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EAN : SIE123954_452
(30/11/-1)
4.31/5   8 notes
Résumé :
« Le plus désagréable dans l'aventure de Chalfour c'était que les copains et les gens du village s'obstinaient à le considérer comme un mort ou un déterré, ce qui n'était pas tout à fait inexact, mais discourtois. Il fut sensible à ces manières imbéciles, et il se répétait souvent qu'on verrait ce qu'on verrait, et il priait tout de même le ciel de ne pas permettre qu'il soit tout à fait mort. La vallée était magnifique en ce mois de juin. Quoi donc pouvait arriver ... >Voir plus
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach   27 novembre 2021
[AVANT-PROPOS]

« Il y a des noms et des phrases qui vous reviennent comme des refrains dans les chansons ».

"Les rues dans l'Aurore" [1945] et "L'Homme de la scierie" [1950] sont les deux romans phares de la manière du « premier » Dhôtel, que l'on pourrait dire noire — dans cette veine on citera "David" [1948], "Le Plateau de Mazagran" [1947], "Les Chemins du Long voyage" [1949], "Bernard le Paresseux" [1952] , par exemple. L'un de ces deux romans, pour ainsi dire devenus mythiques, "L'Homme de la scierie" est aujourd'hui, enfin réédité par les jeunes éditions Sous le Sceau du Tabellion.

Georges Leban, le héros des "rues dans l'Aurore", est un menteur à la manœuvre dans une bourgade de moyenne importance flanquée d'un faubourg qui ne cesse de s'agrandir et où, dans l'arrière-salle de bistrots et d'épiceries dignes des fonds de province et des derniers cercles de l'enfer, se fomentent des intrigues torses qu'éclairent les mensonges de Leban et la chevelure blonde à mèche blanche d'une fille qui serre le cœur à force d'être morte et d'apparaître vivante.

Construit sur un flash-back époustouflant — une première en 1950 dans le roman français — "L'Homme de la scierie" brouille les temps et les lieux : il débute dans une scierie des bords de Seine avant d'émigrer en Normandie dans le château d'Asqueville, face à la mer. On dira que se croisent l'histoire des Joras et des Chalfour.

Les frères Chalfour sont des gens de peu. L'aîné, Henri, à la force herculéenne, s'abrutit à trimballer des planches dur un chantier, admiré par les seuls oiseaux de proie qui tournant dans le ciel au-dessus de la scierie. Le cadet, Rémi, un paresseux, trafique dans l'espoir de monter un élevage de chevaux.

Les Joras : de grands propriétaires. Hector fume sans broncher d'énormes cigares « qui le font atrocement pâlir », Alcide est un casse-cou qui sort en mer par gros temps. Et puis il y a la sœur, Eléonore, « la fille Joras », sauvage et chaude, dont on se demande par quelle lubie elle a épousé Damont, qui se promène dans les champs en faisant des moulinets avec une canne à pommeau d'or, tout en se vantant : « La mer ne peut noyer un fat tel que moi ». Et que dire de la comtesse de Falebert, qui a des visions ?

Le fin mot ? Il faut le demander au marchand de chevaux. Mais il est au fond du fleuve et le lecteur dans tous ses états.

De même que "Le Village pathétique" [1943] est articulé sur le chant de la grive — trois brèves, deux longues — "L"Homme de la scierie" s'appuie, lui, pour reprendre haleine, sur deux refrains lancinants : « Qui le savait ? » et « Le marchand de chevaux est au fond du fleuve ».

Patrick REUMAUX

[André DHÔTEL, "L'Homme de la scierie", Gallimard (Paris), 1950 — réédition aux éditions Sous le Sceau du Tabellion (Caluire et Cuire), 2020, 430 pages]
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dourvachdourvach   21 juin 2015
La vallée ! Ses mille chemins, ses penchants couverts de prés, de bois, de cultures. Vers le sud l'immense plateau ondulé qui sépare la Seine de l'Yonne, et où les nombreux villages se perdent dans l'étendue. Il y avait ces futaies et ces halliers sans fin dans une région de marécages où Eléonore aimait faire de longues promenades, où elle avait rencontré Dufard au temps de sa franche jeunesse. Comment une campagne si vaste n'aurait-elle pas abrité tant d'événements, dont l'aventure d'Henri Chalfour n'était qu'un mince épisode ? Il avait tué Jarnicot et l'on savait aussi qu'il avait eu un enfant avec une fille de bonne famille, Rosine Villiers, qui s'était mariée à Troyes.

[André DHÔTEL, "L'Homme de la scierie", Gallimard (Paris), 1950, page 265 — rééd. aux éditions Sous le Sceau du Tabellion (Caluire), 2020]
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dourvachdourvach   04 juillet 2015
Au bord de la route, des fleurs se multipliaient dans l'herbe pauvre, et Chalfour s'étonnait de l'éclat des marguerites. Il apercevait des insectes qui voyageaient au milieu des herbes et au-dessus des herbes : moucherons, sauterelles, faucheux. Lui-même ressemblait à un faucheux embarrassé par le fardeau de son corps, comme le ciel aussi par l'illustre poids du soleil.

[André DHÔTEL, "L'Homme de la scierie", Gallimard (Paris), 1950, page 155 — rééd. aux éditions Sous le Sceau du Tabellion (Caluire), 2020]
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dourvachdourvach   27 novembre 2021
Henri avait donc six ans et son jeune frère quatre ans lorsque Auguste conçut le projet d'aller à Nogent et de s'embaucher dans les moulins qui ont fait de tout temps la célébrité de cette ville. Il y avait, paraît-il, bien des années qu'Albertine et Auguste discutaient de cette question, et quoique Nogent ne fût pas à plus de vingt-cinq kilomètres de Villadin, il semblait qu'on dût se rendre à l'autre bout du monde. On prononçait à mi-voix le nom de Nogent, pour que le grand-père n'entendît rien et ne vînt pas contrecarrer l'entreprise. Henri et Rémi partageaient le secret du nom sans rien y comprendre, et il leur sembla toujours, même lorsqu'ils y furent acclimatés, que Nogent était une ville étrangère, ou une ville libre, que l'on habite par faveur, de même qu'il est difficile, par exemple, d'être citoyen de Dantzig ou des Etats-Unis.

[André DHÔTEL, "L'Homme de la scierie", Gallimard (Paris), 1950 — rééd. aux éditions Sous le Sceau du Tabellion (Caluire), 2020 — Première partie : DES NUITS ET DES JOURS. Chapitre II : LE FLEUVE ET LE CHÂTEAU, pages 33-34]
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dourvachdourvach   03 juillet 2015
Quelle étrange fille ! De loin en loin, elle priait Hector de l'accompagner dans une promenade à travers la forêt. Ils se rendaient toujours au même endroit, là où s'élevait une ancienne maison forestière fermée depuis longtemps. La jeune fille regardait un instant la maison, puis elle revenait au bras de son frère. Comment parvenait-elle à contenir la rage qu'il y avait en elle ? [...]

— Certainement Melle Joras n'est pas du tout folle comme on le prétend, disait Albertine. Mais, voyez-vous, elle vit dans son monde ! Et tous ces gens parlent comme dans un livre.

[André DHÔTEL, "L'Homme de la scierie", Gallimard (Paris), 1950, page 73 — rééd. aux éditions Sous le Sceau du Tabellion (Caluire), 2020] (extrait de l'article "La traversée de la forêt", cité par Marie-Pierre MEYNET-DEVILLERS, "Les lieux d'André Dhôtel", "Cahiers André Dhôtel" n°4, publication de "la Route inconnue, association des amis d'André Dhôtel, année 2006, page 113)
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Vidéo de André Dhôtel
Extrait de "Le pays où l'on n'arrive jamais" d'André Dhôtel lu par Stéphane Boucher. Editions Audiolib. Parution le 11 septembre 2019.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/le-pays-ou-lon-narrive-jamais-9782367628509
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