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EAN : 9782930607085
50 pages
Éditeur : Les Carnets du Dessert de Lune (01/01/2011)

Note moyenne : 3/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Le livre : Cette histoire très simple est celle de la rencontre, sans doute imaginaire, d’un peintre de digue et d’estran, Devaux adore ce terme et d’une sorte de nymphe très mythologique qui apparaît et disparaît comme font les nymphes et les sirènes. Le temps de quelques pages, l’ami Patrick abandonne ses petits poèmes ciselés comme des camées pour un court récit. Sébastien a tout laissé tomber pour venir s’installer à Ostende, face à la mer, et s’adonner à sa pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Dessert
  13 avril 2017
Foire du livre de Bruxelles 2011 : du stand de mon éditeur sis à côté de celui de Gallimard centenaire, va-et-vient, effervescence du public, présence d'auteurs plus ou moins connus, gens du show-biz ; sur un coin de table, j'accepte une interview, des photos (dont je n'aurai jamais de « retour ») et dédicace Lettre sans mots, roman fraîchement sorti. J'ai à peine le temps de percevoir un accent belge dans ces quelques mots échangés avec l'un des visiteurs autochtones, qui sourit discrètement en emportant mon livre et ma carte de visite. Quelques semaines s'écoulent, l'homme me livre ses impressions via le mail. Je suis surprise, cette modestie sur son visage m'avait caché ses talents : il écrit, lui aussi, depuis plus de vingt ans, fidèle aux très poétiques « Carnets du Dessert de Lune » qui crèche rue de Venise, à Bruxelles. Une maison d'édition écolo publiant sur papier recyclé, sorte d'écrin naturel à des textes rêveurs. Patrick Devaux en fait partie.
Et puis, au fil de l'eau et du temps, ce généreux auteur s'offre à découvrir : toiles, photos, font partie de son bagage, mais aussi livres, bien sûr. Je reçois un exemplaire par la Poste ; Les mouettes d'Ostende, il s'intitule. Déjà une échappée pour votre imaginaire... J'avais lu et tant aimé La Rêveuse d'Ostende d'un autre belge, la septentrionale station balnéaire m'avait moi-même inspiré quelques lignes romanesques, ma mémoire littéraire n'était donc pas vide de ces souvenirs de bord de mer. Je lis. Et me retrouve avec l'auteur et son personnage sur la digue. C'est l'histoire de Sébastien qui, à quarante ans ou plus, suite à un licenciement professionnel, se retrouve en fin de saison sur la côte belge où il vient d'emménager. En marge. Et libre, enfin, d'observer, d'agir à sa guise, et de peindre tout son temps. Libre, aussi, de partir à la dérive dans ce livre où le Temps passe (la montre bleutée, symbole des jours chronophages). Avec Patrick Devaux, on ne comprend pas tout. Il ne faut surtout pas chercher à comprendre. Est-ce que l'on tente d'élucider les poèmes d'Eluard ? La poésie est un reflet ; lumineux mystère tiré de cette force inconsciente. C'est cela qui nous touche. Rien d'autre. Ou bien, c'est de tenter de comprendre qui nous émeut, je ne sais pas. Tout cela n'a pas d'importance. L'important, c'est de refermer la dernière page empreint d'une émotion signifiante. Et les émotions essentielles parcourent Les mouettes d'Ostende, soucieuses de dévoiler notre sens esthétique : le personnage, à l'image de Giotto ou de Munch mentionnés, est un artiste, l'auteur aussi, qui peint sous nos yeux ravis. Ce livre est un lavis ou une aquarelle étirant ses plages et ses cieux délavés. Nuances blanches, grises, mauves ou vertes de la mer, qui se confondent souvent à la couleur des yeux quand les blonds parlent des mèches de cheveux comme du sable. Émotions validées par cet autre personnage néfaste : le crabe. Quel autre lieu que la mer, me direz-vous, aurait pu mieux accueillir, dans ce long poème, la métonymie de la douleur ? Si dans Les mouettes d'Ostende, espace et paysages ne rétrécissent pas comme dans L'écume des jours mis en parallèle, l'espoir se bride à travers la métaphore filée d'une souffrance qui remue, bouge, pince et picote, et assiège. Douleur cardiaque dépressive, ou sentimentale. Absence d'un(e) autre, peut-être ? Car le crabe de Sébastien ne s'en prend pas vraiment à l'abdomen. C'est le coeur de l'artiste qu'il grignote, et par là son âme amoureuse. Comme si ces apparitions du bord des digues d'Ostende, qu'elles s'échappent d'une affiche ou qu'elles se donnent à voir le long de la mer, dans les bistrots ou ailleurs, belles mouettes, n'étaient que les formes révélatrices d'un manque. Celui d'être aimé à sa juste valeur.
© Bénédicte Fichten
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adtraviata
  11 février 2016
Derrière cette belle couverture et sous ce papier épais, se révèle une nouvelle d'une quarantaine de pages, ou plutôt un conte. car la femme qui apparaît et disparaît au gré du vent se confond avec les mouettes à qui on jette du pain. Elle s'appelle peut-être Marine, en tout cas elle inspire les marines que l'homme peint et teinte tantôt de gris et de noir, tantôt de blanc, au gré de ses humeurs, à l'instar des caprices du temps en cette saison automnale.
Se confond-elle avec la grande horloge de la gare ? Habite-t-elle les heures d'une montre chargée de buée et de cris d'oiseaux ? Visite-t-elle le peintre éperdu de solitude au creux des songes de la nuit ? Elle va et vient comme la marée, elle s'enfuit, lointaine et revient on ne sait quand cueillir les trésors laissés par les vagues. Ses cheveux se confondent avec le sable, ses pas laissent des traces improbables sur l'estran…
On le devine, le texte de Patrick Devaux se cisèle comme de la poésie en prose, aux confins du rêve. La solitude et la beauté d'Ostende en hiver creusent de profondes traces en cet homme seul, qui a coupé les ponts avec son passé et qui n'est plus relié qu'à la mer à travers l'estacade.
Un récit frotté de sel et de sable, hanté par les ombres d'Ensor et de Spillaert…
Lien : http://desmotsetdesnotes.wor..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
adtraviataadtraviata   11 février 2016
« Le ciel était orangé et la mer lointaine.
La plage, comme absente, avait dû reculer trop fort, trop vite et le brise-lames semblait attendre son retour.
Sébastien marchait face au vent.
Il n’y avait pas de monde en mouvement.
Quasi personne.
Fin octobre tout se fige.
Ostende est orpheline de ses estivants ; le vent chargé de sel et de sable piquant fouette l’allure sou-tenue des encapuchonnés…
Il fit halte sur un banc quand une mouette, alourdie par le pain jeté de l’été, se posa, vociférante, près de lui.
Il pouvait sentir, à travers elle, le parfum salé de la mer.
– Auriez-vous l’heure, Monsieur ?
– Non, je n’ai pas de montre, désolé…
– Du feu, peut-être ?
– Je ne fume pas.
– Moi non plus, c’était pour parler…
Elle avait l’air contente d’elle.
La digue était trempée, accusant la toute fin d’une pluie sur son damier jaune rafistolé. » (p. 13)
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