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ISBN : 2259205526
Éditeur : Plon (22/06/2006)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 105 notes)
Résumé :
Vous savez que j'ai un esprit scientifique. Or récemment, j'ai fait une découverte bouleversante ! En observant la matière de plus près... j'ai vu des atomes... qui jouaient entre eux... et qui se tordaient de rire ! Ils s'esclaffaient ! Vous vous rendez compte des conséquences incalculables que cela peut avoir ? Je n'ose pas trop en parler, parce que j'entends d'ici les savants : " Monsieur, le rire est le propre de l'homme ! " Et oui ! Et pourtant ! Moi, j'ai vu, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Mimimelie
  21 mai 2013
Mesdames et messieurs ... Je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire.
Oh ! je sais !
Vous pensez :
" S'il n'a rien à dire ... il ferait mieux de se taire ! "
Evidemment ! Mais c'est trop facile ! ... c'est trop facile !
Vous voudriez que je fasse comme tous ceux qui n'ont rien à dire et qui le gardent pour eux ?
Eh bien non ! Mesdames et messieurs, moi, lorsque je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache !
Je veux en faire profiter les autres !
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greg320i
  26 décembre 2014
Devos , Devos, toi le suppôt des mots,dévot serviteur de la matière à rire, tu nous tire ce rituel contextuel du plus bel effet .
Anarchiste textuel , obsédé de la rime , tu nous arrime avec tes armes exceptionnelles à la plume, incomparable agent pour nous rappeler à l'ordre de l'humour.
De ce monde à l'envers, de ces passages mémorables ,l'art maniéré d'utiliser la matière scientifique pour la bonne cause de nos zygomatiques tirés avec tant de générosité dévoué,j'en suis , il est vrai , soufflé.
Essoufflé d'être retombé dans le vrai bon français par tant de bon sens, de non sens dans les mots utilisés, dans ces phrases frappées de paradoxe .

Mais si ces vers sévères ont ce goût de virtuose à nos ouïes, ce n'est pas innocent, il convient de t'en reconnaitre coupable de prime abord sur ces mélodieuses envolées lyriques happées ici et frappées là dans un amalgame grandiose.
Combinaison d'artiste de scène,shaker de blagues à la voix , tu nous joue la fanfaronnade de ta voie de stentor et tu me revigore .. Dieu sait que j'aime le gore..

Dieu qui désormais est ton compagnon à toi le bel ange désormais si haut placé. de tes milles idées frétillantes et pétillantes tu peut désormais nous en faire pleuvoir un nuage de confusion, une explosion de joie venant de toi qui n'était jamais Harpagon d'un sourire mais toujours harponné par le rire .
Sémillant personnage imbriquant les mélanges façonné à ta façon , renversant les codes,nous remplissant les poches de ce délicieux flacon sans bouchon, je t'en remet là mon respect le plus profond .
A consonance littéraire, en pleine conscience que ma critique n'atteindra jamais un iota de ce maitre Yoda du rire, je m'en remet ici une pleine pâtée de ce pavé de 542 pages qui réunit les ouvrages " Ça n'a pas de sens" , " Sens dessus dessous " et " A plus d'un titre "
Un condensé non insensé d'union de livres délivrant tant de passion , moi j'en suis partisan..
..Et serviteur de vous proposer son dernier testament comique paru en 2007 : " Rêvons de mots " : un bel hommage pour un bel homme; à plus d'un titre ( de gloire)
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paroles
  07 août 2013
J'ai un gros nez rouge
Deux traits sur les yeux
Un chapeau qui bouge
Un air malicieux... 🎶🎶🎶
Cette petite chanson pourrait bien être le portrait de cet immense artiste qu'est Raymond Devos.
Il jongle avec les mots : "tu ois mon chien qui aboie le soir au fond des bois ?"
Il fait le mime : "Lorsque j'ai entrepris de faire du mime, j'ai commencé par mimer la marche sur place. Très vite, j'ai compris que cela ne me menait pas loin, pour ne pas dire nulle part !"
Parfois, il marche sur la corde raide : "Il y a des choses qui n'ont pas de sens ! Tenez ! Moi qui vous parle, j'ai le pied gauche qui est jaloux du pied droit, alors quand j'avance le pied droit le pied gauche qui ne veut pas rester derrière... passe devant...lLe pied droit en fait autant... et moi... comme un imbécile... je marche !..."
Jongleur de mots, musicien, roi de la dérision, mime, il est aussi poête :
"Je hais les haies
qui sont des murs.
Je hais les haies
et les mûriers
qui font la haie
devant les murs.
Je hais les haies
qui sont des houx.
Je hais les haies
qu'elles soient de mûres
qu'elles soient de houx !
Je hais les murs
qu'ils soient en dur
qu'ils soient en mou !
Je hais les haies
qui nous emmurent.
Je hais les murs
qui sont en nous !"
La force de Devos, c'est de nous faire embarquer avec lui dans tous les sens d'un mot, de le triturer, de le retourner. On est au manège du grand huit des mots. Quelle force ! Quelle belle tête Devos ! Bon j'avais envie, j'ai bien le droit, non ! C'était juste un essai. Trois fois rien quoi ! Mais "Trois fois rien, c'est déjà quelque chose".
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dido600
  10 mai 2016
Il y a plusieurs sortes d'artistes: ceux qui ont le talent inné parce que des fées bienveillantes se sont penchées sur leurs berceaux. Ils démarrent leur carrière sur les chapeaux de roues jusqu'à ce que le destin mette un point final à une montée vertigineuse.
Par contre, il y a d'autres artistes chez qui le talent était à peine visible: ils n'avaient d'abord ni le physique de l'emploi, ils ne venaient pas d'un milieu artistique, ils n'étaient pas des enfants de la balle comme on dit et surtout ils n'ont pas subi une formation pour.
Mais un jour, au hasard de leurs tribulations, dans leur recherche des moyens de gagner leur vie honnêtement, ils ont été aiguillés malgré eux vers les métiers de la scène. Métier dont ils ont fait à la longue leur profession.
L'apprentissage a été rude et le succès n'est pas venu tout de suite, mais à force de labeur, de sueur, d'angoisse et d'incertitudes, le triomphe est arrivé un peu tard, certes, mais il fut tel que toutes les souffrances subies furent oubliées, gommées.
L'artiste, enfin reconnu par le public d'abord et par les médias après peut souffler et engranger les fruits de son travail.
Dans le music-hall français, on peut compter quelques carrières comme cela : Brassens, Brel, Ferré, Nougaro, Aznavour et bien sûr Raymond Devos après une carrière de «comique», d'humoriste ou de clown, unique.
Comme son ami Brassens qu'il fréquentait beaucoup et avec qui il avait tant d'atomes crochus, leurs goûts culinaires et vestimentaires communs, la même modestie dont ils faisaient preuve tous les deux, l'extrême discrétion sur leur vie privée, il avait un amour fou pour les mots.
Ce penchant immodéré pour la poésie (telle qu'on la définit habituellement par non seulement l'univers créé, mais aussi par le choix judicieux des sonorités, des rythmes et des rimes) l'avait poussé, comme beaucoup de poètes qui réfléchissaient sur le sens à donner à une vie, vers l'absurde. L'exploitation de ce filon fut prodigieux : la réalité matérielle jurant toujours avec les principes et les conventions, il devenait facile, trop facile d'en débusquer les paradoxes à tel point que le commun des mortels passait devant sans faire gaffe...
Cependant, comme beaucoup d'humoristes de talent, Raymond Devos ne faisait pas des jeux de mots gratuits.
Il les extrayait des situations de vécu quotidien (comme par exemple l'anecdote du contribuable): il analysait, disséquait, découpait les mots, retrouvait leurs racines étymologiques, mettait en avant leur sens premier, l'opposait au sens commun, mélangeait tout cela, l'agitait et vous le resservait frais. Il savait exploiter à merveille les modes du moment: le fameux sketch de soeur Emmanuelle illustre à merveille le désarroi du pauvre téléspectateur face à l'offre gigantesque des bouquets numériques.
Son physique d'ours, ses traits propres aux personnages rabelaisiens, sa truculence, ses gestes faussement gauches le font apprécier sur les scènes parisiennes où il a poussé le luxe jusqu'à intégrer des sketches musicaux dans son one man show.
Il est allé même jusqu'à jouer du bandonéon, l'instrument des chanteurs des rues avec lequel il excellait à jouer des mélodies de Brassens, son ami de toujours. Ses formules devenues célèbres pouvaient se résumer dans celle-ci: «Le rire est le meilleur cadeau qu'on peut faire à autrui.»
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Symphonie
  20 février 2013
Le regretté Devos, jongleur des mots, j'ai adoré toutes ses histoires. Un grand Monsieur.
Matière à rire ne peut se lire qu'épisodiquement, mais quel régal !
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
iarseneaiarsenea   27 avril 2010
Sens dessus dessous

Actuellement,
mon immeuble est sens dessus dessous.
Tous les locataires en dessous
voudraient habiter au-dessus !
Tout cela parce que le locataire
qui est au-dessus
est allé raconter par en dessous
que l'air que l'on respirait au-dessus
était meilleur que celui que l'on respirait à l'étage
en dessous !
Alors, le locataire qui est en dessous
a tendance à envier celui qui est au-dessus
et à mépriser celui qui est en dessous.
Moi, je suis au-dessus de ça !
Si je méprise celui qui est en dessous,
c'est parce qu'il convoite l'appartement
qui est au-dessus, le mien !
Remarquez... moi, je lui céderais bien
mon appartement à celui du dessous,
à condition d'obtenir celui du dessus !
Mais je ne compte pas trop dessus.
D'abord, parce que je n'ai pas de sous !
Ensuite, au-dessus de celui qui est au-dessus,
il n'y a plus d'appartement !
Alors, le locataire du dessous
qui monterait au-dessus
obligerait celui du dessus
à redescendre en dessous.
Or, je sais que celui du dessus n'y tient pas !
D'autant que, comme la femme du dessous
est tombée amoureuse de celui du dessus,
celui du dessus n'a aucun intérêt à ce que
le mari de la femme du dessous
monte au-dessus!
Alors, là-dessus...
quelqu'un est-il allé raconter à celui du dessous
qu'il avait vu sa femme bras dessus,
bras dessous avec celui du dessus?
Toujours est-il que celui du desssous
l'a su!
Et un jour que la femme du dessous
était allée rejoindre celui du dessus,
comme elle retirait ses dessous...
et lui, ses dessus...
soi-disant parce qu'il avait trop chaud en dessous...
Je l'ai su, parce que d'en dessous,
on entend tout ce qui se passe au-dessus...
Bref ! Celui du dessous leur est tombé dessus !
Comme ils étaient tous les deux soûls,
ils se sont tapés dessus!
Finalement, c'est celui du dessous
qui a eu le dessus !
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iarseneaiarsenea   27 avril 2010
Où courent ils ?

L'artiste (entrant):
Excusez-moi, je suis un peu essoufflé !
Je viens de traverser une ville
où tout le monde courait...
Je ne peux pas vous dire laquelle...
Je l'ai traversée en courant.
Lorsque j'y suis entré, je marchais normalement.
Mais quand j'ai vu que tout le monde courait...
je me suis mis à courir comme tout le monde,
sans raison !
A un moment, je courais coude à coude
avec un monsieur...
Je lui dis:
-Dites-moi... pourquoi tous ces gens-là
courent-ils tous comme des fous ?
Il me dit:
-Parce qu'ils le sont !
!
Il me dit:
-Vous êtes dans une ville de fous ici...
vous n'êtes pas au courant ?
Je lui dis:
-Si, des bruits ont couru !
Il me dit:
-Ils courent toujours !
Je lui dis:
-Qu'est-ce qui fait courir tous ces fous?
Il me dit:
-Tout ! Tout!
Il y en a qui courent au plus pressé.
D'autres qui courent après les honneurs...
Celui-ci court pour la gloire..
Celui-là court à sa perte !
!
Je lui dis:
-Mais pourquoi courent-ils si vite ?
Il me dit:
-Pour gagner du temps !
Comme le temps, c'est de l'argent...
plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
Je lui dis:
-Mais où courent-ils?
Il me dit:
-À la banque.
Le temps de déposer l'argent qu'ils ont gagné sur un compte courant... et ils repartent toujours en courant, en gagner d'autre !
Je lui dis:
-Et le reste du temps?
Il me dit:
-Ils courent faire leurs courses...
au marché !
!
Je lui dis:
-Pourquoi font-ils leurs courses en courant ?
Il me dit:
-Je vous l'ai dit... parce qu'ils sont fous !
Je lui dis:
-Ils pourraient aussi bien
faire leur marché en marchant...
tout en restant fous !
Il me dit:
-On voit bien que vous ne les connaissez pas !
D'abord, le fou n'aime pas la marche...
Je lui dis:
-Pourquoi?
Il me dit:
-Parce qu'il la rate !
!
Je lui dis:
-Pourtant, j'en vois un qui marche !?
Il me dit:
-Oui, c'est un contestataire !
Il en avait assez de toujours courir comme un fou.
Alors, il a organisé une marche de protestation!
Je lui dis:
-Il n'a pas l'air d'être suivi?
Il me dit:
-Si ! Mais comme tous ceux qui le suivent courent, il est dépassé !
!
Je lui dis:
-Et vous, peut-on savoir ce que vous faites dans cette ville ?
Il me dit:
-Oui! Moi, j'expédie les affaires courantes.
Parce que même ici, les affaires ne marchent pas !
Je lui dis:
-Et où courez-vous là ?
Il me dit:
-Je cours à la banque !
Je lui dis:
-Ah !... Pour y déposer votre argent ?
Il me dit:
-Non ! Pour le retirer !
Moi, je ne suis pas fou !
Je lui dis:
-! Si vous n'êtes pas fous,
pourquoi restez-vous dans une ville
où tout le monde l'est ?
Il me dit:
-Parce que j'y gagne un argent fou!
C'est moi le banquier !
+ Lire la suite
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iarseneaiarsenea   27 avril 2010
Je zappe

Hier soir, après dîner, ma femme me dit:
-Qu'est-ce qu'on donne ce soir à la télé ?
Je lui dis:
-Il y a deux films.
Sur une chaîne, il y a Thérèse dans un genre pieux...
enfin, classé pieux!
Et sur l'autre chaîne, il y a Emmanuelle dans
un genre tout à fait différent, classé X!
Elle me dit:
-Eh bien moi, je vais me coucher... Pas toi?
Je lui dis:
-Non, je crois que je vais rester encore un peu voir le film.
Elle me dit:
-Lequel ?
Je lui dis:
-Emma... (rectifiant)... le pieux...
le pieux avec un X !
Elle me dit:
-Bon, tu me raconteras !
Je lui dis:
-C'est ça !
Elle sort. Je ferme soigneusement la porte derrière elle.
J'allume ma télé. Je prends mon zappeur...
parce que j'aime zapper !
J'aime passer d'une chaîne à l'autre !
Je dis: Voyons Thérèse puisque c'est ce que j'ai
décidé mais auparavant, je vais jeter un petit coup
d'oeil sur Emmanuelle par acquit de conscience...
pour m'en faire une petite idée.
Et je zappe sur Emmanuelle.
Rhahh! La belle femme!
Elle était chez son médecin qui lui dit:
-Qu'est-ce qui vous arrive ?
Elle lui dit:
-J'ai une crise de foie...
Il lui dit:
-Dévêtez-vous, je vais vous palper !
Elle commence à retirer lentement ses effets...
Oh ! j'ai dit, je vois le genre. Allez, tout de suite
au pieux !... Au film !
Je zappe sur Thérèse.
En extase ...!
Elle était chez son confesseur qui lui dit:
-Qu'est-ce qui vous arrive ?
Elle lui dit:
-J'ai une crise de foi!
Il lui dit:
-Il faut prendre le voile. Voilez-vous!
J'ai dit: Le temps qu'elle le mette, moi je vais
les mettre sur Emmanuelle.
Je zappe sur Emmanuelle.
Elle avait tout dévoilé !
Alors là, je me suis dit: Il faut que tu choisisses...
Ou tu vois le «voilé» ou tu vois le «dévoilé» !
Voilà ! Alors, le «voilé» ou le «dévoilé»?
Ah, j'ai dit, vois-les... Vois les deux !
Et j'ai zappé avec une telle rapidité que les images
n'arrivaient plus à suivre !
A un moment, elles se sont superposées.
Quand j'ai vu le visage de Thérèse
sur le corps d'Emmanuelle, j'ai dit:
Oh ! Oh ! Où tu vas là ? Si Thérèse te trouble
à ce point, reste sur Emmanuelle...! Enfin...!
Et c'est juste au moment où je venais de zapper
sur Emmanuelle que ma femme est entrée...
-Je n'ai pas sommeil...
Aussitôt, j'ai zappé sur Thérèse.
Ma femme me dit:
-Tu regardes toujours Thérèse là?
Je lui dis:
-Plus que jamais !
Elle me dit:
-Tu n'as pas bonne mine ! Qu'est-ce qui t'arrive ?
Je lui dis:
-J'ai une crise de fois!
Elle me dit:
-De quel «foie»?
Je lui dis:
-Des deux «fois» !... enfin, on a pas deux foies...
J'ai une crise de ce foie-ci... (il le désigne),
le foie que l'on peut palper, et puis de l'autre foi,
l'impalpable ! J'ai mal aux deux «mots» à la fois.
J'ai mal à mon foie et à ma foi...
Elle me dit:
-Tu as déjà eu mal à tes «fois»?
Je lui dis:
-Bien des fois, autrefois, mais jamais aux deux
«fois» à la fois ! Tandis que là, pour la première fois,
je souffre de ce foie-ci et de cette foi-là...
tu comprends?
Heureusement qu'elle ne m'écoutait pas !
Elle regardait Thérèse...
Elle me dit:
-Mais pour qui Thérèse prie-t-elle?
Je lui dit, en toute bonne foi:
-Pour le repos du corps d'Emmanuelle !
Elle me dit:
-Pourquoi? Qu'est-ce qu'elle a fait
de son corps, Emmanuelle ?
Là, de mauvaise foi, j'ai dit:
-Comment veux-tu que je te le dise ? Tu ne m'a pas
laissé voir le film!
+ Lire la suite
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iarseneaiarsenea   27 avril 2010
«À tort ou à raison»

On ne sait jamais qui a raison ou qui a tort. C'est difficile de juger. Moi, j'ai longtemps donné raison à tout le monde. Jusqu'au jour où je me suis aperçu que la plupart des gens à qui je donnais raison avaient tort ! Donc, j'avais raison! Par conséquent, j'avais tort ! Tort de croire qu'ils avaient raison. C'est-à-dire que moi qui n'avais pas tort, je n'avais aucune raison de ne pas donner tort à des gens qui prétendaient avoir raison, alors qu'ils avaient tort. J'ai raison, non? Puisqu'ils avaient tort ! Et sans raison, encore ! Là j'insiste, parce que... moi aussi, il arrive que j'aie tort. Mais quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes torts !!! J'ai raison, non? Remarquez... il m'arrive aussi de donner raison à des gens qui ont raison aussi. Mais, là encore, c'est un tort. C'est comme si je donnais tort à des gens qui ont tort. Il n'y a pas de raison! En résumé, je crois qu'on a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort !
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DanieljeanDanieljean   24 août 2017
L’accident assuré
Raymond Devos

Vous voyez!... aujourd’hui... je suis content!... j’ai eu un accident!... L’assurance va pouvoir me rembourser. Oui! Parce que ça fait dix ans que je paye une assurance pour ma voiture... et ils ne me remboursent jamais. J’étais allé voir mon assureur... je lui avais dit :
-- Vous allez me rembourser quand?
-- Quand vous aurez un accident...
-- Je n’arrive pas à en avoir! Je ne sais pas comment font les autres!... Vous en avez, vous?
-- J’en ai régulièrement... deux fois par semaine!
-- Comment faites-vous?
-- Je ne réfléchis pas! Je fonce!
-- Alors, si je fonce et ne réfléchis pas...?
-- C’est l’accident assuré!
-- Vous pouvez me l’assurer?
-- Ah non! Je vous assure déjà contre les accidents... je ne peux pas vous assurer pour un accident...
-- Alors... où puis-je en avoir un?
-- Écoutez! Je ne devrais pas vous le dire, parce que... ce n’est pas dans mon intérêt... mais si vous voulez un accident... voyez du côté de la place de la République... il y en a pas mal en ce moment!
-- Bon!...

Je me dis : «Qu’est-ce que je risque!»
Je prends la voiture!... J’arrive place de la République... pan! pan! deux accidents... un à ma droite, l’autre à ma gauche...
Je me dis : «Le coin est bon! Le troisième, il est pour moi.»
Je vois arriver une voiture sur la gauche... je fonce dessus sans réfléchir... Ah, dis donc!... Le gars se dérobe! Je le rattrape... j’arrive à sa hauteur, je lui dis :
-- Qu’est-ce qui vous prend?
-- Je croyais que vous alliez me rentrer dedans!
-- C’est ce que je voulais faire, mais vous avez bifurqué!
-- Si vous aviez roulé un peu plus vite, j’étais bon!
-- Excusez-moi! La prochaine fois, je ferai attention!

J’appuie sur l’accélérateur et je fonce droit devant moi, sans regarder... Vous ne pouvez pas savoir comme c’est reposant! Parce que, ce qui est fatigant dans la conduite d’une voiture, c’est d’être obligé de regarder à droite ou à gauche... Mais quand on ne pense plus à rien... qu’on roule à tombeau ouvert... les yeux fermés... si vous saviez comme ça détend!

Au bout d’un moment, comme il ne se passait rien, j’ouvre les yeux... Ah! dis donc! Qu’est-ce que je vois? Toutes les voitures m’évitaient! À telle enseigne que je me suis dit : «Est-ce que je leur fais peur?» J’en étais là de mes réflexions lorsque boum! Un choc terrible à l’arrière... Je descends... Qui je reconnais dans celui qui m’était rentré dedans? Mon assureur! Je lui dis :
-- C’est gentil d’avoir pensé à moi!
-- Je ne l’ai pas fait exprès!
-- Exprès ou pas exprès... vous avez eu un beau geste!
-- C’est un accident!
-- Justement... vous allez pouvoir me rembourser!
-- Non! parce que, comme vous êtes dans votre tort... l’assurance ne marchera pas!
-- Écoutez! J’ai bien envie de vous casser la figure!
-- Ça me rendrait bien service!
-- Pourquoi?
-- Parce que, depuis dix ans, je paye une assurance contre coups et blessures et je n’arrive pas à en recevoir.
-- S’il n’y a que ça pour vous faire plaisir!
Je l’ai bourré de coups... il avait une tête comme ça!
-- Ça suffit! Je suis déjà largement remboursé!
-- Oui! Mais moi je ne le suis pas! Tant que vous n’aurez pas dit que vous êtes dans votre tort, je continuerai.
Il m’a regardé de son œil blanc... l’autre était déjà noir... et il m’a dit :
-- Je suis dans mon tort...
-- Vous pouvez me l’assurer?
-- Noir sur blanc.

Si bien que je serai remboursé! Pas lui! Comme il a reconnu être dans son tort, l’assurance contre les coups et blessures ne marchera pas.
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