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ISBN : 2705804277
Éditeur : Pierre Horay (22/11/2005)

Note moyenne : 5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Le jeune Florent vit avec sa marraine, une vieille demoiselle ; elle lui conte un jour la légende d'une antique chaîne d'or qui a l'étrange propriété de toujours échapper aux mains de ses possesseurs. Or, un vagabond apprend au jeune homme que cette chaîne est bien réelle, puisque, pour son malheur, il l'a eue entre les mains. Bientôt, Florent reconnaîtra le joyau au bras d'une jeune fille, Laure, qui deviendra son amie. La chaîne disparaît, et il faudra la recherc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
dourvach
  04 juillet 2015
J'entends dans le poste les niaiseries habituelles : " Les jeunes sont en manque d'idéaux [gningningnin] "... eh bé, ça tombe bien... car, d'idéaux, les romans d'André DHÔTEL en sont pleins : et même, emplis à ras-bord ! Alors, les djeun's, foncez-y, et vivez-nous ça à donf !! Des romans d'André Dhôtel, j'en ai compté (entre ses "Campements" de 1930 à ses "Vaux étranges" de 1986) pas moins de... 49 !!! Alors... qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ???
Un exemple ? Tiens, avec cette "Maison du bout du monde", parue chez l'éditeur Pierre Horay en 1970 -- soit 15 ans après le succès de son justement célèbre "Pays où l'on n'arrive jamais" (fameux prix Femina de 1955) --, et somptueusement rééditée par Horay en 2005, acquise au prix de seulement 15 euros : car c'est immédiatement magnifique !!! Le réalisme poétique, cette histoire à la fois improbable et magnifiquement crédible d'un gamin de 12 ans vivant avec une vieille fille -- tous les deux en symbiose avec la nature -- dans un vallon oublié au milieu de la plaine déserte... Et l'on est aussitôt "happés" par les destinées jointes de Florent et de Mlle Dargnies... et dès le chapitre I (nommé, sans surprise, "Un étrange vallon"). Une littérature authentique : authentique car modeste, & qui ne cherche pas à "faire sa maline"... Et "ça" vous invente un monde -- son petit monde, finalement immense -- à chaque bout de phrase... Une littérature d'INVENTEUR !
Ici seulement huit chapitres (*) tous joliment nommés, "à l'ancienne" (**), bien serrés en 175 pages, caractères d'imprimerie agréables, joli format presque carré : vous en aurez pour votre argent !! Vous rendez-vous compte ?? Quarante-neuf belles oeuvres romanesques oubliées, rééditées les unes après les autres depuis 2003 (Horay + Phébus collection "libretto" + Gallimard collections "folio" et "folio junior" + Grasset collection "Cahiers rouges" + Le temps qu'il fait + Fata morgana) et... A DECOUVRIR !!! Veinards que nous sommes... :-) Alors ? Vive la littérature "à l'ancienne" ! La littérature, bref... La littérature -- jamais oubliable et jamais oubliée -- d'André DHÔTEL (1900-1991), et que vive Dhôtel l'immortel !!!
" Il éprouva une véritable haine pour une belette qui venait égorger les poules et qu'il guetta pendant des jours. Il finit par la tuer d'un coup de pierre, et se trouva très étonné et désolé de voir le corps nerveux abandonné comme dans le sommeil, et surtout les petits yeux cruels désormais éteints et envahis par on se savait quel rêve."
... et Dhôtel écrit comme un dieu ! Un dieu modeste, mais un dieu quand même...
(*) ... soit : I. Un étrange vallon / II. Monsieur Thomas Roudart / III. A travers les mensonges / IV. Rencontres / V. Evénements et sentiments divers / VI. Dans le faubourg / VII. Laure se révolte / VIII. Une nuit...
(**) "à l'ancienne", eh oui : comme la moutarde... ;-) Ah, si loin des conneries branchouilles à la "Vernon Subutex" (deux tomes encensés par la critique endogame... C'est OK, car nous, moutons d' lecteurs, suivons déjà et aussitôt broutons EXACTEMENT là où qu'on nous a indiqué... Nous, troupeau en fausse liberté, lâché dans l'infinie plaine -- heureusement brumeuse -- encerclant le petit vallon toujours ignoré de Dhôtel-aux-49-romans : je prends cet exemple, mais j'aurais pu prendre encore le "dernier" Nothomb, le "dernier" Foenkinos, le "dernier" Houellebecq, le "dernier" Machin-Machine, tous ces témoignages contemporains d'indigence artistique, de platitude intellectuelle, d'ambitions NON littéraires, survivant à 300 % de "l'air (médiatique et toc) du temps"...
Lien : http://www.regardsfeeriques...
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach   05 juillet 2015
Le repas, dans la cuisine pleine de fraîcheur, fut empreint d'un calme profond. [...] Une guèpe bourdonnait sous les rideaux, et il semblait que ce fut le seul son qui ait pu subsister dans le monde. Cette salle retirée laissait pressentir le silence qui régnait sur des lieues de plaines désertes.
-- Vous êtes bien isolés, dit Thomas Roudart après s'être servi une pomme de terre et deux carottes. Vous ne savez jamais ce qui se passe. Votre été reste aussi vide que l'hiver.
-- Vous n'aimez pas la solitude ? observa Mlle Dargnies.
-- J'ai beaucoup d'amis d'un jour à travers le pays, dit Thomas.
Un silence. Thomas regarda par la fenêtre.
-- J'ai cru voir une ombre. Peut-être l'ombre d'un oiseau.
-- Nous avons des hirondelles et toutes sortes d'oiseaux, dit Mlle Dargnies.
-- Qu'est-ce qu'on entend ? reprit l'homme.
-- Rien. C'est la guèpe, dit Mlle Dargnies. Auriez-vous peur des gendarmes ?
-- Les gendarmes ? Non, bien sûr. C'est-à-dire... Enfin, j'ai ma conscience pour moi.
-- Il est bon d'avoir une conscience. Cela n'est pas donné à tout le monde, trancha Mlle Dargnies d'un ton sec.
Thomas Roudart la regarda, puis il déclara :
-- Je suis né dans un accident de chemin de fer.

[André DHÔTEL, "La maison du bout du monde", éditions Pierre Horay, 1970 ; réédition Horay, 2005, chapitre II : "Monsieur Thomas Roudart", pages 32-33]
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dourvachdourvach   23 juin 2015
Ce fut alors pour lui un enchantement. Il s'arrêta à chaque vitrine pendant un long quart d'heure. Il n'était pas ébloui, mais profondément intéressé par les usages de tous les objets qu'il voyait : machines ménagères, appareils de radio et de télévision, cannes à pêche. Il ne prêtait aucune attention aux mouvements de la rue, ni aux voitures. L'étrange, pour lui, c'était la variété des machines qu'il découvrait et dont il n'avait aucune idée. Il lut des affiches, des prospectus expliquant le fonctionnement et les avantages de tel mécanisme, que ce fut un couteau électrique ou une tondeuse à gazon.
Quand il arriva sur la place de la mairie, l'horloge marquait deux heures de l'après-midi. Il avait faim, mais il ne se souciait pas d'avoir faim. Il se détourna des boulangeries et des épiceries. Il alla regarder la vitrine d'un horloger. Il fut étonné par le jeu de balanciers imprévus formés de boules dorées ou de disques qui tournaient. C'était insondable comme le ciel étoilé. Il lui semblait que sa vie changeait. Il quitterait Prébail et vivrait avec ces merveilles, lui qui avait des mains et un esprit d'artisan. Pourquoi personne ne lui avait-il appris que cela existait au lieu de lui faire des contes ? Les pendules marquaient trois heures lorsque ses jambes fléchirent et qu'il s'effondra sur le trottoir.

[André DHÔTEL, "La maison du bout du monde", éditions Pierre Horay, 1970 ; réédition Horay, 2005, chapitre IV : "Rencontres", pages 75-76]
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dourvachdourvach   04 juillet 2015
Le lendemain, Florent désherba un coin du jardin. Il fit aussi un exercice sur les fractions, sous la surveillance de Mlle Dargnies qui avait foi aux mathématiques, pour des raisons sans aucun rapport avec la science. Elle était convaincue qu'il y a dans l'infinie divison des nombres, une vertu qui ouvre l'esprit, et rompt toute obstination. Florent, dans l'après-midi, explora le vallon avec sa nonchalance habituelle.

[André DHÔTEL, "La maison du bout du monde", éditions Pierre Horay, 1970 ; réédition Horay, 2005, chapitre II : "Monsieur Thomas Roudart", page 25]
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dourvachdourvach   18 juillet 2015
La chaîne d'or était à jamais perdue. Mais comme Thomas Roudart, Florent et Laure disaient maintenant : "Je crois, je crois... ". Car partout où ils se trouveraient ensemble, il y aurait toujours la vie, l'amitié et l'amour, sauvages et inexplicables.

[André DHÔTEL, "La maison du bout du monde", éditions Pierre Horay, 1970 ; réédition Horay, 2005, chapitre VIII : "Une nuit... ", page 175]
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dourvachdourvach   09 juillet 2015
C'étaient aussi les nuages projetés sur la plaine comme des îles, et au-delà des îles, le rivage d'une grande mer. Pendant une seconde. Rien de beau, rien de vrai n'apparaissait que pour disparaître aussitôt.

[André DHÔTEL, "La maison du bout du monde", éditions Pierre Horay, 1970 ; réédition Horay, 2005, chapitre IV : "Rencontres", pages 66-67]
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