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EAN : 9782867447365
176 pages
Éditeur : P.O.L. (04/10/2000)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Parce que rien ne remplace la merveille d'entendre une voix au travail. La mobilité mentale, les rêves, les chemins que la voix ouvre.
Il est incongru, impoli et vaguement dangereux de parler. Mais c'est notre travail. Et les corps jeunes entendent à l'intonation de la première phrase si le corps qui est au bureau parle ou non.
S'il ne parle ils dérivent, poliment, sans espoir. C'est ce qu'on appelle l'ennui, ce malheur qu'on a tous retenu de l'école, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
pleasantf
  27 mai 2015
Dans ce récit très bien écrit et agréable à lire, Marie Depussé alterne souvenirs de son métier d'enseignante à Jussieu et réflexions plus théoriques sur la littérature et la fiction.
Dans les passages consacrés à l'enseignement, elle retrace en pointillés ses 30 années passées comme professeur de fac de lettres. Cela forme un tableau de l'université française quelque peu chargé en amertume. Avec par exemple la faiblesse des ressources financières, le niveau médiocre des étudiants en lettres, les programmes idiots voire abêtissants, l'enseignement en silos et la difficulté de plus en plus grande à trouver un travail à la sortie. Même si M. Depussé s'en défend, j'ai trouvé la tonalité de ces parties un peu trop nostalgique, avec un léger parfum de ‘c'était mieux avant' malheureusement fréquent chez les personnes qui voient l'âge de la retraite sonner. Cependant le tableau peint par M.Depussé est également porteur d'humanité et de vie lorsqu'elle évoque l'aventure collective menée avec quelques collègues professeurs passionnés, les contacts avec les étudiants, son expérience d'enseignement en milieu carcéral.
Le livre est parsemé de nombreuses références littéraires et parfois même de passages tout droit sortis d'un cours de littérature comme ce commentaire sur Spleen de Baudelaire (« J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans »). La partie centrale est consacrée à la théorie littéraire, à la fiction, à la narration. Marie Depussé cite abondamment Lacan, Blanchot ou Barthes. le propos n'est pas toujours clair, on sent que l'auteur répugne aux points sur les i, mais on se laisse porter avec douceur par cette langue un peu comme si on se retrouvait dans un amphi ou une salle de classe, oscillant entre intérêt et ennui.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
pleasantfpleasantf   28 mai 2015
La peur a toujours des complices, qui trouvent là occasion de faire carrière, des gens inertes, silencieux, redoutables. La peur des étudiants rencontre le besoin de certains d'entre nous, longtemps contrarié, de jouer au professeur, comme on peut jouer au douanier ou au flic. Ils portent un regard acéré sur la conformité des devoirs, vérifient la dimension des marges, et le nombre des parties, qu'il s'agisse de Rimbaud ou d'un film de Renoir. Et ils mettent parfois de sales notes. Un grand psychiatre, Jean Oury, définit une folie très répandue chez les gens qui ne sont pas dans les asiles, ceux qu'il appelle les normopathes, en ces termes : des gens qui se prennent pour leur fonction.
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Miette-de-PommeMiette-de-Pomme   27 juin 2017
Théoriquement, pour faire tourner le cercle, le corps est assis sur une chaise, et porte, attachés à sa ceinture, deux petits sacs, un de chaque côté, pareils à ceux où le dieu Eole tenait enfermés les vents. Dans un des petits sacs, la vie, dans l'autre les livres, et le corps qui puise tantôt dans l'un, tantôt dans l'autre.
En vérité, dans les deux sacs il trouve la même chose, la vie oeuvrée par les livres.
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Miette-de-PommeMiette-de-Pomme   27 juin 2017
Lacan nous rappelant patiemment qu'un événement, pour celui qui le vit, au moment où il le vit, est au carrefour dont il ne saurait occuper toutes les voies. Qu'il passerait sa vie, ensuite, à les obturer. [...] Le silence de l'écriture, le silence menaçant toujours l'écriture, serait cette reconnaissance première que celui qui écrit ne sera jamais dans la position d'occuper toutes les voies.
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Miette-de-PommeMiette-de-Pomme   27 juin 2017
Je ne sais ce qui est au bout du couloir. Mais je sais que les corps, ceux qu'on appelle les étudiants, devraient apprendre à chanter, pour eux-mêmes, tout seuls, vite. Je ne sais pas, dans les années qui viennent, quelles voix chanteront pour eux.
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Miette-de-PommeMiette-de-Pomme   27 juin 2017
Phèdre parle. [...] Elle parle. [...] Si l'on entend qu'elle parle, alors, et alors seulement, on peut comprendre que sa mort est, en dépit de la bonne volonté janséniste de Racine, un déchirant scandale.
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Videos de Marie Depussé (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Depussé
Marie Depussé dans sa cabane à La Borde le 14 juillet 1993, avec Carine Toly, Jean Oury et Boudu, à l'occasion de la parution de "Dieu gît dans les détails" aux éditions P.O.L
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