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ISBN : 2742796428
Éditeur : Actes Sud (02/03/2011)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 13 notes)
Résumé :

Un éléphant lui a parlé en rêve.
Aussitôt, Olélaïga quitte son village pour le suivre. Sur les traces du pachyderme, le jeune Massaï franchit les limites du territoire ancestral et découvre, entre peur et fascination, quelques aspects du monde dit civilisé. Dans le même temps Joshua, petit délinquant de Nairobi, rejoint des trafiquants d'ivoire dans l'espoir de changer son destin, et de mettre son courage à l'épreuve. Mais un vieux sage malicieux croi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
ladesiderienne
  30 janvier 2017
Avec "La nuit d'ivoire", c'est une véritable petite pépite que j'ai découverte par hasard dans les rayons de la bibliothèque municipale, attirée sans doute par la magnifique couverture. Loin des grands succès littéraires (une seule critique au compteur sur Babelio), cette lecture fut un réel moment de plaisir privilégié.
Sous l'ombre du Kilimandjaro, entre Kenya et Tanzanie, Olélaïga est un morane (jeune homme circoncis mais pas encore marié) d'une tribu Massaï qui tente de perpétuer ses traditions d'élevage malgré les mesures d'un gouvernement qui, attiré par les sirènes du tourisme, préfère transformer la région en parcs naturels et les chasse de leurs terres. Il a décidé, avec la bénédiction de son père de suivre l'éléphant qui lui a parlé en rêve jusqu'au N'Corongoro. Par respect pour ses ancêtres qui vivaient en harmonie avec les pachydermes, il se met en route à la suite de son énorme guide à travers la savane. Au cours de son périple, il ne se heurtera à la civilisation urbaine que de façon brève mais très décevante.
L'existence de Joshua est aux antipodes de celle du morane. Ce jeune garçon d'origine kikuyu vit à Nairobi. Il se cherche une raison de vivre entre délinquance,sexe et drogue. Quand son jeune frère, le seul membre de sa famille qui lui reste, est assassiné en pleine rue, Joshua décide de délaisser le trafic de voitures pour celui de l'ivoire, plus rémunérateur et qui l'entrainera loin de la ville. Mais une mésentente entre les trafiquants fait échouer une chasse à l'éléphant et provoque sa rencontre avec un vieux sage Massaï. Ce dernier sait lire la détresse du jeune homme et le choisit comme héritier d'une légende traditionnelle de leur tribu, le forçant subtilement à partager le quotidien du village.
François Devenne nous décrit deux mondes que tout oppose. La jungle urbaine, où règnent le vice et la violence, est finalement peut-être plus à craindre que le territoire ancestral que se partagent les animaux les plus dangereux et les tribus qui tentent d'y survivre. L'auteur devient à la fois poète, conteur et peintre pour mettre sous nos yeux des tableaux magnifiques. Les paroles du vieux sage sont un pur enchantement philosophique et le langage des différents personnages comportent des expressions locales très "fleuries". C'est à la fois un roman d'apprentissage où "civilisation" s'oppose à "tradition" et une véritable ode à la nature d'un pays que l'auteur connait bien. Il en profite pour dénoncer les débordements d'un tourisme de masse.
Ce roman m' a fait penser au livre de Joseph Kessel "Le lion" (lu il y a fort longtemps et relu maintes fois) qui avait décidé de ma passion pour la littérature. Loin des thrillers qui font régulièrement mon quotidien, c'est un véritable coup de coeur 2017 auquel je ne peux qu'accorder un 20/20. J'invite les lecteurs à découvrir cet auteur : amoureux de la nature et des animaux, "La nuit d'ivoire" vous montrera qu'il faut parfois creuser pour trouver le meilleur chez l'être humain mais que rien n'est impossible.

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gabb
  08 juin 2017
Juin 2017. Dans 48h, je décolle pour la Tanzanie, alors quoi de mieux pour se "mettre dans l'ambiance" que ce joli roman à la couverture enchanteresse ?
Il y est bien sûr question d'éléphants, de Maasaï, de volcans, de plaines exotiques et de légendes anciennes. Un paradis terrestre ? Non, loin s'en faut. Misère, délinquance, braconniers, drogue et prostitution viennent ternir le tableau, et François Devenne jongle avec un certain succès entre les deux faces de cette même médaille.
Au coeur de cette "Nuit d'ivoire", nous croiserons alternativement Olélaïga, un jeune Maasaï lancé sur les traces d'un éléphant qui lui parle en songe, et Joshua, un adolescent kenyan un peu déboussolé, qui se joint à une troupe de trafiquants d'ivoire, avant de rencontrer un vieux sage aux enseignements plus ou moins sibyllins... Deux trajectoires, pour deux quêtes initiatiques tout à fait dépaysantes.
La majesté des animaux, la luxuriance du cratère du Ngorongoro et l'immensité du Serengeti (que je foulerai bientôt ;-)) sont merveilleusement décrites, mais les dangers du tourisme de masse et les convois de jeeps pleines de bruyants vacanciers enduits de crème solaire (beurk !) ne sont jamais bien loin. J'ai douloureusement pris conscience (un peu tard) que j'allais sous peu - et bien malgré moi - participer à cette funeste "invasion"...
Car si ce roman est avant tout contemplatif, il n'en est pas moins engagé. Derrière le récit poétique de ces deux errances, derrière ces somptueux paysages de cartes postales propices à la méditation, l'auteur n'oublie pas de nous sensibiliser sur le sort des Masaaï, souvent expropriés, et dont les traditions et les pratiques agricoles sont de plus en plus encadrées par un gouvernement prêt à tout pour séduire un nombre croissant de visiteurs, ou par des conservationnistes qui pensent connaître mieux que personne les bonnes pratiques de sauvegarde de l'environnement.
Voilà donc un livre complexe, parfois un peu austère, qui séduira les amateurs de rites ancestraux et de mystères africains, et qui malgré quelques longueurs et un léger sentiment de culpabilité, a paradoxalement accru mon impatience : vivement samedi, et la découverte à venir de cette terre magique !
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Chouchane
  11 avril 2011
Avec beaucoup de rigueur et de tranquillité, la Nuit d'Ivoire nous conduit dans une Afrique coupée en deux. Nairobi avec son sexe et sa violence, des gangs pour qui le viol d'une jeune fille est un test d'entrée, des braconniers qui massacrent les éléphants, la drogue, l'argent, des touristes blancs qui ne comprennent rien aussi voraces qu'ignorants. de l'autre l'amble puissant de l'éléphant qui dans une nuit de rêve demande à un jeune Massaï de le suivre dans le Serengueti. Sans rien nous dévoiler des intentions finales, nous cheminons dans une nature extraordinaire, avançant dans l'origine du monde. Des steppes, des fôrets denses, des villages masaï, leur mode de vie, leur légendes. Deux histoires serpentent dans le roman celle de Joshua un délinquant et celle d'Oleïga un Massaï. François Devenne avec une économie de moyens nous donne à vivre une expérience de l'Afrique au travers d'une histoire symbolique de nos temps agités.
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clodermer
  24 janvier 2018
Ce livre nous plonge dans l'univers des Massaïs, en Afrique de l'Est. Même si nous suivons les pas de deux jeunes que tout oppose, leur route nous emmène au plus près des réalités de cette région d'Afrique.
Le premier, Olélaïga, est un jeune berger, imprégné des traditions séculaires de son peuple. le second, Joshua, est un enfant de la ville, orphelin, il a dû se débrouiller très tôt et est entré dans le monde de la délinquance.
François Devenne les emmène tous les deux vers la même région de la Tanzanie, un région qu'ils ne connaissent pas, pour des raisons différentes. Et, chemin faisant, il nous offre de découvrir le choc des cultures modernes et traditionnelles en Afrique.
D'un côté, le peuple Massaï avec ses pratiques, croyances et traditions et une formidable adaptation au milieu.
De l'autre, une vision du monde apportée par les Blancs, par les touristes, par le commerce, l'argent, souvent en conflit avec les premiers, même si c'est parfois avec de bonnes intentions.
Ce livre est presque initiatique et m'a permis de comprendre le quotidien de la vie des Massaïs en symbiose avec la faune et la flore et pourquoi ce mode de vie est menacé. Un très beau récit au travers des yeux de deux adolescents kenyans.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   29 janvier 2017
- Écoute, Joshua. Sans doute as-tu souffert et, comme tu n'as pas vraiment de famille, personne n'a su donner un sens à cette souffrance. Tu la portes sur toi comme le zébu sa bosse. Mais tu es encore jeune.
- Et alors, qu'est ce que cela change ?
- Ça changera avec l'âge. En vieillissant ces souffrances s'estomperont.
- Tu veux dire qu'elles disparaîtront et que j'aurai la paix ?
- Non, elles seront toujours là mais tu les verras différemment. Tu les verras d'un autre point de vue et cela suffira à les atténuer. Si tu déplaces ton regard, tu te rends compte que certains malheurs son bénéfiques. Avec l'âge, on apprend à être distant, à relativiser, on apprend à intérioriser ce que, dans un premier mouvement, on aimerait garder à l'extérieur de soi, et inversement. Tu garderas les cicatrices de tes souffrances toute ta vie. Ces souffrances t'accompagneront sans relâche, si bien qu'elles deviendront une partie de ton être, si bien que tu finiras par les considérer comme un bien personnel.
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ladesiderienneladesiderienne   27 janvier 2017
Joshua reconnaît que le chauffeur fait preuve d'un vrai talent pour repérer les animaux. Tout en conduisant, il est capable d'identifier une bête tapie dans les herbes à plusieurs dizaines de mètres. Il paraît toutefois difficile de faire croire à une rencontre fortuite quand des lions sont encerclés par des Land Rover et des bus Nissan ! La voiture de Joshua vient ainsi s'accoler à un demi-cercle de véhicules autour de lionnes en train de dévorer un gnou. (...) La visite se poursuit. Les gazelles, les impalas, les gnous, les zèbres, une horde de cobes, quelques élands, un topi solitaire broutent l'herbe, indifférents à la voiture ou tournant un instant leur tête vers la boite de ferraille hérissée de crânes humains, souvent avec de gros yeux noirs, qui glisse sur le sol. Joshua se demande qui observe l'autre, l'homme enfermé dans une cage ou l'animal libre de ses mouvements.
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ladesiderienneladesiderienne   24 janvier 2017
L'animal s'arrête à quelques mètres d'Olélaïga, le domine sans se faire menaçant. Il est très grand, d'une noirceur inhabituelle en raison de la croûte d'argile qui lui recouvre la peau. Ses pattes sont comme des troncs d'arbres que les feux de brousse ont noircis et que des galeries de termites fissurent. Les flancs ridés s'arrondissent, tirant la peau calleuse. Au-dessus, de larges oreilles aux bords déchirés et parcourues de nervures encadrent une tête massive que prolonge la trompe. Toute plissée, elle ressemble à un empilement d'anneaux. Les défenses sont admirables, puissantes et longues, décrivant un bel arc de cercle, d'un blanc très clair malgré quelques taches brunes. La défense de droite est toutefois ébréchée et son extrémité n'est qu'un chicot jauni. Il s'agit d'un vieux mâle comme le montrent la corpulence et la forme du crâne, les parties génitales enfouies dans la chair du bas-ventre n'étant pas visibles L'éléphant se tient face à Olélaïga, la tête haute, et l'observe de ses petits yeux logés sous son large front.
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ladesiderienneladesiderienne   27 janvier 2017
Les Massaï brûlent les herbes à la fin de la saison afin de préparer les pâtures que les nouvelles pluies vont engendrer.(...)
Les lueurs vives sous les fumées grisâtres qui s'élèvent dans les airs inspirent Olélaïga.
"J'aime ces incendies, explique-t-il au jeune chasseur. Tu vois, le feu est la force qui fait renaitre la savane. Il lui prend la vie et la lui donne à nouveau. Sans le feu, nous non plus, les Massaïs, ne serions pas. Le feu brûle la terre mais épargne des chemins, dit le proverbe. L'homme meurt mais ses enfants subsistent. Le feu brûle en nous, il est notre ami, notre nécessaire douleur. Il détruit nos vies antérieures pour ouvrir nos nouveaux destins."
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ladesiderienneladesiderienne   26 janvier 2017
- (...) J'aime ces chants, poursuit Soweto. Chaque dimanche l'Afrique chante à la gloire du Seigneur, c'est vraiment beau, tous ces chants qui montent de la terre vers le Seigneur.
- Ouais, depuis le temps qu'ils prient, les Africains, je n'ai pas l'impression que Dieu les ait entendus. Ils sont toujours aussi pauvres.
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