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ISBN : 9791030701210
Éditeur : Au Diable Vauvert (17/05/2018)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Orphelin des rues qui ignore tout de ses origines, Syffe grandit à Corne-Brune, une ville isolée sur la frontière sauvage. Là, il survit librement de rapines et de corvées, jusqu’au jour où il est contraint d’entrer au service du seigneur local.

Note : résumé écourté pour éviter les révélations (plus de la moitié du livre est spoilée).
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  29 juillet 2018
Gosses des rues. Voleurs de pommes. Syffe au sang-mêlé. L'odeur des cheveux de Brindille. le grand sourire de Driche et un tatouage « à la vie à la mort ». le pipeau de Merle et la gouaille de Cardou. D'infernales escapades dans les venelles de Corne-Brune, à l'ombre des hauts remparts. Trois corps malingres qui se réchauffent la nuit dans la grange de la vieille Taron. Et la poussière qu'emporte le vent…
Les adultes qui se mêlent au jeu. La Grande Histoire qui se met en branle, et broie les humbles. Les premiers émois, les premières erreurs, les premières trahisons, et déjà dans la bouche le goût de l'échec et des désillusions. Pauvre Syffe encore si jeune et si naïf, marionnette aux mains des puissants. Et la poussière qu'emporte le vent.
Les dieux des anciens temps reviennent par la petite porte, s'invitent dans des rêves effrayants. Et cette aura maléfique qui protège notre petit Syffe. La figure tutélaire, redoutable et rassurante, du guerrier Uldrick. le mufle chaud et humide de Pikke le compagnon. La voix de la forêt de Vaux, délicate, suave, envoutante, emportée, inhumaine, âpre, rogue. Et la poussière qu'emporte le vent.
Et puis les premières escarmouches, les premières batailles. Pas celle des images d'Épinal, sous un soleil éclatant, avec ses charges héroïques, ses morts glorieuses, ses trompettes de la renommée… Mais celle de la boue, de la pluie froide, du sang, de la peur, des cris de douleurs, et des amis qui tombent à vos côtés. le colosse Uldrick met définitivement un genou à terre et Syffe l'enfant de poussière se laisse emporter par le vent.
Dix mille mercis à Babélio et aux éditions « Au Diable Vauvert » pour m'avoir offert ce beau livre.
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lyoko
  03 août 2018
Syffe jeune garçon des rues, nous raconte sa jeunesse et son destin.
Une vie pas facile, très chaotique et ou les ennuis se trouvent aux quatre coins des rues. Mais ce sera grâce ou à cause de ses rencontres qu'il aura un destin bouleversant.

Tout d'abord j'ai eu un mal fou a rentrer dans ce roman. Et ce pour deux raisons. Déjà parce qu'il est estampillé fantasy et qu'il faut reconnaître que avant de trouver une once de cet univers il faut déjà avoir dévoré un certain nombre de pages.
Ensuite parce que je n'ai pas pu faire autrement que de comparer Syffe a Fitz de Robin Hobb (l'assassin royal) (j'ai même trouvé une certaine connotation dans les prénom des deux personnages). le soucis a été de me défaire de cette comparaison incessante entre les deux personnages lors de ma lecture. Car les similitudes dans les personnages et les premières années de leurs vies sont multiples. A partir du moment ou l'auteur aura choisi une vie plus féroce et dure pour Syffe j'ai enfin pu me défaire de cette assimilation.
Par contre j'ai beaucoup apprécier l'écriture poétique et douce de l'auteur, qui arrive a adoucir de nombreuses violences grâce à sa plume.

On reste néanmoins sur sa fin puisque ce roman est un tome 1 , qui si, j'ai bien eu du mal au début a fini par me faire voyager et apprécier l'univers décrit par l'auteur.

Je tenais a remercier Babelio et les éditions Au diable Vauvert pour cette découverte ( et a m'excuser pour le retard de billet suite à un ennui de santé)
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Daniella13
  02 août 2018
Syffe est un orphelin qui vit à la ferme Tarron avec ses compagnons Brindille, Cardou et Merle. Afin de subvenir à ses besoins il vole un beignet et se fait attraper. A l'époque voler quelqu'un était puni d'un tranchage de main mais Hesse, le première lame, lui épargne sa sentence en lui proposant de travailler pour lui. Syffe ne sait pas dans quel pétrin il va se mettre en acceptant cet accord plus que douteux...
Ce jeune garçon de huit ans est vraiment très attachant. Entre amour, manipulation et trahison sa vie ne sera pas évidente.
Dans chacun des livres, il va s'attacher à quelqu'un et apprendre des leçons de vie.
De petit voleur chez la veuve Tarron il va se retrouver apprenti médecin sous les ordres de Nahirsipal son maître chirurgien. J'ai bien aimé ce personnage qui le prend sous sa coupe et qui le protège et veille sur lui. Il va lui apprendre le métier de médecin tout en respectant ses propres croyances et en lui enseignant une nouvelle langue et de savoir lire les textes.
Il va être manipulé par le première lame Hesse que j'aime beaucoup moins car je n'apprécie pas ce genre de personnage qui se sert des autres pour aboutir à ses fins même s'il faut trahir les autres au passage. Mais son comportement permettra à Syffe d'évoluer dans sa vie et lui ouvrira les yeux sur le comportement humain.
Il finira sous la coupe du valeureux guerrier Uldrick et j'ai beaucoup aimé ce personnage. Il ne mâche pas ses mots, il n'est pas là pour prendre des pincettes mais pour apprendre à Syffe à se débrouiller par lui même et devenir un jour peut-être un grand guerrier. Il est dur avec lui mais au moins on sait à quoi s'attendre avec lui. Je trouve que leur relation est assez touchante. le petit lui a sauvé sa jambe et il se sent redevable auprès de lui et va du coup lui apprendre tout ce qu'il sait faire même si c'est avec beaucoup de rudesse.
Patrick K. Dewdney nous emmène dans son monde avec une écriture assez passionnante même si des fois à mon goût il y a beaucoup trop de description. On s'accroche au destin du petit Syffe qui n'est que poussière pour finir dans la lumière. L'auteur a réussi son premier tome et je pense qu'il nous réserve encore de belles surprises.
Je remercie vivement Babelio et les éditions Au diable Vauvert pour cette belle découverte.
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boudicca
  31 juillet 2018
Premier opus d'une saga qui en comprendra sept, « L'Enfant de poussière » fait l'objet depuis sa sortie d'un véritable engouement de la part du public. « Magistral ». « Véritable monument ». « Épique, ambitieux et éclatant » : les compliments ne cessent de pleuvoir sur le roman de Patrick Dewdney paru en mai dernier aux éditions Au Diable Vauvert. Mais tous ces superlatifs sont-ils mérités ? Pour ma part, la réponse est incontestablement oui, car malgré quelques belles découvertes littéraires récentes, cela faisait très très longtemps que je n'avais pas été transportée à ce point par un roman. Celui-ci est d'ailleurs assez difficile à résumer. Non pas en raison d'un quelconque défaut de construction ou d'une faiblesse de l'intrigue, mais parce qu'il est compliqué d'évoquer les aventures du héros sans trop en dévoiler (je vous conseille d'ailleurs de ne pas lire la quatrième de couverture qui, parce qu'elle ne peut pas faire autrement, déflore une grande partie de l'histoire). le récit nous est narré par un certain Syffe qui nous relate dans ce premier tome les événements qui ont rythmé sa vie entre ses neuf et treize ans. « Six cents pages pour relater les jeunes années du héros, cela fait beaucoup ! », serait-on tenté de penser. Après tout que pourrait-il bien arriver de suffisamment captivant à un enfant pour justifier un aussi long récit ? Et bien dites-vous que six cents pages ne sont pas de trop pour raconter la vie mouvementée de ce jeune garçon. Celui-ci n'a pourtant, au premier abord, rien de particulier : orphelin livré à lui-même, Syffe est un petit garçon débrouillard qui vit au jour le jour, entouré d'une petite bande d'enfants au parcours similaire au sien. Et puis, une succession d'événements va totalement transformer le quotidien du petit vagabond qui va dès lors passer par une multitude de statuts très variés auxquels il va devoir s'habituer.
Le roman est divisé en quatre parties qui correspondent à chacun de ces états ainsi qu'aux différents lieux dans lesquels le jeune Syffe va être entraîné. Or, chacune de ces parties pourraient facilement constituer un roman à elles seules tant elles sont riches. C'est qu'il en a, des choses à nous dire, ce héros à l'âge tendre et pourtant déjà bien marqué par la vie. Si on prend autant de plaisir à suivre ses aventures, c'est avant tout parce qu'elles nous donnent un aperçu, pour le moment limité mais néanmoins déjà fascinant, de l'univers dans lequel elles prennent place. Pourtant, le cadre n'a, à première vue, rien de très original lui non plus : nous sommes dans un décor médiéval-fantastique traditionnel dans lequel le surnaturel n'a, pour l'instant, que très peu d'importance. La précision avec laquelle le décor est dépeint, que ce soit en terme d'équipement, d'architecture, ou encore de tactique militaire, justifie pourtant à elle seule l'attrait exercé par le cadre et explique pourquoi le roman a été classé dans la catégorie « fantasy historique ». Notre premier contact avec cet univers s'effectue dans la ville de Corne-Brune, une sorte de cité-état indépendante dont on arpente aussi bien les ruelles mal famées, que les quais, la campagne environnante ou encore la Cuvette, qui abrite chaque été les clans nomades venus commercer avec la cité. Cette première partie baigne dans une ambiance volontiers bucolique dans laquelle commencent pourtant déjà à se dessiner les prémices des troubles à venir : rumeur de rupture de vieux traités passés entre les différentes cités des environs, montée de la xénophobie, complots organisés par les grandes familles de la ville... Difficile dans un premier temps de ne pas penser à « L'assassin royal » de Robin Hobb tant il y a de similitudes entre le parcours de Fitz et celui de Syffe. Seulement la vie du second prend rapidement un tour plus tragique et bien plus chaotique que celui du premier.
La seconde partie nous en dévoile un peu plus sur les arcanes qui régissent la vie de la cité et sur les luttes de pouvoir qui s'y jouent. le décor y est plus étouffant car plus limité et essentiellement urbain. A l'inverse, la troisième partie se déroule exclusivement en plein air, et permet de découvrir un nouveau lieu emblématique de l'univers de l'auteur : la forêt de Vaux. « Il s'agit d'une forêt véritablement ancienne, où les troncs noueux et les racines torturées jaillissent de la mousse épaisse comme des jardins de statues végétales. Insectes, gibier, prédateurs et oiseaux, sous la canopée, tous mêlent leurs chants en une musique étrange et perpétuelle, que certains appellent « la voix de Vaux ». » L'auteur nous livre à cette occasion toute l'étendue de son talent et offre aux lecteurs de magnifiques passages ô combien immersifs. L'auteur se plaît là encore à distiller une multitude de petits renseignements sur le contexte géopolitique des environs, et, même si ni le personnage ni le lecteur ne peuvent pour le moment saisir toute leur portée, leur seule mention suffit souvent à enflammer l'imagination : on parle de l'avènement d'un nouveau roi des Ormes, de la renaissances des Feuillus, des trolls vivants reculés dans les montagnes... La quatrième partie élargit encore notre horizon et celui du jeune Syffe et se concentre sur le conflit opposant deux cités-états, en guerre depuis quelques mois pour annexer un même territoire. Si on pouvait penser à Robin Hobb pour la première partie, celle-ci se rapproche davantage de ce qu'a pu faire Bernard Cornwell dans ses différentes sagas historiques. On y retrouve en effet le même souci de réalisme, et le même soin apporté à la description des scènes de bataille aussi bien que des nombreux aspects de l'organisation d'une campagne militaire. L'immersion est, encore une fois, totale, et pas une page en trop ne vient gâcher la narration de cette quatrième partie qui vient clore en beauté le premier tome des aventures de notre héros.
En un seule et même tome, Patrick Dewdney parvient ainsi à plonger le lecteur dans quatre ambiances radicalement différentes, mais toutes aussi immersives et passionnantes à découvrir. L'auteur pose les bases d'un univers d'une richesse incroyable, et c'est ce qui séduit immédiatement le lecteur qui ne s'y trompe pas. On sent en effet que l'univers est tout sauf en carton-pâte, et qu'il est par conséquent bien plus vaste et bien plus complexe que ce que le personnage perçoit, lui qui n'a pas encore toutes les armes pour appréhender les événements dont il est témoin ou entend parler. Les intrigues politiques dont il est question ici sont ainsi détaillées avec soin, et reposent sur des présupposés logiques qui plongent leurs racines dans l'histoire de chaque territoire ou de chaque famille. L'auteur a, de plus, le sens du coup de théâtre, si bien que, comme le protagoniste, on voit rarement le retournement de situation venir. La seule chose que l'on pourrait à la limite critiquer serait le schéma quelque peu répétitif qui rythme pour le moment la vie du héros (découverte d'une nouvelle vie et d'un nouveau milieu / phase d'acclimatation / arrivée d'une catastrophe qui vient tout remettre en question), mais le tout reste cohérent et cela n'enlève rien à l'intérêt que l'on porte à l'intrigue. Cette densité propre à l'univers de l'auteur tient aussi à toutes les petites anecdotes ou trouvailles folkloriques imaginées ici et qui permettent de donner davantage de corps et de réalisme au différents décors arpentés (les lures de la forêt de Vaux, les pérégrins et leurs masques...). L'immersion naît aussi, évidemment, de la plume de l'auteur qui séduit tant par son élégance que par sa fluidité, mais aussi par la profondeur de ses réflexions sur la vie, la liberté ou la politique.
Reste à aborder la question des personnages qui font, heureusement, preuve du même soin que l'intrigue ou le décor. Syffe est typiquement le genre de personnage pour lequel on se prend immédiatement d'affection et qui est amené à marquer durablement l'imaginaire du lecteur. Cet attachement, il naît dans un premier temps en grande partie du contraste saisissant entre le jeune âge du personnage et la dureté des épreuves qui lui sont infligées. N'allez en effet pas croire que le fait qu'il s'agisse d'un enfant ait incité l'auteur à édulcorer son récit : il n'en est rien. le monde dans lequel évolue le personne est dur, violent, et les adultes qui gravitent autour de lui ne sont pas des enfants de choeurs. Mais l'empathie que l'on éprouve pour le narrateur tient aussi à sa personnalité et à sa formidable capacité d'adaptation face aux drames et aux trahisons dont il est victime. le mode de narration choisit par l'auteur incite évidemment beaucoup à l'introspection, sans que celle-ci soit pour autant synonyme de sempiternelles complaintes ou d'auto-apitoiement de la part du narrateur. de même, on aurait pu croire que le point de vue unique adopté ici allait nécessairement se traduire par un soin moins marqué accordé aux autres personnages. Or, là encore, Patrick Dewdney parvient à nous surprendre. Qu'il s'agisse du première-lame Hesse, du guerrier var Uldrick, ou des compagnons d'enfance de Syffe, tous bénéficient d'un traitement soigné, laissant entrevoir leurs failles, leurs défauts et leur complexité. Tous ont également un passé qui leur est propre (dont on ne connaît parfois presque rien) et qui transparaît dans leurs actes, participant ainsi à les rendre plus humains. L'auteur n'a également pas son pareil pour dresser le portrait de personnages hauts-en-couleurs qui, tout comme l'univers, sonnent incontestablement vrais, qu'ils s'agisse de mercenaires, de marchands, de nobles arrogants ou de compagnons de jeux du héros.
Vous l'aurez compris, ce premier tome qui marque le début d'une nouvelle de fantasy « made in France » a été un énorme coup de coeur. Tout y est absolument parfait : de l'intrigue aux personnages, en passant par l'univers et la plume de l'auteur. Bref, « L'Enfant de poussière », c'est six cents pages de pur bonheur que vous dévorerez avec frénésie et qui vous laisseront totalement ébahi. Et la bonne nouvelle, c'est qu'il ne faudrait pas attendre longtemps avant d'avoir la suite, puisque le deuxième tome (« La peste et la vigne ») est prévu pour septembre de cette année (merci Au Diable Vauvert !).
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gouelan
  10 juillet 2018
Syffe, l'orphelin de Corne-Brune nous fait découvrir son univers. Un monde rude et pourtant beau, un monde où les divers clans s'affrontent, manipulés par les plus influents.
Ici on ne rencontre pas de magie ni de héros sans taches. Ici le monde est brut, froid, boueux, avec parfois quelques éclats de vérité lumineux.
Avec les différents maîtres qui vont entrer dans la vie du jeune Syffe, on médite sur la vie, la folie de la guerre, la notion de liberté, de courage, de loyauté.
L'apprentissage de Syffe , en grande partie avec le guerrier-var Uldrick, se fait dans la douleur, comme pour effacer plus efficacement son passé d'enfant perdu, d'enfant de rien. Syffe peut devenir quelqu'un de libre, libre de penser par lui-même, libre d'aller où il veut, libre et courageux.
Cet enfant vit avec la peur au ventre, il est faible et plutôt gringalet et doit s'affirmer dans ce monde de guerriers, de soudards, de traitres.
Il doute la plupart du temps, trop habitué à ce qu'on ne lui tende pas la main, à ce qu'on chercherait plutôt à la lui couper. Il n'est qu'un enfant à qui on fait jouer un rôle trop adulte. Il reçoit rarement des compliments, il n'effectue aucune prouesse, à part celle de survivre, d'être quelque peu astucieux, observateur, et de ne compter que sur son propre courage, sa propre ténacité.
L'écriture de Patrick K. Dewdney a quelque chose d'envoutant, sans pour autant employer des tours de passe-passe comme on peut en trouver trop souvent dans les romans de fantasy. Il en ressort une poésie, comme pour adoucir la brutalité du récit. Les personnages sont bien creusés, on vit l'émotion et les paysages en plein cœur. Il reste une part de mystère à élucider à la fin de ce tome, laissant l'histoire suspendue à l'imagination du lecteur, avec l'envie absolue de lire la suite.
Je remercie Babelio et les Éditions Au Diable Vauvert pour ce récit d'aventure si dense, à la plume ciselée et poétique. Je le conseille absolument à tout lecteur, même celui qui se dit allergique aux romans de fantasy, car ici, c'est presque la vie, tout simplement, avec quelques détours dans l'imaginaire grandiose de l'auteur.
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critiques presse (2)
Actualitte   28 juin 2018
Attention, gros coup de cœur. Avec L’Enfant de poussière, Au Diable Vauvert nous propose de plonger dans ce qui s’annonce comme l’une des plus grandes sagas de fantasy historique de ces dernières années.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Elbakin.net   04 juin 2018
Une aventure qui se vit autant qu’elle se lit, c’est précisément ce qui fait toute la différence avec Patrick K. Dewdney, cette authenticité frappante dans un monde de chimère.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (88) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   10 juillet 2018
Je ne sais pas combien de temps je restai à l'eau ce matin-là. Je me rappelle la force du courant glacial de la fin d'automne, et la lumière grise. Je me souviens d'avoir été frôlé par quelque chose d'immense et de froid, sans doute s'agissait-il d'un tronc immergé, mais, à ce jour, un doute enfantin subsiste encore en moi. Je n'eus pas la force d'avoir peur. Je m'enlisai peu à peu dans un état second, entre la poigne engourdissante du froid et le rythme lent mais répété de mes brasses, et même les histoires terrifiantes des vieux pêcheurs quittèrent rapidement mon esprit. Les brumes m'environnaient, j'étais seul, perdu sur le flot incertain de limbes blanc. L'aube devait poindre, mais la lumière, au lieu de lever le voile, ne faisait que l'épaissir. Ma petite réserve d'énergie ne tarda pas à faire défaut. Je dérivais davantage que je ne nageais, crachotant parfois. Le froid et la fatigue anesthésiaient, nourrissaient une indifférence croissante et dangereuse. Envolées les pensées de loyauté envers Brindille et la colère revêche à l'intention de Hesse. Il n'y avait plus que l'abîme liquide, un gouffre glacial et sans fond au bord duquel je me tenais en équilibre précaire, quelque part entre la chaleur palpitante de ma propre chair et l'appel pressant de la fosse. C'était un combat inégal, je savais que je le perdais, et cela m'était de plus en plus égal.
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Eric76Eric76   19 juillet 2018
La clairière obscure avait été envahie par un vol de lucioles. Elles virevoltaient en silence, des milliers de lueurs minuscules qui tournoyaient autour du chêne central, comme une procession de bougies féeriques.
Parfois, il y avait un bruissement furtif, un chasseur ailé piquait dans la clairière, une luciole s'éteignait brusquement, et autour, cela faisait comme une vague lumineuse, comme les rides sur l'eau lorsqu'il pleut. Fasciné par le spectacle phosphorescent, j'en oubliai quelque temps les bleus et l'épuisement. " J'ai toujours aimé les bois de Vaux pour ça", fit Uldrick doucement. "A chaque fois, c'est quand tu commences à ne plus la supporter que cette forêt se rachète pour la lune qui vient. Comme si elle avait besoin qu'on l'aime." J'acquiesçai, la bouche entrouverte, envoûté par la danse lumineuse. " On dirait des fées ", fis-je. " On dirait que c'est la nuit qui… qui ondule. " Uldrick me lança un regard étrange par-dessus le feu. " C'est vrai ", fit-il. " On dirait que la nuit ondule. "
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Eric76Eric76   28 juillet 2018
Le carreau qui frappa Uldrick frappa en biais, juste à côté de la nasale de son heaume. Ça se ficha jusqu'à l'empennage de feutre en un craquement étouffé. Le Var eut un sursaut, puis souffla net, comme un homme soulagé. Un flot rouge se mit à sourdre par la narine qu'il lui restait, puis son mauvais genou plia, et il bascula devant moi, son armure tintant tandis que les écailles de bronze sautaient sous l'impact d'autres traits miaulants. Ce fut le corps mourant du Var qui me protégea des tirs, tandis qu'autour la nuit se striait d'éclairs et de hurlements d'alarme et de douleur. Je me rappelle le sang qui bullait dans sa barbe, les chuintements au-dessus et aussi que j'avais agrippé sa main comme celle d'un père, pendant que ses soubresauts s'adoucissaient. Je me rappelle les larmes muettes, ne plus avoir voulu respirer, puis le blanc crépitant qui s'engouffra en moi, parce que je ne pouvais plus rien au monde, plus rien du tout. Je me rappelle avoir claqué des dents, et contemplé l'obscurité sans vouloir comprendre comment tout se défaisait devant mes yeux. Autour, les portes des enfers s'ouvraient en grand.
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gouelangouelan   06 juillet 2018
Chez ceux des clans, le corps est considéré comme un livre ouvert où l'on inscrit les évènements importants de sa vie par l'art du tatouage. La peau vivante est d'ailleurs le seul support où ils acceptent d'inscrire des marques explicites. Leur "écriture" en pictogramme ne connaît aucune autre existence que sur le corps des hommes et le bétail. Si les membres des clans reçoivent de fait des tatouages de naissance, qui indiquent leur clan et leur lignage, l'ensemble des autres encrages sont des choix volontaires. Ainsi, chaque individu peut décider d'afficher publiquement tel ou tel haut fait, mais également l'état des ses relations avec autrui. Les marques de relation sont des modèles évolutifs. Elles racontent une histoire, et peuvent être modifiées pour refléter un changement de statut. Un tatouage peut partir d'une amitié, se transformer en une relation entre amants, puis annoncer la naissance d’enfants communs ou le partage d'un foyer.
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joedijoedi   13 septembre 2018
L'homme fut traduit en justice devant le seigneur Barde qui, magnanime, prit seulement une phalange sur la main entière que Bourrelaine lui devait.
...
«Le rôle d'un primat est de veiller au bien-être de ses sujets. Cet homme est mon sujet et, en agissant ainsi, je veille non seulement à son bien-être, mais également au bien-être de ses concitoyens. Corne-Brune n'a pas besoin d'un autre invalide qui tombera dans la mendicité ou le brigandage lorsqu'il ne pourra plus exercer de métier honnête, faute de main. »
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Vidéo de Patrick Dewdney
Nous étions au Salon Fnac Livres 2018, du 14 au 16 septembre 2018 à la Halle des Blancs-Manteaux (Paris 4e). L'occasion d'y animer des débats (avec Claire Chazal, Samuel Benchetrit, Zeina Abirached et Mathias Enard), d'y rencontrer des auteurs et des lecteurs, et de vous rapporter ces quelques images. Découvrez l'ambiance de cet événement littéraire.
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