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EAN : 9782847203936
215 pages
Gaïa (12/03/2014)
4/5   7 notes
Résumé :
Des médailles militaires oubliées au fond d’un tiroir, ou des douilles d’obus ouvragées sur le manteau d’une cheminée, des boîtes à chaussures emplies de lettres et de visages de jeunes soldats sur lesquels on ne sait plus mettre un nom. Voilà l’écho, souvent, de la Grande Guerre.
Limon, ce sont des nouvelles qui viennent porter notre regard sur le conflit de 1914-1918 sous un éclairage diffracté, comme à travers un verre brisé, pour rendre hommage à ces hom... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Une évocation saisissante de la Grande Guerre au travers de cinq nouvelles :
qui apportent chacune un éclairage différend sur le quotidien de paysans partis au front et celui de leurs familles restées dans les fermes.
Qu'il s'agisse des veuves messagères du malheur, ces "anges noirs" annonçant la mort d'un fils, d'un époux ou d'un frère, qu'il s'agisse du déshonneur d'un officier antisémite et meurtrier, du lien qui unit les paysans à la terre, ou du souvenir des soldats martyrs qui reviennent hanter les vivants, Didier Desbrugeres livre ici des textes extrêmement touchants qui rappellent avec force ces jeunes paysans viscéralement attachés à leur terre et partis comme chair à canon laissant derrière eux leur ferme, leur femme et leurs enfants et pour toujours, leur jeunesse et souvent leur vie.
Au milieu de tous les romans et textes sortis cette année 2014 en commémoration de la Grande Guerre, Limon m'a particulièrement émue.
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Un recueil de cinq nouvelles qui propose une vision particulière de la Première Guerre mondiale. Il n'est pas tant question ici d'assauts et de combats, mais plutôt du quotidien des soldats mais aussi des populations à l'arrière : ces femmes seules, ou veuves vêtues de noir, s'occupant seules de la ferme et des travaux agricoles ; ces familles qui ont eu le temps de se faire à l'idée de la mort après plusieurs jours sans courrier déposé par le facteur ; ce personnage qui, plus de trente années après les combats, ne voit que les traces du passé, ne pense qu'aux morts à en négliger les vivants... C'est c'est la guerre intime vécue au plus profond des êtres.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Tu vois, autrefois j'croyais que c'était le devoir des vivants de rester au chevet des morts, mais c'est le contraire. Ici, ce sont eux qui vous veillent. Je crois même qu'ils nous plaignent. Car, non seulement ils savent ce qui nous attend de l'autre côté, mais il y a pire encore, ce que la guerre a fait de nous. Tantôt du bétail qu'on conduit à l'abattoir, les jambes qui flageolent de trouille à guetter l'obus qu'est pour toi. Tu l'entends partir, il s'ramène, au bruit tu sais pour qui c'est : derrière, à gauche, à droite, puis miaule celui qui porte ton nom. Tu t'fais tout petit. Tu sais qu'tu vas être pulvérisé, ton cœur, on dirait qu'il va éclater. Ca craque, il pleut des cailloux. T'es vivant, et tu ne peux pas te l'expliquer. Tantôt, c'est ton tour d'être le boucher, tu ne te reconnais plus. Tu saignes des hommes à la baïonnette, tu as la tête pleine du tac-tac des moulins à café, l'odeur de la graisse chaude te rentre dans les narines, tu vas à l'aveugle dans les fumées, et boum-boum, ça saute, ça tombe, c'est un massacre.
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Car mourir sur le champ de bataille, c'est mourir comme une bête. C'est agoniser seul, sans le réconfort d'une présence amie, avec pour entourage rien que l'effroi et la souffrance qui se disputent les ultimes lueurs de conscience. C'est supplier vainement de l'aide au milieu d'un vacarme à briser les oreilles, sans se rendre compte de l'inutilité de ses cris. C'est encore éprouver le froid glacial de la boue contre sa joue, sous son ventre, qui graduellement pénètre le corps. S'est sentir l'air se refuser à ses poumons, son sang s'écouler en emportant la vie, ce bien si précieux. C'est enfin ne déjà plus faire partie de la communauté des vivants mais espérer, contre toute raison, une illusoire faveur du destin.
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Les hommes qui avaient attaqué là, sous ses yeux, et tout le long de ce plateau, étaient des rescapés de la Somme, des Eparges, de la Côte du Poivre, des Hurlus, de tous ces lieux dont les noms peuplaient les livres d'histoire. Ils avaient reçu le renfort de novices, des bleuets de la classe 17, craintifs et curieux avec des visages tout juste sortis de l'enfance. Et on les avait jetés dans cette bataille formidable, entamée à six heures et perdue à sept.
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N'y avait-il personne pour s'apercevoir de leurs souffrances et de la manière dont ils vivaient et mouraient, parmi ces messieurs en chapeau mordus de percées, d'offensives, de contre-attaques, tandis que, brisés, martyrs oubliés, les poilus dans leurs trous disaient : "Vivement la paix !"
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