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ISBN : 2954876700
Éditeur : Le cercle la boetie (30/11/-1)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Dimitri habite l'une des vastes zones urbaines du continent principal, la Zone Contoyenne. A l'instar de l'ensemble de ses congénères, l'essentiel de son activité est tourné vers la consommation et le loisir. Dans ce monde où le travail n'existe pas, le citoyen parfait est celui qui dépense l'intégralité de son allocation mensuelle à chaque fin de mois. C'est en faisant la connaissance de Simon que Dimitri va découvrir la part du Mal en ce monde sans guerre ni misèr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Marcoskoff
  15 septembre 2016


Pour cette petite reprise, je vais vous parler de CONTOYEN, de Philippe Deschemin, aux éditions Cercle la Boétie.
L'objet est curieux, tout en noir et blanc avec une couverture sombre et très peu révélatrice. Ce qui ne peut que donner envie à un curieux comme moi d'aller plus loin.
Je plonge donc.
Je vais commencer par vous parler de ce que j'ai le moins aimé. Vous conviendrez que cela n'engage que moi. Je déteste le style "auteur complice qui sait déjà tout" ; vous savez, quand on vous préviens que les choses vont changer, souvent en pire, ou que les allusions pleuvent sur la situation finale.
Ça me rappelle toujours quelques expériences malheureuses de ma jeunesse : les matchs de foot en différé sur la Une dans les années 70. Il me souvient plus particulièrement d'une rencontre avec le Dynamo de Kiev (j'ai des origines ukrainiennes). le commentateur n'arrêtait pas de farcir son commentaires de "mais vous allez voir, ça va bien changer" ou pire des "Oleg Blokine va finir par marquer son but". Certains, comme mon père à cette époque, ne sont pas dérangés. Toujours est-il que cette façon de faire est désormais révolue.
Tout ça pour dire que j'ai trouvé le style un poil poussiéreux, bien que cela colle parfaitement à l'histoire qui nous est proposée.
Nous sommes dans un futur proche, pas plus d'une ou deux générations, l'humanité est partagée en zones mais surtout en trois classes : les "Protoyens", forçats prolétaires, extracteurs des matières premières et fabricant tout ce dont ont besoin les autres classes ; les "Contoyens", citoyens modèles tant qu'ils consomment jusqu'au dernier sou alloué, sans la moindre obligation de travailler ; enfin, restent les classiques "architectes", ceux qui tirent toutes les ficelles et qui profitent du systeme. On ne sait d'ailleurs pas par quel mécanisme exact ils arrivent à engranger des richesses en offrant un vie sans labeur aux Contoyens. Est-ce important ? Non.
Beaucoup d'éléments semblent survolés, mais l'auteur est journaliste, il sait distiller des indices et des détails pour alimenter sa pensée. Sa philosophie. Car il faut bien sûr prendre ce court récit pour un conte. Une fable.
Il n'y a ni corbeau, ni renard, ni laboureur mais on peut "cataloguer" sans mal chaque acteur de ce roman. Sans qu'un seul instant on ne vire au manichéisme. C'est d'ailleurs une des forces du roman.
C'est aussi une oeuvre de politique fiction ou de spéculative fiction. Ce qui explique le manque total de romance. On est dans le réel, dans la noirceur de la vie dont ne peut se défaire le héros contoyen. D'ailleurs, à ce titre, la fin peut sembler abrupte à qui n'a pas compris cela.
Cette noirceur empêchant tout romantisme est particulièrement exprimée dans une scène d'adieu qui devrait en glacer plus d'un.
Si l'ensemble est relativement linéaire (encore ce souci de vraisemblance) il y a quand même quelques fausses pistes qui permettent de laisser vagabonder l'esprit du lecteur. Sans qu'il puisse s'attacher à telle situation ou tel personnage. Car, c'est la stupidité, la rigueur et le rouleau compresseur de la réalité qui s'imposent. Une remarque, un regard, un sac oublié peuvent avoir des conséquences irrémédiables et instantanées.
Et l'histoire en elle-même me direz-vous ?
Et bien nous avons un de ces Contoyens, moins abruti que les autres par la consommation, plus intelligent qui commence à se poser des questions sur le simple sens de sa vie. Est-ce une vie de n'avoir pour seul souci de dépenser toute son allocation, chaque mois, car le système ne permet pas l'épargne ? Il y a bien la nécessité d'être vigilent, de faire attention, car de mauvais consommateurs disparaissent ou se retrouvent en bordure de zone : le début de la fin. Mais est-ce suffisant pour alimenter le besoin d'aventure ou juste de sens ?
Dimitri, notre héros, va rencontrer ce qu'il espère être un destin en la personne de David, un rebelle qui l'initie à la réalité du monde.
Autant dire que le chemin sera parsemé d'embûches.
Alors ? En résumé ?
En résumé, on peut investir quelques pièces dans l'achat de cet opus. Il Se lit très rapidement et ne peut que mener à la réflexion. J'ai déjà parlé du style, qui peut faire penser à Barjavel comme il est dit en 4 de couv ; il y a un vrai rythme, dû à un sens de l'ellipse consommé et à de très courts chapitres.
Bref... Je n'ai pas regretté une seconde de l'avoir ouvert. Il m'a certes laissé un petit goût de "pas assez", ne pouvant m'empêcher de penser que l'ensemble aurait pu être plus épais, sur plusieurs angles de vues par exemple. Je suivrais tout de même volontiers auteur et éditeur.
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Charybde2
  19 mai 2014
Un curieux conte philosophique de la consommation-reine et de la résistance bien délicate.
Désormais sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/05/19/note-de-lecture-contoyen-philippe-deschemin/
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cramain
  27 mai 2014
Contoyen est un livre essentiel, un roman d'anticipation sociale qui met en évidence les dérives de nos sociétés occidentales. Philippe Deschemin nous livre une critique acerbe d'un monde dépourvu de sens via l'histoire captivante de Dimitri, un consommateur noyé dans la masse qui va partir à l'assaut d'un monde un peu trop parfait pour être supportable. Une réussite.
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etienne1986
  15 novembre 2015
Un excellent roman. En plus d'être brillamment écrit, le texte aborde un sujet hautement d'actualité : notre rapport à la consommation qui, en occident, est devenu un moyen de production de richesse.
Et pour bien consommer, il faut être extrêmement conditionné !
L'auteur a parfaitement su inscrire sa réflexion dans le sillage d'auteur comme Orwell, Barjavel, Huxley tout en tenant compte des problématiques de notre époque. Et oui, notre 3eme millénaire est très loin des années 40 d'Orwell.
Les personnages sont attachant, le texte est poétique et romanesque à la fois. On passe un excellent moment !
Vivement la suite !
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CharlotteW
  25 novembre 2015
Contoyen est un étrange roman. Pas vraiment SF mais plutôt anticipation. L'atmosphère y est troublante.
Comme le dit le philosophe Yvon Quiniou dans son excellente chronique du livre : « Atmosphère étrange, fond de désespoir maitrisé, souci du « monde », obscurité existentielle mais qui n'est pas du pur négativisme… Des noms comme Pavese ou le Sartre de la Nausée me viennent à l'esprit » , en effet même si l'ambiance semble pessimiste, Dimitri est plutôt torturé comme personnage, il n'y a pas de négativisme. On récent en effet une atmosphère camusienne ( L'Étranger) , j ai aussi pensée à Moins que zéro de Brett Easton Ellis. Les dialogues sont au top, et le propos nous pousse à réfléchir. Comment ne pas identifier l'occident à la Zone contoyenne et le tiers monde à la Zone protoyenne ?
A lire !

Lien : https://blogs.mediapart.fr/y..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   19 mai 2014
Nous vivions dans une société où l’individualisme régnait en maître. La satisfaction des besoins personnels était la seule chose qui avait de l’importance à nos yeux. Et pour cause, les seules choses dont nous avions connaissance étaient nos désirs et nos besoins. Il était donc aisé pour ces derniers de grimper au sommet de l’échelle de nos préoccupations. Malgré cela, régulièrement nous nous réunissions comme ce midi. Là, je rejoignis un groupe d’habitants du quartier dans une cantine. Hier c’était dans une gigantesque soirée beuverie-orgie que nos individualismes communiaient. Nous étions à l’image de ce monde, un paradoxe vivant. Il était possible de nous résumer comme ceci : "Il n’y a que mon être qui compte, mais j’ai besoin de voir les autres, régulièrement, et me fondre dans une masse dont j’ai besoin de me différencier constamment." Notre génération n’était que non-sens, notre monde absolument stupide.
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cramain323cramain323   11 novembre 2015
« En quoi consiste votre groupe ? »
Alfred me regardait avec étonnement, circonspect il me lança:
« Comment ça?
- Que faites-vous? Quels sont vos moyens de résistance? Quelles sont les actions que vous menez pour enrayer le pouvoir, pour changer les choses… »
Je marquai un temps d'arrêt avant de finir.
« ... nuire ... »
Alfred me dévisagea un instant et rétorqua:
« Nous existons. »
Je ne pus dissimuler un sourire narquois.
« Qu’y a-t-il de drôle Dimitri?
- Exister, est-ce que c'est assez? »
+ Lire la suite
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CharlotteWCharlotteW   28 novembre 2015
Consommer, se taire et mourir. Atteindre le soir de sa vie sans même soupçonner que notre destin était tracé d'avance et que chacun de nos choix nous était imposé de manière perverse et indirecte tout en maintenant l'illusion du libre arbitre. L'entière perfection du système reposait sur cette habilité du pouvoir à nous orienter sans que nous en ayons conscience. Nous étions des artisans au service d'un noir dessein. Les instruments d'un mal absolu qui, en plus d'avoir fait de nous, ici même, dans cette zone, des êtres servilement mécaniques et sans libre arbitre, avaient réduit en esclavage une partie entière de la population du globe dans de vastes usines produisant nos inutiles et innombrables biens de consommation.
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etienne1986etienne1986   15 novembre 2015
La vie ici ne m'avait enrichi d'aucune expérience. J'avais toujours vécu de la sorte, parmi ces gens qui m'entourent ce midi avec comme unique objectif et perspective : finir et jouir de notre allocation chaque mois. Dieu sait que pour cela nous étions bons, endoctrinés depuis notre enfance. De vraies machines, l'excellence incarnée. Pour le reste nous ne valions rien, nous n'étions pas grand chose. Le vide et l'absence au fond du cœur.
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bibliobleuebibliobleue   19 novembre 2014
Pour ceux qui sont certainement déjà en Zone contoyenne, prêt à attaquer, on ne peut rien. On ne peut plus les arrêter. il va falloir se faire à l'idée que certains de tes camarades vont mourir.
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Vidéo de Philippe Deschemin
Entretien avec Philippe Deschemin, auteur de Contoyen. Il est question de la mort du capitalisme, de l’avènement du consumérisme, du revenu de base comme nouvelle aliénation, des monnaies locales comme leurre émancipateur, du plébéisme et des Contoyens
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