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ISBN : 2070291979
Éditeur : Gallimard (05/03/1975)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Une gare, des voies de chemin de fer aux embranchements complexes... Tel est le décor de l'étrange histoire de Gabriel Lefeuil, brocanteur à ses moments perdus afin de poursuivre des études universitaires. Gabriel a rencontré un singulier jeune homme amnésique qui circule inlassablement entre les rails du chemin de fer, comme à la recherche d'un trésor. On l'appelle Alfred. Quel est son vrai nom ? À la suite de quel voyage en Orient, de quelle aventure bouleversante... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Corboland78
  21 décembre 2017
André Dhôtel, né en 1900 à Attigny (Ardennes) et mort en 1991 à Paris, est un écrivain français, à la fois romancier, conteur, poète et scénariste. Connu du grand public par le roman le Pays où l'on n'arrive jamais, prix Femina 1955, il est l'auteur d'une oeuvre abondante comptant une quarantaine de romans, des nouvelles, des poèmes et des essais. Son roman le train du matin date de 1975.
Un village près de Rethel dans les Ardennes. Gabriel cumule les activités de brocanteur et taxi, tout en envisageant de poursuivre des études universitaires pour ne pas reprendre le garage familial. Au cours de ses promenades habituelles le long des rails du chemin de fer, il rencontre Alfred, un singulier jeune homme amnésique qui semble à la recherche d'un trésor. Alfred est-il son vrai nom ? A la suite de quel voyage en Orient, de quelle aventure bouleversante a-t-il oublié son origine ? Serait-il revenu sur les lieux de son enfance pour tenter de retrouver son passé ? Ces interrogations, Gabriel va tenter de les élucider.
Qui donc est cet Alfred, centre des interrogations et suppositions ? Il est amnésique, s'exprime par mots isolés, répète sans cesse « 686 » comme un mantra ; « Sans doute il comprenait plus de choses qu'on ne pouvait croire. Simplement il y avait des ruptures dans ses pensées. » Gabriel tente de s'en faire un ami pour mieux le comprendre et l'aider ; et il peut compter sur ses copains du Bistro de la gare, Paticart (le bagagiste) et Rinchal (le guichetier), pour recueillir tous les potins du village courant sur l'affaire et d'autres, à moins que toutes ne soient liées.
Par exemple, il y a Jeanne qui de son côté cherche depuis des années à retrouver son frère Geoffroy disparu. Et si Alfred et Geoffroy n'étaient qu'un ? Jeanne qui selon la rumeur avait un rapport incestueux avec le disparu. Outre les gens, les choses aussi disparaissent, comme le coffret à bijoux d'Ida, ce qui fait jaser le village prêt à voir dans Gabriel le brocanteur, un voleur idéal. Par-dessus tout cela, un certain Gordique se mêle à l'intrigue. Il déteste Gabriel, voyant en lui un rival amoureux auprès de Jeanne et il ne manque pas d'inquiéter par ses agissements retors ou ses menaces verbales, « Vous avez avantage à ne rien dissimuler, et à vous tenir à l'écart. Parce que je suis résolu à toute extrémité. » N'oublions pas non plus, Isabelle, la fille du garde-barrière…
Si vous n'aimez que les livres aux histoires bien carrées s'enchainant avec une logique implacable, passez votre chemin car ce roman étrange par son intrigue éthérée et son onirisme poétique, risque fort de vous désarçonner. Je dois admettre que j'ai fait des efforts pour suivre les péripéties mystérieuses autant qu'abracadabrantes dans lesquelles s'engagent Gabriel mais si on les lit avec l'oeil du poète ou du doux rêveur, on peut tomber sous le charme.
Mémoire défaillante, amours secrètes, mystère à tous les étages, voyages imaginaires ou non, danger rôdant alentour et happy end… voici les principaux ingrédients de cet ouvrage hors du temps et des lectures classiques.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach   16 juin 2015
Dès qu’il se mit à marcher le long des rails, la voie lui apparut toute rayonnante. Les rails reflétaient invraisemblablement le ciel bleu. Ils se perdaient dans un lointain rectiligne. Les talus étaient semés de fleurs intactes, coquelicots, linaires et vipérines, dont il avait appris les noms à l’école, mais qui semblaient étrangères à tous les noms, tellement elles étaient pures. Le soleil inondait les cailloux du ballast qui brûlaient malgré la fraîcheur du vent léger. Gabriel oubliait tout. Les maisons de Bermes, pas très loin, défilaient tandis qu’il avançait, et il les croyait à cent lieues.…Par cette belle et incertaine matinée, il s’agissait d’autre chose, de quelque aventure située dans un autre temps et dans un autre espace. Entre les fleurs roses, les rails se perdaient dans une campagne renouvelée. Les nuages s’entrouvrirent bientôt d’ailleurs, et une lune blanche apparut à l’angle d’un pan d’azur, alors que le soleil demeurait masqué. Rien n’existe, en vérité, se disait Gabriel, que ce qui apparaît ici ou là.

[André DHÔTEL, "Le Train du matin", Gallimard, 1975] (extrait choisi par le site "Esprits Nomades. Notes de passage, notes de partage" : LITTERATURE -- article "André Dhôtel. L’écrivain où l’on revient toujours")
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Corboland78Corboland78   21 décembre 2017
A un moment il s’arrêta brusquement et regarda dans la rigole de ciment qui longeait la voie du côté de la clôture. Il murmura encore : « Six cent quatre-vingt-six », puis il repartit, cette fois à pas mesurés, comme s’il les comptait. Mais était bien incapable de compter. Simplement il cherchait un lieu qui peut-être n’était pas un lieu d’ici, mais d’un pays étranger. Gabriel ne perdait rien de ses gestes, espérant que son attitude lui révèlerait ses pensées, si toutefois il pensait. (…) Enfin il arriva à l’endroit où s’amorçait le talus et il revint brusquement sur ses pas. Il fit plusieurs allées et venues sur une vingtaine de mètres, et se jeta soudain à genoux dans le fossé devant l’ouverture d’un caniveau sous la voie.
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MacabeaMacabea   14 juillet 2017
On a beau dire que tout reste pareil. Finalement, pour peu qu'on veuille faire attention, les choses changent autour de vous.
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MacabeaMacabea   28 mai 2017
Nous sommes d'un rang à peu près égale dans la société, si vous voulez, mais elle a réussi dans les études. Presque agrégée, monsieur, et elle est fière. Pas fière à cause de ses diplômes. Elle est championne de tennis pour le département. Elle a gagné une flèche d'or au ski. Des kilomètres de crawl dans la rivière. Elle ne s'en vante pas non plus.
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MacabeaMacabea   28 mai 2017
Jeanne pour sa part ne songeait qu'à partir Dieu sait où, sur les traces de ce frère. Une fille qui se plaçait au-dessus de tous préjugés et de toute morale. Elle aimait ce frère plus que tout. Une passion qui était d'abord une façon de défier la vie et de mépriser les affections ordinaires.
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