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EAN : 9782266290326
208 pages
Éditeur : Pocket (14/08/2019)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 122 notes)
Résumé :
Leur mensonge préféré aux parents, ils viennent le soir vous dire au revoir, on est à moitié endormi et eux vous murmurent "Je serai toujours là, mon délice, mon ange de la joie douce, merveille de l’amour enchanté", ils caressent votre front, que ça rentre bien dans votre tête. Ce doit être pour cela que ça fait du mal le jour où ce n’est plus vrai, où la main d’un père ou d’une mère ne se posera plus sur le front d’un enfant que l’on n’est plus depuis longtemps. E... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  09 décembre 2018
Magnifique roman que signe ici Isabelle Desesquelles ! C'est beau, tellement beau...
C'est beau parce que c'est l'histoire d'une enfance qui semble figée dans sa huitième année, une enfance où l'absence se conjugue avec l'amour.
Clémence est une petite fille de huit ans mais dont le langage est teinté d'une maturité autant lumineuse que noire et terriblement humaine et réaliste. Elle parle de son enfance auprès de parents fantaisistes et combien magiques. Des parents qui maîtrisent l'art de la beauté, la voient partout et nulle part à la fois. Des parents amoureux, de leur petite fille, de leur autre, de la mer, des livres, de la nature, des étoiles. Ils promettent à Clémence d'être toujours là pour elle, et cela fait mal le jour où ce n'est plus vrai.
Pourquoi tant de mystères dans la vie de Clémence... Une petite fille tournée étrangement vers le ciel et ses étoiles, tourmentée par la mort, la place des morts et celle des vivants.
Pourquoi aspire t-elle à ce point que la nuit la prenne ? Que se cache-t-il là-bas au fond de la nuit...
La force de la vie semble mener un combat inégal avec le vide. L'amour semble parfois être de trop ou semble autant manquer.
Dans un style où se mêlent à la fois l'allégorie et la poésie, ce roman est bouleversant, terriblement émouvant et fort tellement fort. Une prestance littéraire qui happe dés les premières lignes.
Je voudrais que la nuit me prenne est un éblouissant hommage à l'enfance, à l'amour et aux souvenirs. Merveilleux.
« Sans les étoiles, le jour est moins brillant que la nuit. Bonne année papa et maman.» Pourquoi un ciel étoilé nous émeut tant ? Parce qu'il fait le grand écart, vient d'un monde ancien, éclairé d'étoiles mortes, il a survécu.
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Annette55
  23 juin 2018
L'auteur se met dans la peau de Clémence , une petite fille, dont les parents fantaisistes, étaient heureux d'elle ....
Ils s'étaient gorgés de mots tendres et d'illusions magnifiques, de promesses .
Ils se sont accrochés à ce serment .
Clémence raconte son quotidien de petite fille aimée, choyée, à l'école avec son pére , instituteur dont la marotte était le vocabulaire.
Il laissait les mots les plus intrigants en suspens.
Elle buvait ses paroles et grandissait , suspendue à l'imaginaire qui la happait et devenait une connaissance...
Elle nous donne à voir les chansons que sa mère chantait en été, un vrai métronome dans un chaudron d'émotions : son humeur joyeuse, les saisons , la couleur du ciel, les orages déchaînés , redoutables et grandioses, en musique aussi: les chansons de Barbara et les plats que sa mère cuisinait................ une offrande d'amour constante , ses parents .....le câlin de sa mère, le rire de son père, le sentiment d'un invincible bonheur, d'un enchantement permanent ...
Son enfance avait l'odeur des pommes au four et celle des marrons au feu, en hiver...Son copain de toujours : Just et elle - même s'affranchissaient de leur enfance et avançaient à pas de géant lors de leurs parties de cache - cache, dans les burons de l'Aubrac, à moitié effondrés.
Ce que l'amour désire, réclame, retient est contenu dans ces pages sublimes où l'auteur excelle à rendre tangible sa puissance, sa force , ses pépites de lumière à travers la nature, ses papillonnements de bonheur ...juste avant le fracas....
Car bientôt, la voix d'une petite fille s'éteint et ses mots couverts car si rien ne nous est révélé : s'immisce un trouble,un mystère cruel, insondable....
Que s'est - il donc passé pour que l'innocence vire au noir et que les souvenirs d'enfance triturent et strient d'impuissance l'espace étroit qui relie le lien fragile et inaltérable qui nous unit à nos proches ?
On devrait faire attention au bonheur, le retenir, le surveiller .....car il a ses failles et ses gouffres...
C'est un livre bouleversant , troublant ,inclassable, le regard attentif d'un enfant dans toute sa grâce , sur l'amour et la fragilité de tout bonheur !
La lucidité de Clémence hantera longtemps nos consciences de lecteur !
L'auteur n'a pas son pareil pour traduire en mots la puissance de l'amour , la force intangible du souvenir , parmi ceux d'une infinie tristesse ....et crée un cocon radieux qui défie la nuit et le temps !
Merci à Babelio et aux éditions Belfond: pointillés , pour l'envoi de ce beau livre !
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LydiaB
  03 juillet 2018
J'ai vraiment apprécié ce roman. Au fil des pages, la tension monte. le roman démarre comme un roman autobiographique, avec une narratrice, Clémence, nous racontant des événements marquants de sa vie comme la rencontre avec celui qu'elle aime, Just, ou ses jeux d'enfants – certes particuliers – avec Lise, sa cousine. Rien de particulier au premier abord. Elle nous présente ceux qui l'entourent : le papa, instituteur, la maman un peu fofolle. Il y a beaucoup d'amour dans le foyer. Cet amour qui sera le fil conducteur du livre.
Pourtant tout n'est pas rose et l'on décèle à un moment donné un changement de ton. La petite fille de 8 ans, certes mature, commence à raconter des choses qu'elle n'aurait pas dû voir, pas dû entendre, pas dû dire. Là, on se dit qu'il y a un souci… Comment une gamine de cet âge peut-elle s'exprimer ainsi et avoir une analyse aussi fine de la situation ?
Il faudra attendre la fin du roman pour comprendre tout ceci. Une fin puissante et sans égal. Il s'agit vraiment d'un roman à découvrir dont l'écriture accroche le lecteur.
À découvrir !
Lien : https://promenadesculturelle..
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kitou94170
  02 juillet 2018
« Je voudrais que la nuit me prenne » pourrait être le titre d'un poème, voir la première phrase de ce même poème. C'est en fait le titre du dernier roman d'Isabelle Desesquelles, romancière dont je n'avais lu aucun livre et que je découvre encore une fois grâce à Babelio.
Titre poétique mais aussi énigmatique qui à lui seul pourrait résumer assez bien ce très beau roman.
C'est la voix de Clémence, petite-fille de 8 ans, que nous entendons tout le long de l'histoire. Elle raconte son enfance, petite fille aimée et choyée auprès de parents qui rivalisent de fantaisie. Dans son univers, il y a Lise sa cousine un peu plus âgée et un brin délurée qui vit chez leur grand-mère et surtout Just, son amoureux. Parce qu'à 8 ans on est sûr que tout est possible, alors elle le sait ils se marieront et vivront toute leur vie ensemble, auront même des enfants !
Rien n'est plus beau que la voix et l'innocence l'enfance lorsque le monde autour n'est qu'amour.
Des mots tendres, des promesses, ses parents en remplissent son univers et elles nous les rapportent. Alors pourquoi au détour d'un mot, d'une phrase, cette voix de petite fille se transforme soudainement ? Qu'une ambiance trouble s'immisce petit à petit dans son récit ? Une ombre, un mystère cruel et insondable planent.
Que s'est-il passé pour que l'innocence se voile ainsi de noir ? Parce qu'on le sait, le bonheur quand il est là, il faut le serrer dans ses bras et essayer de ne plus le lâcher car parfois l'impensable n'est jamais loin.
« Je voudrais que la nuit me prenne » est pour moi un livre magnifiquement bouleversant mais surtout inclassable dans lequel l'auteur nous décrit avec une infinie justesse la puissance de l'amour filial.
Le regard que pose Clémence sur la vie et sur les dangers d'un bonheur trop grand que l'on croit éternel est d'une grande maturité mais également assez déroutant, parfois dérangeant. A travers lui, nous prenons conscience petit à petit de l'urgence à aimer. Car dans la vie malheureusement rien n'est jamais acquis.
Je remercie grandement babelio pour m'avoir proposé ce roman en masse critique et aux éditions Belfond de m'avoir permis de découvrir cette romancière. Ce livre ne sera sûrement pas le dernier que je lirai d'elle.
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DavidG75
  29 mars 2019

Clémence,
Petite étoile,
Tu souris à la vie... Tu as huit ans... La vie devant toi... Tu la vis et la croques à pleines dents cette vie... Tu vis des câlins de tes parents, de leurs bras aimants... de pains au chocolat, le dimanche, sous les draps... Tu vis de lâchers de ballons, ceux avec une adresse et un bout de ficelle, qu'on offre au ciel pour se faire de nouveaux amis à l'autre bout du pays... Tu vis de sauts à deux pieds dans les flaques d'eau, après une pluie d'été... Tu vis pour les bisous de Trottinette et pour ceux de Just... Un jour, quand tu seras grande, tu lui donneras de beaux enfants.. Tu as tous les matins de ta vie pour cela... Tu as tant à découvrir et elle a tant à t'offrir !
Tu as en toi l'innocence de l'enfance et l'angoisse de demain, quand tu seras grande... C'est comment quand on est grand, Papa ?
Tu aimerais aller faire un tour au bout du ciel... Y compter les étoiles... Elles te fascinent... Elles t'inondent de leur lumière, pourtant déjà mortes aux confins de l'Univers... C'est pour ça que les humains morts ils vont dans le ciel, pour continuer à vivre ? Et ils sont joyeux là-haut hein, Papa ? Tu t'ouvres à la Vie et tu questionnes la Mort...
Et puis...

Une magnifique écriture que nous offre là Isabelle Desesquelles... Un livre vibrant, émouvant, chargé de poésie, d'émotions, de sourires, de rires d'enfants, de frissons, de tristesse, de colère et de cris dans la nuit... Un livre qui marque au fer rouge, un livre qui vous ouvre le ventre et ravive des blessures enfouies... Un livre qui questionne sur la Vie et la Mort, sur le regard des autres, sur le temps qu'il est important de consacrer à ceux qu'on aime... Un merveilleux bonheur...
Un livre précieux, qui m'a été très gentiment offert. Je profite donc de ce billet pour te remercier si tu me lis :)
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critiques presse (1)
LaCroix   28 septembre 2018
Isabelle Desesquelles invite au cœur des douceurs d’une l’enfance heureuse, portées par une lumière sombre qui leur donne tout leur relief.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (79) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   09 décembre 2018
Il était une fois une petite flamme. Qui refusait de s’éteindre. Elle brûlait, la petite flamme, dans la cheminée, elle attendait son bout de bois chéri. Avant d’être un lasso de lumière attisé par un souffle d’air, elle avait été une bûche et, sur un fagot dans un appentis au toit percé, ils avaient, son bout de bois chéri et la petite flamme, frotté leurs écorces tant et tant, tant d’heures, tous les deux pleins d’échardes et c’était bon. Ils se l’étaient juré de ne pas brûler l’un sans l’autre, mais voilà qu’un dimanche d’automne on vint la chercher, la bûche bonne à brûler, ils n’eurent pas le temps de se dire adieu, déjà elle était dans la cheminée. Alors elle décida la bûche devenue la petite flamme de ne pas s’éteindre, de brûler coûte que coûte, et de l’attendre vive et vivement son bout de bois chéri. Elle ne se consumerait tout à fait qu’avec lui, pour lui. Les autres bûches, dessous, dessus, faisaient de belles braises, elles devenaient des émaux, se reflétant de tout leur vermeil dans le salon, elles suaient et puis elle s’éteignaient, pauvre tas de cendres, mais pas elle la petite flamme, et son don d’amour la tenait haute. Inextinguible. Malicieuse quand d’autres pfffft chuintaient et se taisaient à jamais, elle continuait de plaisanter. « Je ne suis pas un sarment, moi, je suis un serment. » L’hiver allait toucher à sa fin, et un soir il fut là, sur elle, son bout de bois chéri. Comme elle l’a léché la petite flamme, l’a allumé comme pas une. Ils ont été un brasier de légende, ils ont eu des soupirs et flambèrent de concert, ce fut une nuit de fête, et l’aube a surpris deux joyaux incandescents, on ne les séparerait plus. À la fin, s’éteignant tout à fait ils se sont souri, la petite flamme et son bout de bois chéri. Une pelle, un coup de balayette et les voilà mariés au vent, leurs cendres ne sont pas revenues.

Quand on l’écoute le vent après une histoire pareille, il vous pousse des ailes à rendre jaloux Icare.
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LadybirdyLadybirdy   09 décembre 2018
À quel moment j’ai compris que pour mes parents je comptais plus que tout ? Que même avec des mauvaises notes, même moins jolie, même pas gentille, je compterais plus que tout pour eux. Plus qu’une autre maison, plus que la mer pour maman, plus que ses livres, plus que tous les élèves réunis de papa, plus que mille milliards de montagnes d’or. Que pour l’un et l’autre je comptais plus qu’eux-mêmes, passais avant ma mère pour mon père, avant mon père pour ma mère, qu’ils m’aimaient à ce point. À quel moment un enfant le comprend ? Et il en fait son socle. On a beau être le plus amoureux des amoureux on ne peut pas faire autrement notre enfant vaut plus que tout.
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LadybirdyLadybirdy   10 décembre 2018
Le ciel peut bien être semé d’étoiles mortes, elles nous envoient leur lumière longtemps après leur disparition, et on dirait une fête !

–Mais alors c’est pour ça que les humains morts ils vont dans le ciel, pour continuer à vivre ? Et ils sont joyeux là-haut hein, papa ?
–Tu as raison… Comme pour les étoiles, parfois on pense surtout à nos morts, pour les retenir.
–Mais c’est obligatoire papa ils sont loin.
–Oui. Il faut faire attention, parfois ils prennent tellement de place on en oublie les vivants.
+ Lire la suite
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DavidG75DavidG75   27 mars 2019
- « Entre chien et loup », qui peut m’expliquer ce que cela veut dire ?

Je veux tellement répondre, j’en tombe de ma chaise à lever trop précipitamment mon doigt !

- C’est quand il manque encore une étoile. La nuit ne peut pas vraiment venir et le jour ne veut pas partir.

La marotte de notre instituteur, le vocabulaire. Il commençait toujours là classe avec une expression courante, mais curieuse pour des gosses, du coup on avait envie de l’écouter, envie d’apprendre ; il laissait les mots les plus intrigants en suspens, attendant qu’un élève se lance, lui trouve un sens du haut de son innocence. Je voyais les autres captivés, autant qu’eux je buvais ses paroles, je grandissais, suspendue à l’imaginaire qui vous happe et devient une connaissance. Mon père arrivait à rendre tout plus vaste, il ne nous apprenait pas seulement à lire, à écrire, à calculer, mais aussi à réfléchir. Il vous donnait l’envie de l’intelligence, de ne pas être des copiés-collés.
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ZilizZiliz   24 août 2019
La marotte de notre instituteur, le vocabulaire. Il commençait toujours la classe avec une expression courante, mais curieuse pour des gosses, du coup on avait envie de l’écouter, envie d’apprendre ; il laissait les mots les plus intrigants en suspens, attendant qu’un élève se lance, lui trouve un sens du haut de son innocence. Je voyais les autres captivés, autant qu’eux je buvais ses paroles, je grandissais, suspendue à l’imaginaire qui vous happe et devient une connaissance. Mon père arrivait à rendre tout plus vaste, il ne nous apprenait pas seulement à lire, à écrire, à calculer, mais aussi à réfléchir. Il vous donnait envie de l’intelligence, de ne pas être des copiés-collés.
(p. 34)
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Videos de Isabelle Desesquelles (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isabelle Desesquelles
Quel adulte devient l?enfant enlevé, séquestré et abusé ? Dans « UnPur », son dernier roman paru aux Editions Belfond, Isabelle Desesquelles saisit l?horreur de l?indicible. Un roman intense.
Interview réalisée par Bénédicte du blog "Au fil des Livres" Montage : Grand Besançon Métropole
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