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EAN : 9782330126742
207 pages
Éditeur : Actes Sud (02/10/2019)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Qu'est-ce que l'instinct territorial chez les oiseaux ? Vinciane Despret mène l'enquête et, sous sa plume, oiseaux et ornithologues deviennent intensément vivants et extrêmement attachants.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
letilleul
  15 février 2020
Habiter en oiseau est un essai pointu et exigeant de la philosophe Vinciane Despert qui est un plaisir de lecture car elle rends accessible sa théorie du territoire du merle , Avec minutie et subtilité, elle explore l'enchevêtrement des nombreuses théories élaborées par les scientifiques depuis le début du XXe siècle pour tenter d'élucider cette question simple : pourquoi le merle, comme les autres oiseaux, a-t-il besoin d'un territoire où il peut chanter, s'accoupler, parader, se nourrir ou nidifier ?
Cette démonstration est en parallèle une belle histoire des sciences et de la pensée humaine qui montre comment les scientifiques sont aussi empreints de leur temps dans leur théorie...pour retrouver le plaisir de l'instant d'écouter le discours du merle...
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JCLDLGR
  03 août 2020
Je m'attendais à des développements philosophiques à partir d'observations de terrain, mais il s'agit d'une confrontation de différentes recherches scientifiques et philosophiques (l'auteure en profite pour régler  quelques comptes d'ailleurs), dont le résultat reste intéressant (on y apprend beaucoup de choses), mais un peu frustrant, comme si on était invité en forêt, et qu'on se retrouvait enfermé dans un musée, dont tous les objets dataient d'avant 1970.
Dans cette meta-étude ornitho-philosophique, sont abordés autant de sujets sur les biais de recherche liés aux préjugés des ornithologues que de résultats étonnants tirés de recoupements d'observations depuis plus d'un siecle.
Le parti pris de considérer les oiseaux dans toutes leurs nuances, leur sociabilité, touche à la sociologie, voir à la psychologie, et c'est bien là l'intérêt de ce livre.
Le style est simple et évite tout jargon, mais on ressort de la lecture de ce livre en se demandant ce qu'il faut penser des comportements des oiseaux : énormément de questions restent sans réponses, alors que certaines études plus récentes ont fait avancer le sujet.
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keisha
  07 avril 2020
J'espère pour vous qu'il vous arrive d'entendre -et d'écouter- les oiseaux. Cela fait longtemps qu'ornithologues amateurs ou professionnels se posent la question : 'mais pourquoi chantent-ils?' et cherchent à y répondre.
Vinciane Despret, s'intéresse donc à l'histoire des fonctions possibles des territoires, pas en suivant une chronologie, dit-elle, mais 'comme une histoire d'idées, d'intuitions, d'ouvertures, car les territoires et les oiseaux font penser, et c'est cela qui m'intéresse.' Controverses, idées abandonnées qui reviennent, peu importe, elle ne va pas forcément trancher. Les ornithologues font beaucoup paraître de leur société et de leurs personnalités.
Alors, compétitions? Bagarres? Recherche d'une femelle? Besoin de nourriture? Ou besoin de voisinage? Que penser des recherches en laboratoire? A une époque on pouvait tuer les oiseaux pour 'évaluer ce qui se passerait si l'oiseau n'était pas là'.
Tout cela se termine par une magnifique description des chants d'oiseaux parfois différents et leurs choeurs interspécifiques (étudiés bien sûr par des bio-acousticiens).
Ensuite, à chacun d'écouter, après tout.
L'auteur, philosophe et psychologue, enseigne à l'université de Liège. On se dit 'houla ça va être imbuvable, illisible et plein de mots compliqués'. Hé bien non. Même si elle convoque Serres et Deleuze en passant, le tout demeure d'une extrême fluidité et d'une vivacité réjouissantes. Elle n'hésite pas à laisser transparaître ses opinions, discute, s'interroge, et donne une furieuse envie d'aller écouter les oiseaux...
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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Notos
  04 août 2020
DÉCONSTRUIRE NOS PERCEPTIONS
Voilà un de ces livres qui changent durablement la perception qu'a le lecteur du monde qui l'entoure. Par une écriture tirée au cordeau, une réflexion où la sensibilité se déploie avec une exigence rare, Vinciane Despret réussit l'étonnant tour de force de bouleverser énormément d'idées reçues sur l'altérité du monde sauvage avec une fluidité inattendue, mêlant la magie de l'étonnement à la rigueur scientifique.
Sous couvert d'étudier les habitudes étranges des oiseaux, l'auteure questionne en réalité les nombreux concepts humains qui ont jalonné les découvertes scientifiques jusqu'à aujourd'hui, nous invitant à ne pas rester enfermés dans nos théories préconçues, mais plutôt à ouvrir les fenêtres pour laisser entrer le chant des oiseaux et leurs mystères.
La question centrale du livre est celle du territoire, apparemment anodine : les oiseaux défendent un territoire, mais quel est ce territoire qui ne figure sur aucune carte ? Qu'est-ce qu'un territoire, en fin de compte ? Pourquoi le font-ils ? Comment comprendre les mobiles d'animaux si différents de nous autres, humains curieux ?
En comparant un nombre impressionnant de recherches, d'études, de théories et de découvertes, Vinciane Despret nous invite à transformer la cacophonie des errances théoriques en un concert où chaque découverte trouve sa place pour répondre, nuancer et affiner nos perceptions sur le monde sauvage.
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DoubleMarge
  12 juillet 2020
"Le délicieux essai de la philosophe belge Vinciane Despret, Habiter en Oiseau, nous fait parcourir de multiples facettes et dimensions de la notion de territoire quand les humains les plus divers, des naturalistes amateurs aux chercheurs chevronnés, la découvrent appliquée, ou l'appliquent selon leurs préjugés, chez les animaux. L'ouvrage est construit, car il s'agit en partie de territoires sonores, en accords (les deux parties) contenant eux-même des chapitres et contrepoints. Il nous permet de rencontrer des naturalistes dont certains ou certaines sont passionnantes, à l'instar de Margaret Nice et des bruants installés autour de sa maison en Ohio, dont elle connaissait 136 individus assez bien pour distinguer les mâles par leur chant. D'autres sont moins abordables, et n'ont pas ce rapport de curiosité intense et de respect pour les animaux qu'ils étudient. En somme, chaque fois qu'on apprend assez des animaux pour les différencier et connaître leur caractère et leurs interactions personnelles, on s'aperçoit que les lois rigides de comportement dont les humains les affublent ont sensiblement le même impact sur eux que le code de la route sur les conducteurs de véhicules : aucune règle n'est autre chose qu'une règle, certains seront plus enclins que d'autres à s'en affranchir à l'occasion."
Les petits papiers de Lonnie (Extrait) in DM
Lien : https://doublemarge.com/habi..
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critiques presse (3)
Actualitte   21 janvier 2020
Une vision multipliant résolument les interprétations des comportements pour que, comme le synthétise Baptiste Morizot en postface au livre, celles-ci « s’accumulent et se composent au lieu de s’annuler ». Jusqu’à explorer une socialisation inter-espèces sur un même territoire.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Telerama   23 décembre 2019
Depuis vingt ans, la philosophe belge interroge l’éthologie animale dans des livres où les animaux lui servent de matière à penser. Dans son dernier essai, elle nous invite à puiser dans l’écoute et l’observation des oiseaux des ressources pratiques pour nourrir des formes de vie humaine plus libres et intelligentes.
Lire la critique sur le site : Telerama
Bibliobs   09 décembre 2019
Attention : ce livre est un petit miracle. Un de ces bijoux que la philosophie offre de temps en temps, lorsqu’elle parvient – équilibre périlleux ! – à marier la précision de la pensée et la malice du regard. Un livre qui émerveille tout en nous faisant voir le monde autrement. Un récit qui mélange sans les confondre les faits scientifiques et les interrogations subjectives.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
letilleulletilleul   15 février 2020
Il s’est d’abord agi d’un merle. La fenêtre de ma chambre était restée ouverte pour la première fois depuis des mois, comme un signe de victoire sur l’hiver. Son chant m’a réveillée à l’aube. Il chantait de tout son cœur, de toutes ses forces, de tout son talent de merle. Un autre lui a répondu un peu plus loin, sans doute d’une cheminée des environs. Je n’ai pu me rendormir. Ce merle chantait, dirait le philosophe Étienne Souriau, avec l’enthousiasme de son corps, comme peuvent le faire les animaux totalement pris par le jeu et par les simulations du faire semblant2. Mais ce n’est pas cet enthousiasme qui m’a tenue éveillée, ni ce qu’un biologiste grognon aurait pu appeler une bruyante réussite de l’évolution. C’est l’attention soutenue de ce merle à faire varier chaque série de notes. J’ai été capturée, dès le second ou le troisième appel, par ce qui devint un roman audiophonique dont j’appelais chaque épisode mélodique avec un “et encore ?” muet. Chaque séquence différait de la précédente, chacune s’inventait sous la forme d’un contrepoint inédit.
Ma fenêtre est restée, à partir de ce jour, chaque nuit ouverte. À chacune des insomnies qui ont suivi ce premier matin, j’ai renoué avec la même joie, la même surprise, la même attente qui m’empêchait de retrouver (ou même de souhaiter retrouver) le sommeil. L’oiseau chantait. Mais jamais chant, en même temps, ne m’a semblé si proche de la parole.
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DoubleMargeDoubleMarge   12 juillet 2020
... ne pas oublier que ces chants sont en train de disparaître, mais qu’ils disparaîtront d’autant plus si on n’y prête pas attention. Et que disparaîtront avec eux de multiples manières d’habiter la terre, des inventions de vie, des compositions, des partitions mélodiques, des appropriations délicates, des manières d’être et des importances. Tout ce qui fait des territoires et tout ce que font des territoires animés, rythmés, vécus, aimés. Habités. Vivre notre époque en la nommant « Phonocène », c’est apprendre à prêter attention au silence qu’un chant de merle peut faire exister, c’est vivre dans des territoires chantés, mais c’est également ne pas oublier que le silence pourrait s’imposer. Et que ce que nous risquons bien de perdre également, faute d’attention, ce sera le courage chanté des oiseaux.
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letilleulletilleul   15 février 2020
La biologie et l’éthologie du XXIe siècle atteignent désormais un degré de précision suffisant pour distinguer les individus et les envisager avec leurs personnalités et leurs histoires de vie singulières. C’est une approche biographique du vivant. En allant à la rencontre des animaux sur leurs territoires, ces auteurs partent en “mission diplomatique” au cœur du monde sauvage.
Ils deviennent, au fil de leurs expériences et de leurs aventures, les meilleurs interprètes de tous ces peuples qui n’ont pas la parole mais avec lesquels nous faisons monde commun. Parce que nous partageons avec eux les mêmes territoires et la même histoire, parce que notre survie en tant qu’espèce dépend de la leur, la question de la cohabitation et du vivre-ensemble devient centrale.
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cathpiercathpier   17 novembre 2020
Dès lors que l'on prend au sérieux le fait que l'événement territorial a réorganisé les fonctions agressives en fonctions expressives, on donnera raison à Souriau : le vainqueur n'est pas le meilleur combattant mais le meilleur acteur. On comprendra mieux alors ce que signifie ce que Nice, avec beaucoup de sagacité, appelait des "rôles" chez ses bruants chanteurs. Des rôles qui "prennent" les acteurs, qui les possèdent (ce que savent tous les bons acteurs qui connaissent les risques du métier), des puissances qui parfois les débordent - et c'est pareil quand le jeu dérape, quand l'animal est débordé par son rôle; quand, de forme, l'agressivité repasse en force. Et il y a peut-être également, dans les conduites territoriales, quelque chose qui, parfois, relève du "c'est plus fort que moi". Ces postures extravagantes et stéréotypées, ces chants répétés à l'infini, ces couleurs exhibées non seulement expriment des forces à l’œuvre - magie des apparences, me soufflait Moffat, capables d'opérer à distance pour tenir à distance - mais ils les activent également. Le philosophe Thibault De Meyer dit à propos de certains ornements qu'ils peuvent être comparés à des masques de rituels : non seulement ils affectent les autres, mais ils affectent également ceux qui les portent, ils "les rendent capables", dit-il. Ce sont, écrit-il encore, des activateurs de puissance. Il continue : "les masques ne viennent pas créer ex nihilo des puissances, ils transforment des puissances discrètes, les amènent sur un plus grand théâtre, les transportent dans d'autres territoires. Ce qui le conduit à proposer de penser l'art comme un jeu qui cherche et active des forces discrètes, existant en germe simplement. Détournement, activation, déterritorialisation - au service de ce qui devient de l'art, et dont la territorialisation incontestablement relève, Souriau, Deleuze et Guattari, Adolf Portmann, Jean-Marie Schaeffer et bien d'autres l'ont proposé.
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cathpiercathpier   17 novembre 2020
Ce malaise était d’autant plus aigu que Mille plateaux constitue une véritable machine à créer des concepts, que c’est un livre difficile, intimidant sans pourtant relever de ce que Deleuze appelle, parlant de la philosophie, une « entreprise d’intimidation », une entreprise qui vise à bloquer la pensée.

Au contraire : de part en part, justement, ce livre veut faire penser. Et c’est comme cela qu’il me fallait apprendre à le lire, en me laissant guider non par des mots, mais par des gestes, par des rythmes, par des ruptures, par des bégaiements, par des hoquets, par des affects. Sortir de la routine qui guidait ma lecture des articles scientifiques, routine consistant à glaner des informations, à répertorier des faits et des savoirs. J’allais l’oublier, la philosophie n’a pas pour tâche d’informer, mais celle de ralentir, de se désaccorder, d’hésiter. Se désaccorder pour trouver d’autres accords. Faire bifurquer quand cela va trop droit. S’allier à des puissances. Donner aux faits un pouvoir que l’on n’a pas et qu’il faut apprendre à construire avec eux, celui d’effectuer, d’avoir des effets et des effets inattendus. Ce sont des mouvements que je suis en train de décrire ici, et c’est cela qu’il s’agissait d’apprendre avec Deleuze et Guattari. Quitte également à ce que ces mouvements ne leur soient pas fidèles – les comprendre à ma manière en somme (non plus se référer à eux, alors, mais interférer avec eux). Bref, enfin entendre ce qu’ils se sont évertués à nous faire entendre : il ne faut pas interpréter, il faut expérimenter.
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Videos de Vinciane Despret (54) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vinciane Despret
La philosophe et psychologue Vinciane Despret passe par la littérature pour donner la parole à un peuple qui ne l'a pas, des poulpes aux araignées, dans "Autobiographie d'un poulpe et autres récits d'anticipation" (coll. "Mondes sauvages", Actes Sud, avril 2021).
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