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Critique de Renod


Renod
  01 janvier 2017
La digue du Braek à Dunkerque offre un contraste saisissant entre nature sauvage et industrialisation massive. Il y a d'un côté la Mer du Nord, des plages aux dunes de sable parsemées d'oyats et une faune extraordinaire : pingouins, phoques, faucons ou harles. De l'autre s'agrègent des usines chimiques dont les cheminées lâchent de vilaines fumées, une centrale nucléaire et des lignes à haute tension. De vastes cargos remontant les canaux se dessinent à l'horizon. La digue est isolée du reste du monde lorsque le pont de l'écluse reste levé. Certains ont fait le choix de s'y installer : un homme et sa fille font du camping sauvage au coeur de la zone industrielle, un autre végète dans une maison délabrée perdue au milieu des dunes, un dernier loge avec son neveu dans l'ancien poste de commandement de l'écluse. S'ajoute à cet inframonde un pêcheur qui, s'il habite dans une cité de la ville, passe ses journées le long du littoral à surveiller ses cannes. Les premières pages du roman sont plombantes, on croirait lire le rapport d'activité d'une assistante sociale d'Outreau. La dédicace de l'auteur sur mon ouvrage ne mentait pas : « Ainsi parfois vivent les hommes… C'est effrayant ». Chaque personnage porte sa croix : deuils, précarité, exclusion, ruptures amoureuses ou amicales, violences conjugale ou parentale… On a beau aimer le roman « noir », là c'est du lourd. Mais si le récit s'enfonce, certains personnages progressent avec en filigrane la parabole du scarabée. Il faut apprendre à ne pas se résigner à la fatalité du malheur.

« Le chemin s'arrêtera là » est un roman choral d'une grande noirceur. Les personnages sont écrasés par le capitalisme sauvage. Ce n'est pas un hasard si le livre débute avec des citations de Zola et Thompson. Pascal Dessaint a su parfaitement utiliser la digue du Braek pour mettre en scène ces histoires d'humanité désenchantée. Elle lui permet également de donner une place centrale à la nature. Son observation est une véritable épiphanie dans un monde sombre et brutal.
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