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ISBN : 2021057437
Éditeur : Seuil (23/08/2012)

Note moyenne : 2.23/5 (sur 15 notes)
Résumé :


Camelia et sa mère vivent en Angleterre, à Leeds, lieu hostile, figé dans un éternel hiver. Depuis la mort brutale du père, les deux femmes se sont enfermées dans un mutisme absolu, ne communiquant que par un alphabet de regards.

Coupées du monde, elles s'adonnent à d'étranges lubies : Camelia récupère dans les poubelles des vêtements neufs qui semblent l'oeuvre d'un couturier fou, sur lesquels elle s'acharne, armée de ciseaux, pour l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
michfred
  02 mars 2019
Une épreuve.. .
Ou j'y passais trois mois, ou je décidais de piquer un sprint.
C'est comme l'huile de foie de morue: il y en a qui fractionnent, diluent avec un truc moins immonde, vont faire un tour dans le frigo entre deux gorgées minuscules -et puis ceux qui avalent tout d'un coup. Pour en finir plus vite.
J'ai opté pour la deuxième solution. Ouf!
L'intrigue est quasiment résumée dans la quatrième de couverture: pour faire court -toujours la deuxième option- je vous en fais grâce et vous y renvoie.
C'est déjà assez déjanté mais là n'est pas le problème.
On rentre sans garde-fou  dans la dinguerie d'une fille qui soigne sa mère dépressive et mutique. Qui l'en sort. Et qui y plonge à son tour pour l'entraîner à jamais avec elle.
Folie de langue, langue des regards, regards des trous, trous des vêtements, vêtements de peau....mais ce n'est pas  un jeu genre " j'en ai marre, marabout, bout de ficelle, selle de cheval.."
C'est fou,  c'est trash, c'est malsain, c'est glauque.
C'est terriblement cynique.
On a envie de jeter l'éponge -beurk, ça me fait penser à la scène de la douche, mauvaise pioche!- . Ou de mettre les pouces -aaargh, non, pas ça non plus. Bon, alors, de mettre un grand coup de ciseau...-mais qu'est-ce que je raconte?- Bref, de nettoyer tout ça au karcher-tiens, ça passe, serais-je devenue sarkozyste à l'insu de mon plein gré ? 
Plus on lit, plus le malaise s'épaissit, et une sorte de fascination morbide nous pousse de l'avant : jusqu'où cette petite sicilienne de 24 ans poussera-t-elle l'outrance? Rien ne l'arrête, en fait, Viola di Grado, elle écrit d'ailleurs plutôt bien, même si vous ingurgitez son bouquin une main sur le coeur...
Il y a même un thème majeur plutôt intéressant: la langue .
La mère et la fille sont italiennes, étrangères dans la -sinistre?-ville de Leeds...Pour survivre après la mort du père et la dépression de sa mère, la fille traduit en italien des notices de machine à laver-tiens, le karcher n'etait pas si  loin non plus, finalement- . Les langues, c'est son point fort: elle a étudié le chinois-comme l'auteure-  et sa passion contrariée pour un chinois du voisinage la conduit à en  reprendre l'étude , et à traduire en idéogrammes ses obsessions, ses fantasmes, sa déréliction..
Elle a d'ailleurs  trouvé avec sa mère , mutique,  un" langage de regards" qui leur permet de communiquer dans le silence. Et pour s'exprimer, elle taillade ses robes et scarifie son corps, idéogrammes de sang, patchwork d'étoffes qui signalent son entropie  mieux qu'une sirène hurlante...
Langage, langage, quand tu nous tiens....
 Sa mère, elle,  ce serait  plutôt les trous qu'elle photographie, les taches et la crasse qui décorent son désespoir.. .
Voilà.  Je vous ai fait un digest -beurk! non, pitié ...- de cette lecture dérangeante, assez nauséeuse, résolument provocatrice...
Je vais aller me lire un peu de poésie  comme antidote.. .histoire de me refaire une flore intestinale...qu'on ne dise pas  que j'ai failli à ma mission: j'en ai encore le hoquet..
Pour coeur bien accrochés. Âmes sensibles s'abstenir.
Ps : je me dois de préciser que Viola di Grado est une des écrivaines "recommandées" par Elena Ferrante dans son Frantumaglia. Jusqu'ici, je n'avais fait que de belles rencontres-Michela Murgia, Simona Vinci, Valeria Parrella...c'est ma première déconvenue, mon premier os- ah non, pas ça non plus.....
Qu'est ce que Ferrante a bien pu trouver à ce livre iconoclaste? Disons qu'on y retrouve la fascination  de Ferrante pour les couturières, et une étude de la dépression in cute et in situ qui fait paraître Les Jours de mon abandon pour une Harlequinade à l'eau de rose.. 
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de
  15 février 2013
Il ouvrit la porte rouge et disparut derrière pour toujours
Un personnage-ville : Leeds. Une histoire noire et blanche. « Il y avait juste au-dessus de ma tête un ciel du blanc-lavabo habituel, celui auquel Leeds est abonné, et tous les vingt ciels de ce genre vous gagnez une catastrophe aérienne. Bref, le blanc qui jure de neiger et, comme tous les jurements fiables, le jure sur une tombe » ou « D'histoires de ce genre. Vous savez quoi ? Utilisez cette histoire comme la serpillière des toilettes, ou encore garnissez-en la cage de votre hamster. Bref, il suffit que vous vous en débarrassiez : ici, à Leeds, elle ne vous sert à rien, et les gamins de Christopher Road risquent de la tuer dans la rue »
La lenteur des temps « décembre a commencé alors à se préciser sous forme de jours de la semaine » et la sortie de l'enfance.
Camelia « habillée des tenues de la poubelle », ces vêtements récupérés et recréés en extravagantes vêtures grâce à la magie de ciseaux, à l'inventivité de découpages et de reprises.
De l'anorexie verbale à la parole « Comme je n'ai pas parlé pendant longtemps, je vomis maintenant tous les mots que je prononce ». de la parole à la traduction et à l'ironie des manuels d'électroménager.
L'apprentissage du chinois avec Wen, les idéogrammes et leurs clefs, comme ouvertures et fermetures « D'écarter le mouvement fou du monde d'une simple rotation de poignée ». Ces caractères chinois repris sur de multiples petits bouts de papier « Ils bruissaient avec le vent comme des fantômes, mais c'était nous les morts, et eux les vivants ». L'éveil d'une langue et du désir…
Et le corps exultant avec le frère, Jérémie, celui qui la nomme « fiancée de mon frère ».
Le monde des langues, du silence et des objets. le téléphone portable et son clavier désaccordé « Au bout d'une heure, le clavier était enfin une nécropole de caractères. Plus de flèches affolées ni d'astérisques bravaches, plus d'ingrédients alphabétiques pour former des mots qui formaient de toute façon des émoticônes ».
Livia la mère, son perroquet et son appareil photo. Plus tard ses regards comme des phrases devinées.
Une rébellion, une agitation, une ébauche de vie
Et l'enfermement (re)trouvé.
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Bruno_Cm
  25 juillet 2014
Pas compris ce à quoi ce livre tente d'aboutir. Ou alors c'est pour montrer qu'on n'aboutit jamais à rien et donc est une métaphore (réussie) pour le coup. Ce qui est peut-être plus que jamais le cas dans la schizophrénie : une métaphore (plus ou moins explicite et ratée et réussie) de cette vie in-sensée.
J'ai trouvé (mais ça remonte à quelques temps, ma mémoire est peut-être tout aussi fautive) que les descriptions des "scènes" étaient assez bien faites, on sent et ressent assez bien les "choses".
Pour le reste, je ne sais pas l'intention de l'auteure, je suis plutôt déçu.
Pas très jugeable, je place trois étoiles neutres.
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Readingintherain
  03 octobre 2012
[...]Ce roman m'a produit une impression très particulière. D'un côté je l'ai détesté, de l'autre il m'a profondément bouleversée. le personnage principal, cette jeune femme qui s'occupe de sa mère dépressive, m'a énormément dérangée et au final je ne ressors de ce roman qu'un profond malaise. Je ne sais pas trop quoi en dire…[...]
Lien : http://www.readingintherain...
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   02 mars 2019
Ses bretelles furent les premières à tomber, tels les pompons d'une cheerleader. Mes découpages se firent ensuite plus fantaisistes, trous en forme d'organes sexuels, et c'était déjà le tour de la mini-jupe à carreaux-elle flippait et perdait des fils de toutes parts, mais moi, je n'épargne personne. Mon génocide de tissus se poursuivit, de plus en plus sanguinaire, de S jusqu'à XL, aucun survivant.
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michfredmichfred   03 mars 2019
Mais je vomis tout, le G de geisha, le M de mignon et même le C de commode, il y avait des traînées verdâtres dans tous les coins de la pièce, lettres latines de vomi intense. Je m'endormis dans la puanteur et fis des rêves nauséabonds.
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michfredmichfred   03 mars 2019
Je continuai pendant des heures , avec une jouissance effrénée, à fendre les pantalons, mutiler les poches, échanger les boutons, monter de petits cols laids sur des vêtements encore plus laids. Puis la laideur se fit foudroyante, parfaite, et les tenues de la poubelle ne suffirent plus: il fallait que je greffe des morceaux de tissu découpé dans les vêtements de mon armoire. Cela les enlaidit davantage, surtout lorsque j'effectuais des croisements dignes d'un laboratoire entre les nounours des pyjamas et les strass des robes du soir, mon Dieu, quelle agitation!
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michfredmichfred   03 mars 2019
Entre-temps la saleté s'accumulait sur ma mère qui , non seulement ne se lavait pas, mais ne quittait pas non plus le canapé. Elle était devenue la piste d'atterrissage d'insectes en tout genre, ce dont elle était certainement fière puisqu'elle ne chassait aucun des monstres ailés qui lui chiaient dessus.
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michfredmichfred   03 mars 2019
La main pressée sur mon coeur ruisselant, je m'exclamai "Écoutez-moi, je veux juste parler!"
Mais ils quittaient la salle en criant, sans m'écouter.
De toute façon, j'ignore quelle foutue langue j'ai parlée.
Peut-être l'italien.
Peut-être le chinois.
Peut-être la langue des regards.
Peut-être la langue des sourires.
Peut-être la langue de Jimmy qui me balaie la figure.
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