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ISBN : 2290200611
Éditeur : J'ai Lu (16/09/1999)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 327 notes)
Résumé :
«Il y a dans le même pays plusieurs mondes véritablement. Dans les contrées situées au nord, jusqu'au Rhin ou jusqu'au port d'Anvers, ce sont des centaines de collines et de plaines chargées de richesses, et l'on peut voir aussi les eaux immenses des canaux, des fleuves, des bras de mer, tandis qu'au cœur des villes, sur des places, souvent désertes, s'élèvent les beffrois qui inspirent autant de terreur que d'admiration.»

La vie routinière et sage de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  11 janvier 2017
Voila probablement le livre que j'ai le plus relu et rerelu de toute ma vie ! J'aime l'écriture calme et soigneuse d'Andrée Dhotel, son goût pour l'étrange, l'inattendu, l'inexpliqué. le cheval noir surgit. Il emporte Gaspard loin d'un monde d'ennui. Dans son cas, c'est un petit village trop calme. Cela pourrait aussi bien être une banlieue dortoir trop grise... On peut s'identifier à lui.
Les évènements se succèdent, entrainant Gaspard dans un grand périple. Il voyage, rencontre des gens simples, retrouve Hélène. La jeune fille a tout ce qu'elle veut. Mais elle sait que quelque part, il y a autre chose. Pour trouver quoi, il la suivra jusqu'au bout du monde…
Bien sûr, c'est un désir un peu enfantin qui s'exprime dans ce livre. La quête d'un monde plus beau et plus libre, où n'existerait ni l'ennui ni la laideur. Un rejet un peu simpliste du matérialiste – malgré tout ce qu'elle a et tout ce qu'on lui offre, ce n'est pas ça que veut Hélène. Mais quelque part, est-il inutile de nier que nous avons tous plus ou moins ce désir au fond de nous ? Et que nous le repoussons le plus loin possible parce que nous sommes conscients de sa naïveté ?
Mais le propre d'André Dhotel – et son charme - n'est-il pas justement de laisser parler cette naïveté ? C'est ce que font souvent ses personnages du reste, ce qui leur vaut l'incompréhension des autres. Mais ce n'est pas le rêve de celui qui voudrait vivre dans le luxe à ne rien faire qu'il nous montre là. C'est une vie simple, faite de travail et de fraternité.
André Dhotel a laissé ses rêves les plus simples s'exprimer dans ce livre. On peut l'y suivre pour s'évader un instant, ou rester dans le quotidien du monde…
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Renod
  04 novembre 2016
Gaspard est le fils de marchands forains, une profession jugée honteuse. Sa garde est confiée à sa tante qui gère une auberge dans un village des Ardennes. Dès sa naissance, le garçon semble victime d'une fatalité malheureuse, sa seule présence déclenche une série de catastrophes. Son enfance est pourtant monotone, il accomplit consciencieusement diverses tâches pour sa tante. Son destin est bouleversé le jour où il rencontre un enfant fugitif, blond comme les blés, et dont les yeux sont emplis d' une lumière « d'une dureté angélique ». Avant d'être repris, l'enfant lui confie l'objet de sa fugue ; il recherche le pays de sa mère, un pays où les chênes, les bouleaux et les pommiers côtoient les palmiers au bord d'une mer immense. Peu après, emporté par une force mystérieuse, Gaspard entame un voyage sans limite. Les rencontres sont nombreuses, certaines pleines de danger, d'autres providentielles. Des apparitions vont jeter un voile fantastique sur le récit. Gaspard et ses jeunes amis vont être emportés dans une aventure semée d'embûches.
« le Pays où l'on n'arrive jamais » est un récit initiatique d'une grande humanité, une magnifique histoire d'amitié, un voyage fabuleux où se mêlent la nature et le merveilleux. On suit le garçon dans son périple à travers les forêts ardennaises pleines de mystère et la vallée de la Meuse à la fois industrieuse et sauvage. Séduit dès les premières lignes par la poésie bucolique du texte, j'ai été happé par le suspense d'une quête au but énigmatique. Quel est le sens de cette errance loin de la quiétude du foyer? Qu'est-ce qui pousse ces enfants à emprunter des chemins plein de dangers et à briser le cours de destinées déjà décidées ? Et quel est ce pays où l'on n'arrive jamais ? Pour le savoir, plongez vous dans ce livre. Je ne livrerai qu'un seul indice : ce pays, c'est aussi le vôtre.
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Floccus
  16 octobre 2013
« le pays où l'on arrive jamais » fait partie de ces romans soit disant « pour enfants » tellement croisés sur les rayonnages, chez les amis, dans la famille, qu'ils me sont devenus familiers sans que je puisse me rappeler vraiment si je les ai ou ne les ai pas lu. le souvenir d'une antique déception me semble associé à celui-ci. Rouvert à la faveur de l'été, il m'a enchantée.
Le tout début est délicieux. le rapport de mépris institué entre la bonne société et les forains incontrôlables est finement décrit.
La langue est belle, le récit construit. André Dhôtel ne cherche pas à en faire trop. Il affectionne les broussailles, les murs à franchir en secret. Il cultive le temps qui passe autant que les péripéties. Gaspard, Théodule, Hélène bataillent pour préserver leur intégrité malgré ceux qui font obstacles à leurs aspirations (souvent avec les meilleurs intentions). le livre finit sur une ode à la vie et à une certaine idée de la liberté, n'en déplaise à ceux qui déplorent l'originalité du monde.
Je comprends finalement pourquoi je n'ai pas pu aimer ce livre quand j'avais une dizaine d'années. Ce parfum d'enfance qui émeut l'adulte ne touche pas l'enfant. Il faut avoir vécu pour apprécier ce roman.
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torpedo
  10 août 2018
Si vous cherchez un livre 'raisonnable', passez votre chemin car ce livre n'est pas fait pour vous. le Pays où l'on n'arrive jamais m'a fait penser aux livres lus lorsque j'étais enfant. Un héros, en apparence assez banal au sein d'une famille qui ne le comprend pas, vit une succession d'aventures rocambolesques et même invraisemblables avec des amis, face à des méchants vraiment méchants. Mais est-ce que ce roman prétendument pour les enfants a été écrit pour eux ? Non, et je dirais même qu'il s'adresse en priorité aux adultes.
Situé à la fin de la seconde guerre mondiale, ce roman d'André Dhôtel nous fait beaucoup voyager. Des noms probablement inconnus pour qui n'y a jamais mis les pieds. Revin, Laifour, Stonne, la vallée de la Meuse. Grâce à lui nous découvrons les Ardennes à pied. Les vallées, les forêts, les champs d'épines et de ronces. D'une certaine façon, Gaspard est un peu un nouveau Rimbaud, toujours sur les routes, toujours en marche. Il est généreux, spontané, parfois naïf. A la recherche d'un pays idéal, il garde au gré de ses aventures l'âme d'un enfant qui refuse de grandir et se bat pour une cause qu'il croit juste. Peut-être André Dhôtel me rappelle-t-il tout simplement de ne jamais abandonner mes rêves.
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Zebra
  24 juillet 2015
Édité chez Pierre Horay en 1955, réédité en 1978 chez Flammarion dans la collection J'ai Lu, « Le pays où l'on n'arrive jamais » est probablement le roman le plus connu d'André Dhôtel.
L'histoire ? Gaspard Fontarelle, quinze ans, né à Lominval (près de la frontière belge) de parents forains, est élevé par sa tante, laquelle tient une auberge. Quand il croise Hélène, une enfant dont les yeux brillaient d'une « lumière angélique », sa vie parait bouleversée. Elle a quinze ans, ne connait pas le nom de ses parents, est élevée par un certain Monsieur Drapeur qui l'a recueillie alors que sa mère était mourante. Hélène fuit : elle est partie à la recherche de son pays (le Grand Pays, le pays des vagabonds, pleins de palmiers, de bouleaux, de chênes et de pommiers, près de la mer) et à la recherche de sa maman, une certaine Jenny. Gaspard et Hélène fonctionnent en marge de la société des adultes, se frottant et se disputant avec eux. Bizarrement, de mystérieux animaux (dont un cheval pie qui leur sert de guide) surgissent comme par enchantement sur leur chemin. Gaspard et Hélène finiront par rencontrer maman Jenny : ouf !
Une rêverie d'enfants, une histoire d'amitié, un voyage où se mêlent la nature et le merveilleux ? André Dhôtel s'essaye dans le rôle de conteur, usant avec une certaine inventivité d'une imagination bien débridée. Il raconte, mais se raconte aussi, et à n'en plus finir, délayant les faits et les gestes de chacun, ressassant les mêmes idées sans les faire beaucoup évoluer. le style est quelconque et l'histoire progresse vraiment très lentement. Différent des autres romans qu'il avait publiés, « Le pays où l'on n'arrive jamais » m'a semblé ennuyeux à souhait. Quel est donc ce Grand Pays où l'on n'arrive jamais ? Probablement celui de l'enfance heureuse, de la liberté (voire de l'errance) et de l'entraide magique et spontanée entre les êtres. Livre de fantasy ? Bof, tout ça fait bien vite pschitt ! L'Est de la France et sa nature (forces mystérieuses, évènements magiques, impression de liberté, toute puissance de l'enfance naïve et fugueuse) vous raviront peut-être : pour ma part, je suis resté sur ma faim. Je mets deux étoiles à cet ouvrage de près de 250 pages, mélancolique et artificiellement mystérieux, qui fut néanmoins couronné par le Prix Femina en 1955. Réservé aux jeunes de 10 à 14 ans, et encore ...
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critiques presse (1)
Actualitte   12 juin 2017
Ce roman singulier a son charme. Il fait penser aux tableaux mystérieux de Paul Delvaux, avec leurs bizarres personnages dans des halls de gare.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   11 juillet 2008
incipit :
Il y a dans le même pays, plusieurs mondes véritablement. Si l'on explore les Ardennes, ce n'est pas une forêt que l'on découvre, mais mille forêts. Dans les contrées situées au nord, jusqu'au Rhin ou jusqu'au port d'Anvers, ce sont des centaines de collines et de plaines chargées de richesses, et l'on peut voir aussi les eaux immenses des canaux, des fleuves, des bras de mer, tandis qu'au coeur des villes, sur des places souvent désertes, s'élèvent les beffrois qui inspirent autant de terreur que d'admiration.
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ZebraZebra   20 juillet 2015
page 145 [...] Gaspard suivit Parpoil dans le hall. Parpoil prit un billet pour Gaspard. Ils allèrent ensuite au buffet. L'homme fit servir à Gaspard un repas froid, et lui-même s'octroya divers alcools.
A sept heures Gaspard montait dans le train, et quand il fut placé au fond du compartiment, dans l'angle opposé au couloir, son garde du corps attendit sur le quai le départ du train.
Gaspard se trouvait réduit à la plus complète impuissance. Il regardait avec indifférence les boiseries du compartiment. C'était un vieux wagon aux cloisons repeintes et aux portières étroites. Une vieille dame était assise sur l'autre banquette parmi d'autres voyageurs. Elle avait échangé un signe rapide avec Parpoil. Gaspard crut comprendre que cette duègne appartenait à la maison de M. Drapeur. Elle devait exercer sur le garçon une surveillance discrète. Il n'y avait aucun moyen d'échapper. [...]
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torpedotorpedo   08 août 2018
En ces jours, en cet automne éblouissant des contrées du sud, Gaspard comprit donc l'éclat étrange des yeux d'Hélène, car lui-même, ainsi qu'elle le lui dit, eut cet éclat dans son regard. C'est sans doute le signe de l'étonnante et cruelle nostalgie qui fait désirer pour chacun une vie plus grande que les richesses, plus grande que les malheurs et que la vie même, et qui sépare en nous les pays que l'on a vus de ceux qu'on voudrait voir, Ardenne et Provence, Europe et Nouveau Continent, Grèce et Sibérie.
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torpedotorpedo   08 août 2018
Gaspard était trop occupé par les nécessités de son travail pour attacher importance à des rêveries qui ne faisaient que traverser son esprit. Cependant il se persuadait peu à peu qu'un beau jour, au cours de quelque promenade, il surprendrait cette parole qui lui ferait découvrir tout ce qu'il ignorait, et même des choses dont personne n'avait jamais eu l'idée. Or il arriva qu'un soir il entendit quelques mots qui devaient changer sa vie.
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Corboland78Corboland78   18 octobre 2011
Les gardes champêtres et maints agents de la fonction publique éprouvent la nécessité de faire un discours pour expliquer ce qu’ils vont faire, et ainsi il n’est pas possible de leur échapper. Dès les premiers mots, l’enfant blond s’était élancé bousculant Gaspard, mais aussitôt il fut arrêté par le charron qui avait contourné l’église et qui venait en aide au garde champêtre. Le charron saisit l’enfant par le bras. L’enfant se débattit d’abord avec fureur, mais il se résigna à son sort lorsque le garde fut arrivé pour prêter main forte au charron. Gaspard assista à la scène sans faire un geste ni dire un mot. Il n’était pas question d’entamer une lutte ou une discussion avec le garde et le charron. Déjà l’enfant s’éloignait vers l’extrémité de la place entre les deux hommes.
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