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EAN : 9782743629717
221 pages
Payot et Rivages (04/02/2015)
3.72/5   73 notes
Résumé :
Sur une côte nordiste industrielle et fantomatique, sept personnages en déshérence survivent au jour le jour, poursuivis par un passé dont la noirceur ne les empêche pas de faire preuve de courage.
Que lire après Le chemin s'arrêtera làVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
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Un ciel gris, un vent qui fait tourner à plein régime les pales des éoliennes et s'envoler le sable, une côte qui se désindustrialise, une écluse qui voit passer d'énormes minéraliers, un vieux blockhaus pour terrain de jeu. Des hommes et des femmes survivent ici, dans cette région du Nord. Il y a d'abord Louis qui vit avec son oncle Michel depuis que sa mère s'est fait renverser par un camion en pleine nuit il y a 10 ans. Jérôme et sa maison dans les dunes qui dépérit au fil des saisons. Sylvie qui a quitté Michel et qui se meurt aujourd'hui d'un cancer. Cyril et sa fille, Mona, qui vivent dans une caravane au milieu de l'ancienne zone industrielle. Cyril qui regarde un peu trop Mona faire sa toilette le soir. Wilfried, pêcheur en surcasting, qui semble fuir sa maison et surtout sa femme tyrannique. Gilles, lui, fuit autant que possible les coups de son père. Des vies qui s'entremêlent. Des vies presque en friche...

Tout est gris dans ce roman, le paysage enlisé, les personnes embourbées, les vies ravagées. Pascal Dessaint n'a pas son pareil pour raconter la vie des gens et dresse le portrait de 6 hommes et 1 femme au passé tragique. Qu'ils se connaissent ou non, chacun est lié à un autre. le malheur et la misère pèsent et semblent les envelopper. Dans ce roman social profondément noir, l'on étouffe presque sous cette chape de plomb. Pas l'ombre d'une étincelle. Pas une once d'espoir. Seulement des blessures et des souffrances pour ces laissés-pour-compte. Pascal Dessaint décrit brillamment, avec humanité et profondeur, ce quotidien qui mine et nous livre un roman choral à l'écriture à la fois enragée et poétique.

Le chemin s'arrêtera là pour certains. Pascal Dessaint, on l'espère, lui, continuera...
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Le Nord, encore et toujours.
Tout autant que cette région, Pascal Dessaint aime ces gens qui ont dans le cœur le soleil qu'ils n'ont pas dehors. Avec Enrico, ils sont deux.
Enfin, soleil, soleil, c'est vite dit pour certains.
Si les anges y avaient élu domicile, ça se saurait.

Ils sont autant que les sacrements, les nains, les mercenaires...la renommée en moins. Pour ce qui est des péchés capitaux, certains auraient même tendance à cumuler.
Perdus entre ciel et mer.
Survivant pour la plupart en cette contrée sauvage balayée par les vents.
Oubliés de la croissance, les délocalisations ont oeuvré en ce sens.
Aide-toi, le ciel t'aidera qu'il disait.
Sympa Aesope mais visiblement le facteur a égaré la riposte céleste. Accusé de réception au tarif lent, j'imagine.
C'est pourquoi ils vivotent.
Se démènent dans un morne quotidien qui exacerbe désormais les penchants les plus vils.
Cependant, si tous n'ont pas baissé les bras, ils possèdent unanimement cette noirceur annonciatrice du pire.

Décidément, Dessaint confirme cet admirable talent découvert il y a peu.
Deux atouts récurrents : des particularités régionales dépeintes avec brio et l'Humain dans toute sa splendeur, voire son indignité.
Le récit est lent, authentique et structuré.
Tel un maître queux, l'auteur élabore sa recette avec raffinement et savoir-faire.
Dessaint ne se dévore pas, il s'apprécie, se savoure posément.
Aussi tragique que fascinant, Le Chemin S'arrêtera Là dépeint le combat journalier de ces damnés de la terre.
Aussi lumineux qu'un soir d'éclipse en plein tunnel pour un adepte du braille, il parvient toutefois à vous inoculer la dose d'espoir nécessaire à votre intégrité mentale pourtant à deux doigts de verser dans le côté obscur de la force.
L'homme est un loup pour l'homme.
Dessaint est son berger.
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Une digue de....dingues
pris en sandwiche entre un amas de dunes, un gros filet huileux de mer du nord et une zone industrielle fumeuse
avec pour horizon des chantiers méthaniers et une centrale nucléaire....
Rien de bien appétissant et de réjouissant
C'est pourtant dans ce no man's land apocalyptique
que survivent une tripoté de personnages
à la marge, rejetés et virés comme des déchets.
Y en a qui font du camping sauvage,
d'autres qui éclusent pas mal
ou encore qui pêchent en surfcasting...
Des portraits sans couleurs
sauf pour Jérôme qui détonne dans ce paysage gris avec sa perruque bariolée
Pas de jaloux, Pascal Dessaint leur donne la parole à tour de rôle
et le tableau de ses naufragés de la vie
prend forme par petites touches noires.
Des fêlures comme bagages,
de sales histoires qui refont surface,
des idées de vengeance, des filets tendus
Mais aussi une lueur d'espoir qui perce dernière les nuages.
Ouf on respire enfin
dans ce très bon roman noir de Pascal Dessaint
qui ne s'arrête jamais là où on l'attend.
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Il faut reconnaitre à Pascal Dessaint l'art de jongler avec les mots avec une maestria incontestable. Ici, tout est gris, tendance foncée, la vie n'a rien d'un long fleuve tranquille, on est plutôt dans affreux, sales et méchants. Comment trouver ne serais-ce qu'un minuscule coin de ciel bleu dans cette grisaille qui anesthésie tout espoir ?
Dessaint se mérite, le style est là, chaque mot bien à sa place, pas de superflu. Ses personnages fracassés mais qui restent debout, malgré les vacheries, les horreurs, les rancoeurs, et quand l'un tombe pas d'éclaircies à l'horizon, le tunnel semble sans fin. du social dur, désespéré (désespérant ?) qui confirme le grand talent de Dessaint.
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Nom : on ne sait pas, et c'est pas grave
Prénom : Cyril (ou Jérôme ou Wilfried ou Michel ou Gilles... chacun porte une croix)
Sexe : de frustrant (attouchements à la va-vite) à sordide (viol, inceste, femmes prédatrices répugnantes et cruelles)
Date de naissance : il y a longtemps, même les plus jeunes sont usés
Lieu de naissance : une ville côtière au nord de la France
Profession : sans (pas encore, ou au chômage) ou boulot pénible
Profession des parents : OS
Loisirs : pêcher, picoler, regarder les oiseaux, les bateaux, refaire un crépi qui ne tient pas, se venger sur les autres de sa vie de lose

De Pascal Dessaint, j'avais lu 'Les derniers jours d'un homme'. J'avais beaucoup aimé le contexte et les idées, moins l'intrigue.
Expérience moins enthousiasmante avec cette deuxième découverte :
- je me suis perdue dans les personnages, trop nombreux, trop semblables (et pourtant je prends des notes)
- j'avais un mal fou à visualiser cette côte d'acier, de béton, de fumée, avec sa centrale, ses usines, ses gigantesques bateaux, ses blockhaus, ses oiseaux (j'appliquais tant bien que mal des images de Saint-Nazaire)
- j'ai trouvé excessive l'accumulation de guignes et de violence (même si je sais que ça existe, une telle poisse, notamment dans les zones économiquement sinistrées).

Cet ouvrage m'a fait penser à 'D'acier' (Silvia Avallone), 'Les vivants et les morts' (Gérard Mordillat), 'Rafael derniers jours' (Gregory Mcdonald), 'Mystic River' (Dennis Lehane) - autres romans 'sociaux' que j'ai trouvés à la fois plus subtils et plus intenses.
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critiques presse (1)
LeSoir
09 avril 2015
Un roman âpre et rugueux.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Dans le meilleur des mondes, on ressortirait les guillotines. Ce n'est plus les châteaux en pierre qui seraient pris d'assaut, mais les tours vitrées des multinationales. Je saisirais certains gros bonnets à pleines couilles et leur ferais recracher tout ce qu'ils nous avaient pompé.
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J'aimerais raconter le vent qui mugit dans l'acier, et puis notre méchanceté. La méchanceté est en nous, tout particulièrement. Parfois, je me demande si ce n'est pas plus justement de la cruauté.
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Quand on est enfant, les adultes paraissent souvent plus imposants qu'ils ne le sont en réalité. C'est dans cette illusion que naît le respect pour une personne, un respect qui demeure quelquefois toute la vie.
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De nos jours, il fallait faire preuve de flexibilité, de souplesse et d'adaptabilité ! Sans rire, on causait comme ça dans les journaux, même à la télévisions; C'étaient des qualités indispensables dans le contexte économique. Sûr, le contexte n'était pas bon, et d'aussi loin que je me souvenais, il n'avait jamais été beaucoup mieux, à part pour les gros qui continuaient de s'enrichir.
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La digue n’était pas toujours accessible et, pour empêcher les gens de venir, on levait le pont de chaque écluse. Mais la plupart du temps, c’était ouvert, et certains jours ça se bousculait, malgré les panneaux d’interdiction de circuler, il y avait de la place pour tout le monde, parfois tellement de monde qu’on se serait cru sur la Côte d’Azur, à la condition de tourner le dos aux usines bien sûr.
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Vidéo de Pascal Dessaint
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