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EAN : 9782492301025
128 pages
Éditeur : Novice (12/04/2021)
5/5   2 notes
Résumé :
Après un accouchement difficile, Alice donne naissance à sa fille Emma. L'enfant doit impérativement respirer et prendre du poids. A ses côtés, la mètre assiste, impuissante, au ballet des soignants qui s'affairent pour le bébé survive. La chambre d'hôpital fait alors place à un kaléidoscope de souvenirs, d'angoisses et de réflexions. Alice réalise la responsabilité qui lui incombe désormais et plonge, au fil des heures, dans les affres de la maternité.

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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
LauEncre
  31 mai 2021
Ce premier roman de Marion Deshayes raconte, d'une écriture précise, aiguisée, comment les rêves de maternité idéalisée d'une jeune maman, Alice, viennent se fracasser contre la réalité de la grande prématurité de l'enfant qui naît dans l'urgence, urgence vitale pour l'une et l'autre, dans le désarroi, trop tôt, bien trop tôt. Comment le lien mère-enfant, auquel il a manqué deux mois pour se tisser, s'épanouir lentement mais sûrement au creux du ventre maternel, est empêché : empêché car Emma est emmenée dès sa venue au monde, empêché par les machines, bruyantes, omniprésentes, par les sondes qui nourrissent Emma, les machines qui veillent sur elle, les électrodes, par le téton factice, en silicone, censé faciliter le début de l'allaitement.
Il faut dire aussi qu'Emma n'y a pas mis du sien ! Maigre, osseuse, petite créature qui ne souffre pas la comparaison avec les bébés potelés des guides pour les futures mamans, elle garde son énergie pour hurler, crier sa colère, protester, s'égosiller, refuser de téter… Alors, place à la machine, encore, aux tuyaux, pour produire ce lait dont la petite créature a besoin…
Et puis, la douceur qui survient, sur la pointe des pieds, le premier chant d'une mère pour son enfant, les deux qui, enfin, se regardent, se découvrent, l'attachement, qui dès lors, ne fera que grandir.
Magnifiquement symbolisé par l'illustration de couverture de Mathieu Persan, ce fil, ténu au début, ne fera que s'affermir, se consolider. La paix qui s'installe peu à peu, les moments de tendresse avec le papa, un trio nouvellement formé, une complicité retrouvée. le désarroi pourtant encore, parfois, quand le scope, angoissant, omniprésent, donne l'alerte…
Dans un prologue et un épilogue très habilement menés, l'auteure nous fait rencontrer également un personnage attachant, petite soeur des dames du Quai de Ouistreham, de Florence Aubenas : Nathalie, chargée de briquer avant, d'astiquer après. Entre ces deux moments, dans la chambre M41, la naissance d'un lien.
Marion Deshayes, d'une écriture travaillée au cordeau, dans une langue précise et efficace, crue parfois, nous donne à ressentir exactement le vécu d'Alice, ce vécu à la fois intime et universel. Je souhaite préciser que Marion Deshayes, je la connais. Alors ce livre je l'ai lu deux fois. Une première fois sans réussir à me détacher du fait que j'en connaissais l'auteure, il m'a fait un effet « Whaouh, quelle écriture, quelle puissance ». Et puis, quelques temps après, une seconde lecture... pour me détacher de l'auteure. Une expérience plus forte encore que la première, extrêmement sensible. L'écriture est riche, inventive, les descriptions, presque cliniques, ultra précises, charnelles quand il s'agit des corps, donnent à ressentir les émotions de son héroïne, ses doutes, les relations avec le père, dans une langue puissante et évocatrice, aux mots soigneusement choisis pour leur justesse. Cet ouvrage est une pépite, je ne l'aurais sans doute pas lu si je ne connaissais pas Marion Deshayes… et je serais passée à côté d'un très beau roman ! Coup de coeur assurément !
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Laparenthesedeceline
  12 avril 2021
Une écriture fine et sincère pour toucher le lecteur au coeur. Elle manie la description des minuscules avec dextérité.D'un récit intime, elle lui apporte une dimension universelle. Si toutes les femmes ne traversent pas précisément les mêmes difficultés liées à la naissance prématurée d'un enfant, toutes se cognent plus ou moins violemment, plus ou moins longtemps à une réalité qui ne ressemble guère à l'événement uniquement empreint de joie revendiqué par des générations de femmes.
Marion ouvre une petite lucarne qu'il est de coutume de maintenir fermée. Celle derrière laquelle il est question de doutes, de craintes, de douleurs, d'incompréhension. de fragilité et bouleversement.
Elle ose dire que la naissance ne se colore pas uniquement de rose ou de bleu pâle. Elle peut être grise - couleur souvent citée dans le texte - voire plus sombre encore.
Simultanément, la rencontre entre la mère et son bébé se confronte à l'acceptation de la rupture utérine et ombilicale. La confusion ne peut que s'installer, durablement ou pas. La déception de constater un corps encore flasque, la patience nécessaire pour redevenir Femme, la place du père dans ce nouveau trio.
Avec pudeur mais sans tabous, elle parvient à révéler ce que trop souvent on cache aux futures mamans. Il n'en reste pas moins que la maternité est une expérience unique, d'une magie exceptionnelle dès lors que la fusion avec l'enfant est établie.
Voici donc un roman pur et sensoriel.

Lien : https://laparenthesedeceline..
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