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ISBN : 2021247465
Éditeur : Seuil (17/08/2017)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Au départ, il y a un ensemble d’archives familiales miraculeusement préservées au fil des guerres et des déménagements et retrouvées par l’auteur à la mort de sa tante Simonne. Ces documents viennent nourrir une grande fresque romanesque sur la France, de Napoléon III aux attentats qui ont ensanglanté récemment le pays, en passant par la Grande Guerre et ses tranchées, puis par le Front populaire, la Débâcle, l’Occupation, la Résistance, le Vercors, la Libération. L... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  18 septembre 2017
Point de départ d'un album de famille: la vieille porte d'un ancien lazaret face à Saint-Nazaire, décor des jeux d'un jeune pêcheur dans l'estuaire de la Loire.
Le petit Patrick grandit, dans cet établissement devenu psychiatrique, qui sera fermé dans les années 50 et dont la porte maintenant menace ruines.
Devenu adulte, grâce aux archives familiales, il entame un road trip dans les pas de ses disparus, depuis une petite fille née au Caire en 1860. Par ce carnet de voyage très personnel, plusieurs générations traversent un siècle de vie française, bousculé par deux guerres mondiales.
Ce faisant, l'auteur, comme à son habitude, n'arrête pas de digresser (voyages, rencontres, achat de voiture, actualités...), évoquant les "à côté" de cette aventure littéraire, qui s'avère être plutôt une enquête généalogique, sociale et historique. La précision est pointue, les détails nombreux, la documentation fouillée et l'érudition avérée. Il faut accepter de se faire balader dans la grande et la petite Histoire, dans une chronologie distordue.
Si certains peuvent craindre une surcharge narrative (à raison, on étouffe parfois sous tant de détails), la plume vive et alerte, produit un récit foutraque, parfois amusant et décalé, aux personnages réels mais à stature romanesque. Il y a un petit grain de folie dans le regard de ce romancier là...
Du Patrick Deville pur jus!
Rentrée littéraire 2017
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topocl
  06 décembre 2017
Qu'est ce qui a fait Patrick Deville, ce petit garçon, cette "crevette", qui a vécu ses premières années derrière les murs du Lazaret de Mindin, en face de St Nazaire, cet hôpital psychiatrique où son père anime une troupe de théâtre, éprouvant une étrange fascination-amitié pour un pensionnaire, "solitaire ténébreux", scandant sa solitude de l'obscure litanie taba-taba-taba/taba-taba-taba, alexandrin parfait adressé à l'adversité?
Est-ce sa famille dont il déroule un historique tout à la fois romanesque et scrupuleux, grâce aux 3 m3 des archives de cinq générations, léguées par la tante Monne, rescapées de combien de pertes et de hasards ? Journaux d'époque, correspondances, photographies, journaux intimes, répertoires, factures, courriers administratifs lui permettent, une année durant, d'organiser un grand jeu de piste à travers la France, au volant de sa Passat : il n'est pas du genre à se contenter de la paperasse, Deville, il veut retrouver les lieux, il veut voir, il veut sentir, il veut rêver. Il veut imaginer ces fantômes d'ancêtres se glissant dans les rues, pêchant dans les ruisseaux, échappant aux obus, se cachant au maquis...
Est-ce notre histoire française, ses guerres sans cesses enchaînées, ces der-des ders préparant la suivante, dont le traumatisme se transmet au-delà des mots, trouvant son apogée dans les actes terroristes qui frappent nos territoires paysagers et intimes?
Est-ce l'histoire mondiale, de conquêtes en colonies, à la rencontre desquelles il s'envole en alternance avec son périple des campagnes et villes françaises (Wikipedia nous l'expliquant puisqu'il est directeur littéraire de la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs de Saint-Nazaire, )?
C'est bien sûr tout cela qui l'a fait, fruit de tant de hasards qu'il aurait tout aussi bien pu ne jamais être là. C'est ce qui a fait cet esprit curieux, passionné, érudit, avide de détails inutiles qu'il rend indispensables, d'histoires et de souvenirs, de lectures et de voyages, organisés dans des digressions, des associations temporelles ou spatiales, livrés au lecteur dans un feu d'artifice foisonnant : émotions, noms célèbres ou inconnus, citations, lieux, événements historiques ou intimes étroitement mêlés. Dans la luxuriance et l'emportement, rares sont les instants où l'on frôle la noyade face à ce déferlement.
Le récit emporte brillamment la gageure d'une ambition folle qui cherche à l'exhaustivité : décrire un homme, c'est décrire le monde. Et cet homme, amalgame de tant de choses, de tant de gens, de tant de lieux, de tant de siècles, cet homme lucide se veut optimiste quand le monde part en vrille: et alors, ce monde ne le fait-il pas depuis des siècles et des siècles? C'est par un charme fou, un humour malin, une fantaisie jamais épuisée, un sens du romanesque captivant, une attention à l'autre et un amour partagé que Patrick Deville donne sens à tant de sacrifices dans les diverses boucheries des siècles passés.
Ici, la littérature, modelant habilement réalité et fiction entremêlées (il parle de roman sans fiction), répond à nos interrogations essentielles, en quelque sorte. Arrivée éblouie au terme de ce roman universel et intime, je ne sais plus au final si la question est : qu'est ce qui a fait Patrick Deville, ou : qu'est ce qui fait le monde.
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Guz
  27 juillet 2017
TABA-TABAPatrick DEVILLE – SEUIL - RENTREE LITTERAIRE 2017
Ce magnifique roman de Patrick DEVILLE illuminera cette rentrée littéraire. Nous avons de la chance.
Patrick DEVILLE, grâce aux archives familiales scrupuleusement gardées par sa tante Simone, malgré les ballottements des membres de la famille un peu partout en France, surtout pendant la Deuxième (Guerre Mondiale), raconte l'histoire de sa famille et celle de la France sur quatre générations, n'oubliant pas ses liens ô combien entremêlés à l'histoire mondiale.
Tout commence en 1860. Il écrit : « Depuis 1860, tous les événements sur la planète sont connectés ».
Ce livre que vous allez lire, je l'espère, peut remplacer, haut la main, bien des livres d'histoire.
Car ce qui le rend captivant est justement ce travail qui expose et relie des faits historiques dans leur ensemble, sous nos yeux, alors que nous oublions tout si vite ou que ne savons pas faire les liens entre les événements.
Comme Patrick DEVILLE se base sur les archives (une facture ne ment pas !) et qu'en infatigable voyageur il revisite les lieux où sa famille a posé les pieds, nous vivons avec elle et nous partageons les joies et les angoisses de ses membres.
Ce qui est incontestablement une réussite est la façon dont Patrick DEVILLE relie les événements entre eux. En 1899 « L'abeille d'Etampes » (un journal trouvé dans les fameuses archives) écrit : « … On sait que la France est aujourd'hui une puissance musulmane très importante. Son empire colonial compte des millions d'adeptes du Prophète en Algérie, en Afrique occidentale, dans le Haut-Congo et dans l'Oubangui. de plus, elle a gardé un prestige encore considérable dans certains pays islamiques, l'Egypte par exemple, le Maroc, l'Asie Mineure et la Turquie elle-même. »
Il honore et nomme ceux qui se sont battus ou qui sont morts pour la France pendant la Deuxième Guerre Mondiale tout en constatant : « La Résistance coupe en deux tous les pans de la société, autant de traîtres et de collabos que de héros à la fois chez les paysans et les aristos, dans la bourgeoisie et dans le prolétariat ». Peut-être que la fameuse « fracture » ne date même pas d'aujourd'hui…
Patrick DEVILLE met le doigt sur les racines du mal dans ce très beau roman qui sort en librairie le 17 août.
PS : Depuis quelques années nos écrivains invitent le passé pour nous faire mieux comprendre ce que nous vivons aujourd'hui. « Boussole » (Mathias Enard, 2015), « 14 Juillet » (Eric Vuillard, 2016) et cette année TABA-TABA de Patrick DEVILLE. Il y a également pour la rentrée littéraire 2017 le livre de Lola Lafon « Mercy, Mary, Patty », le livre de Marc Dugain « Ils vont tuer Robert Kennedy » (« Bobby découvre que la lecture littérale de l'histoire n'est pas le meilleur chemin de la connaissance pour un esprit raisonnablement critique » - page 191) qui utilisent le même procédé. Et depuis le printemps 2017 il y a « Jardin des Colonies » de Thomas Reverdy et Sylvain Venayre, ainsi que « L'ordre du Jour » d'Eric Vuillard. Nos écrivains écrivent surtout pour nous, citoyens assaillis d'informations, nous perdons peu à peu notre capacité à comprendre les liens entre le passé et le présent. Souvenons-nous de ce que disait le philosophe et écrivain George Santayana : "Ceux qui ne peuvent se souvenir de leur passé sont condamnés à le répéter."
Saluons au passage l'éditeur qui a choisi pour nom « Les ‘Liens' qui Libèrent ».
Rédigé par Leyla pour la librairie du Roule
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Verdure35
  10 décembre 2017

Ceci n'est pas un roman , ou alors un roman sans fiction.
Taba Taba est le surnom d'un amnésique ne sachant qu'ânonner ces mots sans relâche étonnant malade qui devient le camarade du futur écrivain. C'est dans l'ancien Lazaret de St Brévin près de St Nazaire que grandit l'auteur , cette vieille bâtisse est devenue un hôpital psychiatrique . le père de l'enfant en est le directeur et durant les années de souffrance passées dans un corset de plâtre , c'est sa tante Monne qui lui apprendra les belles lectures.
Quand Momme part pour toujours, elle laisse derrière elle trois pièces remplies d'archives. C'est en essayant de tirer un fil que P.Deville nous embarque dans un phénoménal voyage en Passat à travers la France , un voyage dans le temps aussi ; c'est vers 1860 que débute au Caire l'histoire de cette famille. Nous sommes amenés à traverser les deux guerres, la Résistance, l'exode , tous les soubresauts de notre pays . On visite Soissons, St Quentin, Chartres , on parle d'Hugo etc, des échos également en Afrique et en Amérique du Sud. On en arrive aux attentats de Charlie Hebdo .
C'est un beau voyage, émouvant , mais P.Deville pose tout cela comme un puzzle , pas de ligne droite, l'auteur avance, revient sur ses pas, les digressions sont multiples, comme s'il voulait remettre sa mémoire en ordre, en anthropologue.
Cela donne une superbe lecture qui sort de l'ordinaire certes, mais j'avoue honnêtement avoir eu quelques difficultés à maintenir longuement mon attention ;
il faut beaucoup de disponibilité pour vraiment l'apprécier.
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dechosal
  11 octobre 2017
J'avoue m'être parfois un peu perdu dans les méandres du récit de Deville, dans sa démarche littéraire, dans son "hippocampe", pour reprendre sa terminologie. S'il avait pour but d'égarer le lecteur, c'est assez réussi. L'épopée familiale (de l'Egypte à l'estuaire de la Loire) forme une tapisserie qui s'inscrit diaboliquement dans la petite histoire itinérante de l'auteur à travers le monde et dans la grande Histoire, toile de fond constituée d'autant de repères. de ce point de vue, on a parfois le sentiment de lire la rubrique "Ce jour-là" d'une gazette, ces petits encarts qui rapportent les événements survenus le même jour dans le passé. Deville, en tirant le fil de sa pelote, procède moins par association d'idées que par association de dates. Tout cela, finalement, n'est pas sans charme, pour qui dispose de Wikipédia à portée de main. Au fond, Deville est une manière de grenier de la mémoire, de celle des siens et de celle du temps qui passe. Et ce n'est pas le moindre de ses talents.
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critiques presse (5)
LaPresse   06 octobre 2017
Avec Taba-Taba, le plus proustien de ses romans, nous voici au milieu d'un projet fou, et c'est par ses archives familiales que Patrick Deville dresse un portrait de la France, et du monde, de 1860 à aujourd'hui.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Culturebox   06 octobre 2017
Avec son dernier livre "Taba-Taba" paru cet été au Seuil, Patrick Deville plonge dans l'histoire de sa famille, du Second Empire à nos jours.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Bibliobs   11 septembre 2017
Au volant d'une Passat grise, le prix Femina 2012 a reconstitué l'histoire de sa famille et de notre pays. En voiture.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaCroix   01 septembre 2017
Patrick Deville, randonneur planétaire faisant flèche de tout cas, se penche sur sa famille. Une rêverie incarnée, profondément littéraire, sidérale…
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   25 août 2017
Avec l’émouvant « Taba-Taba », le romancier, pourtant habitué des lointains, fait étape en France pour se confronter à l’histoire des siens.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   18 septembre 2017
"La vie des peuples comme celle des hommes n'est pas chronologique, parfois dans leur demi- sommeil ils se voient à nouveau jeunes et fougueux , s'attristent à leur réveil de se découvrir si vieux aux yeux des autres, et des événements qu'on croyait oubliés sous la poussière des siècles d'un coup agissent sur le présent et bouleversent l'avenir ."
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Charybde2Charybde2   14 août 2017
L’un d’eux surtout, un solitaire ténébreux connu sous le seul nom de Taba-Taba, pouvait attendre, si le temps le permettait, plusieurs heures assis sur les marches de la porte monumentale, balançant lentement le torse d’avant en arrière devant les eaux grises et vertes, et psalmodiant Taba-Taba-Taba / Taba-Taba-Taba, avec une coupure parfaite au milieu de l’alexandrin, le torse atteignant sa position basse à la fin du premier hémistiche, se relevant en prononçant le second sans même paraître en panne de clopes. C’était plus de quarante ans avant que la Poste ne gommât le mégot de Malraux sur ses timbres. L’administration hospitalière, encore peu sensible au tabagisme en général et confrontée ici à des problèmes d’une autre acuité, faisait distribuer aux pensionnaires des paquets de Gauloises Troupes, lesquels étaient prélevés sur les lots de tabac de deuxième catégorie que la Seita produisait alors pour les soldats de deuxième classe au casse-pipe en Algérie. On en trouvait aussi à la Cafétéria.
Mais Taba-Taba semblait invoquer autre chose, de plus grand et de plus mystérieux, confusément mais obstinément, les cheveux au vent, assis sur les marches de la porte monumentale, dressant sa belle gueule de poète ou de prophète déjanté au-dessus du fleuve.
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tynntynn   17 septembre 2017
C’est très étranger au manuel de géographie de Pauly & Toutey alors en vigueur : « Le caractère des Français est aimable, accueillant ; on nous reconnaît de la gaieté, de l’esprit ; on vante partout notre politesse ; on sait aussi que nous avons de la franchise, de l’ardeur au travail, que nous aimons à faire du bien aux autres. Jeunes Français, efforcez-vous dès l’école d’acquérir et de garder les qualités qui ont fait la grandeur de vos pères.  

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NikolasdeparisNikolasdeparis   23 septembre 2017
Se promener dans sa propre bibliothèque offre de se croiser par hasard au milieu de l'étrange confrérie des scribes. Nombre d'entre eux n'ont jamais connu le papier, ni Suétone ni Varron ni Tacite ni Titu Cusi Yupanqui frère de Túpac Amaru, qui avait tenu la chronique du siège de Cuzco par les Conquistadors. Les scribes sont souvent proches du pouvoir afin d'être bien informés, à la fois détestés par les puissants du moment parcqu'ils écrivent pour beaucoup plus tard, pour nous qui les lisons des siècles après. On aimerait écrire pour eux, leur donner des nouvelles du futur, leur apprendre qu'il y eut au début du troisième millénaire de l'ère chrétienne d'autres scribes qui comme eux s'évertuèrent, consignèrent le grand charroi du monde à seule fin d'y mettre un peu d'ordre. Nos inquiétudes sont les mêmes, la grande énigme d'être vivant et de devoir mener sa vie. Le reste n'est que broutille captivantes de la politique, écumes du temps et des passions humaines, que tout cela soit sur un clavier ou à la pointe du calame, et nous en informons à notre tour les groupuscules des scribes qui poursuivront dans mille ans le sempiternel labeur.
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YANCOUYANCOU   12 septembre 2017
« Les livres sont des rapaces qui survolent les siècles,
changent parfois en chemin de langue et de plumage et fondent
sur le crâne des enfants éblouis. Des années encore je lirais cette phrase
du Journal d'un lecteur d'Alberto Manguel : «Pour Machado de Assis,
de même que pour Diderot et Borges, la page-titre d'un livre devrait
comporter les deux noms de l'auteur et du lecteur, puisque tout deux
en partagent la paternité » ; j'aurais dû cosigner Les Travailleurs de la mer
avec Victor Hugo. »
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Patrick Deville - Taba-Taba
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