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EAN : 9782743640781
Éditeur : Payot et Rivages (27/09/2017)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Boris, naturaliste, prépare des dossiers pour cautionner les projets controversés des industriels qui l'emploient. Il se retrouve dans une région de dunes où s'affrontent les intérêts du riche propriétaire d'une maison luxueuse construite grâce à des passe-droit, des promoteurs d'une unité de stockage de produits dangereux, et d'opposants écologistes.
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  30 novembre 2017
À 36 ans, Boris est naturaliste chez Nature&Co, un cabinet spécialisé dans la contre-expertise, au service des entreprises et industriels qui l'emploient. Autrement dit, il est du côté des méchants. En ce moment, il travaille sur un projet très controversé : l'implantation d'une unité de stockage de matières dangereuses dans les Landes. Un projet d'autant plus controversé que c'est justement là qu'une espèce rare de libellule a pris ses quartiers. Boris s'est installé, pour un temps, dans un gîte au milieu des pins, tenu par un charmant couple à qui, évidemment, il n'a pas mentionné le but de son séjour. Une mission bien délicate pour lui d'autant qu'il s'est lié d'amitié avec Pépé, un odonatologue qui compte bien faire capoter ce maudit projet...
Une grande villa futuriste sur le trait de côte, à quelques kilomètres de la station balnéaire. Une construction rendue possible grâce à l'argent, au pouvoir et quelques dessous de table. C'est ici que se rend Alexis, exportateur de bois partisan de la mondialisation, invité par son ami, Raphaël, qui semble avoir besoin de ses services...
Dans ce roman à deux voix, alternant l'histoire de Boris et celle d'Alexis, Pascal Dessaint, naturaliste et ornithologue passionné, fait la part belle à la Nature. Aussi, ne soyez pas surpris de rencontrer ici et là une cordulie, une guifette moustac, une aigrette garzette, une argyronète ou encore un chevalier gambette au milieu des phragmites. Malheureusement, cette nature, aujourd'hui, est menacée aussi bien par l'unité de stockage des matières dangereuses que par la construction de la Ligne à Grande Vitesse. L'homme arrive en super-conquérant et peu importe, pour certains, la faune et la flore qu'il conviendrait de protéger. D'autres, en revanche, luttent, se battent, s'imposent et refusent ces lourds projets industriels. Ce roman noir et écologique entremêle habilement deux intrigues tendues, dans une ambiance de plus en plus lourde et angoissante. Un roman qui dénonce la mondialisation, la corruption ou encore les délocalisations et met en avant ceux qui tentent de s'opposer à tout cela. La Nature ne finira-t-elle pas, un jour, par reprendre ses droits ?
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Biblioroz
  27 octobre 2019
Impression du paysage où vont se dérouler les faits de cette histoire : une côte des Landes, au pied de l'océan, un alignement de dunes sauvages. Un découpage incongru de cette dune laisse la vue libre, vers l'immensité des flots, à une villa, une verrue plantée là au mépris de la loi littorale. À l'horizon, un ciel menaçant, une perturbation en devenir. Implantation magnifiée par la très jolie plume de Pascal Dessaint.
Dans ce paysage, deux voix vont s'élever dans une intrigue télescopant préservation de la nature, projet humain pour enfouir des déchets dangereux du monde de la consommation, douleur de la délocalisation et doux frémissement des ailes de libellules.
Boris, 36 ans, se présente comme un naturaliste très imparfait et se dit complice des saccages de la nature. Il travaille dans un cabinet de contre-expertise. Lors de projet visant une soi-disant amélioration pour tous, il doit contrer l'avis des experts qui s'opposent audit projet en raison de l'impact environnemental. Sa façon de vivre, ses motivations profondes, son besoin d'observer la nature pour s'apaiser, se heurtent à son gagne-pain et lui procurent quelques problèmes de conscience.
Ici, une création d'une zone d'enfouissement de déchets rencontre une complication de taille : la svelte cordulie à corps fin qui a eu la fâcheuse idée d'établir ses pénates en ce lieu. Et Pépé, un odonatologue fougueux et déterminé, au service de ces petites libellules, n'entend pas renoncer à leur préservation. Boris partagera des huîtres et un petit blanc avec ce fameux Pépé, qui compte bien le rallier à sa cause.
Lui fait écho la voix d'Alexis, un exploitant forestier, ami du propriétaire de la fameuse villa construite sur le littoral, et qui nous expose avec un admirable humour cynique son attitude vénale. Bon, de toute façon, les arbres repoussent alors où est le problème ? Pour lui, l'évolution de pollueur doit être assumée, encore mieux inévitable et pourquoi pas carrément nécessaire ! La faune sauvage est un obstacle majeur à son bizness, c'est insupportable !
Et parfois, l'envie de tuer un homme se fait sentir…
Au coeur et en périphérie de cette intrigue, un bon bol de nature nous est offert par un spécialiste, l'auteur, qui sait parfaitement transmettre tout son amour des insectes qui zinzinulent, des chevaliers gambettes, des bécasseaux ou des limicoles qui s'ébattent au bord d'un lac, des crapauds qu'il faut éviter d'écraser, des pics épeiches qui nichent dans le creux d'un arbre, de l'odeur résineuse des forêts de pins.
L'intrigue n'a rien de révolutionnaire mais son déroulé avec ses personnages aux convictions bien opposées, son avancée cadencée, ses petites notes d'humour et son enveloppe de sciences naturelles, est très convaincant et plaisant.
Les deux camps, préservation des espèces ou exploitation financière, sont équitablement et intelligemment exposés à travers ces deux voix que l'on écoute attentivement.
Un roman écologique captivant qui pointe du doigt certaines dérives humaines mais où la Nature fait également entendre ses multiples voix. Une très jolie découverte, une lecture difficile à lâcher et un émerveillement naturel très réussi !
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Renod
  16 octobre 2018
Le littoral landais est bordé d'un long bandeau de dune qui protège la forêt de pins des attaques de la mer. Sur une fraction sauvage de la plage, le promeneur peut distinguer un accroc sur ces collines de sable. Une villa futuriste a été construite sur la côte au mépris du respect des lois et de la nature. Pour parachever ce massacre, la dune a été arasée pour dégager la vue sur l'océan. L'homme se permet tout.
Le propriétaire des lieux a convié deux amis avec qui il partage la même cupidité, la même adoration du veau d'or. Parmi eux, Alexis exploite des forêts. La mondialisation lui sourit : les arbres coupés en France par des bûcherons d'Europe de l'Est sont envoyés en Chine pour être transformés en planche avant de prendre le chemin inverse. Son histoire se croise avec celle de Boris, un naturaliste qui étudie les impacts de l'aménagement d'une unité de stockage de produits dangereux. le projet pourrait être contrarié par la présence d'une espèce rare de libellule. Si Alexis voit dans la nature une ressource à convertir en euros, Boris la considère comme une source inépuisable de beauté à contempler. Mais tous deux vont être pris dans une série d'événements qui vont les embourber dans une nuée de scrupules. Que faire pour contrarier le cours inexorable des choses ? Quand des usines ferment... quand on saccage des espaces préservés... quand un homme doit mourir... Faut-il faire le choix de la violence, de la lutte « armée » ? Ou rallier les zadistes pour une résistance joyeuse et déterminée ? Mais si la nature se montre parfois fragile à l'extrême à l'image de la frêle cordulie, elle sait aussi se montrer furieuse pour reprendre ses droits sur l'homme.
« Un homme doit mourir » est un roman noir qui fait la part belle à la nature landaise qui bien que soumise par l'homme conserve sa sauvagerie. J'ai apprécié le récit de Boris, ses cas de conscience, son cheminement et la figure de « Pépé ». Par contre, j'ai moins accroché avec le trio de la villa que j'ai trouvé trop caricatural et réuni dans une entreprise invraisemblable. le roman n'en reste pas moins une invitation à apprécier la beauté de la nature et à résister pour sa sauvegarde.
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spleen
  30 décembre 2017
Les coïncidences sont souvent drôles ...
Alors que je viens de finir la lecture jubilatoire du nouveau tome des Vieux Fourneaux, me voilà embarquée de nouveau dans une histoire d'insecte , cette fois ce n'est pas la sauterelle Magicienne mais la libellule qui bloque la construction de la LGV dans les Landes , sujet bien d'actualité pour qui habite dans le coin ...
Deux histoires parallèles qui ne se rejoignent qu'en toute fin du roman comme on s'en doute , mais avec un certain nombre de détours  !
Boris est naturaliste et travaille dans un bureau de contre-expertise actuellement mandaté sur un projet de stockage de produits dangereux  dans les Landes, étude bien entendu hautement à risque d'autant qu'une libellule vient s'immiscer dans l'affaire ...
Mais Boris, plutôt du genre baba cool et sympa , fréquente en dehors de son travail , des personnes de l'autre bord : le couple qui l'héberge et Pépé un spécialiste de la libellule , si, si ça existe !
Alexis est invité chez un ami de longue date , Raphaël , homme parvenu et riche qui s'est fait construire en dehors de toute autorisation une magnifique villa dominant une plage des Landes . Il ne sait pas pourquoi Raphaël a besoin de lui , et en effet le lecteur n'est pas au bout de ses surprises ...
C'est bien la première fois que j'ai pris mon cher Peterson ( guide Peterson des oiseaux de France et d'Europe pour les non-initiés ) pour suivre les observations de Boris lorsque sa pression intérieure monte trop et qu'il part à l'affut .
Un roman comme je les aime, atypique, roman noir certes mais qui aborde beaucoup de sujets "chauds ": la préservation de la nature face à  la mondialisation, les arrangements politiques et les magouilles en tout genre .
Enfin , je n'ai pas hésité bien longtemps sur le choix de mon camp , Pascal Dessaint non plus ne cache pas vraiment là où va son coeur ...
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NicolasElie
  13 janvier 2018
Je l'ai lu il y a quelques jours. Pas eu envie de le chroniquer de suite. Me demande pas pourquoi, j'en sais rien. Il me manquait cette étincelle qui jaillit du silex quand je ferme un bouquin.
Tu lis pas à la lumière d'un feu de camp, toi ? T'as tort. Demande à Cyril Herry, c'est le mieux, avec un verre de vin et un truc qui chauffe sur les braises. Mais bon, c'est pas le sujet.
Les idées dans ce roman, c'est d'abord les hommes et leur habitude de vouloir planquer leurs cochonneries pour pas qu'on les trouve. Et puis sans doute aussi, ce pouvoir, qu'on s'attribue parce qu'on en a une plus grosse que la sienne (je parle de la bagnole) et qu'on a des zéros pré-inscrits sur les chèque du carnet.
Il y a aussi la confiance, celle que tu offres, mais que tu reprends au moindre loupé. Cette confiance-là. Et puis l'amitié, cette amitié qui se casse la gueule dès que le fric se pose au milieu.
Les rapports entre les vrais voyous (les patrons), et les ouvriers, ceux qu'on exploite depuis le 19ème siècle, quand on leur a fait croire qu'il fallait bosser pour aller acheter du pain, et que l'outil de production ne leur appartenait pas.
Tu vois, il y a des trucs dedans, pas mal de trucs.
Ça se passe dans les Landes, au bord de l'océan, là où il y a des dunes qui cachent le paysage quand tu construits ta maison derrière. C'est chiant les dunes.
Dans le roman, il y a Boris. C'est un mec vachement pointu dans son domaine, genre l'écologie et la nature, sauf qu'il a décidé de bosser pour ceux qui saccagent la planète. Il démolit les expertises écologistes qui disent que le projet industriel n'est pas fiable, et il fabrique des dossiers pour dire le contraire. C'est un genre de salaud.
Il y a Raphaël aussi. Celui, justement, qui a construit sa villa derrière la dune. Sauf que lui, il l'a faite raser la dune. Pour voir l'océan. Pas con.
Des histoires qui se croisent, sans réel lien, tout du moins au début. J'ai eu un peu de mal à entrer dans les pages. Je sortais de Ledun, c'est sans doute pour ça. On devrait se limiter à 2 romans prolétariens à la suite. Trois, c'est sans doute un de trop.
C'est bien écrit, vraiment, et le premier chapitre envoie du lourd, mais c'est après que ça se traîne un peu. La langue est belle, les descriptions de ce qui fait la beauté de la nature dans ce coin sont parfaites, et on renifle vraiment les odeurs, mais ça reste trop superficiel à mon goût.
L'histoire policière qui se greffe à celle de la libellule (je t'ai pas parlé de la libellule ? attends...) ne m'a pas accroché du tout. Je n'y ai vu qu'un vague prétexte à raconter une relation d'amitié bizarre entre trois hommes, et pas de couffin, cette fois.
J'y ai pas cru, même si certains personnages m'ont fait sourire, comme le Tonton, anarcho-syndicalo-écolo, mais c'est tout. J'ai juste souri, et c'est pas assez.
J'ai pas aimé ou détesté les gens. C'est ça qui m'a manqué. J'ai besoin d'aimer ou de détester un des personnages. Même si c'est la nature que je déteste ou dont je tombe amoureux. Mais un roman sans ces émotions, pour moi, c'est juste un article de journal, et je lis pas les journaux.
Je les ai pas aimés, parce qu'ils sont pas intéressants. Juste très chiants, comme certains que tu connais sans doute.
Si j'ai bien compris, l'écriveur a voulu nous dire un truc. Il a décidé de nous le dire en faisant parler des vrais cons, ou des vrais méchants. Il aurait fallu qu'il se lâche. Quitte à faire des méchants les héros de l'histoire, autant qu'ils soient méchants pour de bon, pas en demi-teinte. Mais encore une fois, c'est moi. J'aime pas les demi-teintes.
Ah oui... La libellule, c'est le prétexte pour ne pas construire la décharge à déchets toxiques. J'aime bien les libellules. En Ardèche, il y en a plein.
Les passages, vraiment très beaux, sur les moments dans le gîte, et les descriptions de cette nature, accueillante et belle, et puis les dernières pages, où elle prend le dessus sur les hommes, où elle décide de se débarrasser de ceux qui ont voulu lui faire du mal. Ça, c'est beau.
Avis mitigé, donc, qui va m'imposer d'aller chercher demain un autre bouquin du Monsieur. Il m'a intrigué, et il écrit bien. Ça veut dire que ses qualités sont indéniables et qu'il a le droit de s'être un peu loupé sur celui-ci.
Et puis tu me connais, je suis pas gentil.

Lien : http://leslivresdelie.org
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
galyalaingalyalain   26 mai 2020
Le fait est que très souvent les mesures compensatoires ne compensaient rien du tout. Un risque que ça règle le problème pour les hommes mais pas pour les animaux ni les plantes. On se souvenait encore, à l’occasion d’un chantier de terminal méthanier dans le nord du pays, de tout le soin qu’un grand opérateur d’énergie avait mis pour « déplacer » une plage où nichaient des sternes naines. Epaulé par des naturalistes compétents, il avait tout bien fait mais les sternes étaient parties voir ailleurs. Les animaux sauvages ne se laissent pas dicter leur conduite.
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galyalaingalyalain   26 mai 2020
- Vous savez quoi, les gars ?
Raphaël et Emeric ont levé le nez, l’un de son magazine, l’autre de son cendrier.
- L’homme le plus riche de Chine vient de perdre plus de 3 milliards d’euro en Bourse. Le plus riche d’Afrique, lui, a perdu 700 millions en vingt-quatre heures ! Ils ne jouent pas dans la même catégorie mais le fait est que personne n’est à l’abri du mauvais sort…
- Ça fait combien à la minute ?
- Pauvre Afrique ! Voyons, à la louche, 490 000.
- Tu en as qui ne gagnent pas ça en un an !
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galyalaingalyalain   26 mai 2020
Est-ce que ça changera quoi que ce soit si nous nous laissons aller à compatir au-delà du raisonnable ? La vie est trop courte ! Si on se mettait à souffrir pour tout, tout le temps, le fardeau serait bien lourd à porter. Aussi la vie doit vite reprendre le dessus. Sinon on devient fou. Allez ! Fi des torpeurs, des horreurs, des malheurs ! Allons nous dorer la pilule sur la plage !
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galyalaingalyalain   26 mai 2020
J’étais encouragé dans mon activité mais je devais agir dans une certaine discrétion, ce qui était très excitant, à cause des ayatollahs verts. Les amis des arbres. Les partisans d’une absurde et dangereuse décroissance. Les mangeurs de carottes bio. Les ennemis de la prospérité. Les traîtres à la civilisation. Ils étaient déjà venus me faire chier. Ils reviendraient. (Alexis)
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galyalaingalyalain   26 mai 2020
Un humain qui naissait était d’abord un consommateur, et ça commençait avec la première couche qu’on lui collait au cul. Plus d’humains et plus de couches au cul ! Et tout à l’avenant !
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