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ISBN : 2234064473
Éditeur : Stock (01/09/2010)

Note moyenne : 3.15/5 (sur 27 notes)
Résumé :
La narratrice, libraire depuis 15 ans, raconte sa vie vouée aux livres et à la littérature.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
isabiblio
  20 février 2011
L'auteur signe ici un essai tout à fait pertinent sur son travail de libraire. Elle dirigeait une librairie indépendante centenaire avec 30 salariés jusqu'à ce qu'une multinationale rachète le réseau des librairies indépendantes. Cette librairie « Privat » à Toulouse jouissait d'un certain renom, beaucoup d'écrivains venaient y rencontrer leurs lecteurs. Mais la politique de la nouvelle direction « Chapitre.com » ne jure que par la religion du profit soit rentabilisation, fidélisation, standardisation. Ici les invendus n'ont pas leur place, au bout de six mois ils doivent être retournés ! Elle ne supporte pas cette Marque qui méprise la culture et son personnel, elle décide donc de rendre son tablier. Bien sûr en écrivant ce livre, elle règle ses comptes et on ressent sa rancoeur tant le ton est vif. Les portraits de Blondinet, Gus, Beurk ou Amazone ne nous sont pas inconnus à nous qui avons travaillé dans le monde de l'entreprise. Sa passion pour les livres est ce que je retiendrais le plus de ce livre, elle décrit son amour et son respect des livres, de la littérature, des auteurs, le livre regorge de références littéraires. Moi qui ne supporte pas les supermarchés du livre, l'auteur me conforte encore plus dans ma conviction de ne point m'y rendre, malheureusement les petites librairies ont bien du mal à survivre et les bibliothèques qui sont soumises à marché ne les aide pas non plus à mon grand désespoir, mais là c'est un autre débat...
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Accalia
  03 janvier 2013
Ce fut d'abord le titre qui retient mon attention : Fahrenheit 2010 est une référence à « Fahrenheit 451″, température à partir de laquelle le papier brûle et évidemment, une référence au roman de Ray Bradubury que j'ai beaucoup aimé.
Je me suis donc penchée sur ce livre et c'est en lisant la quatrième de couverture que j'ai absolument eu envie de le lire.
J'aime beaucoup lire les romans /essais/ témoignages sur le thème de la lecture et de la chaîne du livre. J'ai toujours trouvé cela très intéressant de savoir comment cela se passe en librairie, en bibliothèque, aussi bien les aspects positifs que négatifs. Ce livre ne pouvait donc que me plaire.
Isabelle Desquelles, avec ce témoignage, attire l'attention sur les dégradations de la condition de vie des libraires, des librairies et surtout des livres. Elle nous démontre l'absurdité de la transformation des librairies en enseigne culturelle.

Bien évidemment, Isabelle Desesquelles ne critique pas l'ensemble de la profession des libraires.
Elle critique son réseau de librairie indépendante qui s'est vendu à une multinationale qui souhaitait pouvoir concurrencer la FNAC et qui a perdu tout ce qui faisait avant son originalité, son « âme » même et surtout qui a perdu pas mal de clients, qui ne trouvent plus ce qu'ils étaient venus chercher.

J'étais très curieuse de savoir de quel réseau de librairie il s'agissait et après quelques recherches, j'ai trouvé les informations suivantes :
Isabelle Desesquelles était avant la directrice d'une librairie centenaire à Toulouse qui avait plutôt une belle réputation. Une multinationale a racheté le réseau des librairies indépendantes qui est devenu « Chapitre.com ».Et franchement, avant de lire »Fahrenheit 2010, je ne connaissais chapitre.com que de nom et encore…

D'après l'auteure, la multinationale tient deux discours complètement opposés : il faut préserver la polyvalence et le savoir-faire des libraires et il faut faire du profit, virer les documents qui ne se vendent pas assez et les personnes non indispensables à la chaîne du livre.

Bref, la politique des nouvelles directions est de « vendre vendre vendre ». Ici, il n'est plus vraiment question de promouvoir la culture, il s'agit surtout de rentabiliser, de fidéliser, d'amener toujours au pas.

Entendons-nous : Bien entendu qu'une librairie qui marche est une librairie qui vend. Bien entendu que si elle fait du profit c'est préférable pour ne pas fermer et qu'avant tout, il s'agit de vendre. Mais je trouve que comparer une librairie à un supermarché est un non-sens. Vendre des livres ou vendre des tomates ou des appareils ménagers, ce n'est pas comparable. le savoir-faire et l'expérience ne sont tout de même pas les mêmes. On ne peut pas vendre des livres de la même façon qu'on vend des aspirateurs.

Pour une femme, qui, comme Isabelle Desesquelles, adore la littérature et les livres, voir un tel naufrage a été trop dur pour rester. Elle a préféré abandonner le navire ou elle n'avait plus aucune légitimité et garder sa dignité.

Et pourtant, elle a essayé de combattre, mais elle nous démontre aussi l'absurdité à essayer de se battre contre quelque chose de presque invincible :
Comment ose-t-elle se plaindre d'avoir un travail qui peut-être ne lui plait plus, alors que tant de personnes se retrouvent au chômage? (Je trouve d'ailleurs que la phrase de mon extrait est très parlante de ce qui se passe en ce moment dans le monde du travail. Tant de personne manque de travail qu'on ne peut pas se plaindre des mauvaises conditions de son emploi…on sait très bien qu'il y a une longue queue derrière soi qui nous remplacera dès qu'on partira.)

Le métier de libraire m'a toujours beaucoup attiré. Cela doit être fantastique, si on aime son métier, de pouvoir promouvoir les livres, de donner envie de les lire…mais après ce témoignage, mon enthousiasme est quand même bien refroidi. Au moins, en bibliothèque, il n'est pas question de faire sans cesse des profits et de gagner de l'argent. C'est plus calme, on va dire.
—————————————
Ce fut une belle et terrifiante découverte. Très intéressant à découvrir, je le conseille aux personnes qui aiment lire des livres sur les livres (et qui ont quand même un peu d'espoir en ce qui concerne celui-ci).
Lien : http://writeifyouplease.word..
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groody
  07 juillet 2014
Un livre à lire, à offrir, à méditer. Parce qu'il m'a touchée, parce qu'il m'a fait sourire et m'a révoltée aussi.
Son titre fait référence au roman Fahrenheit 451, température à partir de laquelle le papier brûle. Dans ce livre là , 2010, c'est pour son auteur, l'année de la fin, fin de sa passion, son métier, sa vie de libraire. L'origine du malaise: une nouvelle direction qui ne jure que par les mots "profit", "fidélisation", "rentabilité", où il n'y est plus question de livres mais de "produit" (comme de la lessive, du shampoing...) et où les lecteurs sont des clients. le mot fidélité ne rime pas avec "revenir" mais par "numéro de carte client". La phrase du nouveau boss annonce la couleur: "les seuls dont je me méfie vraiment, c'est Cultura".
En vingt chapitres, l'auteur nous parle de sa détresse, son combat à vouloir défendre ces (ses) livres. C'est plein de cynisme et de tendresse en même temps, sur un métier que j'admire mais qui s'évapore petit à petit. Mon seul reproche, c'est le coté un brin moralisateur, genre moi je suis une combattante, une Ayatollah, je dénonce un monde de veaux qui se résigne et accepte...Mais, ça n'est qu'un infime défaut et il reste un très bel hommage aux livres, aux mots et ceux qui les aiment.
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jimpee
  12 novembre 2012
Ce récit de libraire est moins euphorique que le livre de Laurence Cossé Au bon roman et nous offre un autre aspect de ce métier. C'est tout autant un témoignage qu'un roman car l'auteur a su prendre suffisamment de distance avec le sujet, le traite avec pas mal de dérision et le rend plus universel.
Cette autofiction raconte les derniers mois d'un directrice de librairie dans "Lachaine". Cette enseigne, filiale d'un groupe international d'agroalimentaire, résulte du rachat de "Lavraielibrairie" par "Lesboutiquiersdulivre", autrement dit 2 mondes complètement différents.
Evidemment, le patron vient de la seconde chaîne, il répond au doux vocable de "blondinet", accompagné par "amazone" à la RH, "monsieursans" aux finances et "Beurk" en guest star, consultant en management du groupe actionnaire.
Le roman se déroule en grande partie pendant un séminaire qui regroupe les directeurs de Lachaine, grand messe où blondinet annonce la stratégie et les restrictions. En contrepoint, la directrice raconte sa lente descente aux enfers, avec la direction du groupe qui lui impose de plus en plus et uniformise la manière de faire, au détriment de son activité de libraire et de la spécificité de son point de vente. le but n'est plus de vendre des livres, amis de fourguer des cartes de fidélité !
Le récit nous fait vivre les interrogations et les doutes (il n'est évidement pas évident de tout lâcher), mais aussi nous fait passer son amour de la littérature et nous comprenons combien elle est empêchée de faire le métier tel qu'elle le défend.
Les différents personnages sont des archétypes que l'on peut rencontrer dans nos entreprises filiales de grands groupes, ils y appliquent les mêmes méthodes et y font presque les mêmes dégâts... ce qui renforce l'empathie avec l'auteur.
Ce livre dépasse le règlement de comptes, c'est une vraie histoire, parfois drôle, racontée comme un roman et qui donne envie de découvrir plein d'auteurs.
Lien : http://jimpee.free.fr/index...
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Nyenna
  12 avril 2013
…Ou la mort annoncée de la librairie. Un essai d'une libraire qui dresse un portrait bien sombre mais réaliste de la situation des librairies. Exit les librairies indépendantes, on se regroupe pour être plus fort. Belle utopie quand les dirigeants sont des commerciaux et non des libraires : vendre donc les livres comme nous vendrions des choux ou des carottes. L'auteur utilise le « tu », autant vous dire que si vous n'avez jamais eu un pied dans une librairie vous ne vous sentirez peut être pas beaucoup concerné et en tant que lecteur si vous êtes un adepte d'A. vous ne comprendrez peut être pas les enjeux. Ce récit est plein d'anecdotes et est une vision très personnelle de la libraire, avec ses ressentis, ses inquiétudes, ses colères. Ayant travaillée un peu en librairie, je me suis souvent identifiée aux « habitants » de la librairie. Sur la fin, j'ai trouvé que le pathos l'emportait et que ça en devenait affligeant. Au bout d'un moment je me suis lassée des « c'est terrible, c'est affreux » mais je suis allée jusqu'au bout. Si certains passages m'ont fait sourire faisant échos à ma propre expérience, ce n'est pas une lecture « divertissante » en premier lieu de par son pessimiste, mais peut être que cet ouvrage a évité une thérapie à la madame ?
Lien : http://jailu.vefblog.net/fah..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   13 février 2014
Si tu achètes six exemplaires de -L'Ecriture ou la Vie- de George Semprun, car ce livre on ne l'offre jamais assez, en quoi Blondinet a-t-il à le savoir ? Quelle orientation d'achat son service marketing en déduira-t-il ? Cela te vaudra -t-il un texto pour une offre personnalisée sur un prochain livre consacré à la Shoah ? On en est là, avec cette ignominie du tout acheter et du tout à vendre. (p.101)

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isabiblioisabiblio   20 février 2011
Conseiller un livre est chaque fois une nouvelle histoire, celle des premières pages que l'on décide ou non de dévoiler, celle d'une pudeur, à partager avec un autre que soi, d'autres vies qui sont un peu , beaucoup les nôtres. Raconter un livre, c'est se raconter.
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lanardlanard   04 juin 2013
Erri De Luca ne répond pas tout de suite à la question qui lui est posée. Il élude mais rien à faire, il faut répondre. Pourquoi apprendre le yiddish, pourquoi cette langue? Un silence qui se prolonge, sa réponse, il n'y a rien à en dire, juste s'en souvenir. "Pour en lire une phrase chaque matin. L'Homme a voulu faire disparaître cette langue, en lire une seule phrase chaque jour, c'est dire non à la barbarie. Cette langue suffoquée, en l'apprenant on peut alors donner tort à l'Histoire."
Le 10 mai 1933, à l'occasion d'un des nombreux autodafés nazis qui inspireront à Bradbury "Farenheit 451", des bûchers sont dressés, 20 000 livres y brûlent jusqu'à la cendre.
Ce 10 mai 1933, Goebbels note dans son journal: "Dehors, un superbe été commence."
Le 15 mai 2008, un homme parle haut dans une librairie. Erri De Luca n'a pas fini d'être lu et ce n'est pas un espoir mais un certitude dans ce continent qu'est la littérature, assez vaste pour contenir tous les espoirs.
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fanfanouche24fanfanouche24   22 janvier 2014
Tu vas avoir trente ans et tu es décidée à faire des livres ton pain quotidien, à embrasser la vie de libraire à en perdre la raison. Pour commencer, tu divises ton salaire par quatre, et bientôt tu liras utile. tu n'oublieras pas cette sortie de Jérôme Grossman, alors propriétaire de Tschann, un bijou de librairie. Ici, on ôte des livres les couvertures illustrées. Les libraires les aiment trop pour supporter de les voir revêtus d'oripeaux pubards. (p. 108)
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isabiblioisabiblio   19 février 2011
Tu l'as compris très tôt, on peut engranger et ranger des milliers de livres, on peut grandir et vieillir avec, on peut y passer tout une vie, on ne les possède pas. Ce qui est bon, c'est de se livrer à eux. Ceux sont les livres qui nous possèdent.
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Videos de Isabelle Desesquelles (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isabelle Desesquelles
Quel adulte devient l?enfant enlevé, séquestré et abusé ? Dans « UnPur », son dernier roman paru aux Editions Belfond, Isabelle Desesquelles saisit l?horreur de l?indicible. Un roman intense.
Interview réalisée par Bénédicte du blog "Au fil des Livres" Montage : Grand Besançon Métropole
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