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ISBN : 2246115027
Éditeur : Grasset (29/08/1984)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Après 1945, dans une banlieue populaire, survient la mort accidentelle d'un industriel, Dassigne. Cet événement fait ressurgir d'anciennes querelles de famille, des contentieux financiers et l'existence d'un mystérieux domaine, dans le Morvan. Ses proches partent chercher des réponses dans cette région et découvrent que Dassigne exerçait une influence menaçante sur le faubourg. [ © Electre 2015 ]

Pour débusquer la part de fantastique qui se cache dans... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  26 janvier 2017
D'André Dhôtel, on connaît généralement ‘Le pays où l'on n'arrive jamais'. Et c'est tout. le reste de l'oeuvre a à peu près sombré dans l'oubli. J'avais essayé de poursuivre avec ‘L'île de la croix d'or', qui m'avait fait l'effet d'une médiocre copie transposée en Grèce, et m'avait conforté dans l'idée d'un trait de génie unique. Et puis on m'a offert ‘Le ciel du faubourg'.
Encore une fois, j'y ai retrouvé les grands thèmes du ‘Pays où l'on n'arrive jamais'. L'attente, le rêve d'un ailleurs, l'espoir de retrouver un amour dont on a été séparé. Certains traits de son écriture, également. Les terre-à-terre et les rêveurs, ces derniers répondant régulièrement à côté de la plaque aux questions des premiers. Cette minutie dans les décors, cette façon d'insister sur certains détails sans liens apparents avec l'intrigue.
On retrouve également le thème de l'errance, de l'exploration. Les villages, les forêts. La célébration de la beauté douce et calme des campagnes françaises, se mourant lentement – déjà – de l'exode rural. La découverte d'un monde magnifique, tout proche et dont on ne soupçonnait pas l'existence.
Mais l'ambiance est totalement différente. Un petit coin de banlieue. Une rue anonyme, au milieu d'autres rues strictement identiques. Pour certains, Paris est la ville lumière qui ne dort jamais. Pour d'autres, c'est un petit monde à part entouré d'un océan de bâtiments ternes et de rues monotones, qui s'étend jusqu'à l'horizon et semble recouvrir le monde entier. Ce n'est pas la campagne, ce n'est pas Paris. C'est la banlieue.
J'ai retrouvé dans ce livre sa grisaille, son ennui discret – mais sa solidarité entre voisin est révolue hélas. le mythe de la campagne – la vrai campagne, au-delà des champs. L'attente des vacances. L'attente d'on ne sait pas trop quoi. L'amour, qui peut seul briser ce vide et donner un sens.
Ces amours, puisqu'il y en a deux en parallèles, sont lents, contrariés, patients. Marc et Paul, Solange et Émilie. Elles partent subitement. C'est la chance et un détail infime qui leurs permettent de les retrouver. Et, in fine, un hasard qui n'en est pas vraiment un, qui ressemble plus à un petit coup de pouce de l'Architecte des vies. Mais n'est-ce pas souvent ainsi que naît l'amour ?
André Dhôtel arrive à développer une histoire différente autours de ses thèmes chéris. Et ce livre m'a donné envie de découvrir les autres.
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dourvach
  21 février 2016
Bon sang, et encore un Dhôtel inconnu/méconnu, un ! De 1956... Soixante ans... L'après-guerre dans un faubourg infâme, on ne sait où ! Un comptable (Fortan) et un cordonnier, ancien prisonnier de guerre, (Timard) passent leur temps dominical - qui s'étire - tout en discutant et reniflant les odeurs de goudron de la rue des Freux (c'est en face) en ce morne mois d'août qui chauffe le macadam derrière la clôture et sous les vols de moucherons (à observer) ... Bref, tout cela fait face au jardinet de la bicoque. On est accroupis sous l'ombre en losange de l'auvent. Marc Fortan raconte l'histoire de son père et de sa mère disparue en mer... La "malédiction de la mer" à deux kilomètres de la ferme familiale dans l'Est du Cotentin... Puis le Débarquement... puis...
Dhôtel est un conteur oriental. Il se foutait bien des modes de son temps. "La suite" ne lui a pas donné tort... Il installe paisiblement ses personnages, ses ambiances, les fils se tissent peu à peu entre eux et elles... Les personnages ont ce poids du vécu de gens dont on préférait ignorer tout et qu'on trouve finalement passionnants à entendre et à regarder vivre, aimer, ou se souvenir qu'ils ont aimé... Les personnages de Dhôtel sont, au fond, des personnages de Simenon assez bavards... plutôt bienveillants, toujours à la limite de la petite pègre des faubourgs (euh, "la débrouillardise"... Voir son "Nulle Part" de 1943).
Bon tout est passionnant, là-d'dans et nous éloigne dangereusement de la branchouillardise vulgosse de nos Grands-Zécrivains-Contemporains (J' vas finir handicapé social grave, moi, avec mes lectures antédiluviennes... Pôs grav' j' m'en fous... Un peu comme si on demandais leur avis à Fortin et Timard en ce dimanche après-midi...).
Amitié à tous, mais surtout vite, vite DECOUVREZ les bouquins de Dhôtel l'infatigable, le prolifique (peut-être en contournant "Le Mont Damion" que j'ai trouvé nettement délayé et mal maîtrisé... mais sur la douzaine d'ouvrages de lui d'jà découverte par moé d'puis 15 ans, c'est ma foi fort peu... : alors, allez-y à "Nulle Part", "Ce lieu déshérité", "Les Premiers temps", "Le Pays où l'on n'arrive jamais", "Le Ciel du faubourg", Les voyages fantastiques de Julien Grainebis", "Ma chère âme", "Pays natal", "L'honorable Monsieur Jacques", "La maison du bout du monde" [Cf. ma liste babélienne aux 74 merveilles du petit Vallon dhôtélien méconnu]... Rien que du bon, on vous dit !!! J' vous assure qu' ça nous change grave des soi-disant "délicatesses" foenkino-despentiennes et des ennièmes cinquantièmes conneries nuances-de-Greyiennes...
Le bouquin réédité coûte 9,20 euros en collection "Les Cahier Rouges" de l'éditeur parisien Grasset (Nouvelle couverture fort moche, mais bon...) : 261 pages bien mises en page et à police de caractères agréable... Viv' la Province et l'Ardenne, nom de Dîou !!!
Lien : http://www.regardsfeeriques...
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ATOS
  29 août 2018
« Parfois un fantôme léger
Semblera vous frôler
Un esprit du passé
Est passé
C'est l'âme d'un grand disparu
Qui plane dans la rue
Soufflant au p'tit gamins
Son refrain …. » écrivaient Jeol Bucky et Alex Sandrine sur la musique Raoul Monis ..Mais qui s'en souvient ?
Faubourg – 56. Les déclassés.
C'est une rue , peut être déjà disparue, c'est un soir d'été que la mémoire remorque. 
« La ville aux quatre vents
Clignote le remords
Inutile et passant
De n'être pas un port » chante Jacques Brel.
Là une Presqu'ils ou las-bas peut être elles, une terre entre ville et soleil, une ligne tendue entre le ciel et la terre, à la périphérie, tous y sont de leur passage, et les oiseaux de tous les voyages. C'est le langage qui n'est ni de ville, ni de village, ni de campagne, ni d'océan. C'est la banlieue, la limite, les limbes du rêve.
«  le long du vieux faubourg, où pendent aux masures / Les
persiennes, abri des secrètes luxures, / Quand le
soleil cruel frappe à traits redoublés / Sur la ville
et les champs, sur les toits et les blés »...Charles Baudelaire
On peut voir la vie comme elle pourrait être, ce serait s'acharner sur une réalité sans fenêtre, et puis on voit la vie comme elle doit être, et pour ça, il faut écrire sur l'espace qui s'ouvre sur le monde comme le fait si simplement André Dhôtel.
Le mystère, le rêve, l'étrange, la cruauté des anges, l'amitié des secrets…
Victor Hugo avait raison : « L'aube d'Ivry, ..l'aube d'Athènes,... Sont faites du même rayon. ».
A la périphérie des villes il y a le ciel des faubourgs, et c'est là tout le domaine. D'un soir d'été, qui s'en souvient ?
Astrid Shriqui Garain
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach   05 mars 2016
Des gens marchent dans les rues. Il semble aujourd'hui que rien ne les guide qui n'appartienne aux nécessités de leurs emplois ou de leur alimentation. C'est bien mal considérer l'humanité, et en particulier celle des banlieues que de se fier à un tel principe. Il arrive au contraire que les uns et les autres s'aventurent dans telle ou telle rue, comme s'ils étaient guidés par un fil invisible qui n'a aucun rapport avec l'utilité ni même avec la vie.

[André DHÔTEL, "Le Ciel du faubourg", Grasset, 1956 - réédition pour la coll. "Les Cahiers Rouges", 2011, chapitre III, page 88]
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dourvachdourvach   28 février 2016
L'homme portait un grand chapeau gondolé qui assombrissait ses regards. Une petite moustache soulignait des lèvres horriblement longues. Sur ses épaules, une veste imperméable avec un rabat flottant qui lui donnait l'air d'être sorti d'une image représentant quelque pirate.

[André DHÔTEL, "Le Ciel du faubourg", Grasset, 1956 -- réédition pour la coll. "Les Cahiers Rouges", 2011, chapitre III, page 64]
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dourvachdourvach   08 septembre 2018
– Je n'ai pas l'habitude de parler à tort et à travers comme votre perroquet, ripostait Mefleur.
– Mon perroquet, il vous emmerde, triomphait la mère Legrain.

[André DHÔTEL, "Le Ciel du faubourg", Grasset, 1956 – réédition pour la coll. "Les Cahiers Rouges", 2011, chapitre III, page 72]
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dourvachdourvach   09 septembre 2018
– Elle ne veut pas me parler.
– Les filles c'est bizarre, déclara Fortan.

[André DHÔTEL, "Le Ciel du faubourg", Grasset, 1956 – réédition pour la coll. "Les Cahiers Rouges", 2011, chapitre II, page 48]
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dourvachdourvach   28 mars 2016
Mme Ramonit leur avait parlé spontanément de Harset, comme d'un homme excellent. Pour cette dame il n'existait sur terre que des gens excellents.
-- D'après ce qu'on raconte, il est capable de tuer ceux qui s'aventureraient dans son parc, leur dit-elle cependant. Mais il faut prendre les gens comme ils sont, et qui n'a pas de défauts ni de mouvements d'humeur ?

[André DHÔTEL, "Le Ciel du faubourg", Grasset, 1956 - réédition pour la coll. "Les Cahiers Rouges", 2011, chapitre VI, page 157]
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