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EAN : 9781030702126
Éditeur : Au Diable Vauvert (13/09/2018)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Adolescent sans famille, Syffe est réduit à l’esclavage, dans une époque de guerres et de grandes épidémies. Lorsque la peste s’abat sur les mines où il est prisonnier, il trouve l’occasion de prendre la fuite. Une seule idée l’obnubile, retrouver Brindille, son amour d’enfance, captive des énigmatiques Feuillus. Son périple mouvementé au travers des Primautés de Brune le conduira à se faire tour à tour instructeur, vagabond et mercenaire, tandis qu’il assiste, impu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Crazynath
  18 septembre 2018
Suite à une opération Masse critique de Babelio, J'avais découvert il y a quelques temps ( il y a à peine deux mois, pour être plus précise ), le très bon « Enfant de poussière » de Patrick K. Dewdney. J'avais beaucoup apprécié cette lecture, séduite à la fois par l'histoire et par la qualité de l'écriture de l'auteur, et je m'étais promis de le suivre de près, histoire de pouvoir continuer à découvrir la suite des aventures de Syffe . Je ne pensais pas tenir ma parole aussi vite, mais quand je suis passé chez mon libraire, la semaine dernière, mon oeil acéré a tout de suite repéré « La peste et la vigne » dans le coin littératures imaginaires.
Difficile d'ailleurs de le rater, ce livre, tant la couverture ressemble au premier tome. Même si les nuances tirent plus vers les gris bleu, on a de nouveau ces silhouettes d'arbres qui se détachent et qui frappent l'imagination du lecteur.
Comme en plus je suis en congés, il a été facile pour moi de me plonger avec délectation-il faut bien le dire – dans la suite des aventures de Syffe. Apres tout, on le laissait en fort mauvais posture à la fin du premier tome, puisque prisonnier des Carmides, il allait être envoyé aux mines.
On va le retrouver dans les sinistres mines d' Iphos dans des conditions plus que misérables et précaires. Il va réussir à en sortir au bout de quelques années, marqué par son séjour et les conditions de vie de cet endroit où la vie humaine n'a aucune signification ni aucune valeur.
Il n'a plus qu'un but dans sa vie : retrouver son amour d'enfance, Brindille. Pour cela, il va devoir affronter bien des épreuves à l'issue d'un périple qui va se révéler bien difficile.
L'épique traversée des montagnes qui suit son évasion m'a beaucoup plu, ainsi que sa rencontre avec le mystérieux peuple des Arces.
Évidemment, j'ai retrouvé avec plaisir le style très soutenu de l'auteur, qui lui permet de créer un monde vraiment particulier.
Challenge Pavés 2018
Challenge ABC 2018/2019
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boudicca
  10 janvier 2019
Après un passage par le roman noir et la poésie, Patrick Dewdney faisait en mai dernier une entrée fracassante dans le domaine des littératures de l'imaginaire avec le premier tome de son « Cycle de Syffe » : « L'enfant de poussière ». Récompensé depuis par plusieurs prix (Julia Verlanger, 25e Heure du livre du Mans...), le roman a d'ores et déjà conquis un vaste lectorat qui n'aura évidemment pas manqué de se jeter sur le deuxième volume paru en octobre dernier (un délais d'attente extrêmement rapide mais qui devrait être amené à s'allonger pour les tomes à venir). [Attention : Si vous n'avez pas encore eu l'occasion de lire « L'enfant de poussière », je vous conseille de passer le paragraphe qui va suivre au risque de vous gâcher la surprise de certaines révélations.] On retrouve donc Syffe quelques années après l'avoir quitté à la fin du premier tome, et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa situation ne s'est pas améliorée. Réduit en esclavage depuis des années dans les mines d'Iphos, notre petit vagabond a bien grandi et a enduré des épreuves tellement terribles que le narrateur ne s'y attarde que très brièvement, manifestement toujours bouleversé par les sévices subis au cours de cette période. Un événement totalement inattendu va toutefois permettre à notre héros d'enfin briser ses chaînes et de reprendre la route pour de nouvelles aventures. Son but ? Retrouver Brindille, la jeune orpheline avec laquelle il a grandi et qui, aux dernières nouvelles, devraient se trouver en terre ketoï où la guerre fait rage depuis des années et semble être en passe de prendre une nouvelle tournure.
On retrouve le même procédé narratif que dans le précédent volume : Syffe assume toujours seul la narration des années après les faits, et ses aventures sont une fois encore découpée en quatre parties bien distinctes. de même, chacune d'entre elles sont à nouveau entrecoupées de cartes qui nous permettent de nous familiariser avec la topographie de la région (signées Fanny Etienne-Artur), ainsi que d'extraits de chroniques ou d'actes officiels relatant des événements bien antérieurs à l'histoire. le rythme adopté est également globalement le même que celui du premier tome, le parcours de Syffe alternant entre phases plus ou moins longues d'adaptation à un nouveau milieu, systématiquement suivies de ruptures qui viennent totalement bouleverser la nouvelle vie de notre héros. Difficile de parler de l'intrigue sans trop en dévoiler sur ce second tome, aussi ne m'attarderais-je pas trop longtemps sur le sujet. Sachez toutefois que le monde dans lequel vit Syffe continue au fil des chapitres à s'élargir toujours un peu plus, ouvrant de nouvelles frontières, dévoilant des territoires inconnus et révélant de nouvelles opportunités. Après Corne-Brume, la forêt de Vaux et le siège d'Aigue-Passe, le lecteur découvre avec enthousiasme d'autres lieux et d'autres cultures, parmi lesquels il convient (entre autre) de mentionner les impressionnantes cités des Arces, peuple de guerriers vivant reclus dans leurs montagnes, ou encore les Ronces, forêt abritant le peuple ketoï à l'assaut de laquelle des milliers de mercenaires ont décidé de se lancer, à leurs risques et périls.
Le récit reste dans l'ensemble aussi immersif que dans le premier tome, même si le roman souffre à certains endroits d'une petite baisse de régime. Sa conclusion, notamment, est totalement inattendue et je dois avouer que je ne m'attendais pas du tout à ce que l'histoire de notre héros prenne une telle tournure. Curieusement, c'est lorsque la magie et le surnaturel se sont mis à occuper une place de plus en plus prépondérante dans le récit que j'ai eu le plus de mal à ne pas décrocher. Outre le fait que l'histoire était suffisamment dense et intéressante en elle-même sans ces éléments, l'irruption du fantastique dans la vie de notre héros est amenée de manière assez brutale et sans guère d'explications. Cette remarque vaut cela dit essentiellement pour la toute fin du roman qui, si elle m'a quelque peu perturbée, ne gâche en rien l'intérêt que l'on continue de porter au protagoniste ou à l'univers mis en scène par l'auteur. Syffe se révèle toujours aussi attachant (quand bien même il a bien grandi depuis le premier tome), et Patrick Dewdney n'a encore une fois pas son pareil pour créer toute une galerie de personnages secondaires particulièrement marquants et très hétéroclites. C'est dans les rangs des compagnies de mercenaires un temps fréquentées par notre héros que l'on trouve les portraits les plus saisissants, qu'il s'agisse de charismatiques chefs de guerre ou de compagnons d'armes tour à tour totalement givrés, dignes de confiance ou à la moralité douteuse. Les scènes de combat sont une fois encore extrêmement bien dépeintes, et on retrouve le même souci de réalisme et le même soin apporté aux détails dans la description de toute l'organisation nécessaire pour mener à bien une opération militaire de ce type (ravitaillement, rôle des éclaireurs, tactiques de guérilla…).
On retrouve avec grand plaisir Syffe pour de nouvelles aventures qui se révèlent encore plus mouvementées que celles dépeintes dans le premier volume. L'univers continue pour sa part de se dévoiler petit à petit, et chaque nouveau recoin exploré témoigne d'une richesse et d'une complexité plus que prometteuses. En dépit d'une conclusion un peu bancale, le roman dispose une fois encore de sacrés atouts qui ne manqueront pas de vous rendre accros à la série et à son protagoniste. Il ne reste désormais plus qu'à patienter en attendant le troisième volume.
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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jmb33320
  12 juillet 2020
« Une terrible sensation d'impuissance se nicha dans mes tripes, pire encore que celle qui m'avait accompagné tout au long de la matinée. Je me mis à songer soudain au roi des Ormes, et à la facilité avec laquelle il m'avait assuré que je pouvais changer de camp. »
Au début de ce second volume, Syffe est esclave dans des mines, destiné à une mort prochaine. Cinq ans se sont écoulés depuis sa capture et il est devenu un jeune homme. Une épidémie de peste l'épargnera, lui seul parmi de nombreux autres prisonniers ou gardes. Il s'enfuira par les montagnes et devra résister à la tentation de rester avec le peuple où il s'est fait une place.
Il n'a pas renoncé à retrouver Brindille, qu'un pèlerin étrange avait dit emmener loin du champ de bataille où Syffe avait été capturé. Il retrouvera la région de son enfance, où la guerre n'a pas cessé. Il fera partie d'une troupe de mercenaires recrutée pour éliminer les Feuillus, un peuple étrange et sans pitié mais duquel il se sent pourtant proche : il a parfois, depuis toujours, des sortes de rêves très troublants peut-être suscités par leur Déesse…
La citation ci-dessus est extraite du chapitre où, après une longue guerre d'usure dans des forêts, il va devoir prendre la décision ultime : trahir les mercenaires avec qui il a combattu les indigènes ou bien leur rester fidèle et mourir. le Pérégrin est revenu le voir et s'est présenté comme le roi des Ormes, un des chefs des Feuillus, mais Syffe n'était alors pas prêt à les rejoindre.
Le style de Patrick K. Dewdney est particulièrement riche et original. Son univers est bien souvent noir et même désespéré. En vérité, cette noirceur constante m'a épuisé. Je n'étais pas certain de lire ce second tome, tant le premier m'avait fait la même impression.
J'ai trouvé la seconde partie du roman assez étouffante, avec cette longue guerre d'usure dans des paysages hostiles où le danger peut se manifester à tout moment, apportant son lot de morts, toutes horribles.
Pour le troisième tome, dont la date de publication est encore inconnue au moment où j'écris ces lignes, je ne sais pas encore ce que je ferai, tant je suis partagé entre attraction et répulsion. Mais le talent de cet écrivain est incontestable et pourrait bien l'emporter dans la balance…
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basileusa
  29 mai 2020
Le premier tome ayant été lu il y a 2 ans, difficile de me souvenir de certains événements et personnages qui sont évoqués dans ce tome.Je ne me souvenais que de la trame générale ! Il n'empêche je suis très bien rentrée dans l'histoire , j'ai retrouvé avec bonheur cette écriture poétique et j'ai une fois de plus adoré suivre les aventures de Syffe. de la mine à la forêt Des ronces en passant par les Arces , on explore une partie de ce monde à ses côtés, sans jamais un moment s'ennuyer. Cette forêt m'a d'ailleurs fait froid dans le dos et rappelé un peu celle de Déracinée de Novik !
Syffe est décidé coûte que coûte à retrouver Brindille mais il n'est pas au bout de ses surprises. On en apprend beaucoup sur lui et sur son "destin". Vivement la suite !
Challenge Mauvais genres 2020
Challenge séries 2020
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Slava
  20 décembre 2018
L'été dernier, j'avais découvert le fabuleux L'Enfant de Poussière de Patrick K. Dewdney, qui avait fait une entrée des plus fracassantes dans le monde de la fantasy, se distinguant de plusieurs prix élogieux et de critiques bien positives. Moi-même j'ai été plus que conquise par le début dans la vie de Syffe, l'orpheline de la cité de Corne-Brume qui doit se tailler une place dans un monde devenant chaotique et incertain, la richesse et la complexité de son univers et la plume si poétique et rude en même temps. Alors quand le second tome de cette pépite littéraire est sorti, je n'ai pas attendu longtemps pour me le procurer et retrouver notre protagoniste.
Cinq ans se sont écoulés depuis la prise d'Aigue-Passe et le massacre des mercenaires, d'où Syffe a pu réchapper mais pour tomber dans l'esclavage. En effet, quand le récit commence, il travaille dans les mines d'Iphos dans l'empire carmide, dans des conditions bien exécrables où lui-même ne s'étend pas longtemps en description. Par "chance" une peste dévaste le campement, dont il s'en sort et en profite pour s'évader. Un seul but l'a gardé en vie durant ces années d'horreur et servira de motivation à son errance : Brindille, son amour d'enfance, qui est quelque part en vie et l'attend. Alors il part en route. Lorsqu'il dépasse les frontières et dépasse les montagnes enneigés, il découvre que le monde pendant ce temps a bien changé. Et pas pour le meilleur des choses. La guerre ravage sur son passage : les primautés s'entre-tuent et pour substituer ils vendent les "teintés". Pas une seule contrée n'échappe au conflit, même le pays des Vars si libertaire et si égalitaire semble partir à l'eau. Dans son long périple; Syffe fera la rencontre de plusieurs peuples, dont certains évoqués dans le premier tome et qui apparaissent à présent : les Arces guerriers se cachant dans les collines et les Feuillus mystiques se dissimulant dans d'amples forêts, et qui vont lui apporter bien des surprises...
On peut dire que la suite emporte toujours le lecteur dans son voyage, et confirme surtout qu'il aura droit à un cycle titanesque appelé à être de plus en plus épique et légendaire au fur et à mesure qu'il progresse. C'est le sentiment que j'ai eu en le lisant.
Le monde s'ouvre toujours à nos yeux, s'enrichissant de nouvelles régions. de la chaleur suffocante des mines au froid permanent des montagnes, en passant par les forêts humides et les plaines dévastées, c'est un panorama de paysages qui se déploie. de même, de nouveaux peuples avec leurs coutumes apportent davantage de précisions. Les légendes les entourant nous éclaircissent aussi sur la trajectoire de notre héros et répondent peu à peu à quelques questions qu'on se posait, avec leur lot de rebondissement inattendue.
Comme dans le premier, les personnages sont toujours aussi bien construits, avec leurs personnalités jamais entièrement blanche ou noire. Syffe évolue dans son avancée, ayant mûri aussi bien du corps que l'esprit. Marqué par les sévices des mines, il endure bien des traumatises au cours de son aventure, entre visions cauchemardesques des fantômes de ses proches, déconvenues cinglantes, coups douloureux et qui vont le fortifier, espérant toujours retrouver Brindille. Pragmatique, son incroyance dû à l'éducation des Vars va néanmoins le servir pour appréhender les croyances des autres. de même, compte tenu de son enfance, la débrouillardise et la prudence lui seront toujours plus utile dans sa quête. Breanna la princesse est une figure impressionnante faisant penser aux héroïnes celtiques, forte et assurée, mais ayant une tristesse infinie, celle d'être condamnée à être un objet d'échange pour une alliance. le Roi des Ormes est un personnage mystérieux, intriguant, troublant, qui nous remet en question dès qu'on le voit...
Dewdney creuse et développe la terre faisant centre du cycle, en le chargeant d'une lourde noirceur plus qu'il n'y en avait dans le premier. La survie, déjà difficile auparavant, devient exiguë, où le moindre faux pas peut vous entraîner dans la tombe. Plus rien n'est sûr, on n'est en sécurité nulle part, des lieux jadis garant de paix s'effondrent d'une facilité déconcertante. Ainsi, apprendre sur la déchéance probable du pays des Vars m'a bien secoué, bien qu'on n'a pas encore posé le pied dans ce territoire, on y ressent une grande amertume à la pensée de cette zone utopique si chèrement vantée par Uldrick et rêvée par Syffe. La guerre et ses cruelles conséquences sont abordés et avec un réalisme brute. Les nobles qui se bataillent sans penser aux civils qui souffrent des pillages et viols et les mercenaires ne se préoccupent de la moralité pour gagner leur pain. Les femmes en sont des victimes, quand elles ne sont pas promises à un mariage pour un rang juteux, elles sont des prostituées dont la sueur de leur corps constitue leur seule salaire. La condition féminine fait son entrée avec Breanna, la fille du roi des Arces, déjà lancé par Brindille, l'amie d'enfance emportée dans la tourmente et brisée par l'existence. Quant à la religion, autre thème important de l'ouvrage, elle est ambiguë, tantôt seul secours valable permettant de se raccrocher à la vie, tantôt servant de manipulation et d'opium à un peuple. Pourtant, l'espoir semble être la seule solution pour tenir dans cet enfer vivant. Gardez espoir quand même tout est difficile, noir, infernal autour de vous. On voit qu'après un hommage à l'Assassin Royal, l'auteur s'inspire à présent de la Compagnie Noire avec sa bande de mercenaires et l'impression que tout s'écroule autour de soi.
Quant à l'écriture, rien à redire. Toujours d'une beauté singulière, cherchant à saisir dans le vrai et nous captiver, à transfigurer les choses.
La fin est assez déroutante. Tout comme celle du premier tome, elle casse nos attentes d'une manière bien violente et elle amène à un nouvel horizon dont on est curieux de voir la tournure qui sera prise.
Peut-être que les seuls défauts sont la lenteur. En effet, il y a beaucoup de parties qui se déroulent bien lentement comme la traversée de Syffe dans la montagne qui m'a presque ennuyeux.
Toujours un bon plaisir de revoir Syffe et surtout, de patienter à un troisième tome pour poursuivre ses mésaventures. Son cycle promet d'être toujours plus palpitant au fur et à mesure qu'il s'allonge.
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critiques presse (1)
Elbakin.net   14 septembre 2018
La peste et la vigne ou le second chapitre d’un cycle de fantasy humaniste, d’une grande authenticité et qui se garde bien de tout manichéisme. Il ne nous reste qu’à nous armer de patience avant de pouvoir renouer avec la plume de l’auteur ; voix singulière et talentueuse venue se joindre nouvellement au chœur des littératures de l’imaginaire. A suivre de très près.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
BillygirlBillygirl   28 juin 2020
Les mots de Uldrick, prononcés dans la forêt vauvoise des années auparavant, m'étaient revenus à l'esprit, "L'homme sage est capable de discerner les nuances entre ce qu'il sait et ce qu'il croit, parce que la croyance est la plus dangereuse des ignorances. J'avais cru. J'avais cru des années durant, parce que cette fable que je m'étais racontée avait su ordonner le labyrinthe que je portais en moi et m'avait empêcher de sombrer. J'avais cru, et je m'étais trompé. L'erreur m'appartenait à moi, et à moi seul.
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Charybde2Charybde2   11 septembre 2018
Je restai longtemps sans esquisser un seul geste, à demi écrasé par l’angoisse qu’enfantait la liberté retrouvée, et les bouffées de la culpabilité qu’il y avait à vivre. Aucun réconfort, si maigre soit-il, ne se trouvait dans la chaleur qui imbibait mes couvertures de laine grossière. Même les bruissements sauvages de la forêt m’emplissaient de désarroi. Je me sentais étranger à l’existence. En quête d’un refuge, mes pensées se tournèrent vers Vaux, puis les conifères immenses de la Forêt de Pierres, et je hoquetai tout à coup sans comprendre pourquoi je n’étais pas mort comme les autres. L’accablement enfla par bouffées jusqu’au paroxysme, paralysant tout le reste. Il y avait trop à reconstruire et à oublier. J’en vins à effleurer la facilité avec laquelle il me serait possible de rester là, allongé dans la pinède, plutôt que d’essayer de rejoindre un monde duquel j’avais été absent depuis si longtemps. J’eus le regret de n’être pas tombé aux côtés de Uldrick à Aigue-Passe.
Comme un claquement de fouet, je pris la mesure du danger que je courais. Cela ne venait pas des Carmides cette fois, ni des chiens ou de la peste. Cela venait de moi, et des fantômes que je portais. Je serrai la mâchoire à m’en faire mal, à la recherche de mon calme de bataille. Les lèvres retroussées, j’enroulai les doigts autour du poignard de bronze. Les Vars m’avaient appris à choisir mes combats et celui-ci en valait la peine. Je rassemblai les morts qui m’assiégeaient pour les brandir comme un drapeau, et m’extirpai rageusement des couvertures.
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Charybde2Charybde2   11 septembre 2018
Le corps du Feuillu pendait mollement contre la sphaigne éclaboussée, et pas le moindre bruit n’était encore sorti des rangs des soudards. Les regards, le mien y compris, étaient rivés sur l’acier brillant que Matésé avait entrepris de décrasser à l’aide d’un chiffon rougi. Le Trésilien agissait comme si nous n’étions pas là, et cela ne faisait qu’accroître son magnétisme. Lorsque le Feuillu était mort, j’avais pensé que nous avions atteint l’apogée, le clou du spectacle, mais je me trompais. La tension dramatique ne retomba pas. Matésé construisit autre chose par-dessus l’exécution à laquelle nous venions d’assister, un récit tissé d’abjection tantôt ordinaire, tantôt étrangère, où chacun était rendu complice de ce qui venait de se passer, sans pour autant que cela ait ressemblé à la vengeance attendue. La piétaille avait été dépossédée d’une manière qu’elle ne comprenait pas tout à fait, qui avait appartenu à Matésé et à lui seul, et dont il s’était servi pour affermir son emprise sur la troupe.
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StelphiqueStelphique   18 septembre 2018
Nous étions six mille damnés, œuvrant de jour à nous briser l'échine, entassés de nuit dans des baraquements crasseux en aval des mines.
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basileusabasileusa   28 mai 2020
J'avais des vivres en abondance et du soleil,pas d'ennemis en vue, et l'espoir que j'entretenais à l'idée de revoir Brindille était une braise, un souffle que je portais en dedans pour le protéger du monde.
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Vidéo de Patrick K. Dewdney
Nous étions au Salon Fnac Livres 2018, du 14 au 16 septembre 2018 à la Halle des Blancs-Manteaux (Paris 4e). L'occasion d'y animer des débats (avec Claire Chazal, Samuel Benchetrit, Zeina Abirached et Mathias Enard), d'y rencontrer des auteurs et des lecteurs, et de vous rapporter ces quelques images. Découvrez l'ambiance de cet événement littéraire.
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