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EAN : 9782070758371
240 pages
Éditeur : Gallimard (26/04/2000)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Ce ne sont ici que figures de hasard, manières de traces, fuyantes lignes de vie, faux reflets et signes douteux que la langue en quête d'un foyer a inscrits comme par fraude et du dehors sans en faire la preuve ni en creuser le fond, taillant dans le corps obscurci de la mémoire la part la plus élémentaire - couleurs, odeurs, rumeurs -, tout ce qui respire à ciel ouvert dans la vérité d'une fable et redoute les profondeurs.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
colimasson
  13 février 2015
Récit d'une grande souffrance qui se plaît et qui s'aime encore, toujours vive à l'esprit de Louis-René des Forêts lorsqu'il essaie de la raconter et donc indiscutable en ce qui concerne la matière même du propos. Dans Ostinato, le parcours d'une vie observée sous le prisme de la différence se déploie. Louis-René des Forêts reste aussi troublé par ses souvenirs les plus anciens que par ses impressions les plus récentes. L'exercice est périlleux pour tout autobiographe rétrospectif : quel langage employer pour décrire le cheminement de décennies qui ne se sont pas données à connaître sous la même forme de pensées ?

Louis-René Des Forêts utilise une prose poétique élusive dans le fond, comme si ses confessions ne méritaient peut-être pas, après réflexion, d'être happées par l'esprit de n'importe quel lecteur avide. Pourtant, leur forme est à l'exact opposé de cette pudeur. On peut certainement être séduit par l'écriture d'Ostinato mais quant à moi, je l'ai trouvée corrompue, sans émotion, agressive à la fois vis-à-vis du lecteur qu'elle essaie de tenir à distance et de l'écrivain qu'elle met dans une position schizophrène, entre le désir de se confesser et la peur de se dévoiler.

« Toi qui ne sais rien de l'aventure de ta mort que seuls vaincus par elle nous avons à vivre sans toi côte à côte comme déjà couchés nous-mêmes dans la tombe. »
(on comprend que ce n'est rien de très gai mais c'est déférent et j'ai du mal à associer le vrai désespoir et l'opacité littéraire qui ne peut résulter, selon moi, que de deux choses : 1° une mauvaise capacité à s'exprimer ; 2° la recherche du style plaisant à outrance (la flatterie selon Platon))

Et pourtant, il est difficile de renier totalement cet Ostinato. L'édifice si fragile ne tient qu'à un fil : en disant qu'on lui trouve peu de consistance, on craindrait de le voir s'effondrer et de provoquer la mort définitive d'un écrivain qui semble être resté en sursis toute sa vie.
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coco4649
  21 décembre 2012
adulte, n'ayant pas encore refermé la porte derrière laquelle se tient impitoyable l'enfant aux yeux vifs, criant éructant, sa jeune tendre volonté imprécise mais impitoyable du refus d'être bouffé du dehors!
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Tandarica
  24 novembre 2014
Fragments ou aphorismes, notes ou proses poétiques, faux journal des vraies « couleurs, odeurs, rumeurs », poème en prose ou monologue intérieur ? Omniprésence de l'enfance dans ce monde « fragmentaire » qu'on aurait envie de citer à volonté.
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Siladola
  02 novembre 2014
Ayant enfin jeté les masques de la fiction (Les Mendiants, le Bavard, La Chambre des Enfants), l'auteur s'enfonce dans soi-même et parcourt, à mots couverts, les étapes de sa propre vie. Luisent, dans l'ombre savamment entretenue de longues phrases qui se transforment parfois en aphorismes, les figures que l'on devine de son enfance, l'éducation dans un collège religieux de Bretagne, du service militaire, pendant la "drôle de guerre", du mariage et des jours heureux au foyer, jusqu'à la perte irréparable de l'enfant. Son Requiem achevé, qui étonne par sa beauté sombre, vient "Après" : une partie du livre où le discours se replie sur lui-même. Tribut à l'époque, la fascination du langage pour le langage ? Les structuralistes vouaient un culte au signe en tant qu'élément d'un ensemble, sans voir de vérité qu'arbitraire derrière, par exemple, les mots.
Mais on approche de près la poésie. Louis-René des Forêts fréquenta, entre autres, La Tour du Pin et Yves Bonnefoy. Retentissent des échos (involontaires?) de René Char ou de Cioran dans ces sentences taillées comme des pierres vives.
Hormis l'envoûtement persistant de ces périodes mystérieuses, force est pourtant de reconnaître que des Forêts, qui s'interroge constamment sur l'issue de son entreprise à mesure qu'il continue d'écrire, devient un peu lassant. le recueil de fragments, voulu inaccompli et dont l'informité délibérée semble mettre en question toute forme, n'a pas trouvé son aboutissement. L'échec annoncé était-il donc inévitable ?
Le mode de progression de l'ouvrage est bien représenté par le motif en spirale de la couverture de l'édition Gallimard (collection L'Imaginaire). Inanité de la littérature ? Reste le sentiment d'accompagner un poète dans sa marche hésitante, et le bonheur de l'entendre sans fin.
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enmultitude
  04 mars 2009
Ostinato, ç'est un thème répétitif en musique. Là, c'est l'histoire d'une vie obstinément tournée vers l'écriture, depuis la toute petite enfance jusqu'à l'attente de la mort. A la recherche de ce qui n'existe pas encore par les mots et qui pourtant est en lui, le poète oscille entre le doute et les conseils qu'il se donne à lui-même.
Des paragraphes composés de 1 ou 2 phrases longues, les verbes sont à l'infinitif souvent.
Lecture exigeante qui demande parfois de s'arrêter, de relire.
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Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   21 décembre 2012
Que d'années à se défaire du pli, à se delester des chimères, à se décrasser des niaiseries,à rompre le cercle étouffant de la faute et du rachat, à prendre le large loin de ces tenaces mais si touchantes impostures auxquelles butent les furieux élans de l'enfance façonnée dans la cruelle chasteté et le miel du respect, et qui doit tenir sa langue en attendant que vienne l'heure où la rebellion fusera au grand jour comme germe une plante après un long hiver.
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coco4649coco4649   16 avril 2014


Les nuits de mauvais sommeil, la parole perdue, son dépôt amer. Les pages embrasées par liasses comme on se dépouille d'un habit impur.
Le coude-à-coude serré dans l'abandon au rêve d'un renouveau qui abolirait les distances.
Tout ce qui ne peut se dire qu'au moyen du silence, et la musique, cette musique des violons et des voix venues de si haut qu'on oublie qu'elles ne sont pas éternelles.
Il y a ce que nul n'a vu ni connu sauf celui qui cherche dans le tourment des mots à traduire le secret que sa mémoire lui refuse.


Mais quand le tour est joué, faut-il en appeler à l'ancienne vie, réinventer son théâtre étonnant, avec ses cris, ses sauvages blessures, ses folies et ses larmes, si c'est pour n'y faire figurer que cette seule ombre toute occupée par le souci de la mort à inscrire son nom sur un tas de déchets hors d'usage ? Vieilleries, vieilleries ! Mettez le feu au décors, réduisez ce décor en cendres, foulez cette cendre avec la même indifférence que la terre qui n'est qu'un charnier où le bruit de nos pas sonnent aussi creux que les os des morts.


― Tout cela n'est donc que fantasmagorie ! Il faut tout brûler ?
― Laissez. Le temps s'en chargera.

p.13
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coco4649coco4649   18 avril 2014
Pour qui s'absorbe dans la contemplation de son propre vide, les mots sont autant de facteurs de trouble en ce qu'ils viennent inopportunément donner consistance et du même coup mettre fin à l'état d'inanité où, délesté de leur poids, il éprouvait un sentiment d'heureuse plénitude à n'être rien, tout au plus un simple d'esprit que son cerveau fêlé eût doué d'une sorte de candeur enfantine. Mais à peine se réjouit-il d'y avoir accédé que les voilà qui réapparaissent en force pour lui imposer leurs lois, le ramener contre son gré à cette fausse clarté raisonnante dont n'a que faire un idiot, si tant est qu'on puisse se rendre tel par un décret de la volonté.

p.221-222
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coco4649coco4649   21 février 2015
La fille qui longtemps lui a plu et qu'il voyait dans un épuisement douloureux prendre le frais chaque midi sur l'appui de sa fenêtre, offrant au jeune idiot à l'affût sa superbe impudeur, le bleu catin de ses paupières, le rouge en cœur de sa bouche, un regard mangé d'ennui louchant à travers le torrent des cheveux, tout son buste hardiment dégrafé et transparent comme une paume sur le décors peint en noir de l'alcôve où, tard dans la nuit , un rire coupé de merveilleuses plaintes le jetait hors du lit pour rouler au sol, déchiré par le désir, accablé par sa misère, avec les mouvements de fureur d'une bête famélique rongeant ses barreaux.

p.69
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colimassoncolimasson   09 mars 2015
Que jamais la voix de l’enfant en lui ne se taise, qu’elle tombe comme un don du ciel offrant aux mots desséchés l’éclat de son rire, le sel de ses larmes, sa toute-puissante sauvagerie.
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Louis-René Des Forêts Une Mémoire démentielle.
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