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EAN : 9782374911588
364 pages
Quidam (20/08/2020)
4.17/5   103 notes
Résumé :
«Je montrerai tout. Mon cœur, mes émotions. Vert - rouge - jaune - bleu - violet. Haine -amour - rire - peur - tendresse.»

Niki hait l’arête, la ligne droite, la symétrie. A l’inverse, l’ondulation, la courbe, le rond ont le pouvoir de déliter la moindre de ses tensions. Délayer les amertumes, délier les pliures : un langage architectural qui parlerait la langue des berceuses. Aussi vit-elle sa visite au parc Güell comme une véritable épiphanie. Tout ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
4,17

sur 103 notes
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paroles
  31 août 2020
Ha que n'ai-je eu ce livre en main pour parcourir l'exposition Niki de Saint Phalle que j'ai eu la chance d'arpenter en 2014 au Grand Palais à Paris ! J'aurais encore plus aimé l'artiste car la comprenant mieux. J'aurais encore plus admiré ses couleurs et ses formes rondes pour se sauver du noir qui encombre sa mémoire. J'aurais embrassé ses Nanas pour lui prouver que la femme est reine. J'aurais couru dans son jardin des Tarots pour retrouver mon âme d'enfant. J'aurais... j'aurais... Mais j'ai la chance maintenant de posséder ce livre et celui de l'expo de 2014 : un accord parfait !
Voici un livre vivant, ludique, bourré d'anecdotes, de citations, de rencontres, de cris, de larmes, de souffrance mais aussi de créations, d'amour et surtout de liberté. Car c'est ça surtout et avant tout : un hymne à la liberté durement et chèrement acquise par Niki de Saint Phalle.
Caroline Deyns a parfaitement réussi à faire revivre son héroïne en donnant corps et âme à sa biographie. Corps, en entrecoupant son récit d'interviews de personnages ayant côtoyé l'artiste, ou de citations révélant une particularité de Niki. Âme, en soulevant les interrogations, les doutes que l'artiste ne manquait pas de se poser sur son parcours et ses choix de vie.
C'est extrêmement bien construit, original, en accord total avec les sentiments en montagnes russes de l'artiste. Une biographie qui ressemble à l'imaginaire même de Niki ! Une très belle réussite !
NB : trencadis, mosaïque d'éclats de céramique et de verre, comme celle que Niki de Saint Phalle a observée au parc Güell à Barcelone.
« Si je comprends bien, le Trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. »
Rentrée littéraire 2020.
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Stelphique
  28 août 2020
Ce que j'ai ressenti:
Ceci est un bonheur possible. Ce n'est pas du faux, du fake, du toc…C'est une grande artiste qui voit le monde en couleurs, qui se pare de ses plus belles émotions, qui défie la norme et les conventions. Alors bien sûr, il te vient des couleurs à toi aussi, des vagues et des ondulations, des arc-en-ciel au coeur, du Trencadis à l'âme. T'as envie de casser de la vaisselle et de t'essayer à la mosaïque, à un autre art de vie, à la créativité sans limite…Parce que Niki de Saint Phalle est une femme remarquable, rebelle, insoumise, avant-gardiste, marginale, féministe, et surtout admirable: tu te surprends à l'aimer, en dépit de tout. C'est à prendre ou à laisser. Comme le bonheur, un peu-Et j'en ai tout pris: le Vert-rouge-jaune-bleu-violet. Tout ce qui fait la vie, avec ce qu'il faut de Haine-amour-rire-peur-tendresse. J'ai délaissé un temps le noir et le blanc, parce que j'avais mal dedans ces deux couleurs autant qu'elle. Une femme aussi entière, aussi vraie, aussi forte, aussi passionnée dans ses contradictions et ses convictions, c'est tout de même une belle rencontre que je ne suis pas prête d'oublier!
J'y mets du coeur, et de l'ardeur.
Je ne lis que très peu de biographie, mais celle-ci avec cette construction originale et particulière, m'a vraiment captivée. J'ai aimé ce côté fou, déstructuré, émotionnel, fragmentaire. Je ne pensais pas autant m'investir dans l'univers artistique, la chair et le coeur de cette Nana extraordinaire. Caroline Deyns nous offre un portrait de femme passionnant et j'ai hâte maintenant d'aller voir de plus près les oeuvres de cette artiste à fleur de peau. J'aimerai me promener dans ce fameux Jardin des Tarots, histoire de voir de mes yeux, cette sensibilité propre à Niki de Saint Phalle. J'ai été conquise par cette façon d'aimer autant la vie et l'imperfection, les courbes et les couleurs, le rire et la liberté. Une femme inspirée et inspirante. L'Art la sauve des traumatismes et l'emmène vers des hauteurs épanouissantes. C'est un bonheur de lire ce Trencadis, d'aller se frotter à son imaginaire, de découvrir la sphère de son rêve. Je vous recommande cette lecture, de tout mon coeur.❤️
Que comprends-tu de moi mon amour?
Lien : https://fairystelphique.word..
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mumuboc
  21 août 2020
J'avoue je ne connaissais Niki de Saint Phalle que de nom et aussi l'image que j'avais de certaines de ses sculptures et en particulier celles représentant des femmes voluptueuses et colorées et curieusement avec souvent une tête très petite, disproportionnée mais je n'avais jamais cherché à en chercher l'origine. J'aimais la joie qui s'en dégageait, les couleurs qui éclataient mais je ne savais pas ce qu'elles cachaient finalement.
Quelle vie encore pour cette femme au physique fragile qui révéla sur le tard la blessure qu'elle portait en elle depuis l'enfance, qui pris des décisions en tant que mère que d'autres lui reprochèrent et qui vécut une histoire d'amour et de création avec son second mari, Jean Tinguely. Un destin fait de dépressions, d'internements parfois, de ruptures mais aussi une oeuvre foisonnante marquées par différentes étapes : Les Tirs (tirs à la carabine sur des poches de couleurs, la période blanche, les Nanas,  Golem (jeux toboggan) pour enfants et le Jardin des Tarots entre autres, dont on découvre toutes les significations intimes de son auteure.
Une vie faite d'ombres et des créations éclatantes, démesurées, colorées pour parler d'elle, de ses tourments mais aussi qui illustrent et s'expliquent après la lecture de cette biographie.
Caroline Dyns a choisi une construction toute particulière : en effet elle utilise différentes voix pour cerner la personnalité de cette  femme en se glissant à la fois dans son personnage mais surtout en imaginant les témoignages des personnes qui l'ont côtoyée : une boulangère de Soisy où elle habitait, la fille de sa femme de ménage, une oeuvre elle-même, une avorteuse, des visiteurs d'un musée, une journaliste etc..., reprenant la façon de s'exprimer de chacune, les plaçant dans le contexte, donnant un récit vivant et dynamique, sans temps mort mais peut-être un peu déroutant en début de lecture.
Ce roman biographique est également une évocation de ses choix de vie, en tant que femme, ses prises de position sur son rôle de mère, sur le féminisme et comme amoureuse, acceptant de son deuxième mari, Jean Tinguely, ses escapades et même une double vie, mais jamais soumise et formant avec lui un couple haut en couleurs et en voix.
Un parcours de vie étonnant pour une femme qui décida d'être celle qu'elle voulait être, sans tenir compte de ce que l'on attendait d'elle, qui assuma ses choix et décida d'exposer sa vie et ses visions dont tout le sens nous en est donné ici. Une vie de femme à la fois fragile, faite à la fois de silences mais aussi d'explosions et qui puisa sa force dans son travail de création qui lui permit d'exposer ses souffrances.
"(...) En réalité, si malgré cela, elle s'est sentie asphyxiée au point de le quitter pour ne pas en crever, ce n'est pas sa faute mais celle de sa mère, la faute de toutes les épouses dociles du monde, qui ont réussi à instiller dans son esprit cette croyance séculaire, millénaire, que les femmes ont le devoir d'exister petitement pour permettre à l'homme de pousser en hauteur (p156-157)"
Certes la construction du récit peut dérouter certain(e)s mais pour ma part je l'ai trouvée finalement astucieuse car elle permet d'imaginer la relation que chacun pouvait avoir avec elle, d'autres visions ou interprétations des événements, des époques et des ressentis de l'artiste, de son quotidien ou de ses prises de position.
J'aime particulièrement découvrir à travers un roman à la fois la biographie d'artistes mais aussi mieux comprendre leurs oeuvres car elles sont, souvent, le reflet de leurs existences mais encore faut-il en reconnaître les indices, les clés, d'en saisir certaines subtilités. Lire, découvrir et voyager c'est ce que je demande à mes lectures et celle-ci m'a fait découvrir une artiste mais aussi une femme étonnante.
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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motspourmots
  21 août 2020
Bon, on ne va pas se mentir, Niki de Saint Phalle, ça n'a jamais été ma tasse de thé. Disons plutôt que je ne savais rien d'elle à part ces statues monumentales et colorées qui me faisaient rire lorsque j'étais gamine. Alors autant dire que ce roman, ou biographie romancée, je l'ai ouvert avec curiosité mais aussi une certaine appréhension. Et en le refermant, je regrette de ne jamais avoir pris le temps de m'intéresser à cette artiste ni, surtout, à cette femme. Parce que ce que nous fait vivre Caroline Deyns va au-delà du récit, c'est une immersion, une véritable expérience qui utilise la forme pour servir son propos. Ce pourrait être gadget, cela se révèle tout simplement génial.
Donc, j'ai tout découvert de Niki de Saint Phalle et je ne regarderai plus jamais ses oeuvres de la même manière. J'aurais pu avoir ces infos sur Wikipedia ou autres... certes. Mais les faits sont des faits, bruts, alors que ce que nous offre l'auteure ce sont des sensations, une sorte de "vis ma vie", le chaos qui préside à la création, la colère, la folie, la passion, la souffrance. Et, au-dessus de tout : la liberté. Rarement un texte m'aura autant surprise, emportée, fait passer d'un sentiment à l'autre et donné envie de tourner les pages, curieuse de ce que j'allais trouver ensuite. Car c'est une sorte de mosaïque que nous avons entre les mains, où alternent les pages de récit, des témoignages, des citations, des déclarations de l'artiste, sous des formes toujours inattendues. le texte est fort, saisissant, à la fois direct et imagé. Plastique. Habité. Au fil des pages l'artiste et la femme ne font qu'une, c'est la faiblesse et aussi la force de Niki de Saint Phalle : franco-américaine, mariée (à Harry Mathews) et mère de famille, internée, fugueuse, artiste, amoureuse, créatrice, chalumeau à la main dans la journée et stilettos le soir, passionnée, souffrant le martyr dans son corps, cassant sans cesse son image, célébrée et moquée... Et libre. Ce que porte ce texte, ce sont tous ces fragments de Niki et cette urgence vitale à créer pour ne pas mourir.
"Toute oeuvre blessée déclenche par ricochet un blasphème, un rire provocateur et défiant. Où l'émotion reste première. Une gesticulation effrénée, spontanée, pour se débarrasser de l'emprise de son monde intérieur comme du monde dans lequel il lui est donné de vivre avec ses guerres à n'en plus finir, froide, nucléaire, du Vietnam ou d'Algérie : Niki reste une instinctive turbinant à l'émoi. Ce n'est qu'une fois l'oeuvre terminée que vient la théorisation, l'intellectualisation du geste".
Il y a bien sûr la blessure initiale, l'enfance volée, l'horreur qu'elle n'aura révélée que tardivement et qui sous-tend son élan créatif. C'est aussi la réussite de ce livre que d'en faire un manifeste féministe autant qu'artistique et de parvenir à faire percevoir à quel point les deux sont inextricables pour approcher le travail de Niki. Que dis-je percevoir ? C'est vivre dont il s'agit. Oui, cette lecture est une expérience inédite et j'espère un jour avoir l'occasion d'écouter Caroline Deyns parler de son travail, de la façon dont elle a conçu ce texte et est parvenue à éviter tous les écueils.
Bien plus qu'une biographie, romancée ou pas, Caroline Deyns a conçu une oeuvre d'art qui s'efface derrière son modèle pour mieux le sublimer ; et jamais elle n'en oublie d'être écrivain. Chapeau l'artiste !
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Agneslitdansonlit
  17 avril 2021
Ce roman est un enchantement, un bijou, mais tranchant. Parce que la beauté et les effusions de couleurs que répand Nikki de Saint Phalle proviennent de ses blessures.
À travers ce roman, j'ai tout découvert d'elle. Je ne savais rien. Ce récit est une aubaine car il permet de ne pas rester "en surface" d'une artiste si complexe et construite autant sur l'obscurité que sur des rai de lumière. Il ne faut pas résumer Nikki de Saint Phalle à de sympathiques bonne femmes colorées.
Nikki de Saint Phalle est un ressort qui a plié sous le poids de l'infamie mais s'est lentement dépliée dans une résilience salvatrice et créatrice.
Elle porte une douleur qui manque de l'achever, qui la soustrait à sa vie de famille et de mère. Une mère, elle sera trop absente pour en être vraiment une. Elle ne parviendra pas à rester engoncée dans le vêtement étriqué qu'en tant que femme, d'autant plus de la bonne société, on lui réservait.
Mais c'est avant tout la douleur imposée par des parents hautement toxiques qui poussera Nikki à chercher la lumière , pas celle qu'elle pourrait voir porter sur elle, pas celle du succès, non, la lumière qu'elle-même répand et qui en même temps la guide. Cette lumière qui scintille, même faiblement, pour ceux qu'on a piétinés.
Je pourrais bien écrire des pages que je ne pourrai pas traduire avec autant de finesse ce moment de grâce où Nikki, dans un tel état qu'elle dut être hospitalisée en psychiatrie, renaît à elle-même en se raccrochant à la vie par des éléments si infimes, que je reste bouleversée par ce passage :
"Parce que le monde a recommencé à exister petitement. Ce qu'elle peut voir de la lucarne de sa chambre d'hôpital, ce qu'elle rencontre dans le parc attenant. Feuilles, cailloux, brindilles, de minuscules évidences friables sous les doigts, roulant sous la plante des pieds, invisibles à la plupart, miracle pour elle qui revit enfin. le soleil sur sa peau ressemble au bonheur, le banc où elle s'assied à l'endroit auquel elle doit appartenir. Chaque promenade lui amène la certitude d'être de nouveau reliée, réajustée au monde: le grand oeuvre des petites choses. Sa reconnaissance est telle que cela vire à l'obsession : celle de prélever au sol les preuves (?), ingrédients (?), auxiliaires (?) de sa rejointure, puis les rassembler dans un carré de plâtre une fois rentré à l'asile. Herbe, écorce, gravier, ce petit peu qui réussit à ramener l'ici au maintenant et aux vivants."
Le titre "Trencadis" ne pouvait être mieux choisi, il épouse parfaitement la vie de Nikki de Saint Phalle. Là encore, personne mieux que l'auteur ne saurait l'exprimer :
"Trencadis est le mot (catalan) qu'elle retient. Une mosaïque d'éclats de céramique et de verre, lui explique-t-on. de la vieille vaisselle cassée recyclée pour faire simple. Si je comprends bien, le Trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. Concasser l'unique pour épanouir le composite, broyer le figé pour enfanter le mouvement, briser le quotidien pour inventer le féerique, c'est cela ? Elle rit : ça devrait être un art de vie, non?"
J'ai été si touchée par l'écriture de Caroline Deyns, traduisant cette capacité à transformer le vil en beau, que la dernière période du roman m'a paru plus sereine, mais en pente déclinante, un peu essoufflée. Et l'on m'a fait remarquer que, Nikki souffrant de problèmes pulmonaires, cet effet était peut-être recherché par l'auteur.
Ce superbe roman a fait de la créativité son thème central et sert ce sujet par sa structure même, les chapitres étant introduits de façon très originale.
Une magnifique lecture.
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critiques presse (1)
Actualitte   06 mai 2021
Quel plus vibrant hommage que ce parti-pris bariolé pour dessiner, recoller, dévoiler les parts d’ombre et de lumière de Niki de Saint Phalle, être aux écailles brutes et fragiles disparu en 2002.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   10 septembre 2020
- Je savais bien que tu viendrais ruiner mon projet avec ta petite logique raisonneuse. Tant pis. Je construirai mon propre endroit magique.
- Les Français disent bâtir un château en Espagne.
- C'est ce que je ferai !
- Ils disent cela pour se moquer de l'inconstructible.
- Les Français fantasment et les Américains entreprennent.Je suis franco- américaine, mon château, je l'imaginerai et le construirai avec des courbes comme des bras qui vous entourent, et de la couleur, de la couleur à rendre ivre. Tu m'aideras, dis Harry ? (p. 60)
+ Lire la suite
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Charybde2Charybde2   19 août 2020
– Une maladresse et j’étais mis sur la touche. Oui, quelque part, j’étais déçu. Car malgré le sacrilège qu’il y avait à tirer à bout portant sur une œuvre d’art, même pas vraiment belle, ou sur n’importe quel truc que mon esprit ait voulu y voir, j’étais content de participer à la fabrication de quelque chose – parce que je voyais bien à l’excitation incroyable des spectateurs que quelque chose était en train de se tramer, même si je ne savais pas quoi. Cinq minutes dans la vie d’un Artiste avec majuscule, la seule et unique fois de mon existence, je vous assure que ça compte… Mais bon… Je devais céder ma place, je n’avais pas le choix. Que vouliez-vous que je fasse si ce n’est lui donner à elle ? Qui trépignait, sautillait, avec son bonnet à pompon pour marquer le contre-temps ? On aurait dit qu’elle avait attendu ça, tirer sur sa propre peinture, toute la journée, toute sa vie, cette fille trop jolie dont la violence sifflait sous la peau. En vrai, je ne savais même pas comment elle allait y arriver tellement elle tremblait – ou vibrait, le mot serait plus exact. Elle aussi a dû se poser la question. Je l’ai vue baisser le fusil et prendre plusieurs respirations profondes. Son ami est venu lui frotter le dos et, en relevant ses cheveux blonds, murmurer quelques mots à son oreille auxquels elle a souri avant de replacer son œil dans le viseur. Elle a écrasé sa paupière gauche, retroussé le coin de ses lèvres, et une méchante convulsion est passée sur son visage au moment même où sa première balle partait. Puis revenant – la convulsion – et ne la quittant plus alors qu’elle réarmait trois fois d’affilée la carabine, précise et rapide, BAOUM BAOUM BAOUM ! Ce que j’ai vu alors… Vous voulez savoir ce que j’ai vu à ce moment-là ?
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parolesparoles   26 septembre 2020
C’était cela, cette ouverture aux autres, qui était formidable dans son travail. Certaines oeuvres d’art se contentent de soliloquer, toutes repliées qu’elles sont dans leur hermétisme. Les siennes jamais. Même nées de son histoire, d’un magma d’émotions intimes, les oeuvres de Niki de Saint Phalle ont toujours été accessibles, compréhensibles, tournées vers le monde, retournées au monde : adressées.
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fanfanouche24fanfanouche24   14 septembre 2020
Et de nouveau la dysphorie. Etre une bonne mère et une bonne épouse et une bonne hôtesse, elle l'a voulu, voulu très fort. Et puis, soudain, malgré les efforts, la lutte intérieure, l'acharnement, elle ne peut plus, ne le supporte plus. A Harry qui ne comprend rien:
Je refuse de n'être qu'une femme d'écrivain qui fait de la peinture !
C'est dit, martelé, pleuré, craché, hurlé. (p. 75)
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cami_mondocami_mondo   11 avril 2021
L’artiste, elle s’appelle Niki. Il a retenu son nom parce que le chat des voisins s’appelle pareil. Niki, c’est joli. Elle est jolie aussi sur la photo accrochée au tableau, avec son chapeau à plume et sa tasse à thé qui fait penser à Alice quand elle doit goûter avec le Chapelier Fou. (...) Peut-être que les couleurs de Niki c’est du carnaval aussi? Un costume qu’elle enfilerait, follement gai, terriblement menteur, pour prétendre qu’elle a envie de faire la fête, chanter et rigoler très fort, même si, en vrai et pareil que maman, elle préférait aller se fourrer au fond du lit en croquant des médicaments pour dormir aussi profond qu’une morte.
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