pas voir couler les larmes
Étant rivière je pourrai qui sait
Couler à leur place.
Je n'aimais pas voir verser le sang
Étant rivière je pourrai
Être versé partout à sa place.
Mon destin est peut-être d'emporter
À la mer toutes les peines !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          471
coco4649coco4649   06 mars 2016
LETTRE AU POÈTE LÉON DAMAS


3
Je cours le cœur fou après tes mots
de tous les jours, tes mots simples
que la vie du siècle a brûlés ; j'écris
à ton jazz toujours au futur, je chante
l'aigle du grand poète qui plane
en homo spiritual au matin de sa foi,
j'écris à l'homme qui a vaincu
les tisons de fer rouge, le fouet,
le piment, le crachat, l'insulte totale
du temps de la plantation !

4
Je t'écris debout au grand soleil de ta mort,
bel été ouvert dans l'ironie des nègres,
main brûlante de l'Afrique bien serrée
sur la peau des mots du français-français.
Les routes du bout de ma vie en riant
font le tour de ton orchestre noir :
me voici réveillé à ton lyrisme brutal,
réveillé dans les pieds nus que tu mettais
toujours dans le plat qu'il fallait !

p.438-439
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
lavinia02lavinia02   22 novembre 2012
Cri de l'été brûlant

Tu es la vie, la lumière,
Tu es l'eau, le vent, la tempête,
Tu es le feu dévorant, fer rouge
Dans la blessure, chant d'oiseau,
Tu es feuillage, fruit, serpent,
Pluie sauvage sur la soif de l'homme
Tu es le cri de l'été brûlant
Et doux silence de la neige,
Tu sais brûler, tu sais guérir,
Donner un ciel à l'exilé,
Le changer en pierre, en braise,
En plaie, en ortie, en musique,
En sanglot, en épée glorieuse
Sous ton grand soleil corporel.
Plus que le printemps tu es femme
Plus que la beauté tu es femme
Plus que l'amour, la vie la mort.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
coco4649coco4649   12 mars 2016
LA PIROGUE DE LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR
                                    À Aimé Césaire


Son vieil âge d’homme a des profondeurs marines,
sans une île au trésor dans sa géographie :
l’aventure reste toutefois sa traversée
sans escale du sel racial des tempêtes.
Malgré tout le malheur nègre des fonds de cale,
il a su pénétrer le mystère du monde blanc
qui fait encor pleurer de rage nos fictions.
La poésie met au bien les muscles puissants
de la pirogue où Senghor et Césaire réveillent
dans nos souvenirs la chaux vive de la mer.

p.458
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
coco4649coco4649   17 mars 2016
Un arc-en-ciel pour l'Occident chrétien

ROMANCERO D'UNE PETITE LAMPE
5
 « Pour qu'avant que la nuit n'engloutisse le monde
Tu fasses voir ta petite lampe : de l'avant donc, va ! »
Claude MacKay


Il n'y a de salut pour l'homme
Que dans un grand éblouissement
De l'homme par l'homme je l'affirme
Moi un nègre inconnu dans la foule
Moi un brin d'herbe solitaire
Et sauvage je le crie à mon siècle
Il n'y aura de joie pour l'homme
Que dans un pur rayonnement
De l'homme par l'homme un fier
Élan de l'homme vers son destin
Qui est de briller très haut
Avec l'étoile de tous les hommes
Je le crie moi que la calomnie
Au bec de lièvre a placé
Au dernier rang des bêtes de proie
Moi vers qui toujours le mensonge
Braque ses griffes empoisonnées
Moi que la médiocrité poursuit
Nuit et jour à pas de sanglier
Moi que la haine dans les rues
Du monde montre souvent du doigt
J'avance berger de mes révoltes
J'avance à grands pas de diamant
Je serre sur mon cœur blessé
Une foi si humaine que souvent
La nuit ses cris me réveillent
Comme un nouveau-né à qui il faut
Donner du lait et des chansons
Et tendrement la nuit je berce
Mon Hélène ma foi douce ma vie tombe
En eaux de printemps sur son corps
Je berce la dignité humaine
Et lui donne le rythme des pluies
Qui tombaient dans mes nuits d'enfant
J'avance porteur d'une foi
Insulaire et barbue bêcheur
D'une foi indomptable indomptée
Non un grand poème à genoux
Sur la dalle de la douleur
Mais une petite lampe haïtienne
Qui essuie en riant ses larmes
Et d'un seul coup d'ailes s'élève
Pour être à tout jamais un homme
Jusqu'aux confins du ciel debout
Et libre dans la verte innocence
       De tous les hommes!

Occident chrétien mon frère terrible
Mon signe de croix le voici :
Au nom de la révolte
Et de la justice
Et de la tendresse

Ainsi soit-il !
                         La Havane, décembre 1964 - juin 1965.


p.226-227
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Lire un extrait
Videos de René Depestre (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Depestre
René DEPESTRE – Radioscopie (France Inter, 1980) L’émission « Radioscopie », par Jacques Chancel, diffusée le 11 décembre 1980 sur France Culture.
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
835 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre