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EAN : 9782290357934
256 pages
J'ai Lu (05/05/2021)
  Existe en édition audio
3.71/5   461 notes
Résumé :
« Depuis sa plus tendre enfance, Gaspard suscite, par sa seule présence, les événements les plus surprenants... aussi se méfie-t-on de lui à Lominval. Et voici que survient un enfant aux yeux purs, qui va entraîner Gaspard dans sa quête du Grand Pays, le pays des vagabonds, où palmiers, bouleaux, chênes et pommiers croissent, dans la terre noire, près de la mer... Guidés par un mystérieux cheval pie, les deux amis partent à la poursuite de leur rêve... »
Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
3,71

sur 461 notes

Voila probablement le livre que j'ai le plus relu et rerelu de toute ma vie ! J'aime l'écriture calme et soigneuse d'Andrée Dhotel, son goût pour l'étrange, l'inattendu, l'inexpliqué. Le cheval noir surgit. Il emporte Gaspard loin d'un monde d'ennui. Dans son cas, c'est un petit village trop calme. Cela pourrait aussi bien être une banlieue dortoir trop grise... On peut s'identifier à lui.

Les évènements se succèdent, entrainant Gaspard dans un grand périple. Il voyage, rencontre des gens simples, retrouve Hélène. La jeune fille a tout ce qu'elle veut. Mais elle sait que quelque part, il y a autre chose. Pour trouver quoi, il la suivra jusqu'au bout du monde…

Bien sûr, c'est un désir un peu enfantin qui s'exprime dans ce livre. La quête d'un monde plus beau et plus libre, où n'existerait ni l'ennui ni la laideur. Un rejet un peu simpliste du matérialiste – malgré tout ce qu'elle a et tout ce qu'on lui offre, ce n'est pas ça que veut Hélène. Mais quelque part, est-il inutile de nier que nous avons tous plus ou moins ce désir au fond de nous ? Et que nous le repoussons le plus loin possible parce que nous sommes conscients de sa naïveté ?

Mais le propre d'André Dhotel – et son charme - n'est-il pas justement de laisser parler cette naïveté ? C'est ce que font souvent ses personnages du reste, ce qui leur vaut l'incompréhension des autres. Mais ce n'est pas le rêve de celui qui voudrait vivre dans le luxe à ne rien faire qu'il nous montre là. C'est une vie simple, faite de travail et de fraternité.

André Dhotel a laissé ses rêves les plus simples s'exprimer dans ce livre. On peut l'y suivre pour s'évader un instant, ou rester dans le quotidien du monde…

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Le pays où l'on arrive jamais... c'est le livre que je n'arrivais jamais à lire!

Le pays où l'on arrive jamais, me suit toujours, depuis les débuts de ma bibliothèque au début des années 70.

Donc, en prenant tout mon temps, j'ai entrepris de lire ce livre magique.

Et voilà que je viens de terminer ce voyage avec Gaspard, l'enfant blond-qui-cherche-son-pays, Théodule, Niklaas et ses fils Ludovic et Jérôme... J'en sors ému, ravi, étourdi par un récit qui m'a profondément touché: Cette quête de lieux dont les souvenirs diffus se trouvent si loin dans la petite enfance. Ces images éparses que l'on cherche à rassembler, préciser.

Il y a ce pays qui s'éloigne, au fur et à mesure que l'on grandit, et c'est l'urgence qui surgit à Lominval (Quel joli nom de bled somnolent!) dans la vie de Gaspard: Un enfant blond qui cherche son pays à partir de minces indices, puis un cheval pie... L'urgence de l'aventure, la vraie, avant qu'il ne soit trop tard pour Gaspard et le mystérieux enfant que l'on enferme à l' Hôtel du Grand Cerf avant que son tuteur ne vienne le chercher. L'urgence, avant que le rêve et l'espoir ténu ne s'éteignent.

Toutes ces péripéties, ces voyages démesurés, ces retrouvailles, ces cavalcades et embardées pour aller encore plus loin et trouver ce fameux pays où l'on arrive jamais, André Dhôtel nous les fait vivre avec ce sentiment d'attente. Sentiment teinté d'une douce mélancolie d'une enfance qui se perd et s'efface.

André Dhôtel aimait profondément sa terre natale d' Ardennes, et il l'exprime parfaitement dans cette quête d'un pays perdu. Il le fait magistralement, dans ces paysages de forêts et de fleuve, ces villages qui sommeillent. Il le fait avec l'aide de ces enfants, et de ces grands enfants dont les rêves d'enfants n'ont pas tout-à-fait disparus.

Le pays où l'on arrive jamais, s'adresse à chacun de nous, pour peu que nous ayons gardé cette flamme de l émerveillement et ce sentiment qu'il nous manque quelque chose que nous ne trouvons plus.

Et le pays où l'on arrive jamais, soyez en sûr, ne manque pas de mirages!

Mais il n'y a qu'un seul pays où l'on arrive jamais: le vrai.

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Gaspard est le fils de marchands forains, une profession jugée honteuse. Sa garde est confiée à sa tante qui gère une auberge dans un village des Ardennes. Dès sa naissance, le garçon semble victime d'une fatalité malheureuse, sa seule présence déclenche une série de catastrophes. Son enfance est pourtant monotone, il accomplit consciencieusement diverses tâches pour sa tante. Son destin est bouleversé le jour où il rencontre un enfant fugitif, blond comme les blés, et dont les yeux sont emplis d' une lumière « d'une dureté angélique ». Avant d'être repris, l'enfant lui confie l'objet de sa fugue ; il recherche le pays de sa mère, un pays où les chênes, les bouleaux et les pommiers côtoient les palmiers au bord d'une mer immense. Peu après, emporté par une force mystérieuse, Gaspard entame un voyage sans limite. Les rencontres sont nombreuses, certaines pleines de danger, d'autres providentielles. Des apparitions vont jeter un voile fantastique sur le récit. Gaspard et ses jeunes amis vont être emportés dans une aventure semée d'embûches.

« le Pays où l'on n'arrive jamais » est un récit initiatique d'une grande humanité, une magnifique histoire d'amitié, un voyage fabuleux où se mêlent la nature et le merveilleux. On suit le garçon dans son périple à travers les forêts ardennaises pleines de mystère et la vallée de la Meuse à la fois industrieuse et sauvage. Séduit dès les premières lignes par la poésie bucolique du texte, j'ai été happé par le suspense d'une quête au but énigmatique. Quel est le sens de cette errance loin de la quiétude du foyer? Qu'est-ce qui pousse ces enfants à emprunter des chemins plein de dangers et à briser le cours de destinées déjà décidées ? Et quel est ce pays où l'on n'arrive jamais ? Pour le savoir, plongez vous dans ce livre. Je ne livrerai qu'un seul indice : ce pays, c'est aussi le vôtre.

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Si vous cherchez un livre 'raisonnable', passez votre chemin car ce livre n'est pas fait pour vous. le Pays où l'on n'arrive jamais m'a fait penser aux livres lus lorsque j'étais enfant. Un héros, en apparence assez banal au sein d'une famille qui ne le comprend pas, vit une succession d'aventures rocambolesques et même invraisemblables avec des amis, face à des méchants vraiment méchants. Mais est-ce que ce roman prétendument pour les enfants a été écrit pour eux ? Non, et je dirais même qu'il s'adresse en priorité aux adultes.

Situé à la fin de la seconde guerre mondiale, ce roman d'André Dhôtel nous fait beaucoup voyager. Des noms probablement inconnus pour qui n'y a jamais mis les pieds. Revin, Laifour, Stonne, la vallée de la Meuse. Grâce à lui nous découvrons les Ardennes à pied. Les vallées, les forêts, les champs d'épines et de ronces. D'une certaine façon, Gaspard est un peu un nouveau Rimbaud, toujours sur les routes, toujours en marche. Il est généreux, spontané, parfois naïf. A la recherche d'un pays idéal, il garde au gré de ses aventures l'âme d'un enfant qui refuse de grandir et se bat pour une cause qu'il croit juste. Peut-être André Dhôtel me rappelle-t-il tout simplement de ne jamais abandonner mes rêves.

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« le pays où l'on arrive jamais » fait partie de ces romans soit disant « pour enfants » tellement croisés sur les rayonnages, chez les amis, dans la famille, qu'ils me sont devenus familiers sans que je puisse me rappeler vraiment si je les ai ou ne les ai pas lu. le souvenir d'une antique déception me semble associé à celui-ci. Rouvert à la faveur de l'été, il m'a enchantée.

Le tout début est délicieux. le rapport de mépris institué entre la bonne société et les forains incontrôlables est finement décrit.

La langue est belle, le récit construit. André Dhôtel ne cherche pas à en faire trop. Il affectionne les broussailles, les murs à franchir en secret. Il cultive le temps qui passe autant que les péripéties. Gaspard, Théodule, Hélène bataillent pour préserver leur intégrité malgré ceux qui font obstacles à leurs aspirations (souvent avec les meilleurs intentions). le livre finit sur une ode à la vie et à une certaine idée de la liberté, n'en déplaise à ceux qui déplorent l'originalité du monde.

Je comprends finalement pourquoi je n'ai pas pu aimer ce livre quand j'avais une dizaine d'années. Ce parfum d'enfance qui émeut l'adulte ne touche pas l'enfant. Il faut avoir vécu pour apprécier ce roman.

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critiques presse (1)
Actualitte
12 juin 2017
Ce roman singulier a son charme. Il fait penser aux tableaux mystérieux de Paul Delvaux, avec leurs bizarres personnages dans des halls de gare.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation

incipit :

Il y a dans le même pays, plusieurs mondes véritablement. Si l'on explore les Ardennes, ce n'est pas une forêt que l'on découvre, mais mille forêts. Dans les contrées situées au nord, jusqu'au Rhin ou jusqu'au port d'Anvers, ce sont des centaines de collines et de plaines chargées de richesses, et l'on peut voir aussi les eaux immenses des canaux, des fleuves, des bras de mer, tandis qu'au coeur des villes, sur des places souvent désertes, s'élèvent les beffrois qui inspirent autant de terreur que d'admiration.

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page 145 [...] Gaspard suivit Parpoil dans le hall. Parpoil prit un billet pour Gaspard. Ils allèrent ensuite au buffet. L'homme fit servir à Gaspard un repas froid, et lui-même s'octroya divers alcools.

A sept heures Gaspard montait dans le train, et quand il fut placé au fond du compartiment, dans l'angle opposé au couloir, son garde du corps attendit sur le quai le départ du train.

Gaspard se trouvait réduit à la plus complète impuissance. Il regardait avec indifférence les boiseries du compartiment. C'était un vieux wagon aux cloisons repeintes et aux portières étroites. Une vieille dame était assise sur l'autre banquette parmi d'autres voyageurs. Elle avait échangé un signe rapide avec Parpoil. Gaspard crut comprendre que cette duègne appartenait à la maison de M. Drapeur. Elle devait exercer sur le garçon une surveillance discrète. Il n'y avait aucun moyen d'échapper. [...]

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En ces jours, en cet automne éblouissant des contrées du sud, Gaspard comprit donc l'éclat étrange des yeux d'Hélène, car lui-même, ainsi qu'elle le lui dit, eut cet éclat dans son regard. C'est sans doute le signe de l'étonnante et cruelle nostalgie qui fait désirer pour chacun une vie plus grande que les richesses, plus grande que les malheurs et que la vie même, et qui sépare en nous les pays que l'on a vus de ceux qu'on voudrait voir, Ardenne et Provence, Europe et Nouveau Continent, Grèce et Sibérie.

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Après avoir parcouru une immense futaie de hêtre ils arrivèrent dans une allée bordée de chênes dont les feuillages énormes s'élevaient vers un ciel maintenant nuageux. Après les chênes, il y eut des taillis obscurs, puis d'autres taillis clairsemés qui étaient peuplés de sorbiers et ornés de chèvrefeuille. Plus loin, des genêts avec des bouleaux. On traversa aussi une forêt d'épicéas où le cheval glissa sans bruit dans un sentier couvert d'aiguilles. Gaspard apprit donc qu'il n'y avait pas une forêt mais mille forêt dont pas une ne ressemblait à celle de Lominval. Il passa dans des sous-bois marécageux où les herbes pâles et les campanules s'élevaient au milieu des ombres. Un autre bois était fait presque uniquement de peupliers morts, après quoi on découvrait une clairière emplie de fleurs rouges et de myosotis. C'est impossible de tout décrire. Comme on traversait des rocailles semées de bruyères, les fers du cheval lancèrent des étincelles et ce fut à ce moment que l'orage éclata.

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Gaspard était trop occupé par les nécessités de son travail pour attacher importance à des rêveries qui ne faisaient que traverser son esprit. Cependant il se persuadait peu à peu qu'un beau jour, au cours de quelque promenade, il surprendrait cette parole qui lui ferait découvrir tout ce qu'il ignorait, et même des choses dont personne n'avait jamais eu l'idée. Or il arriva qu'un soir il entendit quelques mots qui devaient changer sa vie.

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Videos de André Dhôtel (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Dhôtel
« […] J'ai reçu de François Dhôtel (1900-1991), sous la forme d'un « tapuscrit » photocopié […], la merveilleuse suite de poèmes que voici. Je me suis dit qu'André Dhôtel, à la mort de qui je n'ai jamais cru, se dévoilait soudain plus vivant que jamais, avec la lumière pailletée de son regard et son sourire en coin. […] Maintenant ces poèmes sont là, qui n'ont rien de testamentaire, même si l'on devine que leur auteur peu à peu s'absente - mais c'est pour mieux affirmer une présence imprescriptible. Voici ces poèmes, dans l'ordre où je les ai reçus. […] Les poèmes naissent de la couleur du ciel, du temps qu'il faut, d'un écho des jours ordinaires et miraculeux, comme les impromptus qu'aimait tant Dhôtel, ou les petites pièces de Satie. […] Au rythme séculaire des premières lectures éblouies,
« Voici donc le chant de la jeunesse oubliée et des souvenirs perdus » […] » (Jean-Claude Pirotte)
«  […] Des paroles dans le vent en espérant que le vent est poète à ses heures et nous prêtant sa voix harmonise nos artifices.
Nos strophes seraient bien des branches avec mille feuilles que l'air du large fera parler peut-être un jour où personne n'écoutera.
Car l'essentiel serait qu'on n'écoute jamais et qu'on ne sache pas qui parle et qui se tait. […] » (Espoir, André Dhôtel)
0:00 - Abandon 2:00 - Attente 3:30 - En passant (II) 4:50 - La preuve 5:30 - L'inconnu 6:15 - Splendeur (II) 6:46 - Générique
Référence bibliographique : André Dhôtel, Poèmes comme ça, éditions le temps qu'il fait, 2000.
Image d'illustration : https://clesbibliofeel.blog/2020/04/08/andre-dhotel-idylles/
Bande sonore originale : Scott Buckley - Adrift Among Infinite Stars Adrift Among Infinite Stars by Scott Buckley is licensed under a Creative Commons Attribution 4.0 International License.
Site : https://www.scottbuckley.com.au/library/adrift-among-infinite-stars/
#AndréDHôtel #PoèmesCommeÇa #PoésieFrançaise
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