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EAN : 9782366581157
277 pages
Éditeur : KERO (28/08/2014)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 105 notes)
Résumé :
" La mousse s'est transformée en vagues. Des vagues qui bondissaient par-dessus le récif, à l'autre bout de la plage. Ça n'était pas normal. La mer ne venait jamais aussi près. Les vagues ne se brisaient pas, elles ne s'affaissaient pas. Plus près. L'eau brune et grise. Brune ou grise. Des vagues par-dessus les conifères et qui se rapprochaient de notre chambre. Toutes ces vagues maintenant, chargeant, barattant. Soudain folles et furieuses. Soudain menaçantes. " L... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (78) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  04 septembre 2014
L'écume, une écume blanche et mousseuse, c'est là la première chose que Sonali a vu de la fenêtre de son hôtel de bord de mer où elle passe des vacances de Noël en famille, dans son Sri Lanka natal. Pourtant l'océan ne devrait pas être si proche...C'est une énorme vague qui déferle, il faut fuir ! Sonali ne prend même pas le temps de prévenir ses parents qui occupent la chambre voisine. Elle presse son mari et ses deux petits garçons et toute la famille embarque dans une jeep qui fuit l'hôtel. Mais la vague, implacable, renverse la voiture. Sonali est séparée des siens, bringuebalée par l'océan, rejetée dans la boue et finalement retrouvée par deux hommes venus au secours des survivants. Hagarde, mutique, Sonali doit se rendre à l'évidence. En ce matin du 26 décembre 2004, elle a tout perdu. Steve, son mari, Vikram et Malli, ses fils, et ses parents ont tous été engloutis par le tsunami.

Bien sûr il y a la douleur, la culpabilité, la honte, la folie, la rage, le désir de mourir...tous ces sentiments qui traversent Sonali, la survivante. Sa perte est immense et irréparable. Elle a survécu, il va lui falloir vivre avec l'absence, avec les souvenirs, quand elle voudrait tout oublier pour ne plus souffrir. Pourtant, son récit n'est pas larmoyant. le sentiment qui prédomine est l'amour. Sonali nous fait partager son bonheur d'avant le drame. Vikram, la passionné d'oiseaux qui posait sans cesse des questions sur le monde qui l'entourait , Malli, l'artiste toujours joyeux, Steven, rencontré à la fac, son père, avocat austère mais bibliophile averti, sa mère collectionneuse de saris qui se désespérait de son manque de coquetterie, reviennent à la vie lorsqu'elle cesse de s'interdire de penser à eux pour ne pas être submergée par le chagrin. Grâce à eux elle était une mère, une épouse, une fille et depuis leur disparition, elle n'est plus rien que le monstre qui continue à vivre quand tous les autres sont morts. Comment faire son deuil ? Qui pleurer ? Comment continuer, seule ?
Ecrire pour se reconstruire, écrire pour guérir, écrire pour garder la trace de ceux qui ne sont plus là, c'est là le choix de Sonali DERANIYAGALA qui livre un témoignage très émouvant, un hommage digne et pudique à sa magnifique famille. Une lecture certes difficile mais éclairée par Vikram et Malli, deux petits garçons curieux de tout, turbulents et joyeux.
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Crossroads
  25 septembre 2016
Je m'ai trompé.
Pensant basiquement acheter un bouquin post-apo, au pire vantant les mérites cachés d'une fiesta déroulant son cortège de fumette sur son lit taille XXXL de boum-boum endiablé -ce soir, je m'fous la tête à l'envers, j'inaugure la wave-party-, ben non, plouf, zobi sur toute la ligne, ce sera le destin monstrueusement tragique de Sonali Deraniuyi, Derrinaya, de Sonali.
Tout le monde se souvient de ce séisme qui dévasta le Sri Lanka fin 2004.
Un tsunami d'une rare ampleur semant la mort et le chaos.
Sonali en ressortira presque indemne physiquement mais désormais comme en retrait du monde qui l'entoure et qui n'aura de cesse de lui rappeler ce qu'elle a perdu à tout jamais.
Ses deux parents, ses deux enfants et son mari n'auront pas eu sa "chance".
A quoi bon vivre dans ces conditions ?
Comment trouver le moteur nécessaire, la motivation suffisante pour avancer alors que tout ce que vous aimiez n'existe plus.
Il faut être dans de très bonnes dispositions pour entamer un tel bouquin ou bien miser sur un Lexomyl bradé durablement à moitié prix.
Plombant, d'une infinie tristesse, un abîme de souffrance quotidien que rien ne semble pouvoir combler à plus ou moins long terme.
Le courage est là, indéniable, nécessaire.
Le phrasé empreint d'une force peu commune.
Et pourtant quelque chose m'a dérangé dans ce témoignage d'une affliction insondable.
Peut-être cette sensation durable de voyeurisme déplacé.
Cette difficulté à concevoir la réalité tangible d'un tel drame.
Sonali Deraniyagala explose l'adage voulant que les grandes douleurs soient muettes.
Besoin de mettre des mots sur ses maux comme seul et unique moyen thérapeutique.
Il n'en reste pas moins le témoignage puissant d'une femme qui se reconstruit aujourd'hui lentement, pas à pas.
Je ne peux que lui souhaiter le meilleur, elle qui connut l'indicible un matin de Décembre...
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Kittiwake
  17 septembre 2014
C'est un profond cri de douleur, un hurlement de désespoir, qui dit l'indicible.
Le tsunami du 26 décembre 2004 au Sri Lanka est l'un des plus graves de l'histoire : plus de 200 000 victimes. Sonali et sa famille séjournaient à l'hôtel en ce lendemain de Noël. Il sont emportés par la vague, et elle est la seule à survivre.

Après la sidération qui anesthésie tous les sentiments, vient l'hébétude : la vague a tout emporté, mais l'anéantissement de ce qui avait été construit au sein d'une famille aimante et sans histoire, est inconcevable. Longtemps Sonal refuse de se confronter aux évidences : sans preuve, pas de deuil. Mais l'alcool ou les médicaments ne sont pas suffisants pour vivre avec ce drame.
Chaque instant nouveau ne se vit qu'en référence à ce qu'il renvoie de la vie passée, des souvenirs ou de ce qu'il modifie dans l'avenir : « tout ce qui aurait pu être, voilà ce qui me détruit ». La détresse est infinie, irréparable. Et il est long le chemin des anniversaires, des premières fois sans ….
Puis le discours s'apaise. Peu à peu, il devient possible d'interagir avec l'environnement, de le modifier, sans profaner la mémoire des disparus. Et c'est en déposant les innombrables souvenirs du temps d'avant la catastrophe que ce passé acquiert un droit à l'existence en tant que tel. Peu à peu, même si tout fait référence aux êtres perdus, on peut admirer un vol d'oiseau ou les couleurs d'un soleil couchant.
L'écriture est simple et riche d'authenticité, sans effets de style. le sujet mérite et nécessite même ce dénuement, qui lui confère toute sa dignité.
C'est un extraordinaire témoignage sur le deuil à la fois sombre et lumineux, teinté d'une lueur diaphane.
Je remercie vivement Babelio et les éditions Kero pour ce partenariat.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Livresque78
  18 juin 2015
Comme tous, j'ai été bouleversé en voyant les images de cette catastrophe de décembre 2004. Cette vague gigantesque qui déferle sur le Sri Lanka, et bien Sonali y était avec toute sa famille, dans son pays natal.
Nous avons tous pleuré les morts et les familles brisées, alors que nous n'en connaissions aucun. Et bien Sonali y a perdu ses enfants, son mari et ses parents, difficile d'imaginer pire cauchemar.
Ce livre est un récit dans lequel la jeune mère et épouse, incroyablement courageuse nous raconte comment elle n'est pas morte.
Pas morte sous cette trombe d'eau qui a tout dévasté en quelques minutes, mais aussi les jours, les semaines les mois et les années qui ont suivi. Sonali n'est pas morte de chagrin, alors elle a dû apprendre à vivre et à survivre après que son monde se soit écroulé pour faire place à l'horreur.
Une lecture intense et difficile. Sonali nous parle de la douleur indicible de perdre autant et si brutalement, avec pudeur et beaucoup d'amour.
Un livre magnifique, une belle leçon de vie qui m'a donné envie de serrer et d'aimer encore plus les miens.
Lien : https://livresque78.wordpres..
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Myriam3
  21 septembre 2014
26 décembre 2004, Sri Lanka, Tsunami. La description de cette vague est bouleversante. Et pour cause, Sonali Deraniyagala était à l'intérieur, emportée à des kilomètres à l'intérieur des terres, puis ramenée dans l'autre sens, tourbillonnante, vers la mer dont elle échappe par miracle.
Lorsque la vague arrive, lentement tout d'abord, elle ne comprend pas. de la fenêtre de son hôtel, elle voit cette épaisse écume blanche grossir, franchir la plage, et c'est lorsqu'elle se transforme en vagues qu'elle et son mari s'emparent de leurs deux enfants et s'enfuient. Elle hésite en courant devant la porte de ses parents, ne s'arrête pas. le temps est compté, précieux.
Ils montent tous les quatre dans une jeep qui démarre aussitôt. L'eau monte, puis renverse la jeep.
Lorsqu'elle est sauvée, choquée, elle ne cherche pas sa famille. La terreur de les retrouver morts la paralyse...
J'ai eu beaucoup d'appréhension au moment de commencer à lire ce livre autobiographique. Très rapidement, au bout de quelques pages, j'ai lu la quatrième de couverture plus attentivement, il est bien précisé qu'elle perd tous les siens. Au moins je le savais, la tension sinon aurait été insoutenable. Ce roman est donc, surtout, celui du deuil, sous forme de descente aux enfers. Face aux autres, elle se sent comme un monstre. A ceux qu'elle connaît, elle peut encore en parler, mais face aux inconnus, que dire? Que répondre aux questions banales comme: "tu es mariée? Tu passes les vacances chez tes parents, à Colombo?" Ne révéler la mort que de l'un ou de l'autre? Et que faire des autres alors?
Ce livre est un témoignage percutant, violent, mais pas que. L'écriture, au début sèche, directe, écrite dans l'urgence, la tension, finit lentement, avec les années qui passent, par s'alléger, se compléter de descriptions, d'évocations du passé, d'instants paisibles du quotidien, ou amusants. Sonali parvient enfin, après les premières années de stupeur, et parce qu'elle l'accepte et comprend que finalement ça l'aide, à retourner dans leur maison, fouiller les tiroirs, faire des choses que ses fils auraient aimé faire - aller voir des baleines- bref se tourner à nouveau vers eux, ce qu'ils ont laissés, ceux qu'ils seraient devenus. La magie opère, les morts reprennent vie sous nos yeux, ils sont là, son mari Steve est là, avec ses maladresses, son humour, son amour.
Je tiens à remercier Babelio et Kero de m'avoir proposée ce livre bouleversant, vraiment.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
MaldororMaldoror   09 novembre 2015
Des étrangers dans notre maison. C'est épouvantable. Une famille hollandaise qui s'y installe comme si rien ne s'était passé. Ils doivent danser sur nos parquets avec leur putain de sabots.
Je ne peux pas les laisser faire. Je me le suis juré. Notre maison est sacrée, je dois la récupérer. Mais comment ?
Je peux leur faire peur, les terroriser au point de les chasser.
Alors j'y suis retournée chaque nuit. 'There Is a Light That Never Goes Out' devint mon hymne. Le rythme de la musique accélérait ma conduite. Et bien sûr, les paroles, Morrissey les chantait pour moi. "Because it´s not my home. It's their home. And I'm welcome no more. (Parce que ce n'est pas ma maison. C'est la leur. Et je ne suis plus le bienvenu.)" Je chantais à tue-tête.
Avec The Smiths et quelques vodkas, je ne restais plus assise silencieusement à l'extérieur de la maison. Je m'agrippais au portail. Il était fait de feuilles de métal, elles rebondissaient dans un bruit atroce quand je les cognais de mes points. Salut la famille hollandaise ! C'est une jolie maison, pas vrai ? On est au calme, hein ? Un gentil dimanche soir ? Je vais vous en foutre du gentil, moi. Quand j'ai entendu qu'on ouvrait la porte, je suis partie. Pour revenir dix minutes plus tard, et donner des coups de pied dans le portail. Ils doivent commencer à s'inquiéter, c'est sûr. Juste un petit pincement d'angoisse. Cela arrive chaque soir, maintenant. Un fou furieux vient secouer le portail à n'importe quelle heure de la nuit. Ça doit les contrarier. Oh, comme cette pensée me réjouissait.
Parfois je sonnais. À deux heures du matin. On dort, la petite famille ? Plus pour longtemps, je m'en charge ! Je gardais mon doigt sur la sonnette un très long moment avant que ça ne se mette en branle, là-dedans. Pas de gardien pour venir me chasser. Il doit prendre du Stilnox, comme moi. Une lumière s'allumait à l'étage, dans la chambre qui avait été celle de mes parents, alors je retournais dans la voiture et j'appuyais sur le klaxon. Parfois je baissais la vitre et je montais le son de la radio. Encore The Smiths. 'Big Mouth Strikes Again'. J'espère que vous pouvez entendre les paroles, bande de salauds ! La stéréo hurlait "by rights you should be bludgeoned in your bed (on devrait avoir le droit de vous matraquer dans votre lit)" dans notre rue paisible de Colombo.
Je rentrais en fanfaronnant, comme prise d'un vertige de joie. Je riais à gorge déployée.
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Lilou08Lilou08   13 octobre 2014
Les voix cotonneuses de mes amis et de ma famille flottaient dans la pièce. Un tremblement de terre sous la mer en Indonésie. Les plaques tectoniques s’étaient soulevées. C’était la plus grande catastrophe naturelle qui ait jamais existé. Un tsunami. Jusqu’à présent, notre tueur ne portait pas de nom. C’était la première fois que j’entendais prononcer ce mot. Ils donnaient des chiffres. Une centaine de milliers de morts, deux cent mille, un quart de million. Je restais sans réaction, recroquevillée sur ce lit. Il y aurait pu avoir un million de morts de plus, qu’est ce que j’en avais à foutre ?
Ils ne voulaient rien dire ces mots : tsunami, raz de marée. Quelque chose nous avait emportés, nous. Je ne savais pas ce que c’était alors et je ne le savais pas aujourd’hui. Comment était-il possible que toute ma famille soit morte ? Nous étions dans notre chambre d’hôtel.
Je ne peux pas vivre sans eux. Je ne peux pas. Je ne peux pas.
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Lilou08Lilou08   13 octobre 2014
Etait-ce réel ? Cette eau ? Mon esprit froissé se refusait à discerner le faux du vrai. Je préférais rester dans le flou, dans l’incertitude. Je n’ai parlé à personne, je n’ai rien demandé. Un téléphone a sonné. Personne n’est allé répondre et il a continué à sonner et à sonner. Le bruit était strident, j’aurais voulu qu’il s’arrête plutôt qu’il en me tire de ma torpeur, je voulais rester ainsi, à fixer les arbres.
Et s’ils avaient survécu ? Je ne pouvais m’empêcher d’y penser. Steve viendrait ici avec les garçons. Peut-être que quelqu’un les avait trouvés tous les trois, de la même manière qu’ils m’avaient trouvée moi.
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MaldororMaldoror   28 octobre 2015
C'est alors qu'elle a vu la vague.
"Oh, mon Dieu, la mer vient vers nous !"
Ce sont ses mots. Je me suis retournée. Cela ne m'a pas semblé si extraordinaire. Ni effrayant ou alarmant. Je ne voyais que la crête blanche d'une grosse vague.
En temps normal, on ne pouvait pas voir les vagues depuis notre chambre. On discernait à peine l'océan, un rectangle bleu s'étirant au-dessus d'un banc de sable pointu. Maintenant, la mousse s'accumulait sur le haut de la vague, elle s'approchait des hauts conifères qui se dressaient à mi-chemin entre la mer et notre chambre d'hôtel. Je me souviens que j'avais trouvé ces arbres incongrus dans un paysage fragile de buissons épineux. C'était étrange. [...]
La mousse s'est transformée en vagues. Des vagues qui bondissaient par dessus le récif, à l'autre bout de la plage. Ça n'était pas normal. La mer ne venait jamais aussi près. Les vagues ne se brisaient pas, elles ne s'affaissaient pas. Plus près. L'eau brune et grise. Brune ou grise. Des vagues par-dessus les conifères et qui se rapprochaient de notre chambre. Toutes ces vagues maintenant, chargeant, barattant. Soudain folles et furieuses. Soudain menaçantes.
"Steve, tu dois venir. Maintenant. "
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Myriam3Myriam3   20 septembre 2014
J'avais sept ans lorsque nous avons emménagé ici. Le soir de notre arrivée, mes parents avaient organisé une cérémonie Pirith pour bénir notre nouvelle maison. Pendant des heures, les moines ont chanté. J'étais assise et je regardais les petites lampes d'argile qui brûlaient autour de la mare. A l'époque, cette mare était la chose la plus fabuleuse qui soit.
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