AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 1030702128
Éditeur : Au Diable Vauvert (13/09/2018)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Adolescent sans famille, Syffe est réduit à l’esclavage, dans une époque de guerres et de grandes épidémies. Lorsque la peste s’abat sur les mines où il est prisonnier, il trouve l’occasion de prendre la fuite. Une seule idée l’obnubile, retrouver Brindille, son amour d’enfance, captive des énigmatiques Feuillus. Son périple mouvementé au travers des Primautés de Brune le conduira à se faire tour à tour instructeur, vagabond et mercenaire, tandis qu’il assiste, impu... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Crazynath
  18 septembre 2018
Suite à une opération Masse critique de Babelio, J'avais découvert il y a quelques temps ( il y a à peine deux mois, pour être plus précise ), le très bon « Enfant de poussière » de Patrick K. Dewdney. J'avais beaucoup apprécié cette lecture, séduite à la fois par l'histoire et par la qualité de l'écriture de l'auteur, et je m'étais promis de le suivre de près, histoire de pouvoir continuer à découvrir la suite des aventures de Syffe . Je ne pensais pas tenir ma parole aussi vite, mais quand je suis passé chez mon libraire, la semaine dernière, mon oeil acéré a tout de suite repéré « La peste et la vigne » dans le coin littératures imaginaires.
Difficile d'ailleurs de le rater, ce livre, tant la couverture ressemble au premier tome. Même si les nuances tirent plus vers les gris bleu, on a de nouveau ces silhouettes d'arbres qui se détachent et qui frappent l'imagination du lecteur.
Comme en plus je suis en congés, il a été facile pour moi de me plonger avec délectation-il faut bien le dire – dans la suite des aventures de Syffe. Apres tout, on le laissait en fort mauvais posture à la fin du premier tome, puisque prisonnier des Carmides, il allait être envoyé aux mines.
On va le retrouver dans les sinistres mines d' Iphos dans des conditions plus que misérables et précaires. Il va réussir à en sortir au bout de quelques années, marqué par son séjour et les conditions de vie de cet endroit où la vie humaine n'a aucune signification ni aucune valeur.
Il n'a plus qu'un but dans sa vie : retrouver son amour d'enfance, Brindille. Pour cela, il va devoir affronter bien des épreuves à l'issue d'un périple qui va se révéler bien difficile.
L'épique traversée des montagnes qui suit son évasion m'a beaucoup plu, ainsi que sa rencontre avec le mystérieux peuple des Arces.
Évidemment, j'ai retrouvé avec plaisir le style très soutenu de l'auteur, qui lui permet de créer un monde vraiment particulier.
Challenge Pavés 2018
Challenge ABC 2018/2019
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
boudicca
  10 janvier 2019
Après un passage par le roman noir et la poésie, Patrick Dewdney faisait en mai dernier une entrée fracassante dans le domaine des littératures de l'imaginaire avec le premier tome de son « Cycle de Syffe » : « L'enfant de poussière ». Récompensé depuis par plusieurs prix (Julia Verlanger, 25e Heure du livre du Mans...), le roman a d'ores et déjà conquis un vaste lectorat qui n'aura évidemment pas manqué de se jeter sur le deuxième volume paru en octobre dernier (un délais d'attente extrêmement rapide mais qui devrait être amené à s'allonger pour les tomes à venir). [Attention : Si vous n'avez pas encore eu l'occasion de lire « L'enfant de poussière », je vous conseille de passer le paragraphe qui va suivre au risque de vous gâcher la surprise de certaines révélations.] On retrouve donc Syffe quelques années après l'avoir quitté à la fin du premier tome, et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa situation ne s'est pas améliorée. Réduit en esclavage depuis des années dans les mines d'Iphos, notre petit vagabond a bien grandi et a enduré des épreuves tellement terribles que le narrateur ne s'y attarde que très brièvement, manifestement toujours bouleversé par les sévices subis au cours de cette période. Un événement totalement inattendu va toutefois permettre à notre héros d'enfin briser ses chaînes et de reprendre la route pour de nouvelles aventures. Son but ? Retrouver Brindille, la jeune orpheline avec laquelle il a grandi et qui, aux dernières nouvelles, devraient se trouver en terre ketoï où la guerre fait rage depuis des années et semble être en passe de prendre une nouvelle tournure.
On retrouve le même procédé narratif que dans le précédent volume : Syffe assume toujours seul la narration des années après les faits, et ses aventures sont une fois encore découpée en quatre parties bien distinctes. de même, chacune d'entre elles sont à nouveau entrecoupées de cartes qui nous permettent de nous familiariser avec la topographie de la région (signées Fanny Etienne-Artur), ainsi que d'extraits de chroniques ou d'actes officiels relatant des événements bien antérieurs à l'histoire. le rythme adopté est également globalement le même que celui du premier tome, le parcours de Syffe alternant entre phases plus ou moins longues d'adaptation à un nouveau milieu, systématiquement suivies de ruptures qui viennent totalement bouleverser la nouvelle vie de notre héros. Difficile de parler de l'intrigue sans trop en dévoiler sur ce second tome, aussi ne m'attarderais-je pas trop longtemps sur le sujet. Sachez toutefois que le monde dans lequel vit Syffe continue au fil des chapitres à s'élargir toujours un peu plus, ouvrant de nouvelles frontières, dévoilant des territoires inconnus et révélant de nouvelles opportunités. Après Corne-Brume, la forêt de Vaux et le siège d'Aigue-Passe, le lecteur découvre avec enthousiasme d'autres lieux et d'autres cultures, parmi lesquels il convient (entre autre) de mentionner les impressionnantes cités des Arces, peuple de guerriers vivant reclus dans leurs montagnes, ou encore les Ronces, forêt abritant le peuple ketoï à l'assaut de laquelle des milliers de mercenaires ont décidé de se lancer, à leurs risques et périls.
Le récit reste dans l'ensemble aussi immersif que dans le premier tome, même si le roman souffre à certains endroits d'une petite baisse de régime. Sa conclusion, notamment, est totalement inattendue et je dois avouer que je ne m'attendais pas du tout à ce que l'histoire de notre héros prenne une telle tournure. Curieusement, c'est lorsque la magie et le surnaturel se sont mis à occuper une place de plus en plus prépondérante dans le récit que j'ai eu le plus de mal à ne pas décrocher. Outre le fait que l'histoire était suffisamment dense et intéressante en elle-même sans ces éléments, l'irruption du fantastique dans la vie de notre héros est amenée de manière assez brutale et sans guère d'explications. Cette remarque vaut cela dit essentiellement pour la toute fin du roman qui, si elle m'a quelque peu perturbée, ne gâche en rien l'intérêt que l'on continue de porter au protagoniste ou à l'univers mis en scène par l'auteur. Syffe se révèle toujours aussi attachant (quand bien même il a bien grandi depuis le premier tome), et Patrick Dewdney n'a encore une fois pas son pareil pour créer toute une galerie de personnages secondaires particulièrement marquants et très hétéroclites. C'est dans les rangs des compagnies de mercenaires un temps fréquentées par notre héros que l'on trouve les portraits les plus saisissants, qu'il s'agisse de charismatiques chefs de guerre ou de compagnons d'armes tour à tour totalement givrés, dignes de confiance ou à la moralité douteuse. Les scènes de combat sont une fois encore extrêmement bien dépeintes, et on retrouve le même souci de réalisme et le même soin apporté aux détails dans la description de toute l'organisation nécessaire pour mener à bien une opération militaire de ce type (ravitaillement, rôle des éclaireurs, tactiques de guérilla…).
On retrouve avec grand plaisir Syffe pour de nouvelles aventures qui se révèlent encore plus mouvementées que celles dépeintes dans le premier volume. L'univers continue pour sa part de se dévoiler petit à petit, et chaque nouveau recoin exploré témoigne d'une richesse et d'une complexité plus que prometteuses. En dépit d'une conclusion un peu bancale, le roman dispose une fois encore de sacrés atouts qui ne manqueront pas de vous rendre accros à la série et à son protagoniste. Il ne reste désormais plus qu'à patienter en attendant le troisième volume.
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          191
Slava
  20 décembre 2018
L'été dernier, j'avais découvert le fabuleux L'Enfant de Poussière de Patrick K. Dewdney, qui avait fait une entrée des plus fracassantes dans le monde de la fantasy, se distinguant de plusieurs prix élogieux et de critiques bien positives. Moi-même j'ai été plus que conquise par le début dans la vie de Syffe, l'orpheline de la cité de Corne-Brume qui doit se tailler une place dans un monde devenant chaotique et incertain, la richesse et la complexité de son univers et la plume si poétique et rude en même temps. Alors quand le second tome de cette pépite littéraire est sorti, je n'ai pas attendu longtemps pour me le procurer et retrouver notre protagoniste.
Cinq ans se sont écoulés depuis la prise d'Aigue-Passe et le massacre des mercenaires, d'où Syffe a pu réchapper mais pour tomber dans l'esclavage. En effet, quand le récit commence, il travaille dans les mines d'Iphos dans l'empire carmide, dans des conditions bien exécrables où lui-même ne s'étend pas longtemps en description. Par "chance" une peste dévaste le campement, dont il s'en sort et en profite pour s'évader. Un seul but l'a gardé en vie durant ces années d'horreur et servira de motivation à son errance : Brindille, son amour d'enfance, qui est quelque part en vie et l'attend. Alors il part en route. Lorsqu'il dépasse les frontières et dépasse les montagnes enneigés, il découvre que le monde pendant ce temps a bien changé. Et pas pour le meilleur des choses. La guerre ravage sur son passage : les primautés s'entre-tuent et pour substituer ils vendent les "teintés". Pas une seule contrée n'échappe au conflit, même le pays des Vars si libertaire et si égalitaire semble partir à l'eau. Dans son long périple; Syffe fera la rencontre de plusieurs peuples, dont certains évoqués dans le premier tome et qui apparaissent à présent : les Arces guerriers se cachant dans les collines et les Feuillus mystiques se dissimulant dans d'amples forêts, et qui vont lui apporter bien des surprises...
On peut dire que la suite emporte toujours le lecteur dans son voyage, et confirme surtout qu'il aura droit à un cycle titanesque appelé à être de plus en plus épique et légendaire au fur et à mesure qu'il progresse. C'est le sentiment que j'ai eu en le lisant.
Le monde s'ouvre toujours à nos yeux, s'enrichissant de nouvelles régions. de la chaleur suffocante des mines au froid permanent des montagnes, en passant par les forêts humides et les plaines dévastées, c'est un panorama de paysages qui se déploie. de même, de nouveaux peuples avec leurs coutumes apportent davantage de précisions. Les légendes les entourant nous éclaircissent aussi sur la trajectoire de notre héros et répondent peu à peu à quelques questions qu'on se posait, avec leur lot de rebondissement inattendue.
Comme dans le premier, les personnages sont toujours aussi bien construits, avec leurs personnalités jamais entièrement blanche ou noire. Syffe évolue dans son avancée, ayant mûri aussi bien du corps que l'esprit. Marqué par les sévices des mines, il endure bien des traumatises au cours de son aventure, entre visions cauchemardesques des fantômes de ses proches, déconvenues cinglantes, coups douloureux et qui vont le fortifier, espérant toujours retrouver Brindille. Pragmatique, son incroyance dû à l'éducation des Vars va néanmoins le servir pour appréhender les croyances des autres. de même, compte tenu de son enfance, la débrouillardise et la prudence lui seront toujours plus utile dans sa quête. Breanna la princesse est une figure impressionnante faisant penser aux héroïnes celtiques, forte et assurée, mais ayant une tristesse infinie, celle d'être condamnée à être un objet d'échange pour une alliance. le Roi des Ormes est un personnage mystérieux, intriguant, troublant, qui nous remet en question dès qu'on le voit...
Dewdney creuse et développe la terre faisant centre du cycle, en le chargeant d'une lourde noirceur plus qu'il n'y en avait dans le premier. La survie, déjà difficile auparavant, devient exiguë, où le moindre faux pas peut vous entraîner dans la tombe. Plus rien n'est sûr, on n'est en sécurité nulle part, des lieux jadis garant de paix s'effondrent d'une facilité déconcertante. Ainsi, apprendre sur la déchéance probable du pays des Vars m'a bien secoué, bien qu'on n'a pas encore posé le pied dans ce territoire, on y ressent une grande amertume à la pensée de cette zone utopique si chèrement vantée par Uldrick et rêvée par Syffe. La guerre et ses cruelles conséquences sont abordés et avec un réalisme brute. Les nobles qui se bataillent sans penser aux civils qui souffrent des pillages et viols et les mercenaires ne se préoccupent de la moralité pour gagner leur pain. Les femmes en sont des victimes, quand elles ne sont pas promises à un mariage pour un rang juteux, elles sont des prostituées dont la sueur de leur corps constitue leur seule salaire. La condition féminine fait son entrée avec Breanna, la fille du roi des Arces, déjà lancé par Brindille, l'amie d'enfance emportée dans la tourmente et brisée par l'existence. Quant à la religion, autre thème important de l'ouvrage, elle est ambiguë, tantôt seul secours valable permettant de se raccrocher à la vie, tantôt servant de manipulation et d'opium à un peuple. Pourtant, l'espoir semble être la seule solution pour tenir dans cet enfer vivant. Gardez espoir quand même tout est difficile, noir, infernal autour de vous. On voit qu'après un hommage à l'Assassin Royal, l'auteur s'inspire à présent de la Compagnie Noire avec sa bande de mercenaires et l'impression que tout s'écroule autour de soi.
Quant à l'écriture, rien à redire. Toujours d'une beauté singulière, cherchant à saisir dans le vrai et nous captiver, à transfigurer les choses.
La fin est assez déroutante. Tout comme celle du premier tome, elle casse nos attentes d'une manière bien violente et elle amène à un nouvel horizon dont on est curieux de voir la tournure qui sera prise.
Peut-être que les seuls défauts sont la lenteur. En effet, il y a beaucoup de parties qui se déroulent bien lentement comme la traversée de Syffe dans la montagne qui m'a presque ennuyeux.
Toujours un bon plaisir de revoir Syffe et surtout, de patienter à un troisième tome pour poursuivre ses mésaventures. Son cycle promet d'être toujours plus palpitant au fur et à mesure qu'il s'allonge.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Nepenthes
  19 février 2019
Après avoir dévoré le premier tome du cycle, "L'enfant de poussière", j'ai tout de suite enchaîné sur la suite, "La peste et la vigne". Les événements à la fin du premier opus s'étaient quelque peu précipités pour le personnage principal. Nous le retrouvons presque là où nous l'avions laissé et suivons la suite de ses aventures.
J'avoue avoir eu un peu plus de mal à me lancer dans ce second tome et il m'a fallu quelques chapitres pour vraiment rentrer dedans. Alors que "L'enfant de poussière" revêtait vraiment les caractéristiques d'un roman d'apprentissage, on sent que dans ce second tome, un nouveau cap a été franchi. le personnage a gagné en âge, et les nouvelles épreuves qu'il va traverser vont continuer de le forger. Ces pérégrinations sont l'occasion de découvrir d'autres décors mais aussi d'autres peuples et d'autres philosophies de vie.
Si le premier tome était sous le signe de l'apprentissage, ce second tome est plus axé sur le voyage et la quête initiatique. Syffe poursuit un seul et même but : retrouver Brindille. Sur sa route, il croisera de nouveaux compagnons, de nouveaux amis, des réponses à ses questions, mais aussi d'autres questions... Au fil des pages, je me suis sentie accrochée de nouveau. le style de l'auteur est fluide et limpide, il nous invite à continuer à le suivre. Certains passages traînent peut-être un peu en longueur mais j'apprécie cette qualité de l'auteur de prendre le temps de développer les événements et de poser le décor.
Les derniers chapitres m'ont toutefois laissés un peu dubitative. Jusqu'à présent, la magie était distillée par petites touches qui émaillaient le récit sans tomber dans l'excès. Mais ce tome finit dans un feu d'artifices magique dont les explications m'ont semblé un peu fumeuses ou capillotractées.
Au final, j'ai été un peu moins charmée par ce deuxième tome. Je reste malgré tout curieuse de découvrir la suite et de voir sur quels chemins le tome suivant mènera Syffe....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Lavieestunlongfleuvetranquille
  01 mars 2019
Le petit Syffe a bien grandi. Il continue à évoluer dans un monde très cruel, sans pitié, aux multiples dangers qui ne l'épargne pas, et malgré tout il a de la chance. Il fait de belles connaissances et les mystères qui entourent sa jeune vie commencent à s'éclaircir.
A l'image du premier tome, le second est aussi haletant et vif. Sans spolier l'épopée, le final nous laisse sur notre faim et ouvre une porte vers une suite que nous ne pouvons qu'imaginer aussi dense et pleine de surprises.
J'ai lu un interview de l'auteur qui avouait être en train d'écrire le troisième tome et qui n'excluait pas en écrire sept. Nous serons donc longtemps, si la qualité perdure, avec ce jeune héros et d'autres personnages qui devraient encore intervenir, à l'image de la belle Arces Brenna.
Initialement non fan de littérature Fantasy, cette saga m'attire énormément, comme "Troll de Troy", par la qualité du rêve apportée et l'exceptionnel moment de détente qui en découle.
Et puis, il y a une certaine part d'humanité qui n'est pas déplaisante...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

critiques presse (1)
Elbakin.net   14 septembre 2018
La peste et la vigne ou le second chapitre d’un cycle de fantasy humaniste, d’une grande authenticité et qui se garde bien de tout manichéisme. Il ne nous reste qu’à nous armer de patience avant de pouvoir renouer avec la plume de l’auteur ; voix singulière et talentueuse venue se joindre nouvellement au chœur des littératures de l’imaginaire. A suivre de très près.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
StelphiqueStelphique   18 septembre 2018
Nous étions six mille damnés, œuvrant de jour à nous briser l'échine, entassés de nuit dans des baraquements crasseux en aval des mines.
Commenter  J’apprécie          170
Charybde2Charybde2   11 septembre 2018
Le corps du Feuillu pendait mollement contre la sphaigne éclaboussée, et pas le moindre bruit n’était encore sorti des rangs des soudards. Les regards, le mien y compris, étaient rivés sur l’acier brillant que Matésé avait entrepris de décrasser à l’aide d’un chiffon rougi. Le Trésilien agissait comme si nous n’étions pas là, et cela ne faisait qu’accroître son magnétisme. Lorsque le Feuillu était mort, j’avais pensé que nous avions atteint l’apogée, le clou du spectacle, mais je me trompais. La tension dramatique ne retomba pas. Matésé construisit autre chose par-dessus l’exécution à laquelle nous venions d’assister, un récit tissé d’abjection tantôt ordinaire, tantôt étrangère, où chacun était rendu complice de ce qui venait de se passer, sans pour autant que cela ait ressemblé à la vengeance attendue. La piétaille avait été dépossédée d’une manière qu’elle ne comprenait pas tout à fait, qui avait appartenu à Matésé et à lui seul, et dont il s’était servi pour affermir son emprise sur la troupe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Charybde2Charybde2   11 septembre 2018
Je restai longtemps sans esquisser un seul geste, à demi écrasé par l’angoisse qu’enfantait la liberté retrouvée, et les bouffées de la culpabilité qu’il y avait à vivre. Aucun réconfort, si maigre soit-il, ne se trouvait dans la chaleur qui imbibait mes couvertures de laine grossière. Même les bruissements sauvages de la forêt m’emplissaient de désarroi. Je me sentais étranger à l’existence. En quête d’un refuge, mes pensées se tournèrent vers Vaux, puis les conifères immenses de la Forêt de Pierres, et je hoquetai tout à coup sans comprendre pourquoi je n’étais pas mort comme les autres. L’accablement enfla par bouffées jusqu’au paroxysme, paralysant tout le reste. Il y avait trop à reconstruire et à oublier. J’en vins à effleurer la facilité avec laquelle il me serait possible de rester là, allongé dans la pinède, plutôt que d’essayer de rejoindre un monde duquel j’avais été absent depuis si longtemps. J’eus le regret de n’être pas tombé aux côtés de Uldrick à Aigue-Passe.
Comme un claquement de fouet, je pris la mesure du danger que je courais. Cela ne venait pas des Carmides cette fois, ni des chiens ou de la peste. Cela venait de moi, et des fantômes que je portais. Je serrai la mâchoire à m’en faire mal, à la recherche de mon calme de bataille. Les lèvres retroussées, j’enroulai les doigts autour du poignard de bronze. Les Vars m’avaient appris à choisir mes combats et celui-ci en valait la peine. Je rassemblai les morts qui m’assiégeaient pour les brandir comme un drapeau, et m’extirpai rageusement des couvertures.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
CrazynathCrazynath   18 septembre 2018
La montagne n'était pas mon univers, et je doutais de parvenir à m'y sentir chez moi un jour, mais cela ne m’empêchait pas de me repaitre de ces nuits déchiquetées et des des panoramas époustouflants, qu'ils réverbèrent le soleil de plomb ou se dévoilent fragilement derrière un rideau crépitant.
Commenter  J’apprécie          30
CrazynathCrazynath   18 septembre 2018
Quelque chose d'animal, une frayeur crépitante, s’était greffée à notre course et cherchait désormais à en prendre les rênes.
Commenter  J’apprécie          60
Videos de Patrick K. Dewdney (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick K. Dewdney
Nous étions au Salon Fnac Livres 2018, du 14 au 16 septembre 2018 à la Halle des Blancs-Manteaux (Paris 4e). L'occasion d'y animer des débats (avec Claire Chazal, Samuel Benchetrit, Zeina Abirached et Mathias Enard), d'y rencontrer des auteurs et des lecteurs, et de vous rapporter ces quelques images. Découvrez l'ambiance de cet événement littéraire.
0:07 Adeline Dieudonné reçoit le prix du Roman Fnac 0:13 Serge Joncour en interview Babelio pour 'Chien-Loup' (Flammarion) 0:18 Clara Dupont-Monod évoque 'La Révolte' (éditions Stock) 0:26 Zeina Abirached et Mathias Enard en interview Babelio pour 'Prendre Refuge' (Casterman) 0:32 Alain Mabanckou en interview Babelio pour 'Les cigognes sont immortelles' (Seuil) 0:54 Valérie Manteau en interview Babelio pour 'Le Sillon' (Le Tripode) 1:04 Un lecteur croisé au salon 1:18 Rencontre avec Zeina Abirached et Mathias Enard animée par Babelio 1:34 Rencontre avec Maylis de Kerangal pour 'Un monde à portée de main' (Verticales) 1:48 Claire Chazal en dédicace pour 'Puisque tout passe' (Grasset) 1:50 Cyril Pedrosa en dédicace pour 'L'Age d'or' (Dupuis) 1:51 Michel Ocelot en dédicace 1:52 Patrick K. Dewdney en dédicace pour 'L'Enfant de poussière' (Au Diable Vauvert) 1:53 Jean-Pierre Jeunet en dédicace pour 'Je me souviens... 500 anecdotes de tournage' (LettMotif) 1:54 Christopher Priest en dédicace pour 'Conséquences d'une disparition' (Denoël)
Et retrouvez nos photos du Salon Fnac Livres juste ici : https://www.facebook.com/pg/babelio/photos/?tab=album&album_id=10155892306395678
Retrouvez-nous aussi sur : F A C E B O O K : https://www.facebook.com/babelio/ T W I T T E R : https://twitter.com/babelio I N S T A G R A M : https://www.instagram.com/babelio_/ L I N K E d'I N : https://www.linkedin.com/company/babelio P I N T E R E S T : https://fr.pinterest.com/babelio/ S N A P C H A T : @babelio_off
+ Lire la suite
autres livres classés : esclavageVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

La fantasy pour les nuls

Tolkien, le seigneur des ....

anneaux
agneaux
mouches

9 questions
1270 lecteurs ont répondu
Thèmes : fantasy , sfff , heroic fantasyCréer un quiz sur ce livre