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EAN : 9782226114297
193 pages
Albin Michel (02/02/2000)
4.17/5   9 notes
Résumé :
Le Shin Jin Mei, "Poème sur la foi en l'esprit", est un recueil de soixante-treize versets, écrits à la fin du VIe siècle par maître Sosan, troisième patriarche chinois après Bodhidharma et Hui Ko, ou Eka en japonais, le maître de Dogen. C'est le plus ancien texte du Ch'an chinois, courant du bouddhisme qui donnera naissance au Japon, six siècles plus tard, à la tradition zen.
Ces poèmes, brefs et incisifs comme des diamants, ont inspiré ultérieurement plus d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Ce n'est pas un livre facile et accessible, même avec les commentaires du roshi Deshimaru qui accompagne très bien ces anciens textes. Je recommande pour celui qui souhaite avancé un peu plus dans sa spiritualité ou pour celui qui souhaite augmenter sa culture personnelle.
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le type de livre qui peut ne jamais se ranger à côté des autres dans une bibliothèque : toujours à feuilleter, à parcourir...
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
L’homme sage est non actif,
L’homme fou aime et s’attache lui-même. [Sengcan, m. 606]

L’homme sage, selon l’Orient, n’a rien à voir avec l’intellectuel ou le savant occidental. Stupide en apparence, il suit l’ordre cosmique, sans agir avec sa conscience personnelle, sans rechercher ni fuir quoi que ce soit.

Dans son ouvrage Eihei Koroku (Les Règles de Eihei-ji), Maître Dogen [1200-1253] raconte cette histoire :

« Un moine confirmé et un novice voyageaient en bateau. Surgit une forte tempête, qui fit chavirer le navire. Le jeune moine put saisir une planche, il s’y agrippa, et se mit à nager en direction de son aîné qui n’avait aucun appui. ‘’Comprends-tu l’enseignement du Bouddha ?’’ demanda l’ancien au novice. Alors, sans aucune pensée, le jeune moine, instantanément, lui offrit sa planche. A ce moment, le dieu de la Mer, le grand dragon, surpris par cette attitude, suscita une vague hôte comme une montagne, qui porta le novice sur le rivage. » Et Maître Dogen conclut : « Ce moine a saisi l’enseignement du Bouddha, sans penser, sans aucun doute. »

Dans la cérémonie du thé, ou chanoyu, le Maître enseigne le comportement : comment entrer dans la chambre, prendre les pots, la louche, le thé vert en poudre, ou macha. Le visiteur attend, l’hôte également. Pour boire le bol de thé vert, il est nécessaire de suivre des règles précises. Au début, on se concentre consciemment mais, en dernier lieu, sous l’effet de la répétition, tout se passe inconsciemment, naturellement, automatiquement.

Il en est de même pour tous les actes de la vie quotidienne. Non actifs, nous pouvons recevoir l’énergie universelle, et fusionner avec le système cosmique. (pp. 97-98)
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De nos jours, chacun travaille à se faire un ego très affirmé. On recherche le succès, on veut dépasser les autres, la vie devient dure et difficile. Les personnes demeurent alors dans un état d'anxiété et de surtension. A l'inverse, l'existence en harmonie avec le système cosmique est paisible, facile, dépourvue de crainte. L'esprit demeure dans un état de calme et de stabilité. En zazen, la séparation entre l'objet et le sujet, le satori et la pratique, Bouddha (ou Dieu) et l'ego disparaît, car la posture elle-même est l'état de Bouddha. (...) Ni objet ni sujet, tout est inclus dans la réalité de l'unité. Dans la nuit, la lune brille pour la montagne, la rivière, les feuilles des arbres, comme pour chaque goutte de rosée. Sa lumière illumine toutes les existences. Nous pouvons ressentir, pratiquer, vivre nos pensées, actions et sentiments mais, derrière tout cela, il n'y a pas d'existence réelle d'âme ou d'esprit. Pensées, sentiments, actions dépendent de la constitution, de la force et des habitudes du cerveau.
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« Les mille fleurs roses du pêcher s’épanouissent au printemps,
mais sa couleur est une. » – Keizan
     
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« Si nos yeux ne dorment pas,
Tous nos rêves s’évanouissent. » – Sosan
     
Même la plus profonde pensée au sujet d’un koan n’est jamais qu’un rêve. Notre vie ressemble à une fleur du vide. […] Nos rêves doivent suivre le système cosmique, aller au-delà du bien et du mal, du masculin et du féminin, au-delà de toutes les catégories.
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Comme un rêve, un fantôme, une fleur de vacuité,
Ainsi est notre vie.
Pourquoi devrions-nous souffrir
Pour saisir cette illusion ? [Sengcan, m. 606]

Maître Dogen [1200-1253] écrit dans le Shobogenzo : « Être en cet instant au-delà de toutes les existences du cosmos, et naître dans son environnement comme Bouddha, ainsi est zazen. »

Dans sa vie quotidienne, l’être humain ne cesse d’être la proie d’états de conscience successifs et contrastés. La tradition bouddhiste a codifié ces diverses possibilités karmiques sous la forme d’une roue de la vie, ou ronde des existences. Mus par le désir et l’insatisfaction, nous traversons six mondes : mondes infernal et des esprits affamés, animal et humain, héroïque et divin. Mais, en zazen, nous sommes, dans l’instant même, au-delà de toutes les existences du cosmos et des circonstances.

Notre vie est comme un rêve, notre mort également. Maintenant est capital, essentiel, pour le comportement, la parole, la conscience. Si nous comprenons cela, nous pouvons trouver la véritable liberté. (pp. 110-111)
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Karma et destin ont-ils la même signification ?

Non, ils sont différents.

Karma, c'est une action. Action de notre corps, de notre conscience, de nos paroles. Si je vous donne un coup de poing par exemple, c'est un karma, une action qui devient karma...

Lors d'un sesshin, un de mes disciples ne se conduisait pas bien : trop de sexe, trop d'alcool, et le jour de son départ il eut un accident de voiture avec une jeune femme. Dans un tel moment, le karma retourne en surface très rapidement. Même de petites choses réapparaissent. Il est certain qu'avec tout ce que nous faisons, que ce soit avec notre corps, nos paroles ou notre pensée, du karma se crée. À votre naissance, vous avez un karma: celui de vos ancêtres, de vos grands-parents par exemple. Mais le karma peut être modifié, alors que le destin est quelque chose de constant.
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