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EAN : 9782080283207
288 pages
Flammarion (31/08/2022)
4.06/5   75 notes
Résumé :
Ma famille maternelle a quitté la Roumanie communiste en 1961. On pourrait la dire "immigrée" ou "réfugiée" . Mais ce serait ignorer la vérité sur son départ d'un pays dont nul n'était censé pouvoir s'échapper. Ma mère, ma tante, mes grands-parents et mon arrière-grand-mère ont été "exportés" . Tels des marchandises, ils ont été évalués, monnayés, vendus à l'étranger. Comment, en plein coeur de l'Europe, des êtres humains ont-ils pu faire l'objet d'un tel trafic ? L... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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motspourmots
  04 septembre 2022
Longtemps l'Histoire récente de la Roumanie a été tue. Volontairement par le pouvoir dictatorial communiste de l'après-guerre, de façon plus complexe par celles et ceux qui étaient sortis du pays et demeuraient silencieux sur ce qu'ils avaient vécu, ou bien attachés à leurs "bons souvenirs". Ce n'est que des dizaines d'années après la chute du régime de Ceausescu que les archives de la Securitate (services de sécurité) ont été rendues accessibles au public. Par Histoire récente il faut englober la montée de l'antisémitisme et du fascisme dans les années 1930, la seconde guerre mondiale qui fut le théâtre de massacres de juifs plus importants que dans n'importe quel pays autre que l'Allemagne et bien sûr la chape dictatoriale qui s'est abattue ensuite sur le pays. de mon côté j'ai découvert tout ça d'abord dans Eugenia de Lionel Duroy qui m'a amenée à lire le Journal de Mihail Sebastian et quelques autres livres comme le terrible Les Oxemberg & les Bernstein de Catulin Mihuleac. Sonia Devillers a enquêté à travers les livres et également en se rendant en Roumanie, un pays qui n'était pour elle, née en France d'un père donc d'un patronyme français qu'une vague origine lointaine. Ses origines lui viennent de sa mère arrivée en France avec ses parents en 1961 à l'âge de 15 ans. Des origines juives dont elle se souciait comme d'une guigne avant de découvrir ce qu'elles avaient signifié en Roumanie pour sa famille maternelle à chacune de ces époques. Son livre est une édifiante synthèse de ses recherches et un éclairage très précis de près d'un siècle de cruauté puis de cynisme de la part de dirigeants qui ont tout fait pour cacher la réalité de leurs exactions. le pays a d'abord massacré sa population juive avant de s'en servir comme monnaie d'échange. de les vendre. Tout ceci grâce à un intermédiaire, un mystérieux personnage sur lequel l'autrice enquête également. le nom de Jacober était connu, mais ses activités et surtout ses motivations c'était plus flou. Voilà qui devient plus clair.
Le récit est assez glaçant mais indispensable. Il sera instructif pour celles et ceux qui ne connaissent rien de l'Histoire de la Roumanie, il complètera les connaissances de celles et ceux qui en savent un peu plus. Pour Sonia Devillers il est aussi le moyen de répondre à des questions qu'elle n'était pas consciente de se poser avant cette enquête et qui ont trait à l'identité. Remplir les silences c'est aussi rendre justice aux Exportés et aux autres, rendre leur intégrité à ceux qui ont préféré oublier leur passé.
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Killing79
  17 octobre 2022
Grâce aux retours des historiens, on a l'impression de déjà bien connaître la profondeur de la bassesse dont est capable l'être humain. Mais régulièrement, une nouvelle anecdote réussit à donner un nouveau coup de pelle pour creuser encore plus loin.
Étant au volant tout au long de la journée, j'ai eu souvent l'occasion d'écouter les émissions radiophoniques de Sonia Devillers et j'adore son travail. Elle est aussi professionnelle que conviviale et l'arrivée de son premier récit m'a tout de suite fait de l'oeil.
Dans ce livre, elle s'intéresse au passé de ses grands parents et même temps à l'Histoire de la Roumanie, le pays de sa famille maternelle. Pendant la seconde guerre mondiale et après celle-ci, les dirigeants roumains se sont rendus coupables d'actes nauséabonds. En accord avec l'autorité nazie, ils ont d'abord traqué les juifs de leur pays. Ils ont ensuite mis en place un système ignoble afin de se séparer de leurs compatriotes de cette confession. Durant toutes ces années, le gouvernement communiste a fait preuve d'une inhumanité affligeante, allant jusqu'à échanger des femmes et des hommes contre des animaux ou des machines.
Une autre chose est aussi choquante pour l'autrice. Malgré toutes les ignominies qu'ils ont vécues, ses grands-parents et une grande partie des victimes préfèrent garder le silence. Ils mettent ces évènements sous un mouchoir pour les faire disparaître. On n'en parle pas donc ça n'existe pas. le mutisme de ses aïeux apparaît alors comme une protection de la mémoire.
Le peuple juif reste un peuple martyrisé par L Histoire et cette nouvelle parenthèse en est une démonstration supplémentaire. A travers la déchéance de sa famille prestigieuse, Sonia Devillers nous offre un récit dramatique, toujours factuel, qui prouve que l'Homme est capable des pires atrocités au nom d'une idéologie. Ce livre est donc essentiel pour que les crimes du passé nous servent de leçon dans le futur !
Lien : https://youtu.be/YCF05f_Uz80
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Laureneb
  02 novembre 2022
« Exportation » renvoie à ce qu'un Etat poduit sur son territoire et vend à l'étranger, pour le profit. le terme ne s'utilise normalement pas pour des personnes, pour des citoyens. Or, ce titre avec sa connotation économique et géographique désigne bien la réalité historique vécue par les grands-parents de l'autrice qui réalise ici un véritable travail d'enquête.
Ses grands-parents ont donc été l'objet d'un troc, leur exil de Roumanie contre des cochons. La formule est brutale, elle est répétée plusieurs fois pour que le lecteur puisse intégrer toute la violence des faits derrière, violence physique, politique, matérielle, et surtout antisémite et cynique. Les dirigeants roumains ont cherché à s'enrichir en vendant leur population juive, c'est de la real-politik dans un contexte de Guerre Froide, bâtie sur un antisémitisme ancien. Toute une partie de l'histoire de l'Europe défile sous nos yeux dans cette enquête, des États autoritaires des années 30 à la Seconde Guerre Mondiale, au génocide des juifs et à la Guerre Froide avec la division des deux blocs.
Face à ces événements que l'on peine à concevoir, le récit n'est pas froid et désincarné, au contraire, puisqu'il repose sur l'histoire personnelle de la famille de l'autrice, qui dresse un portrait émouvant de sa mère, traumatisée par un exil dans l'adolescence au point de refuser sa langue maternelle, et surtout un beau portrait de ses grands-parents. Intellectuels cultivés et musiciens, bourgeois cosmopolites, véritables communistes... Dans ce couple, Gabriela, la grand-mère de Sonia Devillers, a une personnalité si forte qu'elle semble dominer son mari, fière et consciente de sa valeur. Mais un élément de leur identité, si secondaire pour eux, si important pour les gouvernants, les relègue comme des sous-citoyens : leur judéité, même s'ils ne sont pas pratiquants, même s'ils ne sont pas vraiment croyants. Et c'est cette judéité qui détermine dans cette Europe si troublée leur destin.
J'ai donc été très intéressée par cette « exportation » de juifs par la Roumanie aux Etats de l'Ouest ou à Israël pour en tirer un bénéfice, en dollars ou en animaux d'élevage. Les éléments sont bien amenés, pas besoin de connaissances préalables sur cet Etat qui n'est sans doute pas le premier auquel on pense quand on imagine le Bloc de l'Est. Mais surtout, j'ai été touchée par les portraits de famille, avec les questions de mémoire et de transmission. Sonia Devillers ne sait rien de la Roumanie et de Budapest, elle ne parle pas sa langue « maternelle » dans le sens de la langue de sa mère, sa langue est le français, la langue de sa patrie. Néanmoins, elle ressent une forme de traumatisme, 3ème génération de rescapés de la Shoah, alors que ses grands-parents eux-mêmes ne se reconnaissaient pas comme tels, eux qui n'avaient pas l'impression d'avoir échappés au génocide – alors, que d'un point de vue historique, les preuves sont là, ils ont été persécutés, ils ont perdu leur travail, et ils auraient pu être tués comme certains de leurs proches. Ces réflexions sur la mémoire et la famille m'ont beaucoup touchée.
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Matatoune
  19 septembre 2022

vagabondageautourdesoi.com - Sonia Devillers - La journaliste Sonia Devillers, spécialiste de l'étude des médias, confie son histoire familiale dans ce premier essai Les exportés, un récit incroyable sur le pays de ses ancêtres, La Roumanie, et la façon dont le régime communiste a traité les juifs, des années après le génocide de l'Allemagne hitlérienne.
La voix de Sonia Devillers m'accompagne le matin sur France Inter. Souvent haletante, tant son sujet la passionne et le manque de temps la contraint, sa voix m'explique, au fil des jours, l'évolution mais aussi les dessous de la planète-médias et des industries culturelles.
Du coup, Les exportés sont très loin de ce que son image médiatique nous livre régulièrement. Cette histoire d'exil familial, non seulement, ouvre un pan entier de l'histoire de l'Europe de l'Est, mal connue, mais aussi livre le récit poignant d'une recherche pour mettre des mots sur un passé complexe et rendu silencieux par la nécessité de mettre à distance la souffrance vécue.
Gabriela Spitzer est issue d'une famille d'intellectuels reconnue de Bucarest, appelée le Petit Paris des Balkans. Ce sont les Sanielevici, dont tous ses oncles furent académiciens. Sa mère, au destin plus que commun, a épousé un artiste et a retrouvé l'auréole bourgeoise de son nom après son divorce.
Gabriela née Spitzer puis devenue Sanielevici a eu deux filles, dont Marina, mère de Sonia, première à naitre française. Elle s'appellera Madame Greenberg avec son mariage avec Harry, pur texan, revenu dans les années 30 ingénieur en Roumanie après des études en Italie.
Puis, Gabriela Deleanu sera son nouveau nom dès son arrivée en France en 1961. Trois identités pour décrire trois vies largement différentes mais complétement en lien avec l'Histoire de la Roumanie, souvent peu connue car trop peu racontée.
Pourtant, et Sonia Devilliers le confirme à plusieurs reprises, aucun secret en apparence, aucun mensonge n'est venu pervertir l'histoire de la famille. Ces grands-parents ont raconté leur passé en enrobant la vérité d'anecdotes, assez originales et même nombreuses, qui ont mis sous silence ce qui les a fait souffrir, ce qui les a fait partir, ce qui les a si fortement mis au banc d'une société où ils tenaient une place d'intellectuels reconnus et appréciés : leur judéité !
Sonia Devillers remonte l'histoire de Harry et de Gabriela, ses grands-parents, qui vont subir les exactions du pouvoir nazi lors de la seconde guerre mondiale, croire à l'espérance du pouvoir communiste et même en devenir des cadres appréciés. Mais à l'arrivée du dictateur rouge, Ceausescu, celui-ci n'aura de cesse de reconstruire son pays dévasté, et notamment son agriculture, en vendant les juifs jusqu'en 1989.
Impensable, incroyable ! En journaliste avisée, Sonia Devillers amène les preuves, confrontent les historiens, citent les études, rencontrent les protagonistes et surtout retrouve sur une liste, les noms de ces grands-parents.
La Sécuritate, services secrets roumains, organisaient l'échange de familles juives contre du matériel agricole et des animaux d'élevage, et notamment des porcs Landrace Danois, gage d'investissement rentable ! D'où le titre, signifiant la réalité de cet exil !
Certes, les grands parents, et notamment, sa grand-mère appartenait à l'élite bourgeoise intellectuelle de la Roumanie du début du siècle. Elle gardera cette suffisance qui nous la fait peu sympathique. Néanmoins, sa pièce de couture dans l'appartement de Bagnolet que Sonia, sa petite fille, a connu et nous raconte, montre la force de cette femme a se réinventer pour continuer à profiter de la vie.
Difficile de rendre compte de la complexité de cet essai qui interroge, comme d'autres ont pu le faire, sur les charges que portent cette troisième génération après l'holocauste venant exprimer son ressenti et son analyse sur le génocide.
Sonia Devillers choisit de montrer avec l'histoire de sa famille non seulement le vécu pendant la seconde guerre mondiale mais aussi durant le régime communiste dans son pays d'origine, la Roumanie. C'est brillant, argumenté et facile d'accès. Bien sûr, c'est complètement incroyable que dans la seconde moitié du vingtième siècle, il y ait eu, encore, une traite d'êtres humains d'une telle ampleur en Europe…
« Sept cent mille Juifs avant-guerre. Trois cent cinquante mille après ».
Un essai essentiel !
Lien : https://vagabondageautourdes..
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soniaboulimiquedeslivres
  01 novembre 2022
RENTRÉE LITTÉRAIRE 2022📚
Ce récit est une plongée historique dans la Roumanie de l'après-guerre. Harry et Gabriela, les grands-parents de Sonia étaient membres haut placés du parti communiste roumain. Leur seul « tare » : être juifs, même s'ils sont juifs non observant. Lorsqu'ils sont évincés du parti, ils n'ont plus rien, et pas d'autre choix que fuir. Pour tenter de quitter la Roumanie, ils font confiance à Henry Jacober, un passeur juif anglais, spécialisé dans l'import-export. Grâce à lui, ils réussiront à franchir le Rideau de fer et à gagner Paris. A quel prix ? Cela, ils ne le sauront jamais. C'est Sonia qui, au cours de ses recherches, va découvrir l'innommable : pour renflouer les caisses du régime, la Roumanie, exsangue, a fait le choix de vendre ses juifs contre du bétail, ou du matériel agricole, de manière « artisanale » dès la fin des années soixante, puis contre des dollars, de façon bien plus organisée, sous le règne de Ceaucescu, et ce pendant plusieurs dizaines d'années.
« A chaque liste de noms, il ferait correspondre des lots de bestiaux. Les camarades les plus difficiles à négocier seraient échangés contre des cheptels plus onéreux ou alors contre de plus gros troupeaux. »
Une histoire qui fait froid dans le dos. Les chiffres témoignent et sont effroyables : 750 000 juifs roumains avant-guerre, exterminés, déportés, exportés, vendus, seuls 10 000 vivaient encore en Roumanie lors de la chute du communisme.
Le fil rouge de ce roman est l'indifférence. Sonia va tenter de découvrir ce qui se cache derrière cette indifférence. Car ses grands-parents n'ont jamais raconté dans le détail ce qu'ils ont vécu en Roumanie. le pire a toujours été caché, les rafles, la déportation possible, les pogroms. Pas de mensonges, mais l'éviction de l'horreur. Tout est dénué d'affect. Gabriela raconte la culture roumaine, les expositions, les livres, les paillettes, les vacances à la montagne, l'opulence. Elle cache le fait que les juifs sont harcelés, emprisonnés, que la Transnistrie est devenue le dépotoir ethnique de la Roumanie communiste.
« J'ai entendu parler un peu, enfant, de la Garde de fer, de sa révolte, de la rafle de mon grand-père. Mais les mots étaient lisses. Les mots étaient vides. Les mots étaient prononcés d'un ton détaché. Ils plantaient le décor sans aucune émotion. Une anecdote de plus. Sans plus. Mes grands-parents ont tout vécu, presque tout dit, mais c'est comme s'ils n'avaient rien senti. »
Sonia nous propose une immersion en plein coeur de l'antisémitisme roumain. A travers la vie de sa famille, le récit de Sonia est une réflexion émouvante sur la mémoire, la transmission et l'Histoire. Elle explique comment la Shoah a été totalement occultée, effacée, en Roumanie. Elle remonte le fil jusqu'à l'origine de ce drame humain, sans se laisser submerger par l'émotion, ce qui est loin d'être le cas du point de vue du lecteur.
Personnellement, j'ai lu ce livre avec un poids sur le coeur et l'âme. Sonia utilise le « Je », considérant à juste titre, que c'est son histoire, et cela rajoute une dimension émotionnelle exceptionnelle au texte. Je connaissais les grandes lignes de ce « troc », mais j'ignorais quantité de détails. C'est une histoire totalement vertigineuse du point de vue moral, à plusieurs reprises j'ai posé le livre, j'ai réfléchi à tout cela et je me suis dit « C'est insensé ». le régime roumain a été pris dans un engrenage où il a perdu toute forme de valeur, de jugement et de rationalité.
La plume de Sonia est délicate, riche et sensible. Elle n'écrit pas « Les exportés » d'un point de vue journalistique, elle ne se laisse pas déborder par son métier. Et elle réussit, malgré le tragique du procédé, à sortir le côté comique et absurde de la chose. Les chapitres sont courts, « Les exportés » se lit bien, trop bien. C'est un témoignage essentiel sur un pan de notre histoire. Un génocide qui n'est pas suffisamment développé dans les livres d'histoires. Henry Jacober est loin d'être un Oskar Schindler, il s'est enrichi sur le dos des juifs, ce n'est pas à nier, mais beaucoup de familles ont réussi à quitter la Roumanie pour une vie meilleure, grâce à lui. Son marché était inhumain, mais il était réglo. Chaque famille a été accompagnée jusqu'à la gare de l'Est à Paris, personne n'est resté coincé aux postes frontières, comme nous le décrit Sonia lors du voyage de ses grands-parents.
Ce livre est à découvrir absolument, pas besoin de lire un thriller mettant en scène un serial killer pour Halloween….La réalité permet bien suffisamment de frémir, de glacer le sang et de nous faire faire des cauchemars. A votre avis, combien vaut la vie d'un homme ? Quel est le prix de sa liberté ? Jouons à un jeu….Imaginez-vous, dans les années 60, en Roumanie. Vous êtes juif, vous devez absolument quitter le pays pour ne pas finir emprisonné. A combien de porcs Landrace évaluez-vous votre salut ?…
« Ils n'ont pas fui, on les a laissés partir. Ils ont payé pour cela une fortune. Des papiers leur ont été accordés, puis retirés, puis finalement accordés. Ils ne voulaient pas quitter leur pays. Ils ne voulaient pas, mais ils n'avaient plus le choix. A chaque arrêt, chaque poste-frontière entre la Roumanie et la France, ils ont cru que le train ne repartirait jamais. le 19 décembre 1961, pourtant, Harry et Gabriela Deleanu, leurs deux filles et une grand-mère réussirent à atteindre Paris. Ils avaient franchi le Rideau de fer sans cesser de se retourner. »
#Lesexportés #SoniaDevillers #Flammarion #RentréeLittéraire2022
Lien : https://soniaboulimiquedesli..
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critiques presse (2)
LesEchos   06 septembre 2022
Dans « Les exportés », son premier livre, la journaliste de France Inter raconte les dessous de l'arrivée en France de sa mère et de ses grands-parents, juifs ayant fui la Roumanie communiste à la faveur d'un troc à peine croyable.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LesInrocks   05 septembre 2022
Dans son premier livre, la journaliste fait le récit sobre et fort de l’histoire de ses grands-parents juifs et roumains victimes d’un innommable trafic humain pendant la dictature de Ceaușescu. Un texte salutaire, qui lève le voile sur des fantômes monstrueux.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
michdesolmichdesol   21 novembre 2022
Les communistes ne chassèrent pas longtemps les anciens fascistes. En revanche, ils instaurèrent une traque des anciennes élites, chacun devant justifier de son extraction sociale, chacun vivant dans le tourment d'être assimilé aux « classes dominantes ». Harry, bourgeois, ingénieur, cadre à l'usine. Gabriela, intellectuelle issue d'une lignée prestigieuse, musicienne, professeure de français. Suspects, forcément suspects.
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michdesolmichdesol   21 novembre 2022
A l'entrée des chars russes dans Bucarest, mes grands-parents s'étaient juré qu'on ne les obligerait plus à être ces juifs qu'ils n'avaient jamais voulu être. Ils s'acharneraient à vivre comme les autres, délestés de toutes « ces questions juives », de tout « statut des juifs », de toute « condition de victime » ; en un mot, de tout passé. L'effet d'amnésie induit dans le discours officiel les arrangeait. Ils espéraient un monde nouveau ici et maintenant. Droit d'inventaire et devoir de mémoire n'étaient pas leur affaire, au contraire. Le Parti communiste fondait à grande vitesse sur les institutions. Le train était en marche, il fallait monter à bord et ne pas se retourner.
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michdesolmichdesol   21 novembre 2022
Je ne sais pas ce que c'est que d'être juif, on ne m'en a rien transmis et cela ne me manque pas.
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MatatouneMatatoune   07 septembre 2022
Tout serviteur de l’État et du Parti qu'il fut, le juif roumain ne pouvait être un vrai Roumain. Forcément complice de puissances étrangères, forcément avide, forcément voleur et forcément attiré par une vie ailleurs, c'est à dire, en Israël.
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MatatouneMatatoune   06 septembre 2022
Dans ce grand en avant roumain, une société, cette société entièrement tournée vers l'avenir et la modernité, les élites éduqués vivaient les yeux rivés vers le passé.
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Videos de Sonia Devillers (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sonia Devillers
La journaliste Sonia Devillers était l'invitée de la Galerne le 12 octobre 2022 pour présenter son récit "Les exportés" (éditions Flammarion). Sonia Devillers brise le silence, tellement pesant, qui entourait l'histoire de sa famille maternelle. Après les déportations de masse des juifs de Roumanie, elle raconte comment s'est organisée l'exportation de masse d'une population échangée contre du bétail par le régime communiste. Un trafic juteux, une horreur de plus au coeur de l'Europe. « Une petite histoire dans un grand scandale » écrit la journaliste Sonia Devillers qui a fait là un travail remarquable pour la mémoire. Un récit historique et personnel très touchant.
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