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ISBN : 9791030701210
Éditeur : Au Diable Vauvert (17/05/2018)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Orphelin des rues qui ignore tout de ses origines, Syffe grandit à Corne-Brune, une ville isolée sur la frontière sauvage. Là, il survit librement de rapines et de corvées, jusqu’au jour où il est contraint d’entrer au service du seigneur local.

Note : résumé écourté pour éviter les révélations (plus de la moitié du livre est spoilée).
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Garoupe
  22 juin 2018
Avec des Syffes, on mettrait l'enfance en bouteille
Syffe est un enfant, 8 ans au début de ce récit (on préférera ce terme à celui d'histoire qui ne rendrait pas pleinement compte de l'ampleur du livre de Patrick Dewdney), qui vit dans un univers qui emprunte autant au Moyen-Âge pour tout ce qui concerne une organisation sociale de type féodale qu'aux Celtes pour ce qui regarde des sociétés de type claniques. Syffe est orphelin et vit dans une sorte de pension qui recueille trois autre enfants qui lui ressemblent beaucoup. Contraint et forcé, Syffe devra s'extraire de ce microcosme plus ou moins protecteur pour prendre conscience de la société dans laquelle il vit et pour prendre sa part de responsabilité dans son évolution.
Il existe, à mon sens, deux types d'heroïc-fantasy. Vous avez des récits où la puissance, la magie, les monstres, les batailles, les scènes de bravoures forment l'ossature de l'histoire. Prenez « le livre des martyrs », précédemment chroniqué : le livre ne se limite pas à ces aspects mais ils sont particulièrement présents et c'est particulièrement réussi. « L'enfant de poussière » prend le contre-pied de tous ces récits épiques, magiques… Patrick Dewdney prend le temps de faire grandir ses personnages (d'en tuer quelques uns au passage) et surtout Syffe qui bénéficie dans ce premier tome de 5 ans d'un dur apprentissage.
L'enfance, l'apprentissage, l'émancipation, le libre-arbitre font partie des thèmes centraux du livre de Patrick Dewdney. Son attachement à Syffe est indéniable et le lecteur ne peut que se sentir lier à cet enfant bringuebalé à hue et à dia au gré de décisions qui ne lui appartiennent pas. Petit à petit, les événements vécus par Syffe participent à couper l'un après l'autre les fils qui le retiennent à son enfance pour passer directement à l'âge adulte sans avoir le temps de profiter de son statut d'enfant ni de traverser une adolescence que le destin et les hommes lui refusent.
On prend un réel plaisir à voir ce petit bout d'homme apprendre, grandir, découvrir, parcourir le monde dans un récit qui emprunte les codes d'un peu tous les types de récits imaginables : il relève autant du roman d'apprentissage que du polar que de l'heroic-fantasy pur jus que du thriller que du fantastique. Et pourtant, rien ne semble surfait sous l'écriture de Patrick Dewdney.
A coup d'images aussi puissantes que parfois originales, Patrick Dewdney déroule un récit où l'humain occupe toute la place centrale. En mettant l'humain au centre de sa narration, Patrick Dewdney parvient à rendre son récit universel et, de façon surprenante pour ce genre de littérature, contemporain. Les thèmes qu'il aborde parlent à tout lecteur avec un minimum de coeur. Cette potentielle transposition avec des sujets modernes comme le déracinement renforce encore la sensation que ce livre ne peut laisser personne indifférent. le récit de Patrick Dewdney parle autant à l'adulte qu'on est devenu qu'à l'enfant qu'on fut ou que, pour certains, nous sommes restés ou redevenus à l'occasion de la lecture de ce livre.
Patrick Dewdney ne fait pourtant pas totalement l'économie d'un peu de fantasy et de magie. Mais il le fait d'abord avec de fort petites touches de peinture avant de forcer un peu plus le trait en fin de livre en prenant un pinceau un peu plus gros. A travers les rêves de Syffe, il fait surgir un peu de surnaturel. Cela devrait lui permettre, qui plus est, de faire évoluer et son personnage central et son histoire dans les prochains tomes. Sachant qu'il devrait y en avoir 7 en tout… on en salive d'avance !
Après avoir dit tout ce bien, il me faut néanmoins aborder un sujet qui n'est pour autant pas un point négatif du livre mais par contre un sujet qui peut ou va poser débat. A une rare exception près, celle du personnage du médecin-chirurgien qui enseigne son art à Syffe, bien vite balayé par le sens de l'histoire et par les événements, toute notion de sacré est absente de ce récit. En soi, cette absence n'est pas préjudiciable ni à la narration ni au style et semble être plutôt le reflet des intimes convictions de l'auteur en matière de religion et de sacré. Mais elle peut potentiellement poser problème pour la suite de l'histoire de Syffe : on se demande comment un monde, jusqu'à présent parfaitement crédible, peut objectivement exister ou perdurer sans sacré, sans religion.
Prenez « Les guerriers du silence » de Pierre Bordage, une référence, en SF certes, mais ne chipotons pas. L'articulation de l'histoire se fait tout à la fois autour du pouvoir temporel et du pouvoir intemporel. Les deux sont indissociables. Il ne s'agit là que bien entendu que d'un exemple mais nous pourrions les multiplier à l'envi. Cette absence, évidemment visible et notable dans ce premier tome sans être préjudiciable, répétons-le, ne le deviendra-t-elle pas par la suite ? Comment l'auteur pourra-t-il s'en sortir à ce niveau ? Il s'agira là d'un des enjeux des prochains tomes.
« « Je ferai de toi un guerrier », répondit prudemment Uldrick, tout en me dévisageant. « Si c'est ce que tu veux. » Ma tête bourdonnait, je me remémorai Nahirsipal et cette journée lumineuse, lorsque j'avais vu les Vars descendre des montagnes, et que leur souvenir avait nourri mes rêves pendant les lunes qui avaient suivi. Comme Uldrick me l'avait affirmé, j'étais stupide. Comme tous les petits enfants, je rêvais stupidement d'aventures et de gloire, et je m'imaginais que ce que le Var grisonnant me proposait, c'était l'incarnation tangible de ces mêmes rêves stupides. Je me voyais déjà grand et altier, vêtu d'une armure sur un destrier scintillant. La réalité était tout autre, bien sûr, et durant les heures qui suivirent Uldrick tenta de me faire comprendre ce qu'était la guerre, la terreur, la boucherie et les hurlements. Si ces récits morbides tempérèrent quelque peu mon enthousiasme initial, je m'accrochai malgré tout à mon idée. Je crois que cela tenait au fait que j'éprouvais le besoin d'être reconnu, ou aimé. Et surtout, je n'aurais pas survécu à un nouvel abandon. Je marchais sur un fil, le dernier fil ténu qui me reliait encore à ma foi en l'homme, et que la récente trahison de Hesse avait failli trancher net. »
« Puis ils m'envoyèrent aux mines, où les sourires servent de parures aux fous et de linceuls aux morts. »

Lien : https://wp.me/p2X8E2-Yk
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Nausicaah
  13 juin 2018
ATTENTION : le résumé vous révèle plus de la moitié du livre!
Hormis cette grosse déception, qui m'a un peu gâché le plaisir de la lecture (certaines choses évoquées dans le résumé n'arrivent que très, très tard), ce premier tome du Cycle de Syffe réserve bien des surprises!
De la hard fantasy médiévale, avec un thème tournant autour de l'enfance, de la guerre et de la politique. Étrangement, l'histoire m'a fait penser quelque peu à la Quête d'Ewilaan, de Pierre Bottero, dans une version beaucoup plus adulte et plus sombre.
Le scénario nous emporte dans la vie de Syffe, jeune orphelin qui pousse tout seul avec sa bande et apprend à vivre par lui-même, dans une ambiance de paix toute relative. Malheureusement, il fini par tomber dans le piège de la politique et sera utilisé de plusieurs manières. En découle sa construction, ses apprentissages et un arrière fond de révoltes et de guerre, jusqu'au jour où son destin croise les guerriers Var.
Malgré lui, son avenir prend des tournures difficiles et il se voit contraint de fuir, ainsi débute, vers la moitié du livre, les aventures qui préparent le terrain pour un cycle long et palpitant!
Le travail autour de l'écriture de ce roman est très impressionnant. L'emploi des mots, des temps, toute la manière dont le livre est écrit a été travaillé de manière très juste et minutieuse. On y trouve une facilité de lecture, mais également un réel travail pour faire appel facilement à l'imagination du lecteur. La lecture qui en résulte et fluide et il est difficile de quitter le livre. le livre tisse tout autour de lui l'univers dont il parle et celui-ci peine à nous quitter une fois le livre refermé. Une belle pépite, à voir ce que donnent les futurs tomes!
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Charybde2
  17 juin 2018
Entre roman historique alternatif et hard fantasy, le début impressionnant et enthousiasmant d'une saga d'apprentissage à hauteur d'enfant.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2018/06/17/note-de-lecture-lenfant-de-poussiere-patrick-k-dewdney/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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EtienneF
  18 mai 2018
Une belle surprise qui dépoussière le genre de la Fantasy !
Dans un univers médiéval créé de toutes pièces, nous suivons durant ce premier tome d'une série la jeunesse d'un jeune orphelin, dans une ville aux bords du fleuve Brune.
L'Enfant de poussière est tout d'abord un roman d'apprentissage, dans lequel Syffe se révèle être un garçon vif et de plus en plus attachant, pris malgré lui dans des événements politiques et ésotériques tous plus sombres les uns que les autres. Son histoire évolue néanmoins, et nous emmène avec grand plaisir vers des aventures qui occultent le monde qui nous entoure, et nous absorbent dans un univers fabuleux d'une richesse qui se dévoile au fil du récit.
Mais l'écriture marque surtout : à la fois fluide et ciselée, sans réels néologismes malvenus, elle nous emporte dans ce monde avec passion et à la lecture nous fait oublier le temps qui passe. D'autant que les thématiques sont nombreuses et amenées avec justesse et simplicité par l'auteur : croyances, légendes, racisme, guerre... Tout est là, conférant une cohérence absolue et évidente au récit.
Enfin, si le Cycle de Syffe peut rappeler l'excellente saga qu'est L'assassin Royal de Robin Hobb, ou encore celle du Magicien de Feist, Patrick K. Dewdney sait s'en écarter pour marquer son empreinte, et semble être le nouveau fer de lance de la Fantasy française. Prévue comme une heptalogie, nous attendons la suite de pied ferme.
Lien : https://www.millepages.fr/li..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   04 juin 2018
Une aventure qui se vit autant qu’elle se lit, c’est précisément ce qui fait toute la différence avec Patrick K. Dewdney, cette authenticité frappante dans un monde de chimère.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   17 juin 2018
S’il fut un brillant orateur, un puissant guerrier et un tacticien audacieux, Bai ne sut pas faire preuve du même génie lorsqu’il fut question de gérer son nouveau royaume. Il est vrai que le Royaume-Unifié prospéra durant son règne, mais cela tenait davantage des victoires militaires passées et de la politique individuelle des primeautés que d’une réelle volonté du roi. Bai passa les quinze dernières années de son règne à résoudre de petites querelles entre primats et à s’agripper vainement au pouvoir qui lui filait entre les doigts. Une fois sa guerre achevée, son poids politique se réduisit comme peau de chagrin, et au fil des ans son incapacité à empêcher les primeautés de revenir peu à peu à leurs traditions d’indépendance devint évidente. De plus en plus isolé, il finit par sombrer dans la paranoia, n’osant nommer de successeur, même sur son lit de mort. C’est ainsi que le Royaume-Unifié mourut comme il était né : sur un souffle du roi Bai.
Évidemment, nous autres, les quatre orphelins de la ferme Tarron, ignorions tout de cela. Dans nos esprits, un vieillard couronné venait de crever quelque part où nous n’irions jamais et, comme nous ne comptions pas sur le vieillard en question pour nous nourrir ou nous offrir l’aumône, il s’agissait d’un problème qui ne nous regardait pas. Bien sûr, à notre grand dépit, les Corne-Brunois n’étaient pas du même avis que nous.
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Charybde2Charybde2   17 juin 2018
Nous étions couchés dans les herbes folles qui poussent sur la colline du verger, et de là, nous voyions tout. L’air était pesant, presque immobile, rempli du bourdon estival des insectes. Autour, il y avait le parfum mêlé des graminées et l’odeur douceâtre des pommes qui mûrissent. Suspendus aux branches chargées de fruits, des charmes d’osselets gravés tintaient mélodieusement pour éloigner les oiseaux et la grêle. Face à nous se dressait Corne-Colline et les murailles sombres de la cité de Corne-Brune, grassement engoncées dans la poussière que soulevaient les charrettes de la route des quais. Enfin, au bout du chemin sale que nous surplombions, derrière le petit port fluvial, la Brune coulait paresseusement. À mes côtés, Cardou croquait à pleines dents dans une pomme encore trop verte, tandis que Merle jouait un air badin sur son pipeau. Et Brindille, dont nous étions tous les trois amoureux, Brindille souriait. Nous avions le ventre plein.
Je devais avoir un peu moins de huit ans. C’est mon premier véritable souvenir.
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Charybde2Charybde2   17 juin 2018
– Y disent que c’est pas bon. Y disent que le roi il est mort.
Cardou haussa les sourcils et brindille éternua. Je crachai dans la poussière. Aucun d’entre nous ne pipa mot durant un long moment. Merle ne bougeait pas, ses traits aquilins plissés tandis qu’il mâchonnait sa lèvre fine d’un air pensif. Au-delà de l’arche, les échos de la ville en émoi nous parvenaient crescendo. Ce fut Cardou, direct et impétueux à son habitude, qui finit par mettre un terme à nos divagations :
– On s’en fout, non ?
Merle renifla, et hocha la tête :
– Ouais, je crois bien qu’on s’en fout.
Nous reprîmes alors le chemin de la colline du verger, un peu déçus. Notre vie retrouva son cours habituel cet après-midi là, comme si rien ne s’était passé, mais au fond de moi il subsistait un doute. Je n’étais pas si sûr que nous devions nous en foutre. Le temps allait finir par me donner raison. Notre monde changeait.
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Charybde2Charybde2   17 juin 2018
Ainsi, nous, les orphelins de la ferme Tarron, étions de fait – en grande partie – livrés à nous-mêmes. Nous comprenions déjà n’avoir rien en commun avec la plupart des autres enfants de Corne-Brune, et guère plus avec ceux de la Cuvette. Je dirais que nous avions endossé trop tôt la responsabilité de petits adultes. Le monde n’avait jamais été à nos yeux une instance figée et confortable, mais une entité chaotique qu’il fallait dompter un jour à la fois. Nous savions que la seule chose sur laquelle nous pouvions compter, c’était un bol tardif de soupe de rave, et nous savions également que la plupart des enfants pouvaient compter sur davantage que cela.
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NausicaahNausicaah   13 juin 2018
D'un geste, il m'invita à prendre place au bureau imposant qui trônait au milieu de la pièce. J’écarquillais les yeux, et comme Hesse l'avait prédit, je découvris ce matin-là de quelle manière le destin se joue des hommes, ainsi que le sens du mot "ironie". L'homme avait eu la main gauche tranchée au niveau du poignet.
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Video de Patrick Dewdney (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Dewdney
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