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EAN : 9782843449192
Le Bélial' (18/05/2017)
3.48/5   21 notes
Résumé :
Délicité, ville monstre. XXIIe siècle.
Le monde est noir et rouge.
Noir de suie.
Rouge de Palanquine.
Palanquine, immense corps céleste qui se rue sur le système solaire et promet de tout balayer sur son passage, à commencer par la Terre. Palanquine, ou le rappel de la finitude des choses, constante réaffirmation de l’inanité de la condition humaine…
Il y a Lockerbie, génie exceptionnel à l’invention non moins exceptionnelle, qui p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Agillian
  12 novembre 2017
Première plongée pour moi dans l'univers de Thierry di Rollo, et je dois dire que c'est une belle rencontre. Un grand merci donc à Babélio et aux éditions du Bélial qui m'ont permis de passer d'agréables moments sous l'ombre ignescente de la colossale Palanquine.
Le temps de Palanquine, c'est celui du futur de l'humanité, et surtout de sa fin imminente puisque la Terre va bientôt être frappée par cette gigantesque masse venue des tréfonds du multivers. Les modifications climatiques -en partie dues à cette géante rouge- ont déjà grandement mis à mal la planète et la tentative désastreuse d'un scientifique d'éviter la catastrophe en modifiant L Histoire elle-même a mis l'humanité à genoux. En effet, n'est pas voyageur dans le temps qui veut, et on comprend vite que la première expédition dans le passé n'a non seulement pas permis d'acquérir les connaissances nécessaires pour sauver la terre mais a aussi eu pour effet d'annuler l'invention de très nombreuses technologies, parfois indispensable aux hommes. C'est aujourd'hui pour remédier à ces « régressions » que des rectifieurs sont envoyés dans le passé, comme le narrateur et sa compagne Eleanor.
Ces deux protagonistes principaux seront bientôt rejoins par quelques autres qui nous plongeront pleinement dans le temps de Palanquine. La personnalité et la psychologie des personnages est la plupart du temps subtilement décrite et bien menée, notamment grâce au judicieux choix narratifs qui nous offrent un interlocuteur principal mais quelques passages où le point de vue -toujours à la première personne- est celui d'un autre, notamment lorsque l'on entre dans un flashback, souvent propre à une personne en particulier.
Il est certes question dans ce roman de voyage dans le temps, mais j'ai trouvé que ces expéditions, qui arrivent finalement tardivement dans la narration, étaient presque anecdotiques. En revanche la thématique du Temps au sens large est, elle, un élément clé de ce roman emprunt de lenteur et de poésie. Thierry di Rollo semble insister sur un aspect philosophique du temps bien plus que scientifique, j'ai d'ailleurs trouvé que les explications scientifiques et les passages théoriques sensés nous éclairer sur le voyage temporel étaient parmi les moins réussis. le message que l'on nous souffle c'est qu'il est essentiel de prendre le temps, mais quand celui-ci vient à manquer.
Autre point fort de cette oeuvre : l'ambiance visuelle est très parlante. Les paysages sont brossés superbement et le monde vraiment bien construit, entre étouffement et splendeur, agonie et prise de conscience salvatrice.
Enfin quelques mots sur Palanquine, car c'est finalement elle le personnage principal de cette fresque futuriste. Elle est l'objet d'une personnification -parfois même d'une déification- très réussie et très parlante qui revient sans cesse, faisant planer au dessus de nos têtes une placide menace tout au long de ce voyage et consacrant définitivement l'atmosphère déjà très réussie du roman.
Il y a certes quelques bémols, notamment des incohérences (avec le voyage temporel, c'est le risque!) et une fin que j'ai trouvé bien en dessous du reste du roman mais on a tout de même affaire à de la bonne SF, sans aucun doute.
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Commenter  J’apprécie          30
Lsky
  12 septembre 2021
J'ai aimé retrouver rapidement des clins d'oeil à d'autres écrits de Thierry di Rollo, la ville post-apocalyptique, Délicité, rappelle Lucité des Trois reliques d'Orville Fisher, une chanson déjà centrale dans une des nouvelles du recueil Cendres est réutilisée… Je plonge ainsi encore mieux dans cet univers connu, cette ambiance que j'aime. Avec brio, il prend le temps de dépeindre dépeindre les ambiances et sa plume donne bien l'inquiétude glauque et tranquille qui lui est caractéristique.
Lire cela juste après Verdana Shiva… Voilà très bien des lectures étrangement complémentaire… Sans faire exprès ! Verdana Shiva qui nous met en garde, et Thierry di Rollo, l'état de ce qu'il reste après le désastre.
Dans ce terrible monde, la pollution est préférée en guise de protection à un danger dont on ne sait rien encore, mais qui est certainement plus grand.
Le danger, c'est Palanquine, une immense planète rouge qui va entrer en collision avec la terre. Il n'est même plus question de sauver le monde dans cette apocalypse, il est trop tard, il faut se sauver soi-même ! Il est prêté à Palanquine des pouvoirs divins. Car, en parrallèle de sa progression, la technologie, depuis des années, recul. Les pacemakers cessent de fonctionner, les voitures volantes s'écrasent… Petit à petit les avancées disparaissent et emportent l'humanité dans leur passage.
L'histoire d'amour vendue en quatrième de couverture est si douce et si bien tricotée, les personnages si « simples » et leur sentiments semblent si réel qu'on a aucun mal à s'y identifier. Cristallisés dans ces moments où on dévore l'être aimé des yeux et du corps, où on observe le regard dans le vague et qu'on souhaite savoir ce qu'il se passe derrière ses yeux…
C'est un joli livre mais c'est surtout un livre très creusé. Comme beaucoup, il est question de retour dans le temps. Mais en peu de mots, de phrases, en dialogues incroyablement bien amenés, des concepts scientifiques nous sont distillés. Assez finement pour que le lecteur fasse un effort de compréhension et avec des notions plutôt complexe qui méritent lecture attentive. Cela rajoute du sel au livre et offre une certaine impulsion plausible pour mieux s'y projeter.
Avec ce livre, Thierry di Rollo fait des clins d'oeil à l'Histoire ainsi qu'à l'Histoire de la Science-Fiction de manière très intelligence. C'est un livre qui, puisque le genre s'y prête bien, est très visuel et, j'en suis sûre, aurait un vrai succès cinématographique.
Il réutilise intelligemment des idées de Science-Fiction et en joue entre tradition et modernité du genre.
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Brize
  29 mai 2018
Le temps de Palanquine, c'est celui à l'échelle duquel vivent maintenant les humains, directement menacés par l'arrivée sur eux de l'énorme et rougeoyant corps céleste qu'ils ont nommé ainsi. Dans un univers de villes monstres, au XXIIème siècle, où l'incident initial a déclenché une série de régressions ramenant les nations aux tout débuts de la civilisation industrielle, où les brumes sombres du charbon permettent d'occulter la vision d'une menace pour certains fascinante, deux amants, Eleanor et John, font partie des derniers volontaires prêts à intervenir pour rectifier in extremis le cours du temps …
Sur un fond très noir, Thierry di Rollo, auteur français de SF que je n'avais pas encore lu, nous offre une balade aux notes presque désespérées mais à l'accent poignant, où l'on prend progressivement ses marques. On y découvre que, à la veille d'une apocalypse quasi inéluctable, un savant continue à croire en une possible rémission. C'est pourtant lui, Lockerbie, qui est directement à l'origine des régressions subies par l'humanité, provoquées par ses interventions dans le passé, pour accélérer les avancées de la science et conjurer la menace, la première ayant constitué le fameux incident initial.
Au sein d'une population souvent réduite à la misère, les plus pervers coexistent avec ceux qui ont encore la capacité de croire en un futur autre, comme John, ou bien simplement d'aimer, telle Eleanor.
« le Temps de Palanquine » s'aventure dans les méandres tu temps, fait siens les replis des possibles. Un beau texte, poétique, empreint de douleur et de mélancolie mais aussi d'amour.
Lien : https://surmesbrizees.wordpr..
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addsc
  12 novembre 2017
Voici un livre vite lu. Et c'est dommage. On aurait eu envie d'avoir plus de choses à se mettre sous la dent. Car l'histoire, sans être révolutionnaire, est intéressante. La question de la finitude de l'Humanité et sa réaction face à ce fatidique constat donnent lieu à des réflexions sur l'Homme. Face à un destin si funeste, quelle solution pourrait exister pour qu'au moins l'espoir ne le quitte pas. Pour que la raison parvienne à encore guider ses pas. Comment faire pour ne pas sombrer quand l'Humanité doit,chaque jour, regarder cette incommensurable tumeur se rapprocher de la Terre ? Sur quelles ressources peut-elle encore compter quand ce lugubre compte à rebours accompagne son quotidien ? Il est question d'acceptation. de deuil, d'une certaine façon. Mais aussi de folie et de déraison.
Les personnages sont quant à eux bien définis. Chacun correspond au rôle que l'auteur a souhaité leur donner. Cela peut paraître évident mais ce n'est pas toujours le cas. le seul petit bémol est qu'ils sont tous capables de tenir des conversations scientifiques d'assez haut niveau alors qu'ils sont loin d'être tous ingénieur ou chercheur au CNRS. le rythme est soutenu. Les pages se tournent et la fin arrive un rien trop vite. L'auteur maîtrise son sujet et ce n'est pas pour rien qu'il est, en France, considéré comme l'un des meilleurs du genre. Je ne le connaissais pas et je serais tenté de découvrir d'autres de ses écrits.
Il s'agit donc d'un bon livre de Science-Fiction avec une catastrophe causant la fin de l'Humanité en filigrane. C'est noir, oppressant et efficace. Avec l'espoir, déchu pour certains, vivace pour d'autres, qui file entre les pages et nous rappelle que non, rien n'est jamais perdu. Sauf que...
Lien : https://unecertaineculture.w..
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wangobi
  05 juin 2017
Palanquine, énorme boule de feu rouge sang, traverse les abysses sidéraux à notre rencontre. Inéluctablement. On la surnomme « la Messagère », mais il apparaîtrait surtout qu'elle draine davantage d'interrogations dans son sillage stellaire que de réponses…
Ce monstre cosmique paré du feu de l'Apocalypse a le temps de l'éternité pour lui et semble bien se rire de nos misérables destinées humaines. Il parcourt les éons avec l'assurance d'un Dieu, nous promettant la destruction dans un temps qui sera le sien. Arrivée aux abords de notre système solaire en ce matin d'un XXIIe siècle agonisant, Palanquine colore de flaques sanguines notre planète et plonge l'humanité dans une transe mystique où tous les repères fondent et se désagrègent.
Parce qu'il refuse l'inévitable, qu'une vingtaine d'années supplémentaires en recherche pourraient permettre à une technologie émergente de dévier l'astre honni, le professeur Desmond Lockerbie décide d'envoyer vers le passé des messagers, les rectifieurs. Leur mission consistera à faire avancer les progrès scientifiques de manière suffisamment notable qu'ils puissent endiguer la course de Palanquine dans un lointain futur et parer au cauchemar de la fin des temps. Seront-ils plus forts que ce que l'Histoire avait prévu pour nous ?
La suite de ma chronique sur le site des Nyctalopes !
Lien : http://www.nyctalopes.com/le..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
AgillianAgillian   24 octobre 2017
Le monde continue de pulser au-dehors, sans nous. Je ferme les yeux pendant que ma compagne me tend la cigarette parfumée et que j'en aspire la fumée brûlante à mon tour. Le temps. L'incompressible mesure de la finitude humaine. Avec lequel on a probablement joué. Et contre qui on va perdre, s'il faut en croire Eleanor.
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AgillianAgillian   25 octobre 2017
Elle est immense dans les teintes bleu rosé du soir naissant, plein Ouest, surgit du froid patient de l'univers -entière et inexplicable. Palanquine offre son disque démesuré, cet orbe parfait qui pulse, vibre de milliers d'éclats pourpres sur le pourtour et au plus profond du cœur. La mort rouge sang hante désormais les portes du système solaire. Nous ronge peu à peu ; impose son temps.
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AgillianAgillian   25 octobre 2017
Que je ferme ou non les yeux ne changera rien. Si Torn veut continuer à me hanter, il le fera - ou non. Quelle est ma part de volonté et quelle est encore la sienne ? Moi seule peux répondre. Fermer les yeux dans la mi-pénombre, dans ce jour malade que nous nous sommes construit, est-ce critiquable à ce point ?
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Video de Thierry Di Rollo (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thierry Di Rollo
Thierry di Rollo - Meddik .A l?occasion des Utopiales 2013 à Nantes, Thierry di Rollo nous présente son oeuvre, dont « Meddik » publié chez Folio SF, et nous parle de ses influences. Pour en savoir plus : http://www.mollat.com/livres/di-rollo-thierry-meddik-rire-sourd-9782070321131.html http://www.mollat.com/auteur/di-rollo-thierry-1361178.html Notes de musique : treasureseason, Return to Dope Mountain, Fjords ®
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