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ISBN : 2070219011
Éditeur : Gallimard (14/02/1930)

Note moyenne : 4.75/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Lisez ce livre qui parle intensément de l'attention tendre aux êtres et aux petites choses, de la paix que l'on sait advenir au beau milieu des peines, de ce qui est accepté sans se laisser mordre par le doute.
La Vie elle-même est Campement, départ brusqué et en cachette des lieux que l'on croyait acquis, ombres qui déplacent les limites entre le rêve et la réalité, lumière si belle de la nuit que les poitrines s'en rehaussent.
Et c'est un conte en ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
wellibus2
  04 juin 2015
C'est un conte en vérité que nous lisons là. Point de péripéties extraordinaires. Non, le récit d'une vie simple rythmée par la lumière changeante des saisons, par les semailles et les labours, les tâches qui raidissent les doigts et crèvent le coeur de peine.
Chacun des personnages de ce roman est habité par un espoir enfantin que son rêve va se réaliser. Et comment en serait-il autrement dans un monde où la seule description d'asphodèles crûes au pays lointain est comme un miracle offert dont il faut se saisir?
La véritable aventure est intérieure. Une vieille voie ferrée envahie d'herbes sauvages, un train de nuit, des chemins qui divaguent, des talus comme des montagnes que le pas enjambe, une absence de but mais l'envie du chemin et l'accueil de la rencontre, cela suffit au bonheur des êtres pourvu que l'esprit, le coeur, le corps soient disposés à s'enivrer de boue et de ciels.
Il n'y a pas pour ces héros ordinaires de différence très nette entre possible et impossible et ils en franchissent la frontière avec une jeunesse éternelle et insouciance.
Un des personnages importants de cette étonnante histoire ( qui est le premier roman écrit par André Dhotel, en 1930) est la Nature.
Vous ne trouverez pas ici de description grandiloquente, juste ces petites choses que l'on ne sait plus voir mais dont la présence rend à la vie et la joie ou au contraire, appuie le désespoir. Une fleur séchée, le bruit des insectes au bord d'un marais, la houle des moissons, le mystérieux ballet de la neige...
Des rencontres surnaturelles il y en aura. Tout le roman tend vers elles. Et qui plus est, Ô bonheur, elles nous parlent de temps et d'êtres que nous avons rencontrés sans les voir sur nos propres chemins.
Par petites touches, avec une poésie étonnante, une maestria sans pareille dans la juxtaposition des temps de conjugaison, Dhotel gauchit légèrement tout ce qui voudrait aller droit. Sous la plume de n'importe quel autre auteur, l'histoire serait banale. Son art consommé du récit, de l'attente, de l'observation naturaliste, de la lenteur et de l'imprévu subitement ouvert donnent dès les premières lignes la sensation d'être nous-mêmes en Campement provisoire, au bord de la chute ou du départ.
Comment, par ces courtes phrases qui, saisissant le détail, savent encore donner à voir la totalité, comment mieux donner à sentir le temps consacré à observer d'un regard plein d'enfance la neige faisant d'une contrée un pays neuf où l'on est transporté sans bouger de derrière son carreau?
Lisez ce livre qui parle intensément de l'attention tendre aux êtres et aux petites choses, de la paix que l'on sait advenir au beau milieu des peines, de ce qui est accepté sans se laisser mordre par le doute.
La Vie elle-même est Campement, départ brusqué et en cachette des lieux que l'on croyait acquis, ombres qui déplacent les limites entre le rêve et la réalité, lumière si belle de la nuit que les poitrines s'en rehaussent.
Tzigane de Maurice Ravel
http://s3.archive-host.com



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Aunryz
  26 mai 2015
Courte critique pour ce premier roman d'André Dhôtel. (écrit entre Athènes et Béthune 1928)
Un roman consacré à l'amour,
présent dans les gestes, dans les paroles retenues, dans les absences
et dédié à la recherche du bonheur
celui de la plénitude, de l'accord avec l'autre, avec le monde tout autour, à travers les instants où il se perd, se rompt, se retrouve.
Après "Campement", André Dhôtel n'osera plus écrire ainsi
par la suite il redéfinira la dose de poésie que le lecteur peut tolérer dans un roman, tout en conservant ce style particulier et cette manière de raconter des histoires qui se perdent sans cesse dans l'ambiguïté de la vie et de ceux qui l'habitent.
Les premières pages sont une magnifique ode à l'aimée, à son attente. Pages qui pourtant n'empruntent leurs mots et leurs évocations qu'à la vie la plus simple et dont la poésie est ainsi mêlée au réel le plus sincère et le plus vrai.
Un roman que je peux ouvrir au hasard (et je ne m'en prive pas) avec la certitude d'être touché, emporté.
Précision :
André Dhôtel n'a pas beaucoup de lecteurs. Mais ceux là ont tous lu de lui et se sentent souvent comme des personnages de ses romans.
Et bien sur, ils ont un parti pris et on ne peut guère leur faire confiance (sourire)²
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tenrev
  16 juillet 2015
Point d'intrigues policières, de courses poursuites, de meurtres en série ou pas, MAIS un roman qui sent bon la terre, la nature et l'humain.
Plongez vous dans les années 1920, à la campagne.
Ouvrez vos narines, vos oreilles et vos yeux. Humez les herbes folles des talus d'un petit chemin, écoutez le vent dans les volets de la maison, regardez par la fenêtre les flocons virevolter, nettoyez vos sabots de retour du village par la route boueuse. Vivez au rythme des saisons.
Hummmm, c'est bon.
Ce livre est l'histoire de campagnards (instituteur/paysan) ayant des envies d'ailleurs mais toujours englués sur cette terre qui leur a tout donnée, avec laquelle ils sont en osmose: des "bohémiens sans aventures".
Et lorsque le rêve semble possible, la vie reprend le dessus et les ailes déployées se replient.
Comment en tant que parents, faire que ces possibles, ces terres lointaines deviennent pour ses enfants accéssibles?
Des conversations minimalistes, soulignées par les non-dits. Une économie de mots comme de gestes. La vie s'apprécie par delà le mouvement, par la contemplation de la nature et ses changements.
Une écriture précise, naturaliste, poétique.
Un grand (mais pas très long) poème épique.
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ollivier
  08 avril 2017
Fabulueux !
Je comprends désormais pourquoi Philippe Jaccottet le tient en si haute estime alors que le célèbre "Le pays où l'on arrive jamais" m'avait laissé plutôt indifférent.
Un roman de terroir ? Sans doute, le livre a été publié en 1930, mais est tellement plus riche que ceux de Christian Signol ; les images foisonnent, éclatent, interrogent, surprennent : on est parfois très proche du surréalisme.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
AunryzAunryz   27 décembre 2015
Le champ s'arrêtait de frémir, quand un orage venait, accueillant les bruits humains, la cloche et l'enclume, les pas sur la route.
Est-il possible que la vie soit ainsi ? Jacques et Jeanne travaillaient au jardin et leur tristesse était grande.
Autour de la rivière des marais s'étendent, dans lesquels ont voit une barque noyée dont la proue est au-dessus de l'eau. Les mouches à tête rouge viennent s'y poser. Un oiseau de proie a traversé, volant bas, près de son image reflétée dans l'eau, et vers les troncs échoués, des rats se sont élancés à la nage.
Entre la rivière et le village, des peupliers sont dressés. Lorsque l'orage approche, arrêtant le vent, l'essaim de leurs feuilles qui est le plus élevé résonne, car il perçoit encore une brise.
Les nuages se croisent. Le ciel de l'été devient plus grand.
Quelle détresse ou quelle joie familière ce peut être de regarder cette vieille femme chargée de sa hotte et qui rentre au village par un chemin.
Puis nous nous souviendrons aussi de ce chien abandonné que nous avons vu boire dans l'ornière, après la pluie, et dont un rayon de soleil oblique éclairait les yeux.

http://wp.me/p5DYAB-2Gm
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wellibus2wellibus2   04 juin 2015
L'automne vint. Les feuilles descendirent vers la terre. Elles se posèrent sur les chevelures des femmes qui bavardaient sous les marronniers. Celles des faîtes s'en allaient loin dans les prés, jusque sur les fronts des bœufs.

Puis ce fut l'hiver. Il y eut de belles nuits de gelée. Jacques oublia Jeanne sans doute, puisque tout s'oublie.

Vers l'est, d'où montent les étoiles, les collines sont agenouillées.
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AunryzAunryz   18 septembre 2015
Les peupliers, ébranchés presque jusqu'au sommet, entouraient un rectangle de pré.
Là, au temps des sauterelles, on aurait pu se réunir pour faire des fêtes, pour danser par exemple, après avoir tendu des guirlandes d'arbre en arbre.

Mais cela ne servait qu'aux nomades qui s'y arrêtaient parce que c'était un endroit ouvert tout près de la route.

http://wp.me/p5DYAB-1nC
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AunryzAunryz   11 mai 2015
A huit heures, il se rendait à l'école. Les élèves chantaient leurs leçons.
Il leur expliquait les phrases des atlas : « Dans notre hémisphère, plus on monte vers le nord, plus on a froid. »

Il allait de table en table pour apprendre à écrire aux petits qui avaient des visages pleins d'encre.
Jacques pense que Jeanne a une robe brune, une robe bleue, et qu'elle est perdue pour lui.
Pendant les récréations, le vent amer s'engouffre sous le préau. Les écoliers, en grelottant, atteignent les paradis des jeux de marelle. Les écoliers s'extasient à quatre pattes devant les billes de verre.
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AunryzAunryz   07 mai 2015
Pendant le retour, Jacques regarda autour de lui, comme les hommes tristes regardent, se demandant pourquoi la douleur est rentrée dans la poitrine.
La lanterne éclaire les chemins qui s'en vont vers les clairières.

En été il s'élève de hautes graminées dans les chemins des bois et tous les enfants des villages en ont respiré l'odeur :
Jacques demande à ces forêts de garder toujours en lui le courage d'admirer la terre.

Aux enfants qui viennent jouer dans les taillis, les feuillages doux au front ont promis des miracles.

Les mains de Jacques sont glacées. Dans les descentes, il maintient les guides avec douleur.
Il pense à la classe du lendemain.
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