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EAN : 9782364970403
365 pages
AM Communication des auteurs des livres (01/08/2014)
3.4/5   5 notes
Résumé :
Une petite ville de province dans les années 1970. Une famille de notables faussement aristocrates. Des parents chez qui le jeu des apparences permet de cacher bien des drames, père indifférent à ses enfants tant qu'ils ne créent pas de scandale, mère qui, après l'échec de son mariage, a rejeté toute son affection sur son cadet, Sébastien, 15 ans, qui fréquente le meilleur collège catholique de garçons de la ville. Tout est en ordre donc, jusqu'à cette messe de ren... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Sébastien et Jean-Denis sont deux adolescents, élèves d'une institution catholique , en province, dans le début de la décennie 7O. le plus âgée va être attiré et s'éprendre du petit qui succombera aussi aux charmes de l'aîné. Les parents, mis au courant, oeuvreront pour les séparer. le drame arrivera, car dans ce milieu social ( mais en serait-il différemment dans d'autres familles à cette époque ?) il est interdit d'aimer différemment .
C'est bien écrit, intéressant, mais l'histoire semble surjouée rendant invraisemblable certains passages..
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Un livre dominé par la recherche d'absolu dans tout ce que vivent ces adolescents en devenir, sur ce que cet absolu devient dans la vie adulte, un livre à lire... ABSOLUMENT.
Cela faisait longtemps qu'un livre ne m'avait pas emporté au bout de la nuit, que ses personnages ne m'avaient accompagné des jours durant après l'avoir fermé.
Je suis infiniment heureux d'être parcimonieux dans mes attributions d'étoiles et de ne garder les 5 étoiles que pour commenter un livre rare.

L'auteur évoque avec tact, subtilité et cependant intensité, les tourments de ces êtres ou bouillonnent les découvertes du sentiment amoureux, du désir, de la passion, de la sensualité, de l'envie d'absolu, de la confiance, de l'exclusivité, du partage, du bonheur d'être à deux.
L'obsession des conventions, l'incompréhension, le refus d'écoute, la maltraitance morale en sont d'autres composantes. L'influence de ces moments de l'adolescence sur la vie adulte sont un autre point fort de ce récit

La délicatesse, la subtilité commencent dès le titre, avec l'emploi du singulier dans une expression habituellement au pluriel. Il annonce parfaitement la préoccupation majeure, unique même, d'enfants lisses, parfaitement modelés et le fait que ces enfants ne pourront pas vivre leur histoire.

Au-delà de la situation évoquée dans ce récit, les thèmes abordés sont quasi universels et intemporels : l'acceptation de l'autre, l'acceptation d'une différence par rapport à soi, le poids des traditions, l'importance de l'humain.
En cela, ce roman présente une sorte d'universalité et par conséquent s'adresse à tous.

J'ai rarement mis autant de temps à rédiger une critique, ne voulant pas trop dévoiler le contenu et essayant d'être à la hauteur de la qualité de l'ouvrage.

Un livre non pas à déguster car cela n'est pas compatible avec l'intensité dramatique mais à laisser infuser en soi.
Une lecture qui ne peut laisser indifférent.

Je propose ci-dessous une critique plus détaillée et, plus loin encore, quelques citations pour illustrer mon propos.

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A la suite de cette brève critique, je vous en propose une plus détaillée. J'ai tâché de ne pas trop dévoiler le ressort du récit mais peut-être y trouverez-vous des indices susceptibles de vous dévoiler certains éléments.
A vous de décider de la lire ou pas.


Un thème pouvant apparaître comme déjà connu selon certains probablement. N'est pas Montherlant ni Peyrefitte qui veut argueront certains.
Cela est vrai mais le fait est que sur une trame apparemment commune, le traitement est différent et la référence aux deux auteurs en question est justifiée, l'auteur n'ayant pas grand chose à leur envier.

L'époque diffère, l'angle de traitement est davantage accentué sur le vécu des garçons que sur la relation elle-même, l'ingérence venant des parents et non de l'encadrement religieux. de plus, le récit se poursuit dans la vie adulte en évoquant les incidences de ces approches.

L'envie d'absolu est certainement ce qui caractérise profondément Sébastien, l'aîné de cette relation. A la différence des romans précédemment cités, c'est cette quête, ce besoin viscéral même, ce respect de l'autre, cette sincérité dans les sentiments ainsi que dans ses désirs qui le conduiront à se révéler à l'autre monde, celui des adultes. L'un des acteurs de cette relation devient alors le responsable de cette évolution non souhaitée illustrant son honnêteté morale et traduisant la force du sentiment porté à l'être aimé. Tout dans son comportement est guidé par ces principes. Lorsqu'il ose dévoiler ses sentiments à Jean-Denis, il se met en danger, ne cherchant pas des voies détournées.
Pour le cadet, Jean-Denis, ces sentiments sont juste devant lui, il ne les connait pas encore. En venant vers lui, Sébastien catalysera cet accès en l'accompagnant de ses nobles valeurs. Jean-Denis s'y retrouvera et enrichira cette relation.
Amitié, amour, tendresse, désir, sensualité, partage, joies simples composent ce qui les fait se rapprocher tant par le coeur, l'esprit que le corps, constituant un tout ne demandant qu'à devenir harmonieux, source d'épanouissement ne présageant nullement de leur cheminement adulte tout en lui donnant des bases solides.

Bien que se déroulant dans un contexte d'établissement religieux, leurs responsables n'ont qu'un rôle très mineur dans le déroulement, l'important étant la rigueur de cette philosophie dont les parents, essentiellement voire uniquement les pères, ont été imprégnés dans leur jeunesse. La destruction cette fois est le résultat de l'attitude des parents, des parents convaincus d'agir pour le bonheur de leur enfant, toujours en se référant à une certaine philosophie, sans s'interroger sur le bien-fondé de cette dernière. Nous sommes juste après 68, mais ces familles sont encore dans l'esprit des décennies précédentes. le rôle des pères consiste à transmettre une image rigoureuse et lisse. L'être humain, sa construction, l'aide à son développement n'ont pas leur place. Il existe un moule et il faut que leur progéniture entre dans ce moule, il faut qu'elle se transforme, s'adapte, même s'il faut pour cela la déformer, la maltraiter, la blesser, la détruire.
La description de cette destruction inéluctable est l'un des multiples points forts de ce roman.

L'un des autres aspects intéressant de ce roman réside dans le fait qu'il se prolonge dans la vie adulte et narre les conséquences de ce vécu, le devenir de ces passions, de ces besoins d'absolu. Il fait partager les séquelles de cette maltraitance.
De même il expose la nature du rôle initiatique et non déterminant de telles expériences. L'auteur sous l'aspect d'une simple remarque précise bien l'importance du contexte uniquement masculin. Il ne condamne ni de défend ce contexte mais il en souligne l'influence réel et évoque par conséquent la responsabilité de ceux qui ont institué ce type de fonctionnement.
A ma connaissance il n'existe pas de semblables romans sur un milieu exclusivement féminin.
De même je n'en connais pas avec une telle trame dramatique concernant un milieu mixte. il existe bien "Mourir d'aimer" pour évoquer de type d'amour mais ce qui est le ressort du drame concerne les âges et non plus les sexes.

La délicatesse, la subtilité commencent dès le titre, avec l'emploi du singulier dans une expression habituellement au pluriel. Il annonce parfaitement la préoccupation majeure, unique même, d'enfants lisses, parfaitement modelés et le fait que ces enfants ne pourront pas vivre leur histoire.

Une écriture délicate également, poétique même par moment, souple, qui reflète parfaitement ce que ressentent ces deux jeunes adolescents.
Il est alors d'autant plus dérangeant, voire choquant, de voir utilisée systématiquement la structure "malgré que", l'usage de la langue soignée exige un substantif après cette préposition. de même pour l'utilisation, à plusieurs reprises, de la structure "j'ai été + verbe", confondant un verbe d'état et un verbe d'action, fusionnant les verbes être et avoir. Ces erreurs ne sont pas de l'usage unique de cet auteur, mais au milieu d'une telle délicatesse, cela apparaît comme un énorme furoncle sur le nez de Jean-Denis.

J'ai certainement particulièrement été touché par cet écrit car il a plongé au plus profond de ma sensibilité, de mes souvenirs et a réveillé certains vécus douloureux pas nécessairement identiques dans les faits mais dans les vécus.

Un livre qui va prendre place sur ma bibliothèque virtuelle des mes coups de coeurs, cette bibliothèque que l'ion emmènerait sur une île déserte, à côté, entre autres, de "Jonathan Livingston le goéland". Des histoires a priori sans rapport amis partageant quand même cette quête d'un absolu.
Selon vos convictions, vous pourrez être emportés, mis mal ou éprouver du rejet mais cette lecture ne vous laissera pas indifférents et ne peut qu'interpeler sur notre relation à autrui.

Bonne lecture !
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L'auteur nous précise qu'il sagit d'une histoire vraie... Je ne peux toutefois m'empêcher de relever certaines similitudes avec un autre livre très célèbre : Les amitiés particulières de Roger Peyrefitte, écrit bien avant celui de Mr Desaubliaux, notamment : que cette histoire se passe dans une école religieuse de garçons, que l'émoi provoqué par un garçon ait eu lieu au cours d'une cérémonie religieuse, que l'un des deux garçons en l'occurrence le plus âgé soit de petite noblesse (même si elle est contestable), que cette histoire se termine en tragédie pour l'un deux.

Mais la comparaison la ressemblance s'arrête ici, car dans le livre de Desaubliaux, le jeune Jean-Denis a le langage châtié des gamins de son temps, celui des années 70, et qu'il n'a pas l'innocence d'Alexandre jeune héros du livre de Peyrefitte, ni celui d'André Dalio, surnommé affectueusement dédé, héros, lui, du livre d'Achille Essebac. La poésie, la délicatesse du récit s'en ressentent. Il le rend plus actuel, moins émouvant, enfin à mon sens.

Ce récit trouve un second souffle lorsque l'auteur nous raconte ce qu'il est advint du survivant plusieurs années après le drame : Devenu psychanalyste, faisant partie à son tour des notables de la même petite ville de province, marié, deux filles. Il doit s'accommoder de sa vie et composer avec son passé soigneusement dissimulé. Arrivé à un certain âge, les réminiscences de celui-ci se font plus fortes au point qu'il n'est plus en mesure de jouer son rôle d'époux et de père.

La maison familiale de son ancien condisciple et ami étant à vendre, après plusieurs années d'abandon, il finira par l'acquérir et y vivra seul, seul avec ses souvenirs qu'il finira par apprivoiser, et lorsque ceux-ci se révèleront trop forts, il les tiendra à distance à coup d'antidépresseurs. La mort seule pouvant le délivrer du poids du passé et de son secret.

J'ai pris plaisir à lire ce livre, mais ne pense pas à ce jour le relire, ayant été quelque peu déçu par les rapprochements effectués avec les deux livres précités.
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Une très belle écriture, une histoire émouvante sur l'adolescence et les premiers émois, beaucoup de puissance et de tristesse !!!!!!!!! bref pas bien gaie cette histoire gay !!!! une écriture, peut être un peu désuète pour la jeune génération, mais les descriptions et les atmosphères sont superbement rendues.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Plus le temps passe, plus je réalise combien je suis malheureux dans ma vie sentimentale. Son essence, sa source , me son t confisquées depuis si longtemps ! Cette souffrance de presque chaque instant, nourrie par de faux bonheurs, ne fait qu'augmenter ma détresse . La solitude pour seule compagne, la censure permanente de mes faits, gestes, pensées. Un bonheur bien pauvre. Je suis obligé de vivre dans une prison construite avec mes mains. Comment ne suis-je pas encore devenu fou ? J'ai peur de vieillir non pas à causez du ravage des années, mais parce que cela m'éloigne de mon enfance. Je repense souvent à cette phrase de Freud :"Etre un peu maître de soi".
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Une lutte sans merci se livre contre ses sentiments : il tente de les détruire, aboutissant au résultat inverse qui exaspère ce qu'il voudrait voir disparaître. Plus il voudrait étouffer, plus il renforce Et malgré que tout semble glisser sur lui, l'humiliation le torture sans arrêt. La forteresse d'apparence solide dissimule des failles par lesquelles des brises blessantes pénètrent facilement. Ce que certains prennent pour du mépris voire de la froideur n'est en fait que la peur qui paralyse Sébastien et l'oblige à se taire souvent malgré des opinions précises sur bien des choses.
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La jolie frimousse de Jean-Denis s'en vient harceler sa raison avec une puissance décuplée.
Vautré sur son lit, les yeux absorbés par cette flamme redoutable qui se nourrit déjà de son énergie alors que la silhouette mal apprise par sa mémoire se dilue chaque seconde, ressurgissant d'une manière fortuite avant que de se perdre une fois encore dans les flots de l'oubli.
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La présence de son fils à l'hôpital m'a donné l'envie de le voir. [...]
Malgré la force de mon désir, je résiste à la tentation car le temps, l'âge, les blessures de la vie me mettront en présence d'un homme méconnaissable. Bien pire qu'un étranger. Ayant quitté un adolescent, je me trouverai en face d'un inconnu, une sorte de traitre.
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A vouloir livrer trop de batailles à la fois, il n'arrive plus à résister sur tous les fronts. Le courage et l'entrain lui manquent. Alors, il cède sur ce qui lui semble le plus méprisable, justement tout ce qui lui tient à coeur, tandis que son énergie s'épuise à tenter de demeurer dans la moyenne.
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