AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2864324288
Éditeur : Verdier (06/01/2005)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 6 notes)
Résumé :

" Ceci n'est pas un essai. Ce n'est pas non plus un roman. Sauf à dire que la vie est roman. Alors, que ce qui se trouve ici en soit un, puisqu'il y est question de ce qu'il fut, lui, William Cuthbert Faulkner et du comté d'Yoknapatawpha où il vécut, et à ce propos, à propos de lui et de ce comté où je me souviens avoir grandi moi aussi, de deux ou trois choses que je peux me rappeler, que je vois bouger doucement d... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
coco4649coco4649   14 décembre 2016
 
 
 UNE maison.
 Un jour je me suis bâti une maison dans l'Yokna-
patawpha, et bien avant que je sache ce nom-là, si
compliqué, ni même tout à fait ce qu'était une mai-
son, je me suis bâti une maison parmi les grands
champs de coton et de maïs et les collines vertes
plantées de pins, avec le fleuve et les vieux nègres fati-
gués et les femmes qui marchaient, n'en finissaient
pas de marcher dans les grandes chaleurs de là-bas,
une maison dans les printemps, dans les étés de gly-
cine, et les tonnelles où pour quelques temps, avant
que tout ne fût que décombres, on buvait le vin sous
les treilles muscates.

p.7
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
coco4649coco4649   15 décembre 2016
 
 
  Et il avait fallu qu'une voix, unique et comme venant d'outre-tombe, lasse elle aussi et pleine d'une sourde et violente tristesse, racontant tout cela me parlât du temps comme personne jamais ne m'en avait parlé, le temps qui ne pouvait s'arrêter, qui ne s'arrêtait jamais, comme les grands fleuves fous qui emportaient tout sur leur passage, si bien qu'un jour tout était perdu, oui tout était perdu, alors on revenait dans la maison, on revenait dans le livre pour voir où et de quelle manière tout s'était défait, et la voix vous emportait à nouveau, la grande phrase qui allait vers la mer, vers la grande, sévère fin des choses. Ainsi que lui parfois qui avait cette voix et me parlait comme jamais personne encore, et qui bien après que le livre fut publié, reprenant l'histoire y revenait comme à ce que, dans une sorte d'ivresse et d’inépuisable quête, il n'aurait su quitter, rôdant autour de lieux et de créatures dont il ne pouvait se déprendre, mais aussi et surtout peut-être de la voix même qu'il avait fallu pour dire ces choses-là, car dans tout cela n'était-ce pas elle qui comptait, et non pas tant la voix qui racontait l'histoire que celle qui, nourrissant le récit, d'un même et profond ballant s'en nourrissait à son tour, sourde et profonde, et si lointaine. À ce qu'il paraît, emporté par le grand fleuve fou, il n'en finissait pas d'écrire, et rien sans doute ne pouvait faire qu'il en fût autrement, ce comté-là était trop profond, et trop déchirantes et anciennes les blessures qu'on s'y infligeait.

p17-18
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
coco4649coco4649   08 janvier 2019
 
 
…La maison dont je parle, la maison dans Yoknapa-
tawpha, est plus qu'une maison, elle est grande et tra-
gique lumière d'août mais aussi été de glycine où l'on
tue, où l'on ne peut que tuer ceux que l'on aime,
radieuse aube de Noël sur les routes et les chemins
brillants de gel, quand sur ses chevaux lancés au
galop l'on fuit le malheur qui arrive, elle est interdic-
tion et saisons où l'on naît pour mourir, elle est mort
aimée plus qu'aimée, et solitude si profonde qu'on
n'en connaît guère de semblable. Cette maison là je
la sens autour de moi. Avec peu de chose, peu de
pages – à peine si je dépasse la centième – je la
fabrique, portes, toit et fenêtres, allées profondes
bordées de chênes et de roses blanches, parmi les
anciens domaines et les vieux champs rongés de
bruyères et de sassafras. J'y reviens et rôde tout
autour. Je reviens au livre inachevé, à la maison
grande ouverte comme à ce qui tourmente, et puis
un jour, je n'ai guère plus de vingt ans, je demande
qu'on relie de sombre ce livre-là que je n'achève pas
et qui parle, n'en finit pas de parler de grande
éblouissante lumière d'août, et de ce que sont des
lumières pareilles quand autour de vous plus rien ne
va. …

p.71-72
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
coco4649coco4649   08 janvier 2019
 
 
Qu'on lui donne une couverture noire avec au
dos, en lettres d'or sur carré de cuir rouge, son titre
et le nom de celui qui l'a écrit dont je n'ai toujours
rien lu d'autre, ce livre au mauvais papier jauni et
couvert de taches des années quarante qui ne m'ap-
partient même pas, ne m'a jamais appartenu, sur la
page de garde c'est un autre nom que le mien qui
figure, et le lieu, la date, Bordeaux 1952, de la lecture
qu'en a faite celui qui porte ce nom-là, si bien que
sur les étagères de la bibliothèque, et de très loin, on
ne voit que le livre et le noir de sa toile, de maison
obscure et invisitée, on ne voit que cela, comme un
signe, un rappel de ce qui ne peut s'oublier et encore
moins se savoir. Et je me dis bien que ce noir-là ne
signifie rien de bon, qu'il a à voir avec le triste et
l'obscur, et ces choses dont on ne veut pas ou ne veut
plus entendre parler….

p.72-73
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
coco4649coco4649   15 décembre 2016
 
 
      Oublier les livres, écrits, non écrits, qui par-
lent de la grande sournoise fin des choses, et jusqu’au
noir dont il faut les couvrir. Oublier même ce que
c’est qu’oublier.

p.79
Commenter  J’apprécie          10
Video de Michèle Desbordes (2) Voir plusAjouter une vidéo

Ecrits intimes : Michèle Desbordes : La Robe bleue
Olivier BARROT présente "La Robe bleue", de Michèle DESBORDES. Elle y relate l'ascension et la chute de Camille Claudel.Lecture d'un passage du livre par Jacques BONNAFFE.Musique classique en fonds sonore (non identifiée)Lieu de tournage : Cabourg, Calvados
autres livres classés : romanVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
428 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre