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ISBN : 2246771714
Éditeur : Grasset (18/08/2010)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.45/5 (sur 967 notes)
Résumé :
Valentine disparue ... Qui la cherche vraiment ?
Entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne, le nouveau roman de Virginie Despentes est un road-book qui promène le lecteur entre Paris et Barcelone, sur les traces de tous ceux qui ont connu Valentine, l'adolescente égarée ... Les différents personnages se croisent sans forcément se rencontrer, et finissent par composer, sur un ton tendre et puissant, le portrait d'une époque.
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Critiques, Analyses et Avis (196) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
  13 septembre 2017
C'est pas bien nouveau, je suis une feignasse. Alors pour m'initier enfin à l'oeuvre de Despentes sans m'enquiller d'emblée les trois tomes de Vernon Subutex (qui nonobstant me tentaient considérablement, merci les zamis babelionautes) j'ai opté pour la facilité avec Apocalypse bébé.
Où l'on découvre une ado fugueuse pistée par une détective un peu paumée, elle-même flanquée d'une consoeur du genre atypique (la Hyène qu'on l'appelle, juste pour donner une idée…)
En marge de ce trio aléatoire l'on dénichera en vrac et principalement
- un écrivain frustré,
- une mère indigne,
- une belle-mère étriquée,
- une religieuse pas nette (comprendre une ecclésiastique chelou, et non un chou périmé).
Et là tout de suite j'ai envie de dire, Virginie, j'adore ton ton (je veux bien qu'on se tutoie si ça dérange pas, sinon pour la blagounette ça le fera pas). Efficace, intelligent, parfois trash, souvent grinçant, ton ton Virginie (pas tata, commencez pas à m'embrouiller vous là-bas) je l'ai grave apprécié.
Mais pas que.
J'ai aimé aussi le déroulement inattendu de l'intrigue, savouré les portraits cyniques et si justes de tes personnages et l'habile alternance de leurs points de vue respectifs, sans oublier la redoutable dimension sociologique de ton propos.
Tranquille, j'ai donc joyeusement dégusté tout ça… pour au final prendre en pleine face le dénouement-qui-déchire sans vraiment l'avoir vu venir (feignasse ET lente à la détente).
Réjouissante lecture, mémorable claque.
Finalement je n'aurais que reculé pour mieux sauter, car à présent bien sûr les Vernon Subutex me tentent plus que jamais.
PAL+ 3 du coup, j'avais bien besoin de ça. Merci Virginie.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Lorraine47
  11 octobre 2015
J'ai été très déconcertée par ce roman de Virginie Despentes. Je suis restée dans le sillage de Lucie Toledo, détective privée et de Louise Bizer, surnommée la Hyène, acienne avocate du barreau de Paris en charge de missions très spéciales dans une quête haletante et rythmée.
Leur objectif: retrouver Valentine Galtan, adolescente en fugue, fille d'un écrivain renommé au succès très relatif.
Les personnages sont croqués au vitriol, écriture "Despentes" oblige!
Mais dans ce roman, priorité à l'action, donc point ou fort peu de dialogues à la "Audiard". Il est vrai que nous naviguons dans des milieux plutôt "bobos". Heureusement que Valentine est là pour relever la "sauce"! C'est pas de la tarte cette gamine, un prénom romantique à l'eau de rose, bien mal porté vous en jugerez par vous-mêmes!
Apocalypse bébé est avant tout une enquête policière avec cette petite touche irrévérencieuse propre à Virginie Despentes. Mais derrière cette plume acerbe, on sent toute la tendresse d'une femme pour l'adolescence délaissée affectivement, et une infinie tolérance pour l'autre quelles que soient ses inclinations sexuelles.
Avec Virginie Despentes, on ressent toujours ce frisson de découvrir les failles cachées, les fragilités sous la force et la vigueur apparentes.
Peu de style direct donc, mais des personnages dont les actes deviennent petit à petit significatifs au fur et à mesure où nous apprenons à les décrypter.
Fulgurant!
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jujuramp
  22 juillet 2017
Virginie Despentes au sommet de sa plume.
Provocante. Sincère. Dingue. Indétrônable. Bouleversante. Choquante.
Valentine, ado rebelle s'il en est, a disparu et nous suivons Lucie et La Hyène, parties à sa recherche. Un duo truculent qui m'a fait parfois éclater de rire pour de vrai (genre t'es dans le métro et tu te marres, sauf qu'en vrai, je prends jamais le métro mais bon, vous m'avez compris).
Comme elle sait si bien faire, Despentes nous parle de gros déglingos, abimés par la vie, de beautés vulgaires adeptes de coke et de sexe ou de rebelles sans cause prêt à tout casser. Tout le monde s'en prend plein la gueule. Elle parle de notre société, de notre époque, comme un Zola en son temps, et chronique des destinées plus ou moins recommandables, égratignant au gré des pages tout ce qui pourrait s'apparenter à du politiquement correct et bordel, que ça fait du bien ! Virginie Despentes, elle secoue son lecteur et s'amuse à souffler le chaud et le froid, le pathétique et le terrible en deux trois phrases. La fin m'a ramassé, éclaté en plein vol. Fini de rigoler …
Difficile de qualifier ce roman. Polar. Roman d'anticipation. Romance trash. Grand roman au final.
Perso, La Hyène entre dans mon panthéon des personnages littéraires inoubliables. Une nana obsédée sexuelle, au verbe haut, violente à l'occase mais tellement cocasse.
On pourrait trouver Despentes trop bobo, trop vulgaire, trop, trop, trop et trop : on aurait sûrement raison.
Mais c'est tellement bon l'excès dans ce monde un peu tiède, en attendant l'apocalypse.
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viou1108
  10 avril 2013
Première fois que je lis un Despentes, et je ne sais pas encore si on m'y reprendra. Je n'ai pas réellement été déçue (je ne m'attendais à rien de précis en le commençant), et je n'ai pas tout à fait détesté. Je l'ai lu parce qu'on me l'a prêté, par curiosité.
Selon moi, l'enquête sur la disparition de Valentine (ado écorchée vive, je me demande comment on peut avoir si peu de respect pour soi-même) n'est pas la partie la plus intéressante, je l'ai trouvée plutôt banale et prévisible dans son déroulement, vu le contexte et les personnages : Lucie, détective plutôt gourde, fait appel à la Hyène, professionnelle du genre, aux réseaux tentaculaires et aux méthodes peu orthodoxes. Pas étonnant donc qu'en quelques coups de poings et/ou de téléphone et/ou de tam-tam, celle-ci localise Valentine. On pressent également le dénouement à partir du chapitre sur Elisabeth.
Le « mérite » de ce livre tient dans sa galerie de personnages et leur excellente analyse.
Après, il faut prendre son parti (ou pas…) de la débauche de vocabulaire grossier, vulgaire, de la violence sous toutes ses formes, des scènes orgiaques et/ou glauques. Il faut également se « farcir » les opinions/réflexions négatives de l'auteur (Apocalypse bébé, ou « Despentes contre le monde entier »), qui flingue tous azimuts (les femmes en particulier), et qui donne l'impression (comme dit dans un autre commentaire) que seul l'amour lesbien est authentique.
Je me suis demandée si ce livre était autobiographique, et si l'auteur, telle une Lucie à côté de ses pompes, ne se rêvait pas en Hyène…
J'ai trouvé la fin totalement bâclée et incohérente par rapport à l'ensemble du récit. En effet, celui-ci est contemporain et réaliste, mais dans les dernières pages part dans un total délire et veut se la jouer anticipation dystopique, en ratant complètement son objectif. le mélange des genres est inopportun à ce stade du récit.
Beaucoup trop de questions restent volontairement en suspens (entre autres, l'objectif d'Elisabeth ou de ses « employeurs » en utilisant Valentine). le but est peut-être d'alimenter la théorie d'un complot universel, mais là aussi l'effet est raté, et j'ai eu la nette impression que Despentes elle-même ne savait pas comment terminer son histoire.
Nihiliste, excessif, trash, violent, l'accumulation m'a écoeurée. Ce livre ne laisse pas indifférent, le plus effrayant étant de se dire que cette fiction n'est peut-être pas si éloignée de la vérité.
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ladesiderienne
  23 octobre 2015
CHALLENGE ATOUT PRIX 2015/2016 (20/20)
Prix Renaudot - Général - 2010
Pardonnez mon manque de culture mais Virginie Despentes, je ne connaissais pas. Parcourant ma PAL monumentale faite souvent de livres troqués ou achetés dans des brocantes, à la recherche d'un prix littéraire pour terminer mon challenge Atout Prix, voilà que je tombe sur ce roman à la couverture jaune fluo et au titre plutôt marrant qui m'évoquait les tribulations d'une mère de famille et de sa progéniture... Ceux qui connaissent comprendront ma méprise. Ma lecture terminée, en me penchant sur sa biographie, je découvre que cette auteure est spécialisée dans le trash et je ne peux désormais que confirmer.
Je suis pourtant entrée très facilement dans l'histoire de Lucie, cette détective privée plutôt banale, chargée par la grand-mère qui la soupçonne de mener une double vie, de suivre Valentine, une adolescente issue d'un milieu bourgeois. Cette dernière ayant échappé à sa vigilance s'est évanouie dans Paris, Lucie se voit donc obligée de partir à sa recherche. Doutant de ses compétences, elle s'adjoint les services de La Hyène, jeune femme aux multiples contacts en tout genre et spécialiste de la traque. La longue descente aux enfers peut commencer car l'adolescente pour oublier sa solitude et le manque d'intérêt de sa famille se réfugie dans le sexe et la drogue et fréquente les milieux les plus sombres.
Virginie Despentes nous dépeint une société moderne dans tout ce qu'elle a de plus laid, où il est très facile pour des jeunes livrés à eux-mêmes de se laisser entrainer dans toutes les dérives. Rien ne trouve grâce aux yeux de l'auteure à part les relations homosexuelles féminines qui occupent une grande partie du roman. Pourtant, malgré la débauche et la violence décrites, j'ai quand même apprécié l'écriture où perce un humour caustique et la finesse de la plume lorsqu'elle n'est pas trempée dans le vitriol. J'ai aimé aussi la construction du roman où les chapitres avec Lucie comme narratrice de son enquête, alternent avec les portraits des différents personnages qui ont côtoyé Valentine.
Ce roman très dense est à la fois un polar d'une noirceur parfois insoutenable et une satire sociale sans concession où l'on s'aperçoit que la richesse ne comble pas le désespoir du cœur chez les adolescents. Évidemment, il faut aller au bout de la lecture pour comprendre le titre. Une lecture assez particulière à laquelle j'accorde un 13/20.
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Citations et extraits (161) Voir plus Ajouter une citation
annesucannesuc   16 octobre 2010
Depuis que je travaille chez Reldanch, j'ai toujours évité de m'intéresser aux gamins que j'ai pistés. Dans le métier, la personne qu'on file s'appelle "la cible", plus on oublie le prénom, mieux on se porte. J'ai un téléphone portable avec objectif Carl Zeiss, angle panoramique et zoom numérique, caméra haute définition et micro son performant. Je m'intéresse davantage à l'état des batteries de mon matériel et aux rayures sur l'objectif qu'à la personne que je traque. Me demander qui est Valentine ne fait pas partie des choses que j'ai apprises à faire. La démarche me semble même contre nature.
Mon portable sonne un peu avant midi, je n'ai pas bougé du sofa où je me suis affalée après le café du matin. Quand je me redresse pour répondre, je me rends compte que j'ai les cervicales défoncées, j'ai dû passer trop de temps dans une position incorrecte, à écouter la radio. J'articule un "allo oui"?" harassé, destiné à faire croire qu'on vient m'interrompre en plein milieu d'une tâche qui réclamait toute ma concentration.
- Salut, c'est la Hyène, t'es où, là?
Comme si on traînait ensemble, tous les jours, depuis des années. Je regrette déjà de lui avoir demandé quelque chose, je me rend bien compte que le plus sage serait de ne pas réussir cette enquête, et d'attendre tranquillement les conséquences néfastes qui en découleraient. Je reste évasive:
- Écoute, là, je me promène à droite et à gauche, là où j'ai vu Valentine... des fois que quelque chose me revienne.
- Tu joues les commissaires Maigret? Tu veux que je t'amène des bières et des sandwichs?
Je ne comprends pas trop son humour, et je trouve sa gaité tapageuse. Je me demande si elle a couché avec la fille hier. Je prends un ton un peu sec:
- Je me prépare à appeler le père pour passer le voir le plus vite possible, je pense qu'il pourrait m'aider à localiser la mère.
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mandarine43mandarine43   25 octobre 2011
Il n'y a pas si longtemps de ça, j'avais encore trente ans. Tout pouvait arriver. Il suffisait de faire les bons choix, au bon moment. Je changeais souvent de travail, mes contrats n'étaient pas renouvelés, je n'avais pas le temps de m'ennuyer. Je ne me plaignais pas de mon niveau de vie. J'habitais rarement seule. Les saisons s'enchaînaient façon paquets de bonbons : faciles à gober et colorés. J'ignore à quel moment la vie a cessé de me sourire.
Aujourd'hui, j'ai le même salaire qu'il y a dix ans. À l'époque, je trouvais que je m'en tirais bien. L'élan s'est ralenti, après mes trente ans, un souffle qui me portait s'est éteint. Et je sais que la prochaine fois que je me retrouverai sur le marché de l'emploi, je serai une femme mûre, sans qualification. C'est comme ça que je m'accroche à la place que j'ai, comme si ma vie en dépendait.

Ce matin-là, j'arrive en retard. Agathe, la jeune standardiste, tapote sa montre du doigt, en fronçant les sourcils. Elle porte des collants fluo jaunes et des boucles d'oreilles roses en forme de coeur. Elle a facile dix ans de moins que moi. Je devrais ignorer son petit soupir contrarié quand elle trouve que je prends trop de temps à enlever mon manteau, au lieu de quoi je bafouille une excuse incompréhensible, et je file frapper à la porte du chef. De l'intérieur de son bureau s'échappent de longs cris rauques. Je recule d'un pas, effrayée. J'interroge Agathe du regard, elle grimace et chuchote «c'est madame Galtan, elle vous attendait devant l'entrée, avant l'ouverture, ce matin. Deucené se fait agonir depuis vingt minutes. Entre vite, ça va la calmer». Je suis tentée de tourner les talons et dévaler les escaliers, sans un mot d'explication. Mais je frappe à la porte, et on m'entend.
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LolokiliLolokili   11 septembre 2017
Il mérite de se faire planter sans qu’elle prenne de gants, parce qu’il ne la fait pas rêver, et ne s’en rend même pas compte, parce qu’il s’excite depuis la veille à l’idée de la grimper alors qu’il ne sait pas la faire rire. Elle le sent piaffer d’impatience. Elle prend sa veste, son sac. Il se redresse, émerge, un peu effrayé parce qu’il pense qu’il part avec elle, l’heure de la baise est arrivée, on y va :
– Tu veux qu’on aille faire un tour ?
Elle ne le regarde pas, elle est déjà debout :
– Merci beaucoup pour le déjeuner. Il faut que je rentre.
– Tout de suite ?
Elle lui a déjà tourné le dos, il doit agiter ses petits bras pour appeler le serveur, fouiller ses poches en maugréant, ne peut pas croire ce qui lui arrive, elle était au bout de son hameçon, séduite, il y était presque…
Quelle plaie.
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LivrespourvousLivrespourvous   06 octobre 2010
On pointe rarement du doigt le vrai ravage dont les journaux féminins et l’industrie cosmétique sont responsables : faire croire à une nation de boudins qu’elles peuvent, en faisant quelques efforts, avoir l’air d’autre chose que de ce qu’elles sont…
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MorriszappMorriszapp   22 septembre 2010
Les Français ont besoin de voir des pauvres qui ne les insultent pas. Ils savent que s’ils montent dans un bus blindé pour s’extasier sur les conditions de vie des pauvres dans leurs banlieues, ils vont se faire brûler le bus. Ca les met dans la détresse : toute cette pauvreté sur laquelle ils pourraient s’attendrir, lâcher une petite pièce et donner leurs vieilles fringues. Mais ces pauvres-là sont méchants. Ca complique les choses, pour la charité chrétienne. (p. 179).
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