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EAN : 9782373440812
46 pages
Éditeur : Lemieux Editeur (18/10/2016)
4.07/5   30 notes
Résumé :
Deux mains qui se tiennent du bout des doigts dans la pénombre. Baignant dans le sang des autres, Fred et celle qu’il prénomme Élisa. Nous sommes le 13 novembre 2015, dans la fosse du Bataclan.
Ils étaient venus pour le concert des Eagles of Death Metal, mais l’ambiance bascule soudainement dans une tragédie historique. Deux heures durant, leur vie ne tient qu’à un fil. Fred s’emploie à réconforter sa jeune voisine blessée à la jambe.

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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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michfred
  23 novembre 2016
L'horreur n'a pas de scénario, parce que c'est la folie qui dirige.
L'horreur n'a pas d'images, parce que la peur n'a pas de regard et que la mémoire terrifiée brouille toutes les cartes.
L'horreur peut trouver des mots, mais ils viennent en décalé, en désordre, dans une sorte de chaos qui reproduit à s'y méprendre celui où elle vous a plongé.
A ce titre, Mon Bataclan, qui tente de raconter en dessins puis en mots- à l'inverse de sa naissance qui s'est faite d'abord en mots puis en dessins- la nuit féroce du 13 novembre, n'est pas une BD comme les autres.
Mon Bataclan n'est pas une BD du tout.
Mon Bataclan n'est pas une illustration : voyeurs, passez votre chemin, pas d'images de l'affreux carnage, ou alors si restreintes, si resserrées dans un champ de vision prostré et replié sur la seule obsession qui vaille: rester vivant.
Mon Bataclan n'est pas un scénario: c'est la terreur fanatique et elle seule qui est aux commandes: celui qui dessine ne sait pas, il subit ; celui qui raconte ne comprend pas, il tente de survivre.
Mon Bataclan est une sorte de récit cathartique, qui tente de trouver les mots, et les trouve mais dans une sorte de confusion temporelle, d'éclatement thématique qui montre mieux que tout le traumatisme subi.
La dispersion et le repli , le désordre et la fatalité, les ruptures et les ellipses, les cris et les silences, les vociférations meurtrières et les prières (laïques) pour la fraternité et l'amour, seules parades à la mort et à la terreur, - tout l'album est un combat, une lutte pour vivre, survivre, revivre.
Il en émane une sorte de force obstinée.
C'est la force têtue, fragile, sincère d'un témoignage humain.
Fred Dewilde est graphiste: il sait dessiner. Mais ce qu'il fait par dessus tout c'est nous dire la résistance incroyable des petits humains pris dans la toile maléfique du terrorisme aveugle, leur magnifique pouvoir de résilience quand l'entraide , l'écoute, l'amour et l'amitié servent de garde-fou.
Pour toutes ces raisons, Mon Bataclan est une sorte d'OVNI dans la BD. Qu'il faut lire et entendre.
Parce que, curieusement, il donne envie de dire merci à la vie.
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stokely
  25 août 2017
Ce témoignage de Fred Dewisle plus qu'un roman graphique est vraiment très poignant, tout le monde se souvient de cette date du 13 Novembre 2015 et de ce qui c'est passé ce soir la, j'ai emprunté ce roman graphique ayant également déjà lu le livre d'Antoine Leiris.
Je crois que je n'ai jamais autant été ému avec des textes plutôt courts quelques planches de dessins le tout comptant 46 pages, celles-ci nous narrent l'horreur vécu par Fred Dewisle durant cette soirée, il y est également question de son enfance, de la retour à la vie quotidienne, les scéances avec la psy.
Un récit à lire celui-ci ayant servi d'exutoire à l'auteur qui a commencé par dessiner quelques planches puis a ensuite exprimé son ressenti par des textes.
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pointbarre
  06 novembre 2016
L'attentat du Bataclan : on connaît, la presse a abondamment relaté et commenté les faits. Mais le ressenti, le tréfonds, les émotions des survivants, comment en prendre conscience ? Si pour Fred Dewilde, rescapé de cette boucherie, écrire et dessiner Mon Bataclan semble avoir agi comme une catharsis, pour nous lecteur, le livre fait l'effet d'un révélateur.
Ce roman graphique comporte deux parties. La première, sous forme de bande dessinée, relate la soirée de l'attentat telle que l'a vécue l'auteur ; la deuxième, intitulée « Vivre, encore ... », se compose d'un texte, découpé en courts chapitres, dont les titres sont autant d'introspections et de réflexions auxquelles se livrent Fred Dewilde. Mais cette division est trompeuse car dans cet ouvrage, les images se révèlent langage, et les mots, coups de pinceau qui dessinent le tableau de la vie après l'horreur.
Le témoignage, sans pathos ni haine, aurait cependant pu faire l'économie de considérations politiques, certes peu nombreuses et sans doute véridiques, mais qui viennent polluer le récit intime, par ailleurs sincère et émouvant.
Ce livre nous fait du bien, nous remet sur les rails en nous rappelant la valeur de la vie.
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taipo
  20 novembre 2016
Fred Dewilde n'est ni un écrivain ni un auteur. C'est un homme comme on en rencontre tous les jours, graphiste de son métier, père de famille. Il vit en banlieue parisienne et il aime la musique rock. Il y a un an il se rend au Bataclan pour écouter le groupe EAGLES OF DEATH METAL. On sait ce qu'il advint alors.
Fred Dewilde, qui a eu la chance de ne pas être blessé nous livre juste le témoignage de ce qu'il a vécu, de ce qu'il a ressenti et ressent encore dans un livre mi bande dessinée mi histoire écrite. C'est en effet le dessin qui lui a permis dans un premier temps de commencer à expulser cette angoisse qui le tient à la gorge depuis un an…
http://superrollingwords.blogspot.fr/
Je ne parlerai pas du contenu, j'avais envie de lire un témoignage, celui-ci en est un parmi d'autres, pudique sans haine et sans envie de vengeance. Il touche par ses dessins et ses mots ; il pose les questions du pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Il réajuste les conclusions hâtives, s'empêche de juger son voisin.
J'ai voulu lire ce témoignage parce qu'il aide à ne pas oublier qu'il y a des gens qui souffrent, qui ont été touchés dans leur coeur, dans leur chair. Des gens qui ne se remettront peut-être jamais de ce qui s'est passé ce soir là et les autres jours où les terroristes ont agi.
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Pixie-Flore
  06 février 2019
"Mon Bataclan" est un témoignage moitié bande-dessinée, moitié texte.
L'auteur est sobre et concis. Il ne fait pas dans le sensationnel. Il ne fait pas dans le voyeurisme. Il est humble face au drame. Il relate juste ce qu'il a vécu.
Mais l'auteur va également au-delà. Il ne pointe pas du doigt une communauté, il pointe du doigt les failles et l'égocentrisme de notre système. Il connaît la violence et il sait qu'elle naît de diverses manières. Il tient des propos profonds, sûrement libérateurs pour lui, et c'est avec beaucoup d'humanité qu'il relate cet épisode sordide où la haine a brisé de nombreuses vies.
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique   27 octobre 2016
Fred Dewilde, raconte son effroyable expérience dans "Mon Bataclan".
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox   21 octobre 2016
Fred Dewilde, un graphiste de 50 ans, raconte son effroyable expérience dans "Mon Bataclan" (Lemieux), une bande dessinée, assortie de 22 pages de témoignage.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   23 novembre 2016
Il ne faut pas se tromper d'ennemi: celui-ci n'a pas de couleur, pas de confession. L'ennemi, c'est le fanatisme, c'est la peur, c'est la folie qui conduit à la guerre. L'ennemi c'est le chaos que Daesch cherche à créer en tuant à travers le monde, toutes confessions confondues, ceux qui ne sont pas lui, afin de monter les communautés les unes contre les autres. L'ennemi, c'est celui qui cède à son tour, qui répond à la haine par la haine.
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mandarine43mandarine43   28 mars 2017
La culpabilité.

C'est en voyant des gens courir vers la sortie, marchant sur d'autres, que j'ai vu Élisa. Je me suis dit que non, ça, ça ne se faisait pas. Cette courte hésitation m'a été fatale, un truc m'a coincé le pied, j'ai perdu l'équilibre et je me suis retrouvé à genou à côté d'elle. J'ai voulu l'aider mais elle ne pouvait pas bouger. Trop tard pour moi. Tenter d'atteindre la porte, c'est m'exposer aux balles. Je me laisse tomber dans le sang, conscient que cette marge rouge m'offrira une apparence de mort crédible.

C'est sûrement parce que le sort d’Élisa m'a retenu dans cette fosse que je suis sorti sans culpabilité. Je n'ai rien fait que je puisse regretter. Rien qui puisse me faire honte. Je sais très bien que ceux qui en ont piétiné d'autres s'en veulent, mais non, les gars, cessez de vous tourmenter. Si ça se trouve, la prochaine fois, vous ne le ferez pas et moi si. Je sais ce que c'est et on ne peut pas juger ça.

Sauver sa peau des balles, ça n'appelle pas de réflexion. C'est de l'instinct.


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michfredmichfred   23 novembre 2016
Il faut se sortir de la tête les histoires de héros version cinéma U.S. , même s'il y en a eu. Trois au moins. Didi le vigile, et ces flics rentrés en tandem, avec leurs gilets pare-balles de ping-pong et leurs flingues réglementaires. Comme quoi, il ne faut pas généraliser: un Arabe qui revient dans la furie pour ouvrir la porte de secours et deux flics qui éliminent un des terroristes nettoyant la fosse, on croirait un trio hollywoodien.
A côté d'eux, on peut chacun se sentir coupable, et pourtant non. Il ne faut pas, chacun a la charge de sa vie, de celle de son enfant, de son conjoint, mais on ne contrôle plus rien. Je n'avais que moi à penser et tant mieux. Si ma femme s'était trouvée dans la fosse avec moi? L'horreur. Un de mes fils? Non, je ne veux pas imaginer cela.
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myprettybooksmyprettybooks   11 novembre 2016
« J’ai vu assez de cadavres ce soir du 13 novembre, j’ai vu assez de sang, assez de corps mutilés, brisés, déchirés, explosés, assez de larmes, d’angoisse pour plusieurs vies. J’ai vu ce qu’amenait la haine, alors pour une fois, soyons moins cons … pour une fois, choisissons la vie. »
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michfredmichfred   23 novembre 2016
Je débite le même récit en boucle, tout ce que l'on peut me dire, je le ramène à l'attentat, comme un vieux machin qui raconterait la guerre de 39-40 parce que sa femme lui dit qu'il n'y a plus de café.
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Fred Dewilde - La morsure
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