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Critique de Pois0n


Pois0n
  25 avril 2018
Après la fantasy pure – quoique située dans un monde sortant des sentiers battus – des Murmures du Shar, revoici déjà Pierrick Derrien avec le premier tome d'une nouvelle trilogie. Cette fois, la fantasy s'accompagne d'un petit côté steampunk ajoutant un charme fou à l'ensemble. Et si le fond ne s'éloigne pas du traditionnel récit initiatique avec traversée du monde à la clé, ça reste du Pierrick Derrien : ici, le but premier des protagonistes n'est pas de sauver le monde... mais bien de remporter une course.

Avez-vous entendu parler du manga « Run Day Burst » ? Eh bien ici, l'ambiance est un peu la même : des équipes aussi improbables les unes que les autres, des véhicules qui le sont encore plus, et tout ce petit monde qui s'affronte dans un joyeux foutoir, moitié sur terre, moitié sur mer. Et si l'intrigue ne tarde pas à prendre de l'épaisseur, jamais la compétition n'est reléguée au second plan. Il faut dire qu'être retardataire est synonyme d'élimination, des fois que les pièges retors inventés par les organisateurs ne suffisent pas à évincer assez de concurrents... Bref, la Coupe des Sept Principautés, loin de ne fournir qu'une simple excuse aux pérégrinations de la petite troupe, est pour eux une fin aussi bien qu'un moyen. Car, comme l'annonçait le résumé, les choses ne tardent pas à se corser : si Naëli possède des pouvoirs étonnants, elle découvre rapidement qu'elle n'est pas la seule et que de sérieux ennuis guettent ses semblables. Le secret de ses origines n'en est pas vraiment un et Pierrick Derrien ne s'attarde pas sur les évidences, nous livrant des réponses au fur et à mesure que de nouvelles questions apparaissent, laissant ainsi des points encore complètement obscurs à la fin de ce tome. Clairement, celui-ci est un pur volume d'introduction et si l'on avance un peu, l'histoire ne fait que commencer. Naëli et les siens sont certes désormais investis d'une mission, mais leur reste à découvrir comment s'en acquitter... Bref, La Fille de l'Eau, c'est avant tout l'Aventure avec un grand A : les rebondissements s'enchaînent et si l'on en voit venir beaucoup, d'autres s'avèrent réellement imprévisibles. Avec tout ça, on ne s'ennuie pas une seule seconde : entre mystères, révélations et action, l'intérêt du lecteur est constamment relancé. Pas une seule longueur pour obscurcir l'horizon !

En parlant d'horizon, on voyage beaucoup. Oublié, l'étouffant monde souterrain de la trilogie précédente. Ici, on est dans un univers plus classique quoique très maritime, où les terres sont dispersées en petits archipels. Et cet éloignement géographique n'est pas là « juste histoire de » : les différences entre les îles traversées sont très marquées et l'on passe de la beauté majestueuse d'une cité florissante à des marais putrides, sans oublier les routes vertigineuses à flanc de falaise ni le paisible village de bord de mer. Bref, la magie d'un univers réussi et cohérent est bien présente et la dernière ville traversée nous prouve que l'auteur n'a rien perdu de son talent pour dépeindre des lieux prompts à nous coller sur le c**. Et bien sûr, le monde est peuplé de différentes ethnies qui cohabitent plus ou moins bien. Naturellement, on retrouve aussi dans ce monde fictif quelques problèmes bien réels comme les inégalités sociales, les abus des puissants, la corruption... De ce côté-là, rien de nouveau sous le soleil. L'aspect (géo) politique est là sans devenir envahissant, même s'il est quand même beaucoup question de gros sous.

Enfin, la narration et l'univers ne seraient rien sans personnages hauts en couleur, et de ce côté-là, le contrat est rempli haut la main. Si Naëli peut parfois s'avérer un brin pénible à être trop gentille, trop naïve (au point que l'on se demande parfois si la demoiselle possède la moindre once d'instinct de survie), la délurée Sayan (mécanicienne de génie au caractère impayable et dont les citations ne manquent jamais de faire sourire) et l'extraordinaire Molly (mystérieuse navigatrice) font preuve de bien plus de sagesse. … Et éclipsent complètement les deux garçons de l'équipe, Yadriel (homme-squale au passé chargé, combattant émérite) et Joan (le chef du groupe qui, pour l'instant, ne sert pas à grand-chose, mis à part se retrouver voire se mettre en danger). En tout cas, tous sont attachants et si l'on espère forcément un rapprochement entre Naëli et Joan, parfois vraiment attendrissants ensemble, les choses sont loin d'être gagnées de ce côté-là.

Bref, c'est rythmé, c'est frais, c'est dépaysant et si certaines ficelles sont assez classiques (), on se laisse facilement emporter au gré des vagues ou des cahots de la route. Alors oui, on pourra toujours arguer que certains moments () manquent vraiment d'impact ou d'émotion (voire des deux).
On pourra aussi reprocher au truc de n'être pas du tout épique, alors que c'est justement ce qui fait tout son charme. Amateurs d'heroic ou dark fantasy, passez donc votre chemin sans regret, on n'est pas là pour buter du dragon ni voir des armées s'affronter, et c'est tant mieux.

C'est donc une nouvelle fois un quasi sans faute pour l'auteur. En mettant l'objectivité au placard, ce premier tome de La Fille de l'Eau est même un énorme coup de cœur, dont l'ambiance est parvenue à me rappeler celle de mon manga favori (Full Ahead ! Coco). Tout y est, de l'originalité aux personnages qu'on ne peut qu'aimer, des contrées sublimes aux rebondissements constants, en passant par . Et ÇA, c'est carrément cool. D'où le point bonus à la note.
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