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EAN : 9782491241483
150 pages
Éditeur : FAUBOURG (21/01/2021)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 7 notes)
Résumé :
En signant un viager pour revendre sa pension en échange du gîte et du couvert, Ninon Moinot a commis une grosse erreur. Confinée sur un porte-conteneurs, elle cherche à dénoncer ce contrat frauduleux mais le financier Félix de Cuïus se réfugie dans les paradis fiscaux. Elle débloque la situation grâce à ses lettres.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  08 février 2021
«La concierge est en mer»
Renouvelant le genre du roman épistolaire, Magali Desclozeaux nous propose l'échange de lettres entre une ex-concierge qui vogue désormais sur un porte-conteneurs et divers correspondants censés l'aider à résilier son bail. Dépaysant!
Ça ne pouvait guère finir autrement. Un immeuble parisien qui se vide de ses habitants n'a plus besoin de concierge. D'autant qu'il va être transformé en parking. Alors, après avoir entretenu durant quelques mois le bâtiment désert, Ninon Moinot a dû rendre son tablier.
Mais plus surprenant, elle a échangé sa loge de 18 m2 contre un nouvel espace de 12m2: elle vit désormais dans le conteneur n°124328 sur le Ship Flowers l'un de ces immenses cargos qui parcourent les océans, transportant des marchandises d'un continent à l'autre. Dans sa seule valise elle a emporté ses économies - les étrennes accumulées au fil des années - ses sabots d'infirmière aux semelles antidérapantes et son thermos de café.
Elle a accepté la proposition de de Cuïus, le propriétaire de son immeuble, qui ne donne plus signe de vie depuis plusieurs semaines. Ce qui est très contrariant puisqu'elle souhaite résilier son bail. Elle s'adresse aussi à l'administration qui n'a rien changé de ses habitudes ubuesques, à une conseillère qui va s'avérer sénile et, en désespoir de cause, à un jardinier avec lequel elle ne pense que pouvoir relater son expérience avortée de faire pousser une plante sur son porte-conteneur. Ce dernier, Aimé Cosat, va s'avérer être son allié le plus précieux. Outre le fait qu'avec Ninon il voyage par procuration, il ne va pas renoncer à retrouver de Cuïus ou ses héritiers. Complétons la liste des correspondants de la passagère du Ship Flowers avec l'ancienne cuisinière qui, tout comme Ninon, a l'impression de s'être faite «enfumée» en confiant ses biens à la société financière gérée par leur ex-patron. Elle envisage même de la rejoindre sur le Ship Flowers qui pourrait recourir à ses talents. Un projet qui ne se concrétisera pas. D'autant qu'à la suite d'une erreur de manutention son conteneur est débarqué en plein désert.
Et même si tout finira par s'arranger, Ninon Moinot décide qu'après plus de trois années en mer, il est temps de retrouver la terre ferme. «Je n'en peux plus, les os rouillés, les articulations grippées, je peine à aller de l'avant. Rien de grave à ça, je n'ai pas d'issue à mon avenir. J'ai choisi d'embarquer autour du monde. Ça m'a fait rêver. Passée la deuxième année, le rêve a viré. Ça arrive. Il faut savoir perdre. J'ai entamé le dernier tour de piste de la boîte à chaussures. La tournée d'adieu de Lady Shrimp. Dans moins de 77 jours maintenant, je quitterai la scène.»
Un projet que les aléas de la navigation mais plus encore les fils tissés par le commanditaire du bateau vont venir contrarier. de nouvelles surprises et quelques rebondissements l'attendent avant la fin de son Odyssée.
Magali Desclozeaux, en renouvelant le genre du roman épistolaire, joue avec ce temps qui s'étire très différemment sur un porte-conteneur et nous démontre les effets d'un très long confinement. Quand par exemple, il empêche de voir les gens, quand l'attente des informations vire à l'obsession et, lorsqu'elles arrivent, ont déjà été périmées par un nouvel événement. Sans parler des vagabondages de l'esprit, propre à imaginer des choses, à combler les vides. Bien entendu, toute ressemblance avec une situation du même ordre infligée au lecteur ne saurait être que fortuite!

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Commenter  J’apprécie          350
mylena
  03 février 2021
Une bouffée d'oxygène, un petit bijou d'humour. Ce court roman épistolaire arrive à nous faire sourire de tous les travers de la financiarisation de l'économie. Parfois c'est grinçant, triste à pleurer, mais c'est juste un nuage, Ninon Moinot et Aimé Cosat ne se laissent pas démonter, ils ne sont pas d'une nature pessimiste et retombent sur leurs pattes. C'est une jolie fable jubilatoire sur les réalités de notre monde contemporain, impertinente sur les paradis fiscaux et les magouilles financières, et néanmoins empreinte de poésie et de légèreté. C'est drôle, facile à lire. Merci à Magali Desclozeaux d'avoir eu cette idée loufoque d'un contrat d'échange d'une pension de retraite contre un hébergement dans un conteneur (embarqué bien sûr sur un porte-conteneur).
Commenter  J’apprécie          60
pilyen
  21 janvier 2021
Vous en avez marre de ces romans français nombrilistes qui à coup d'autoportraits avec père ( ou mère) , de violences familiales ou de cafard post passion qui tentent de nous divertir? Ou de ceux qui, tout en étreignant la misère du monde essaient de nous éveiller ( tout en lorgnant parfois sur le tiroir caisse)? Vous êtes de ceux qui disent que vraiment ces auteurs français n'ont guère d'imagination et nous servent depuis des dizaines d'années la même soupe, quelquefois un peu goûteuse, mais dont on cherche vainement l'originalité du regard ou de l'écriture ou de l'histoire ? Alors, essayez, achetez, plongez-vous dans ce troisième roman de Magali Desclozeaux, vous ferez un étonnant et totalement dingue voyage.
Pour bien cerner l'ouvrage, et ne pas vous prendre en défaut, il s'agit d'un roman épistolaire. Les expéditeurs, les destinataires, ont pour noms Capucine Liseron, Prune Noisette, Côme Rupin, Isilde Morneplène, ... assurément des personnages de fantaisie... pour une réalité pourtant bien actuelle. Tous échangent avec (ou parlent à leurs correspondants de) Ninon Moinot, concierge à la retraite et désormais logée gracieusement en échange de sa pension dans un conteneur embarqué sur un porte-conteneurs. La situation, peu banale, empreinte de voyage et d'esprit du grand large, va petit à petit, laisser apparaître une réalité beaucoup plus complexe, littérairement ultra maîtrisée, joyeux mélange d'une douce dinguerie à la fois poétique, politique et impertinente. Si le but premier de ce roman est de nous divertir avec brio et originalité, le but second, bien réel, et n'est rien moins qu'une fable acide et empreinte d'humour noir sur les paradis fiscaux et les magouilles financières off shore. Rassurez-vous, rien d'ardu à la lecture, même si l'opacité de ces placements font partie du jeu. Comme quoi, on peut parler de sujets sérieux et actuels avec grande virtuosité et surtout sans une once d'ennui.
Ce roman se pose d'emblée comme une réelle pépite que l'on a envie de partager. Les lettres sont parfois courtes, mais chaque mot, chaque notule a son importance, arrive même à nous faire voyager, à nous émouvoir. Magali Desclozeaux grâce à son imagination débordante, stimule la notre, mélange les grands espaces marins avec l'espace confiné du conteneur pour faire jaillir une histoire étonnante, à la fois drôle et émouvante. du grand art !

Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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Zalie
  26 février 2021
Merci à Babélio et aux éditions du Faubourg de m'avoir envoyé ce roman dans le cadre d'une opération Masse critique. Et pour être d'emblée très claire, c'est un roman vers lequel je ne serai pas du tout allée s'il ne m'avait été gracieusement envoyé. Cela aurait été dommage car j'ai découvert ici la plume d'un auteur que je ne connaissais pas du tout. Une loge en mer est un roman original. de par son thème évidemment, mais aussi de par la mise en place de l'histoire qui se fait petit à petit, l'air de rien. Je suis incapable de dire si j'ai aimé ou pas ce roman, mais je peux affirmer que je suis allée au bout sans difficulté. J'avais envie de savoir où Magali Desclozeaux voulait nous amener, je l'ai donc suivie dans son récit, sans déplaisir aucun. Mais je ne cache pas que je ne me suis pas attachée aux personnages. Je pense que le côté "épistolaire" en est responsable. Pour autant, ce fut un bon moment de lecture. Merci donc !
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Cyrielle1703
  04 février 2021
Je viens de refermer ce roman reçu dans le cadre de Masse Critique.
Je suis désolée mais je suis totalement passée à côté. Pourtant amatrice de roman épistolaire le sujet m'a totalement perdu. Heureusement qu'il se lit vite.
Je ne comprenais pas les 3/4 des courriers. Je n'ai été touchée par l'histoire de Ninon et sa quête.
Je ne critique en rien le travail de l'autrice je pense simplement que ce roman était trop loufoque pour moi.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   08 février 2021
Île de Malte, Je 16 janvier 2017

Monsieur Maître Carré,

Vous me trouvez bouleversée par votre lettre.
Je m’apprêtais à envoyer un courrier à Aimé Cosat. Vous m’apprenez qu’il est mort.
Il m'avait bien dit prendre des cachets qui l'assommaient, mais de là à comprendre qu'il vivait ses derniers jours, il y a un pas que je ne pouvais franchir.
Débarquée à Malte dans un camp de transit, j'attends mes papiers après avoir déclaré la perte de mon passeport resté sur le lieu de mon ancienne résidence, le Ship Flowers. Je vous envoie le duplicata remis par les autorités. Suffira-t-il à justifier de mon existence?
Monsieur Cosat m'avait confié qu'il était jardinier et habitait dans une chambre de bonne. De lui, j’en sais à peine plus. Sauriez-vous m'éclairer sur ce que vous nommez gratification?

Avec mes remerciements

Ninon Moinot p. 97
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hcdahlemhcdahlem   08 février 2021
Paris, le 21 mai 2015

Chère Madame,
Il suffit de l’indiquer sur un papier libre placé dans votre portefeuille.
Salutations distinguées.
ppe Prune Noisette
[Signature illisible]

en mer Rouge, un jour d’été*


Chère Madame,

En ce qui me concerne, ce sera dans un porte-monnaie à soufflets.
Mon portefeuille qui contenait ma carte senior, mes bons de réduction et mes tickets de métro, inutiles sur un porte-conteneurs, est resté à terre.
Quand on quitte une loge de 18 m2 sous le coup d’un avis d’expulsion pour venir s’établir dans une boîte de 12, mieux vaut partir léger.
J’ai appliqué une méthode simple afin d’y arriver, j’ai imaginé que j’étais payée par l’huissier pour emporter toutes mes affaires à la déchetterie et j’ai fait en sorte que la facture soit salée.
À part mes sabots d’infirmière aux semelles antidérapantes et mon thermos de café, j’ai transigé sur tout le reste et ça a été vite plié.
Résultat : une seule valise dans laquelle n’entrait pas mon sac à malice, le sac de sel à répandre devant la porte cochère de l’immeuble en cas de gelée où je cachais les étrennes offertes au fil des ans par mon petit monde avant qu’il ne soit expulsé lui aussi.
Je l’ai vidé sur les tommettes rouges de ma loge, traînée de cristaux couleur cendre, et sou après sou, j’ai rassemblé mes économies.
Un mince pécule confié à la Poste qui m’a proposé de le placer sur un livret de développement durable qui, en dépit de son appellation, n’est pas un livret mais une carte plastifiée. Lors de mes passages à Fos, si nécessaire, je retire quelques euros que j’échange à la buvette du Seamen’s club qui là aussi, en dépit de son appellation, n’est pas un club mais un foyer d’accueil pour les marins en escale.

Dentifrice, savon, mousse à raser, chips aux oignons, chips à la moutarde, chips au miel, vin blanc maltais ou bières, le tour de l’épicerie du château est vite fait et les prix ronds: de 1 à 3 dollars. Le cantinier n'a pas de caisse et il exige l'appoint.

Mais si je n'ai plus l'usage d'un portefeuille, je suis présente, en revanche, dans celui du De Cuïus.

Lorsque je reçus le contrat de pension viagère à signer, un billet l'accompagnait: «Merci, chère Ninon, grâce à vous, j’achève pleinement de diversifier mon portefeuille,» Me savoir dans son portefeuille me rassura, c'était le signe que j’avais de la valeur.
Et puisque je vaux quelque chose, n'est-ce pas là une marge de manœuvre pour tenter, à défaut de l'annuler, de renégocier mon contrat ? Qu'en pensez-vous ?
Je sais. J’avais dit ne plus vous demander conseil. Veuillez accepter que je me dédise en vous saluant.

Bien à vous
Ninon Moinot »
+ Lire la suite
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hcdahlemhcdahlem   08 février 2021
Paris, le 28 janvier 2015

Chère Madame,

À ma connaissance, un contrat viager ne peut être cassé.

Salutations distinguées.
ppe Prune Noisette
[Signature illisible]

en mer de Chine, un jour de printemps*

Chère Madame Noisette,

Merci pour votre réponse dont je reconnais qu’elle m’a fichue à plat.
Ainsi donc, je mourrai là où je loge.
Dans une boîte.
Cela s’est imposé à moi alors qu’à l’aube, depuis le minuscule balcon sur lequel donne mon conteneur placé en bout de rangée avec une paroi à pic au-dessus de la mer, je guettais l’apparition du soleil.
Lorsqu’il se lève sur ma gauche et que la nuit précédente, nous avons largué les amarres dans un port greffé sur le désert, je sais que nous avons mis le cap sur l’Asie.
Et j’aurai beau attendre midi, un soleil à l’aplomb du radar qui coiffe le château et espérer une journée sans brume, jamais je ne parviendrai ne serait-ce qu’à deviner ce qui se trouve à bâbord. Un porte-conteneurs ne fait pas de cabotage et ses occupants ont ainsi toute latitude, comme moi aujourd’hui, pour imaginer un lent déroulé de plages sablonneuses. Il sera long et avant qu’il ne soit interrompu par une nouvelle escale, il faudra compter au moins six jours. Plus qu’il n’en faut pour mourir d’un arrêt du cœur, ce que je me souhaite et qui m’amène à solliciter un ultime conseil.
En cas de décès, j’aimerais être inhumée selon les coutumes du pays au large duquel il adviendra. Comme, par exemple, le bûcher en Inde. À qui dois-je adresser cette requête afin qu’elle soit exaucée ?

Très cordialement,
Ninon Moinot
*Cachet de Xiamen, 6 mai 2015.
+ Lire la suite
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hcdahlemhcdahlem   08 février 2021
INCIPIT
La Boucle

en mer Méditerranée, un jour d’hiver*

Chère Madame Noisette,
Il me souvient avoir lu la mention « conseil » sur une plaque en cuivre à votre nom, apposée à gauche de la porte cochère du 6 rue de la Corderie.
Ancienne gardienne de l’immeuble situé au 5 de cette même rue, je vous écris dans l’espoir que vous saurez m’indiquer la marche à suivre.
J’aimerais quitter la mer où je demeure depuis bientôt deux ans et demi or pour cela, il me faut rompre le contrat de pension viagère signé avec Félix De Cuïus.
En échange de ma retraite, il me garantit le gîte sous forme d’un conteneur embarqué sur un porte-conteneurs, avec douche et toilettes au château, et le couvert sous forme d’une collation et de deux repas par jour servis à la table du petit personnel navigant.
Comme vous le voyez, ma situation est simple : je cherche à rendre son gîte et son couvert au De Cuïus afin qu’en retour, il fasse établir le versement de ma retraite non plus sur un compte bancaire à son nom, mais au mien.
Mes courriers envoyés à la boîte postale 3210 à Nassau, Bahamas, étant restés lettre morte, je me permets de vous demander conseil sur ce point : selon vous, quelle est la démarche à suivre pour annuler un contrat de pension viagère signé par deux parties dont l’une ne répond plus ?

Bien cordialement,
Ninon Moinot

Ship Flowers
Conteneur nº 124328
c/o Seamen’s club
allée des Pins
13270 Fos-sur-Mer, France
*Cachet de la poste illisible.
+ Lire la suite
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hcdahlemhcdahlem   08 février 2021
Qu'importe, cela n'en sera pas moins ma dernière boucle. Je n'en peux plus, les os rouillés, les articulations grippées, je peine à aller de l'avant. Rien de grave à ça, je n'ai pas d'issue à mon avenir. J'ai choisi d'embarquer autour du monde. Ça m’a fait rêver. Passée la deuxième année, le rêve a viré. Ça arrive. Il faut savoir perdre. J'ai entamé le dernier tour de piste de la boîte à chaussures. La tournée d'adieu de Lady Shrimp. Dans moins de 77 jours maintenant, je quitterai la scène. J'espère que ce sera en semaine. La Poste sera ouverte et j'entamerai le millier d'euros déposé sur mon livret de développement durable pour subvenir à mes besoins une fois débarquée à terre. Partir avec un ballot est une chose, revenir avec un ballot et deux fauteuils cabriolets en est une autre. p. 74
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