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ISBN : 2757803646
Éditeur : Points (05/04/2007)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 59 notes)
Résumé :
"Je retaperais bien un petit coup sur les jeunes. D'abord parce que je les hais vraiment. Ensuite, parce que je sais qu'ils forment la majorité des gens qui s'abaissent à écouter ces chroniques."
Pour la seconde fois, on retrouve les chroniques quotidiennes de Pierre Desproges sur France Inter : féroces, sarcastiques, provoquantes et follement drôles.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Hugo
  28 janvier 2014
Laissez moi vous conter cette mésaventure fort(e) contrariante qui m'est arrivée la semaine dernière :
Il était 19 heures, je rentrais du boulot, et là que vois-je étalé honteusement dans ma cage d'escalier : "de la terre plein partout…"
Le lendemain, un de mes voisins écrit un petit mot pour nous faire part de son mécontentement légitime vis à vis de cette terre étalée honteusement aux yeux de tous dans notre charmante cage d'escalier… un mot qui rappelait la politesse et les bonnes manières pour une entente très cordiale entre nous tous mais aussi pour le respect tout aussi légitime des femmes de ménage…
Dans ma tête je me joins de tout coeur avec cet héros anonyme à la politesse exemplaire qui a eut ce courage que j'avais la flemme d'avoir…
Oui mais le surlendemain, un nouveau mot fait son apparition et celui-là je l'ai piquer pour vous en faire part :
Voisine coupable et très en colère
« Le minimum de savoir vivre aurait été de venir frapper à la porte pour en parler, mais c'est bien plus facile de manière anonyme, j'en conviens.
Venez donc en discuter de vive voix , nous en serons ravis de vous enseigner le métier d'ouvrier.
Dur métier comme celui de femme de ménage mais ne devez pas connaitre ça…
Avant de juger les gens et donner des leçons, assurez vous de savoir à qui vous parlez.
C'est une façon puérile et pas respectable de s'adresser à ses voisins… Un mot de menace dans une cage d'escalier… de grâce nous ne sommes pas dans une cité !!! »

Alors moi j'ai voulu répondre :

« Chers voisins d'amour…
Appelons ce mur le mur des lamentations voulez vous ?… scotchons nos plus jolies proses à mi-hauteur entre le Rez de chaussé et le premier étage… invitons nous à nos joutes verbales aussi passionnantes que rigolotes… J'aurais préféré ne pas mêler le petit peuple du rez de chaussé à nos affaires, mais ce qui est fait, n'est plus à faire…Pourvu qu'ils sachent lire pour en profiter….
Enfin bref, moi aussi comme vous, je trouvais tellement lâche ce petit mot anonyme… non mais franchement on n'a pas idée de rappeler à tous les règles de politesse pour préserver cette joie immense d'une vie en copropriété, loin des cités contemporaines que nous haïssons tous secrètement : tags, bruits, dépouillage de petites vieilles, agressions sanguinaires, coups de kalachnikov à mobylette au numéro 13...ah non par pitié que le dieu de la copro soit avec nous et avec nos écrits : mais pas avec ces racailles du rez-de-chaussé…
Bon de toute façon gaulé comme je suis, j'aurais fait ça aussi courageusement que anonymement … alors petite bite, lâche, pédé, un peu de tout ça à la fois c'est vrai (sauf pour le dernier depuis que je sais ce que ça veut dire) … mais surtout je suis pacifiste, de plus je ne suis pas très à l'aise avec la violence verbale, et physique encore moins…
Mais bizarrement en tant qu'ancien ouvrier, je comprends tout à fait que l'on puisse par conscience professionnelle semer de la terre partout sans pour autant se scandaliser… Bah ouais je comprends : moi aussi j'ai bouffé des sandwichs à la rosette le midi, je sais ce que c'est le froid à 6h00 du mat et les heures supp pas payées, chienne de vie hein !
Et puis un jour, j'ai dit : « rien à foutre je me casse », j'ai arrêté d'être ouvrier pour essuyer mes pompes avant d'entrer, respectant ainsi la moquette de mon escalier usée par les coups d'aspirateurs répétés de nos femmes de ménage qui doivent nous trouver bien dégueulasses…
La classe quoi !
Donc moi quand j'ai vu toute cette terre, il y a plein de trucs qui me sont passés par la tête : mort, torture, lapidation… Et après je me suis calmé me rappelant soudainement comment j'étais gaulé… Mais j'ai quand même mené une enquête minutieuse pour découvrir qui était l'auteur de ce terrible méfait… pas de loupe dans ma sacoche d'ex-ouvrier, donc impossible à déterminer qui à fait quoi, fait chier, j'imaginais déjà la scène :
Ding dong
Moi : bonsoir (ouais je travaille la journée comme les ouvriers, mais je me souviens d'ou je viens hein !)
Coupable : bonsoir
Moi : voilà il y a de la terre partout dans le couloir et en suivant les traces j'arrive devant votre porte
Coupable : Ah ouais, et alors vous m'agressez petit nain chauve…
Moi : allons non, je m'excuse de vous importuner, mais voyez vous, tout cela m'agace déraisonnablement, j'ai même pensé pendant une seconde (plutôt 10 bonnes minutes) à aller chercher mon cutter pour vous lacérer la gueule…
Coupable : Monsieur nous ne sommes pas dans une cité…
Moi : C'est pour ça que je me suis calmé…
Coupable : Savez vous ce qu'est un ouvrier monsieur ?
Moi : quelqu'un qui fout de la terre partout ?
Coupable : exactement
Moi : Désolé je ne me souvenais plus, ça fait 10 ans que j'ai arrêté vous comprenez… Mais comment ça se passe si il avait eu envie de pisser entre deux étages ?
Coupable : Vous êtes con ou quoi…
Moi : un peu de des deux pour être honnête mais j'ai une petite préférence pour le premier…Bonne soirée…

En même temps tout me gonfle : les cartons qui ne sont pas pliés dans le local poubelle, étalés ça et là au gré de l'humeur de chacun, je ne parle pas des gravats qui n'ont rien à foutre là et l'odeur enivrante du tabac froid, non ça je ne vous en parlerais pas, car après je vais passer pour un vieux con aigri agacé, mais pas rancunier donc inutile de venir me crever les yeux…. C'était juste un petit coup d'aspirateur à passer vite fait pour préserver cette ambiance de dingue qui caractérise depuis 3 ans le bâtiment C
Ah la chouette vie en copropriété….
Veuillez agréer mes chers voisins d'amour mon respect le plus sincère
Hugo du 2ème au fond à droite… »
Choupette m'a interdit de le scotcher prétextant que mon humour était souvent incompris…
« Quant au mois de mars, je le dis sans aucune arrière pensée politique, ça m'étonnerait qu'il passe l'hiver… » (Desproges)
A plus les copains…
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Crossroads
  20 avril 2012
Pierre Desproges disait que l'on pouvait rire de tout mais pas avec n'importe qui ! Preuve en est , s'il en était besoin , avec ce recueil de chroniques qu'il tenait , alors , quotidiennement sur France Inter ( Février – Juin 86 ) , chroniques qu'il cloturait immanquablement par un «  Quand au mois de Mars , je le dis sans arriere pensée politique , ça m'étonnerait qu'il passe l'hiver «  ou bien encore par un «  Quand à ces féroces soldats , je le dis , c'est pas pour cafter , n'empeche qu'y font rien qu'à mugir dans nos campagnes «  . Qui a dit loufoque , décalé , absurde ?
C'était ça la patte Desproges . Une propension à rire de tout et de tous dans un style inimitable ! Acide , corrosif , décapant, noir...un humour immédiatement identifiable fait de phrases interminables que l'on déroule , le sourire en coin , dans l'attente du tacle malicieux et définitif de cet Auguste trop tot disparu . Provocateur patenté , cet amoureux du beau texte , cet orfevre de la langue Française était un véritable sniper qui faisait mouche plus souvent qu'à son tour ! Religion , politique , hédonisme , armée...aucun tabou , aucune limite si ce n'est celle de la flagornerie , de la facilité ou de la complaisance . La maladie fut l'un de ses sujets de prédilection , maladie face à laquelle il rendit les armes , un méchant cancer ayant eu raison de ses bouffonneries en 1988 , l'emportant à l'age précoce de 49 ans! « Noël au scanner , Pâques au cimetiere «  ! «  Plus cancéreux que moi , tumeur «  ! Se sachant condamné , il restait cependant lucide quand à ses chances d'en réchapper , n'hésitant pas à toujours user à l'envie d'une auto-dérision morbide aussi bienfaisante qu'illusoire . Il milita jusqu'au bout pour le droit à partir dans la dignité...
Desproges n'est plus . Il a tiré sa révérence sur un dernier canular , nous léguant , cependant , une oeuvre burlesque intemporelle mais surtout une immense tristesse...
Merci à Malaura pour ces inédits salvateurs au pays aseptisé du trop politiquement correct...
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
CrossroadsCrossroads   17 avril 2012
- Bonjour Monsieur !
- Bonjour Monsieur , répond le chauffeur ( de taxi ) , aussi jovial , mais plus sarrasin .
- Voulez-vous me conduire à la Maison de la radio , s'il vous plait ? dit le jeune homme (...)
- Kéké ti dis ? demande le chauffeur
- Je dis : Voulez-vous me conduire à la maison de la radio ?
- Kéké ti dis ?
- (Articulant ) Je voudrais aller à la Maison de la radio .
- Kéké ti dis ? (...)
( Retenu ) " tu te calmes , il fait beau , tout va bien .Tu te calmes , il fait beau , tout va bien " se répéta le jeune homme .
( Chantant ) Eh bien voilà . Je voudrais me rendre à la maison de la radio . Vous avez entendu parler de la Maison de la radio ?
- Kéké ti dis ?
- ( Crescendo ) La Maison de la radio...Ce grand batiment en rond , au bord de la Seine , avec du joli gazon devant...Il y a des studios de radio , France-Inter , France-Musique , tout ça...La Maison de la radio , quoi .
- Kéké ti dis ?
- Bon . Allez . L'adresse c'est dans le XVIe . C'est 116 quai Kennedy . Quai Ken-ne-dy .
- Voui , voui , kiki-ti-di c'est qui j'dis .
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CrossroadsCrossroads   17 avril 2012
La presse française , unanimement , a déploré les lourdes pertes pour l'esprit et le talent de ce pays qu'ont été les disparitions presque simultanées de Simone de Beauvoir et Jean Genet , six ans apres Sartre . On regrettera longtemps ces écrivains mineurs qui ont couché leurs plus belles pages à la terrasse du Flore pendant que les cons faisaient de la Résistance . Et qui n'hésitèrent pas , à leur tour , à prendre le maquis dès 1946 .
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CrossroadsCrossroads   17 avril 2012
" Ah salut , qu'est-ce que tu fais là ? s'écria-t-elle .
- Je vais à Bruxelles , j'ai un train à 11h17 . "
C'est là qu'elle a dit :
" C'est pas possible ! "
Mais moi , je savais bien que c'était possible . C'était marqué sur mon billet : 11h17 ! Salope ! Sournoise ! Méchante ! Durassienne ! Pourquoi cette fausseté dans les rapports humains ? Pourquoi le mépris ? Pourquoi le dédain ? Ou est Dieu ? Que fait la police ? Quand est-ce qu'on mange ?
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CrossroadsCrossroads   17 avril 2012
Ça y est . Ça recommence . Y a ma libido qui me chatouille . J'arrive plus à bosser . Coucher , baiser , sauter , y a plus que ça qui compte , je n'arrete pas . Samedi , j'étais tellement obsédé que j'ai sauté deux repas , j'ai baisé le fisc , et j'ai meme couché...avec allégresse , quelques alexandrins sublimes sur le déclin de la rose .
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CrossroadsCrossroads   22 avril 2012
Dans le groupe Indochine , personne n'a le bac . Est-ce que ça les a empéchés de s'affirmer en tant que cornes de brume ?
" Le bac , ça permet de voir du pays " , disait Balavoine . Vous avez vu ou ça l'a mené...
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"Les juifs", Desproges s'explique.
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