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ISBN : 2364748461
Éditeur : Thierry Magnier (13/04/2016)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Elle se fait appeler Jan, pour Janis, son prénom qu'elle n'aime pas. Et gare à ceux qui osent se moquer d'elle. Son père, fier d'avoir une fille qui n'est pas «une gonzesse», raconte que le jour de sa naissance, déjà, elle avait ses deux petits poings serrés, l'air pas commode. Depuis, garçons ou filles, petits ou grands, pour peu qu'on la cherche, Janis ne se laisse pas faire. Sa mère est vendeuse de chaussures, son père chômeur professionnel. Il est aimant et doux... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
allezvousfairelire
  14 avril 2016
Dîtes bonjour à Antoine Doinel au féminin. Jan, c'est le cancre attachant qui se débat dans une vie de famille « dysfonctionnelle », raconte des bobards, embrouille tout le monde (mais pas très bien), et se retrouve à rêver d'une issue magique pour échapper à tous les problèmes qui lui tombent sur la tête.
Janis n'aime pas son prénom depuis qu'un camarade de récré mal embouché l'a fait rimé avec « pisse » (elle l'a fait taire en lui chatouillant les rotules). du coup, elle s'appelle Jan, et faut pas lui chercher des noises. C'est une gamine à fort caractère. Mais il n'empêche que ces gamins-là, ils sont fragiles, tout keuss, tout riquiqui, face aux engueulades de leurs parents, et chaque fois que son père rentre un peu plus saoul, et que sa mère désespère un peu plus fort, Janis encaisse. Heureusement, il y a son petit frère qui, comme une bouée de sauvetage, lui offre une âme à sauver, et lui donne la force de lever le menton. Et puis, il y a ses copains, son chouette prof de français, et les bonbons mangés à la sortie de l'école. Tout ne va pas si mal…
La vie déraille quand les services sociaux interviennent et que Jan et son frère sont envoyés en foyer. C'est « provisoire ». Mais la fillette comprend bien vite que le provisoire n'est qu'un mensonge de plus de ce monde d'adultes qu'elle ne pige pas. Les placements et mésaventures s'enchaînent jusqu'au jour où STOP. Janis met un plan sur pieds : elle va fuguer. Avec son petit frère, et son nouveau pote du foyer. Ensemble, ils iront jusqu'à la mer.
Les plus :
-Le langage
JAN est un roman qui m'a déstabilisée dès ses premières pages. J'ai eu un moment de doute. (« Mais c'est quoi cette guignolade ? »). La mauvaise littérature m'a malheureusement habituée à me méfier des phrases bancales, et là, c'était super bizarre. Alors quid ? Heureusement, on réalise assez vite (page 2, mettons), que le langage si singulier qui nous a d'abord fait plisser des yeux est celui d'une gamine de onze ans, une gamine bourrée d'imagination, de caractère, de tripes, de mots et d'idées. Et tout vient dans le désordre, dans ce style si particulier qu'ont les mômes qui ne maîtrisent pas encore tout à fait la langue, ses us, ses expressions. La lecture devient une curiosité de chaque instant.
-Le parallèle avec Les 400 coups
Ce parallèle nous est suggéré très rapidement car Jan est tombée amoureuse de ce film en noir et blanc montré en classe par son prof de français et dont le héros est, pour une fois, un cancre. C'est une métaphore filée, tout le long du roman, et elle fonctionne très bien. Avant même que la fugue soit évoquée, j'imaginais déjà que, ce qui maintenait la petite Jan à flots, c'était l'idée qu'au bout de ses peines, il y aurait la mer.
-Le réalisme social à taille enfant
Le système de protection social, sans jugement de valeur, est présenté par le regard rageur et brûlant d'une enfant qui s'en sent victime, et on la comprend. Mais on voit aussi de quoi il entend la préserver, et on le comprend. Tout cela est plutôt fin, bien qu'indiciblement triste, car personne n'est « sauvé ».
Les moins :
-Le parallèle avec Les 400 coups, même s'il est chouette, est un peu appuyé.
-La fin, belle et frustrante, sur laquelle on ne peut que s'interroger, comme dans Les 400 coups. Antoine Doinel qui court vers la mer… et après ?
Un très beau roman, simple, curieux, rageur et pétaradant, qui a l'honnêteté de l'enfance et est, en cela, assez distingué. La langue de Jan et son caractère (de cochon soupe au lait) portent vraiment l'histoire en avant.
À lire à partir de 12 ans. Un texte assez fort pour les plus jeunes, et très évocateur, dans ses rêves, ses violences, sa fugue d'amateurs… J'aurais adoré le lire à l'adolescence, où il aurait fait partie de ces lectures marquantes, qui nous définissent, au même titre que Oh, boy ! pour moi, par exemple.
Bonne lecture,
Lupiot
Lien : https://allezvousfairelire.c..
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Kawane
  28 septembre 2017
Au coeur d'un drame et d'un tableau familial pas terrible : deux enfants Jan la rebelle et son frère témoins de l'alcoolisme du père chômeur, d'une mère à bouts de nerfs...tout ce petit monde se retrouve devant le Juge des Affaires familiales pour statuer sur placement de ces deux malheureux enfants dans un foyer puis qui partiront par la suite dans une famille d'accueil....
Quel désespoir ! que des malheurs à répétition et j'avoue que ce roman "réalité" est un peu déprimant...le langage peu soutenu "le parler jeun's " ne m'a pas vraiment séduite à la lecture.... A éviter si vous êtes déprimé ...et un peu "difficile" en littérature jeunesse si l'on veut se "changer les idées"
Commenter  J’apprécie          110
MMChretien
  05 décembre 2016
Jan, c'est le diminutif de Janis, une jeune fille de onze ans qui vit avec ses parents et son petit frère en banlieue parisienne. Malgré des parents aimants et une famille soudée, la vie n'est pas facile tous les jours à la maison : le papa de Jan est au chômage et sombre peu à peu dans l'alcool, tandis que sa mère subvient difficilement aux besoins de la famille avec son modeste emploi de vendeuse. A la suite d'un incident au cour duquel les enfants se sont retrouvés seuls livrés à eux-mêmes, Jan et Arthur sont retirés à leurs parents et placés en foyer. Jan n'aura alors qu'une obsession, s'enfuir et ne surtout pas être séparée de son frère.
Le roman attendrissant de Claudine Desmarteau plonge le lecteur dans la tête d'une préadolescente au caractère bien trempé, qui s'exprime à la première personne, avec ses mots, et livre sa perception du monde qui l'entoure et des douloureux événements qui viennent bouleverser sa vie de famille. On comprend rapidement que Jan est issue d'un milieu défavorisé socialement et culturellement, mais les rencontres avec quelques personnes exceptionnelles, ses amis, son professeur de français, et Doinel le personnage des 400 coups de Truffaut, colorent son quotidien et donnent de l'espoir à la jeune fille. Jan s'exprime dans un langage familier, grossier parfois, marqué par de nombreuses erreurs de construction et des tournures naïves, mais ces maladresses rendent d'autant plus attachante une enfant qui n'a pas sa langue dans sa poche et ne se laisse jamais marcher sur les pieds. Jan est très loin d'être bête, elle a des choses à dire et porte un regard piquant mais juste sur le monde, les personnes, les adultes, l'école, la famille, et ses analyses témoignent souvent d'une grande maturité. Depuis l'enfance elle porte en elle une violence, une énergie si difficiles à canaliser qu'elles lui ont souvent causé des problèmes et valu des sanctions à l'école. C'est pourtant cette force intérieure hyperactive, cette persévérance et cette détermination furieuses qui porteront la « petite guerrière » et ses compagnons lors d'un inoubliable périple urbain ou le courage et l'amitié surpassent les difficultés de la vie.
Ce qui fait l'originalité de ce roman et de sa petite héroïne c'est la langue employée par la jeune narratrice, qui campent véritablement son caractère peu ordinaire. Mais les erreurs d'expression et de syntaxe introduites volontairement par l'auteur pourront peut-être dérouter le lecteur adulte ou confirmé, qui ne les trouvera pas toujours très heureuses. Même si elles servent la construction du personnage principal, elles risquent d'embrouiller ou d'induire en erreur les lecteurs fragiles. Il ne faut pas oublier que la lecture sert aussi à découvrir les richesses de la langue et à enrichir son expression.
Mais malgré cela, le lecteur s'attachera rapidement à Jan, aura envie de l'accompagner, de l'aider, de la prendre sous son aile et de rire avec elle de ses éclats de personnalité.
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Lagagne
  08 novembre 2016
Je ne suis pas forcément friande des auteurs qui cherchent à imiter, par leur écriture, le "parler jeune". Mais Claudine Desmarteau ne fait pas cela ici. Elle donne voix à la jeune Jan. le texte n'imite pas sa façon de parler, c'est sa voix.
Et Jan est une personnalité forte, attachante, entière. Sa violence difficilement contenue, son amour pour son petit frère, celui qu'elle porte à ses parents, les efforts qu'elle est capable de faire, sa fragilité aussi, tout cela en fait un personnage riche qui nous entraîne à sa suite.
Je ne connaissais pas ce film, mais le roman est plein de références à "Les 400 coups" et à Doinel. Cela m'a même donné envie de le voir, alors que, comme Janis, les films en noir et blanc et tout ce n'est vraiment pas mon truc.
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auredam
  23 avril 2017
Et si Les 400 coups de françois Truffaut se passait en 2017, à quoi les aventures du jeune Antoine Doinel pourraient-elles ressembler? Surement à celles de Jan.
Cette histoire m'a beaucoup touchée. A travers son personnage principal, l'auteure nous parle de ces enfants qui ne vivent pas dans cette bulle magique où enfance rime avec insouciance. Alors, comme ils sont malgré tout des enfants, elle nous montre comment, avec leurs petites mains, ils tentent de construire eux-mêmes leur propre bulle : avec peu de moyens, mais beaucoup de ressources !
Jan (diminutif de Janis) a 11 ans, elle est en 6e dans un collège de banlieue parisienne. Son père est gentil, un peu faible, chômeur de longue durée et carrément alcoolique, ce qui n'arrange rien. Sa mère est à bout de nerf, exaspérée de voir son mari dépenser le peu d'argent qu'elle gagne au Bar des Amis. Jan, elle, est une grande soeur protectrice, une copine sur laquelle on peut compter, pas bagarreuse volontairement, mais elle a le sens de la justice et quand on la cherche, on la trouve. Jan a le sang chaud ! Ce qui lui joue souvent des mauvais tours… Et puis un jour, il arrive quelque chose de terrible à Jan et son petit frère. Ils sont placés en foyer de manière « provisoire », sauf que le provisoire s'éternise. On suit alors les aventures de Jan et son frère, ballottés entre divers lieu d'accueil, espoir et découragement.
Le parallèle avec les 400 coups est saisissant du début à la fin. Tant dans l'écriture que dans les aventures vécues par Jan, son petit frère et leur ami Rachid. C'est un peu déroutant au début, car il y a des fautes de français dans à peu près toutes les phrases. Est-ce que cela donne plus de crédibilité à la narratrice, Jan ? Peut-être...Je n'arrêtais pas de me dire que c'était pénible, mais j'avoue que j'ai quand même lu Jan d'une traite. Finalement, cela ne devait pas me déranger tant que ça. c'est peut-être aussi ce style si particulier qui contribue à donner toute la mesure du personnage : dynamique, revêche, buté, futé, brut de décoffrage, tendre, drôle, espiègle.
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critiques presse (1)
Ricochet   14 juin 2016
Un magnifique roman aussi coriace et libre que son héroïne.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
HimbereisHimbereis   27 août 2016
Quand on a confiance en quelqu'un, faut garder confiance sinon ça pourrait porter malheur. Faut lui montrer qu'on croit fort qu'il va y arriver pour qu'il garde sa confiance, lui aussi. Faut pas passer son temps à se rappeler ce qui s'est déjà passé par que ça ne sert à rien.
Ce qui est dur, c'est de garder confiance une nouvelle fois quand celui qui s'en est déjà servi nous a déçus. On a peur d'être encore déçu et si on a peur, c'est qu'on est déjà en train de perdre confiance, un peu. Alors faut chasser les trucs qui nous font penser aux mauvais souvenirs mais c'est pas si facile de se débarrasser des pensées qui nous tournicotent autour comme des mouches, surtout si y a des indices qui nous font soupçonner.  81
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KawaneKawane   27 septembre 2017
"Les 400 coups" je l'ai aimé, comme film - surtout à la fin quand il s'évade-, mais maintenant que je sais que François Truffaut était le dernier de sa classe, je l'aime encore plus.
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eckmuhleckmuhl   21 novembre 2016
J'ai des ennuies au collège et ça s'entasse avec ceux de la maison mais c'est toujours comme ça : les ennuis, ils attaquent en bande, y a même un proverbe qui dit qu'in ennui n'arrive jamais seul. Tu peux être sûr que si un ennui sonne à ta porte en souriant comme un faux cul avec l'air d'être tout seul, c'est une ruse et que toute la famille de l'ennui avec les frères et sœurs, les cousins-cousines et les oncles et tantes guettent le bon moment pour te sauter dessus quand tu t'y attendras le moins, planqués quelque part derrière un buisson.
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TransfugeTransfuge   18 juillet 2016
C'était un sale recommandé d'accusé comme ma mère s'en redoutait. Un courrier de la Société du Général qui interdit bancaire à mon père, comme ça en trois lignes, c'est décidé qu'il n'a plus le droit de payer rien, tant qu'il n'a pas remboursé ses provisions de chèques. Je comprends pas comment il va faire pour rembourser de l'argent qu'il ne possède pas puisqu'il n'a plus le droit de payer que dalle.
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NemesiaNemesia   30 avril 2016
Tout le monde a besoin de fric mais personne n’en a jamais assez, même ceux qui en ont trop.
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